MINÉRAUX
môme espèce. Après lui, Ilaiiy, le vrai créateur de la cristallographie{ Voy. ce mot), donna un nouvel essor à la minéralogie par sa belle découverte de la loi de symétrie dans les cristaux. Depuis Hauy, les progrès de l'analyse, chimique ont permis de perfectionner la classification minéralogique en la fondant à la fois sur les caractères cristaliographiques et sur la composition chimique. Aujourd'hui, on est arrivé à une connaissance si parfaite de la constitution intime des minéraux, qu'on a pu en reproduire plusieurs à volonté. Hall, Berthier, ont ouvert cette voie nouvelle, dans laquelle se sont surtout signalés Becquerel, Ébelmen, de Sénarmont, Frémy, etc.
Les Traités de minéralogie d'Ilauy (1801), d'Alex. Brongniart (1807\ de Brochant (18Ô8), de Beudant (182^), et de M. Dufrénoy (18M-1856), sont jusqu'ici les plus complets sur cette matière. On doit à M. Beudant un Cours élémentaire de minéralogie à l'usage des lycées, à M. Brard des Éléments de mi néralogie, à M. Burat la Minéralogie appliquée. Enfin dans le Traité de minéralogie de M. Delafosse, cette science est mise en harmonie avec les découvertes les plus récentes. — La Minéralogie occupe une grande place dans les divers Dictionnaires d'/tisfoire nature/le. M. Landrin a publié en 1851 un Dictionnaire spécial de minéralogie.
MINÉRAUX. On réunit sous ce nom tous les corps bruts, pierres, terres, sels, métaux, combustibles, qui se rencontrent à l'état naturel dans le sein de la terre ou à sa surface. Leur ensemble constitue le Règne minéral, dans lequel on comprend par extension les liquides et les gaz naturels. Les minéraux se distinguent à la fois des végétaux et des animaux par l'absence de vie et de sensibilité, et aussi par une composition atomique et moléculaire toute différente de celle des composés organiques. Ils sont constitués par des molécules liées entre elles par l'affinité seule, et s'accroissent par la juxtaposition de molécules semblables aux premières. — Ils sont souvent amorphes, mais souvent aussi ils sont cristallisés, c.-à-d. présentent dans la disposition de leurs molécules une symétrie et une régularité qui se traduit intérieurement par le phénomène, du clivage, et extérieurement par des formes géométriques qui sont l'objet de la cristallographie.
Les minéraux connus sont au nombre de 5 à 600. Ils se distinguent les uns des autres, soit par leur composition chimique, soit par leur système cristallin, soit par leurs caractères physiques, couleur, transparence, éclat, texture, dureté, ténacité, cassure, onctuosité, flexibilité, odeur, poids spécifique, soit enfin par leurs propriétés optiques, électriques ou magnétiques.
On a proposé pour les minéraux une foule de classifications. Les unes, les plus anciennes, sont fondées seulement sur les caractères extérieurs : la plus célèbre en ce genre est celle de Werner. D'autres sont fondées sur les caractères purement chimiques : telles sont au dernier siècle cellesde Cron- Btedt, Bergmann, Kirwan, et de nos jours celle de Berzélius. D'autres encore reposent sur des caractères géométriques ou cristaliographiques : telles sont celles de Rome de l'Isle el d'Hatt] en France, de Weiss el de Mohl en Allemagne. Dans d'autres enfin, comme celles de Brewster en Angleterre, île Biot et Babinet en France , une importance majeure;! été donnée aux caractères physiques et principalement aux propriétés optiques. De nos jours, les classifications les plus suivies sont celles de Beudant, de Brongniart et de m. Delafosse.
Classification de Beudant, — D'accord en cela avec Ampère, Beudant partage les minéraux en trois grandes classes : i. les Gazotytes, qui renfi comme principe électro-négatif des corps gazeux, liquides ou solides, capables de former des combi naisons gazeuses permanentes avec l'oxygène, l*hj drogène ou le fluor; II. les Leucolytes, qui renferment comme principe électro-négatif des corps bo- I
lides donnant généralement des solutions blanches avec les acides, et n'étant point capables de produire des gaz permanents. III. Les Çhroîcolites, ayant pour principe électro-négatif des corps solides capables de former des sels ou des solutions colorées et qui oe donnent jamais de gaz permanents. Ces trois classes se subdivisent, d'après la nature du principe élect ru négatif, en 32 familles qui sont: pour la lre, les rilicides, les borides, les car bonides,leahydrogénides, les azofides, les sulfurâtes, les chlorides, les bromides, les fluorides, les tellurides et les arsénides; pour la 2e, les antimonides , les stannides, les bismuthides, les a/uminides, les magn< * les hydrargyrideSflesargyrides eth ; en-
fin pourla 3e, les titanides, les tantaliaes, les tungstides, les molgbdides, les chromides, les mangan des, les sidérides , les cobaltides , \escuprides, les aurides, les platinides, les palladides et les osmides. Chacune de ces familles est partagée elle-même en genres par des considérations d'isomorphisme, et c'est là la meilleure partie du système de Beudant; enfin les genres se subdivisent en espèces par la considération d'un ou plusieurs des éléments chimiques. Beudant du reste a lui-même profondément modifié ce système dans son Cours élémentaire de minéralogie à l'usage des lycées.
Classification de Brongniart. M. Brongniart adopte l'élément électro-négatif comme base dans la classification des pierres ou des sels alcalins, et l'élément électro-positif dans le groupement des corps métalliques proprement dits. Il partage d'après cela le Règne minéral en deux grandes divisions, celle des corps inorganiques, et celle des corps organiques. La première division se décompose en trois classes : I. les Gazolgtes, comprenant les composés de l'hydrogène , de l'oxygène, du chlore, du brome, de l'iode, du fluor, du carbone, du bore, du silicium, du soufre, du sélénium, de l'azote, du phosphore, de, l'arsenic et du tellure; II. les Métaux autopsides, comprenant les composés de l'antimoine, de rétain, du tantale, du titane, du molybdène, du chrome, du manganèse, du fer, du cérium, du cadmium, du zinc, de l'urane, du cobalt, du nickel, du cuivre, du plomb, du bismuth, de l'argent, de l'or, du palladium, du rhodium, du platine, de l'iridium et de l'osmium; III. les Métaux hétéropsidêt -. cette classe se décompose en deux ordres : 1° les métaux oxydés (silice, alumine, magnésie); 2° les métaux salifiés (chlorures, fluorures, phosphates, arséniates, nitrates, sulfates, carbonates, borates, borosilicates, tluosilicates, et silicate alumineux ou non alumineux). — La seconde division ne comprend que trois ordres : 1° celui des acidifères (mollîtes, oxalates, urates, succins); 2° celui des hydrocarbures (naphtes, pétroles, bitumes, etc.); 3° celui des charboni fossiles (houille, lignite, tourbe, etc.).
Classification de Delafosse. M. Delafosse distribue tout le Règne minéral &n trois classes : 1° colle des i ombustibteSfi' celle des minéraux métalliques, et 3° celle des minéraux lithoides ou pierre*-. La lr0 comprend les corps sulfureux (soufre natif et sulfure de sélénium), et les corps c/i(irli<>ri>teu.r'c]\;\rbons , bitumes, résines, et sels organique-. La 2e classe renferme 8 ordres : métaux natif- . Mmàc 7'es, anlimoniures, arsén ures, te/luriures, sélêtoures, sulfures simples ou multiples et oxydes mitai'
liques. La S* classe enfin renferme 2i ordre- : o.rt/-
des non métalliques, chlorures, fluorures, iodures, bromures, aluminates, silicates alumineux, silicates non alumineux, silicates unis à d'autres
Âuorifères, Bulfurifères, etc. .
notes simples, carbonates unis à d'autres sels (sitico-
carbonates. sulfo-carbonates , BtC.), nitrates, ji/ios-
phates, phosphates chloriféres ou fluorifères, arséniates, arséniates chloriféres, mlfates, chromâtes, vanadates, moiybdates, tungstntes, tantalates, et titanates.Get ordre- sont eux-mêmes divisés
en genres d'après la nature des autres éléments