NOTAIRE
NOSINE OU NOSIANE. \'01J. Sl'INELLANE.
NOSOCOMIAL (du gr. voaoxop.eïov, hôpital), ce qui est relatif aux hôpitaux : établissement nosocomial, fièvre nosocomiale, typhus nosocomial.
NOSOGRAl'IllE, nosologie (du gr. vôeo;, maladie, et Ypâyw, décrire, ou ),ôyo;, discours). Ces deux mots, souvent confondus dans l'usage, signifient proprement : le 1er (nosographie) description des maladies; le 2e (nosologie), définition, classification et étude des maladies. Sauvage et plusieurs autres médecine se sont servis du mot Nosologie méthodique pour décrire les maladies et en donner la classification; on a de Broussais un Examen des systèmes de nosologie. Pinel a publié une Nosographie philosophique ; Bouillaud, un Traité de nosographte médicale, etc. Voy. Pathologie.
NOSOMANIE (du gr. vô<ro:, maladie, et fjiavîa, folie), synonyme d'Hypocho/idrie. Voy. ce mot.
NOSTALGIE (du gr. vôoroç, retour, et ilyoc, mal, douleur), vulg. Maladie du pays, état moral caractérisé par la tristesse que causent l'éloignement du pays natal et le désir d'y revenir. La nostalgie est classée parmi les névroses cérébrales : c'est une sorte de monomanie qui est commune chez les soldats et les marins nouvellement incorporés. Les habitants de la Suisse, de la Bretagne, de tout l'ouest de la France, des rives du Rhin, en sont souvent affectés, tandis qu'elle est plus rare chez les Savoyards et les Auvergnats. Cette maladie, que la certitude seule de pouvoir bientôt retourner au pays a souvent guérie instantanément, peut quelquefois cependant entraîner la mort; son traitement est tout moral : on prescrit au malade de l'exercice, de l'occupation, des distractions de tout genre; en cas d'insuccès, le le seul remède vraiment efficace estle retour au foyer natal. Les chefs de corps sont autorisés à accorder des congés à tous les militaires atteints de nostalgie.
NOSTOC (orig. inconn.), Nostochia, genre d'Algues, de la section des Algues vertes, se compose de végétaux amorphes formés de l'enchevêtrement de chapelets de cellules accolées entre elles et enfermées dans une gaine gélatineuse. Les Nostocs se montrent sous la forme d'une masse verte ou jaune dans les terrains humides, les allées de jardin, etc. Le Nostoù commun est appelé quelquefois Crachat de lune, Fleur du ciel, Perce-terre, etc. Paracelse le regardait comme un excrément des étoiles tombé sur la terre. — On appelle à tort Nostoc une espèce de champignon basidiosporé, la Trémelle. C'est à elle que les anciens médecins attribuaient la propriété merveilleuse de guérir les cancers, les plaies, les fistules, etc. Voy. Trémelle.
NOTABLES (du lat. notabilis). Avant 1789, on appelait ainsi : 1° les principaux habitants de chaque commune, ayant le droit d'élection et d'éligibilité aux fonctions municipales : c'est à peu près ce qu'on appelle aujourd'hui les membres du conseil municipal; — 2° les principauxmembresde la noblesse, de la magistrature et du dergé, réunis à certaines occasionssous la dénomination d'Assemblée des notables. Voy. le mot Assemblée au Dict. d'Hist. et de Géogr.
Aujourd'hui, on appelle notables, notables commerçants, les principaux négociants et banquiers d'une place de commerce. La liste des notables pour l'élection des membres des tribunaux de commerce est dressée tous les ans par le préfet sur un état comprenant tous les commerçants de l'arrondissement, et approuvée par le ministre de l'Intérieur. Leur nombre ne peut être au-dessous de 25 dans les villes où la population n'excède pas 15,000 âmes ; dans les autres villes, il doit être augmenté à raison d'un électeur pour 1,000 âmes de population.
Autrefois, on appelait arrêts notables les arrêts des cours souveraines fixant un point de jurisprudence; aujourd'hui, on ne pourrait appeler ainsi que les arrêts de la Cour de cassation ou du Conseil d'État.
NOTACANTHE (du gr. vwto:, dos, et ixavOa, épine;, Xolucant/nts, genre de Poissons acanthopté-
rygiens, de l'ordre des Squamodcrmcs, famille des Scombéroides, caractérisé par des épines libres, au lieu de dorsales, une longue anale unie à la caudale, de petites écailles ovales et un museau proéminent.
KOTxciiiiT he, Notacant ha, famille d'Insectes, de l'ordre des Diptères, caractérisés principalement par leur écusson épineux. Genres principaux : Mydas, Xylophage, Sargue, stratiome, etc.
NOTAIRE (du lat. notarius), officier ministériel établi pour rédiger et recevoir tous les actes et contrats auxquels les parties doivent ou veulent faire donner le caractère d'authenticité attaché aux actes de l'autorité publique : il en assure la date, en conserve le dépôt, et en délivre des grosses et expéditions. La loi veut, sous peine de nullité, que les actes contenant donation entre-vifs, donation entre époux pendant le mariage, révocation de donation ou de testament, reconnaissance d'enfant naturel et les procurations pour consentir ces divers actes soient rédigés par deux notaires ou par un notaire assisté de deux témoins; pour les autres actes, cette prescription est presque toujours éludée ou réduite à une formalité illu-oire, qu'autorise la loi puisqu'elle exige seulement qu'on mentionne la présence du deuxième notaire ou des témoins quand même ils n'auraient pas été présents.
En France, les notaires forment 3 classes : la lre comprend ceux qui sont établis dans les villes où siège une cour d'appel; la 2e, ceux qui résident dans les chefs-lieux d'arrondissement; la 3e, ceux qui résident dans les chefs-lieux de canton. Les premiers exercent dans tout le ressort de la cour, les seconds dans l'arrondissement et les 3e* dans le canton seulement. Tous ont des panonceaux pour insignes.
Pour l'admission aux fonctions de notaire, il faut être Français, jouir des droits civils, avoir 25 ans accomplis,justifier d'un stage de 6 ans dans une étude de notaire, dont une année au moins comme maîtreclerc (ce stage est quelquefois abrégé, Loi du 25 ventôse an XI, art. 36), et produire un certificat de capacité. Les notaires sont nommés parle Chef du gouvernement ; ils versent un cautionnement et sont soumis à la discipline d'une chambre des notaires qui réside dans chaque chef-lieu de tribunal de lre instance. Ils peuvent vendre leur charge.
Chez les Romains, les notarii, esclaves ou affranchis dont les fonctions se bornaient d'abord à celles de greffiers-sténographes près des tribunaux, finirent par être chargés de la rédaction de tous les contrats qui intervenaient entre les citoyens. Sous les empereurs Honorius et Arcadius, ces fonctions importantes leur furent retirées pour être confiées à des hommes libres qui s'appelèrent tabuiarii ou tabellioaes. Après l'établissement de la féodalité, chaque seigneur suzerain eut son tabellion ou garde-notes ; mais, en mars 1302, Philippe le Bel défendit aux seigneurs d'instituer à l'avenir aucun notaire, sans toutefois supprimer les notaires seigneuriaux alors existants ; en avril 1411, Charles VI permit aux clercs du Roi on notaires royaux de mettre à leurs maisons les panonceaux royaux ; enfin, en mai 1597, un édit de Henri IV supprima les divers offices qui se trouvaient alors en France, et créa des notaires garde-notes et tabellions héréditaires, ton?, égaux en qualité et nommés parle Roi. Paris eut alors 113 notaires, dits notaires au Châtelet, et auxquels Loui9 XIV donna le titre de conseillers du Roi. La loi du 6 octobre 1791 a transformé les notaires royaux en notaires publics et indépendants, et la loi du 25 ventôse an XI, complétée par celles du 28 avril 1816 et du 21 juin 1843, leur a donné leur organisation actuelle.
Consulter : Langlois, Traité des droits, privilège* et fonctions des notaires '1738 ; Massé, le Parfait notaire (1827-28, 6e édit.) ; Rolland de Villargues, CV de du notariat et Répertoire de la jurisprudence du notariat ; Ed. Clerc, Manuel du notariat; J.-B. Augan, Cours de notariat, Sellier, Manuel des notaires ; Jeannest St-Hilaire, Du notariat et des offices.