OPTIMISME
épaissi de plusieurs espèces de pavots, notamment du Papaver sommferum ; on le recueille à l'aide d'incisions faites aux capsules ou tètes de pavots non encore mûres, d'où il découle sous la forme d'un suc laiteux qui se concrète promptement. Il a une forte odeur vireuse et une saveur arrière. L'opium se prépare surtout en Turquie et dans l'Inde, d'où il nous arrive sous la forme de masses plus ou moins dures, brui -, a mères, et d'une odeur vireuse. On distingue dans le commerce l'opium de Smyrne, qui est considéré comme le meilleur; l'opium de Cùnstantinople et l'opium d'Egypte ; l'Algérie produit aussi de l'opium d'excellente qualité.
L'opium est un médicament des plus précieux ; à petite dose, il déprime la sensibilité nerveuse, tout en stimulant les mouvements du cœur et relevant ainsi le pouls ; souvent aussi il provoque l'ivresse et l'hallucination ; à dose élevée, il agit comme poison narcotique et donne promptement la mort : on peut en combattre les effets en administrant d'abord des vomitifs, puis des excitants, café, thé, etc. Employé d'une manière continue, il finit par amener la cachexie et l'abrutissement le plus complet. — On administre l'opium à l'intérieur, en pilules, en lavements, ou à l'extérieur, en lotions, en injections, etc. ; on en prépare des sirops, des teintures, des extraits, entre autres le laudanum de Sydenhum et de Rousseau, le sirop diacode, etc.
L'opium doit ses propriétés calmantes aux alcaloïdes qu'il renferme; les plus importants sont : la morphine, la codéine et la narcéme; viennent ensuite la tnébaïne, la papavérine et la narcotine (dans la codéine et la t/tébaïne, les propriétés toxiques sont dominantes), puis une substance neutre, la méconine, et divers acides dont le principal est l'acide mécanique. On peut encore en extraire des résines, de l'albumine végétale, une matière oléagineuse, etc.
Les Orientaux, et surtout les Chinois, ont une véritable passion pour l'opium ; ils l'avalent ou le fument pour se procurer une certaine ivresse, et ils arrivent graduellement à en consommer à la fois des quantités prodigieuses. A plusieurs reprises, le gouvernement de la Chine a essayé de prendre des mesures pour combattre cette habitude funeste ; mais ses efforts paraissent n'avoir obtenu aucun résultat.
OPOBALSAMUM (du gr. ot:6c, suc, et pâ),<rau.ov, baume). Voy. Balsamodenuron et Térébenthine.
OPODELDOCH (du gr. ÔTtôç, suc, et d'un mot arabe), baume qu'on emploie en frictions contre les douleurs rhumatismales et les entorses, est formé d'alcool, tenant en dissolution du savon, de l'ammoniaque, du sel marin, du camphre, et les huiles essentielles du thym et du romarin. Il est à demi-solide et d'une transparence opaline.
OPOPANAX (du gr. ÔTT07câva|), gomme-résine fétide que l'on obtient par des incisions faites au collet de la racine du Pastinaca opopanax, plante du genre Panais. Elle nous vient de Syrie, sous forme de grumeaux irréguliers, d'un rouge brun, d'une odeur désagréable, d'une saveur amère et acre. On a employé l'opopanax comme antispasmodique et expectorant.
OPOSSUM, Didelphisvirginiana, espèce du genre Sarigue, particulière à l'Amérique. L'Opossum est un peu plus gros que l'Écureuil ; sa queue est un peu plus courte que le corps et la tète, et son pelage d'un roux mêlé de blanc jaunâtre. Voy. Sarigue.
OPPOSE, se dit, en Botanique, des organes des végétaux qui sont disposés par paires et placés visà-vis l'un de l'autre à la même hauteur. Les feuilles sont opposées dans les Labiées, les Gentianées, le Gui, les Hypericum, la Véronique officinale, etc. Les branches, les rameaux, sont opposés dans les Lilas, les Frênes, le Marronnier, etc.
OPPOSITION (du lat. oppoèïtio). En Droit.ce mot
désigne en général l'obstacle mis à quelque chose.
1 i-rne opposition a. la levée des scellés, à une
. a un payement, à un mariage ; l'opposition ne
peut être levée que du consentement de celui qui l'a
Formée, ou par jugement. — On se sert aussi de l'opposition pour se pourvoir contre les jugements rendus par défaut : dans ce cas, pour que le tribunal admette l'opposition, il faut qu'elle soit faite dans la huitaine qui suit la signification faite à l'avoué de la partie condamnée, si le jugement a été rendu par défaut contre avoué; en cas de défaut contre partie, l'opposition est admise jusqu'au jour de l'exécution (G. de proc, art. 155-1G5).
La tierce opposition est celle que peut former une partie à tout jugement qui préjudicie à ses droits, et lors duquel ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été appelés. La partie qui succombe dans la tierce opposition est condamnée à une amende qui ne peut être moindre de 30 fr. (C. de proc, art. 474-479).
En Politique, l'opposition est la partie d'une assemblée délibérante en opposition de vues et de principes avec la majorité, et qui combat systématiquement les actes et la politique du gouvernement.
opposition. En Astronomie, on dit qu'un astre est en opposition quand sa longitude géocentrique diffère de celle du soleil de 180°. — Les éclipses de lune ont lieu lorsque la lune est en opposition, c.-à-d. à l'époque de la pleine lune.
OPPKESSIOX (du lat. oppressio), état dans lequel le malade éprouve la sensation d'un poids sur la partie affectée, dont l'action est par cela même embarrassée. Employé seul, le mot oppression désigne spécialement l'oppression de la poitrine : c'est dans l'asthme que cette oppression se fait le plus péniblement sentir. Voy. Asthme.
OPSIMOSE. Voy. Manganèse silicate.
OPSIOMÈTRE ou optométre (du gr. 84>iç, vue, ou Ô7rro(j.ai, voir, et de uifpov, mesure), instrument destiné à mesurer la distance de vision distincte des différents yeux. Voy. Lunettes.
OPTATIF (du lat. optativus, à'optare, souhaiter). Dans certaines langues, notamment en grec, on appelle mode optatif on optatif, un mode du verbe qui sert à exp?-imer le souhait et quelquefois le conditionnel. Dans les langues où l'optatif manque, comme en français, il est remplacé par le subjonctif, comme dans ces formules : Puùsé-je! Que je puisse!
OPTATION,(du lat. optatio), figure de Rhétorique qui consiste à exprimer un vœu, un souhait favorable, sous la forme d'une exclamation : c'est le contraire de l'imprécation {Voy. ce mot). Racine en offre un exemple dans Phèdre (1, 3) :
Dieux ! que ne suis-je assise à l'ombre des forêts !
OPTICIE>", celui qui fabrique des lunettes et des instruments de précision. Comme le mécanicien, l'opticien prend souvent le nom d'ingénieur. Voy. Instrument et Lunettes.
OPTIMISME ;du lat. optimus, qui a deux sens : trèsbon, et le meilleur), doctrine philosophique qui admet que la création est très-bonne, que Dieu ne peut vouloir que des œuvres conformes à. sa sagesse, à sa justice et à sa bonté, autant qu'à sa puissance et à sa liberté : c'est la reconnaissance explicite de la Providence ( Vtfy. ce mot), telle qu'elle a été professée par Platon (Tintée, Lois), St Augustin {Cite de Dieu, xxii, 30, etc.), St Thomas, etc. — Cette doctrine a donné lieu à de célèbres débats dans l'école cartésienne. Descartes, exagérant la liberté d'indifférence, avait enseigné qu'en Dieu la volonté est indépendante de l'intelligence, par suite, que le monde est trèsparfait , non parce que Dieu a suivi la raison, mais parce qu'il a voulu qu'il fût très-parfait. Leibnitz (Ttiéodicée) et Malebranche [Entretiens sur la métaphysique, etc.) combattirent Descartes et démontrèrent que, si Dieu n'avait pas suivi la raison, il ne serait qu'une puissance aveugle, produisant tout machinalement (comme l'enseigne Spinosa) ; mais tombant dans l'erreur contraire, qui est le déterminisme [Voy. ce mot), ils professèrent l'optimisme ai « Dieu n'a pu créer que te meilleur de tous lei des passibles, à considérer l'ensemble d