ASSOCIATION
■vent être faites à personne et à domicile, et être enregistrées dans les trois jours. On assigne d'ordinaire à huitaine : dans les cas urgents, on peut assigner à bref délai.
ASSIGNATS (du lat. assignatus), papier-monnaie ainsi nommé parce qu'on avait assigné pour son remboursement la valeur des biens nationaux. Il fut créé le 1er avril 1790 sur la proposition de Bailly, et annulé le 19 février 1796 (30 pluviôse an IV). Ce papier, qui représentait la valeur d'une masse énorme de biens nationaux, devait porter intérêt et être brûlé peu à peu en proportion des ventes opérées. La première émission fut de 400 millions. Bientôt la disette du numéraire, effet de l'émigration et des troubles politiques qui détruisaient toute confiance, fit donner cours forcé aux assignats ; d'autre part, les biens nationaux ne pouvant être vendus assez promptement, les assignats eurent, dès leur première émission, une valeur inférieure à celle du numéraire. Les émissions successives, et toujours plus considérables, imposées au gouvernement par les besoins de l'État, en augmentèrent de plus en plus la dépréciation. En septembre 1792, il avait été fabriqué pour 2 milliards 700 millions d'assignats; en août 1793, la somme des émissions était de 5 milliards. L'assignat qui, au commencement de 1793, valait encore le tiers de sa valeur nominale, ne valut plus que le sixième au mois d'août de la même année. En 1796, des émissions nouvelles et exorbitantes avaient porté la somme des assignats à 45 milliards 578 millions. Us ne conservaient plus alors qu'un demi-centième de la valeur nominale : les objets les plus vulgaires se vendaient à des prix fabuleux. Le louis de 24 livres valait alors 8,000 livres en assignats, c.-à-d. 330 capitaux pour un. Lorsqu'enfin on brisa la planche aux assignats, on offrit en dédommagement aux détenteurs des mandats, qui ne tardèrent pas eux-mêmes à se déprécier, et tous ceux qui avaient eu confiance dans ce papier furent ruinés. Voy. Papier-monnaie.
ASSIMILATION [à.' assimiler), un des actes de la nutrition (Voy. ce mot); c'est le phénomène physiologique par lequel une espèce de corps qui a pénétré moléculairement dans l'organisme par une voie quelconque s'unit et devient semblable à la substance de celui-ci et participe aux actes qu'elle accomplit (Robin). Certains principes minéraux ne changent pas de nature en s'incorporant aux tissus vivants ; ils ne font partie de la matière organisée qu'à titre de mélange ou de dissolution : tels sont, entre autres, l'oxygène,l'eau, le sel marin, lescarbonates etles phosphates. D'autres exigent une élaboration spéciale accomplie par la digestion, à la suite de laquelle ils changent de nature chimique et constituent de nouvelles substances organiques identiquesàcelles qu'ils vont remplacer ; enfin une 3e classe de substances (albumine, fibrine, caséine, musculine, etc.), sans varier chimiquement, éprouvent des changements de propriétés qui leur permettent de devenir ostéine, hiliverdine, élasticine, etc., et de s'incorporer aux tissus correspondants. — A l'assimilation se rattache le phénomène corrélatif de la Désassimilation,ps.r lequel une espèce de composé qui fait partie constituante de la substance de l'organisme s'en sépare et cesse de participer aux actes qu'elle accomplit. Cette séparation fait du produit enlevé quelque chose de plus ou moins distinct de ce qu'il était auparavant et elle est de même nature que l'assimilation d'où il provenait.
YSSIMINIER. Voy. ASIMINIER.
ASSISES (d'assis, participe d'asseoir). On nommait ainsi autrefois en France des assemblées extraordinaires qui se tenaient tous les ans à certains jours pour rendre la justice, juger les appels et surveiller les juridictions inférieures ; on y lisait aussi, en présence des officiers publics, les lois et ordonnances du souverain. On distinguait les petites assises, dites aussi plaids ordinaires, où étaient jugées toutes sortes d'affaires, et les grandes assises ou plaids extraordinaires, assemblées solennelles qui ne siégeaient que
dans des cas spéciaux, déterminés par la nature de la cause et la qualité des personnes : c'est dans une assemblée dece genre que furent lus en 1099, à Jérusalem, les lois et statuts rédigés par Godefroy de Bouillon pour le royaume de Jérusalem nouvellement établi (Voy. Assises de Jérusalem au Dict. d'Hist. et de Géogr.). Lors de la formation des parlements, les attributions des grandes assises passèrent aux nouveaux corps judiciaires : les assises ordinaires fuient seules maintenues. — Auj. le nom d'assises ne s'applique plus qu'aux cours d'assises, tribunaux institués pour juger les affaires criminelles, avec le secours d'un jury. Voy. Cour.
assises. En Architecture, on nomme ainsi chaque rangée horizontale de pierres dont est composé le mur d'un édifice. Pour plus de solidité, toutes les assises doivent être d'une égale hauteur, et les pierres reposer sur leur lit, c.-à-d. sur la même base que celle sur laquelle elles gisaient dans la carrière. — En Géologie, on nomme assises les bancs superposés de masses minérales qui ont été déposées par les eaux à différentes époques; ces bancs sont presque toujours séparés par des lignes ou des joints parallèles. Voy. Couches et Stratification.
ASSISTANCE publique (d'assister). Sous ce nom on réunit auj. tous les moyens par lesquels la société vient au secours de quelqu'un de ses membres : ce n'est guère qu'une autre dénomination de ce que la religion avait appelé charité, et la philosophie philanthropie, bienfaisance. La Constitution de 1848 faisait à l'État un devoir de l'assistance: « La République, y est-il dit (Préamb. ,&rt. vin), doit, par une assistance fraternelle, assurer l'existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travail dans les limites de ses ressources, soitendonnant, à défaut de la famille, des secours à ceux qui sont hors d'état de travailler. » A l'assistance se rapportent lesCrèches, les Salles d'asile, les Écoles gratuites, les Caisses d'épargne, les Hôpitaux, Hospices et Asiles de vieillards et d'infirmes de tout genre, aveugles, sourdsmuets, etc., les Bureaux de bienfaisance ; tous établissements créés bien avant 1848, pour aider et soulager l'homme à tous les âges et dans toutes les positions; il y a été ajouté depuis 1848 plusieurs institutions utiles : la Caisse de retraite pour la Vieillesse (loi du 18 juin 1850), l'organisation légale des Sociétés de Secours mutuels (15 juillet 1850) et de l'Apprentissage (22 février 1851', V Assistance judiciaire (22 janvier 1851). On doit à M. A. Monnier l'Histoire de l'Assistance publique (1856).
L' Assistance judiciaire, organisée par la loi du 30 janv. 1851, consiste dans l'immunité des frais de justice accordée aux indigents par un bureau d'assistance judiciaire constitué auprès de chaque juridiction. On désigne d'office un avocat, un avoué et un huissier qui doivent faire gratuitement les actes de leur ministère etles frais de justice sont recouvrés sur l'adversaire de l'assisté s'il succombe d;m« son procès. Voir Dorigny, de l'Assistance judiciaire (Paris, 1852).
ASSOCIATION (d'associer). Ce mot est le plus souvent synonyme de société ou même de compagnie : ainsi on dit association politique, religieuse, commerciales, etc. (Voy. Société, Compagnie, Congrégation). — Les membres de l'association ou de la svciété sont dits associés.
La grande association humaine a été fréquemment l'objet de systèmes prétendant régénérer la société tout entière : tels sont ceux de Babeuf, Saint-Simon, Robert Owen, Fourier, Cabet, Louis Blanc, systèmes connus sous les noms de babouvisme, communisme, socialisme, coopération, etc.
Certaines associations sont déclarées par la loi illicites : le Code pénal (art. 291) défend en principe les associations de plus de 20 personnes : mais depuis, la loi du 10 avril 1834, le décret du 25 mars 1852 et la loi du 10 juin 1868 (auj. en vigueur ont diversement réglementé le droit d'association et de réunion