PINCES
Le Pin sylvestre (P. silvestris), dit aussi P. suisse, P. de Russie, croît sur les hautes montagnes de l'Europe, jusque dans la Norwége et la Laponie,où il atteint sa plus grande hauteur. Les Lapons font avec son écorce une espècede pain ; on l'emploie aussi pour tanner, comme l'écorce du chêne. Le bois decette espèce est blanc, et bon pour la menuiserie et la charpente; c'est avec ce bois que l'on fabrique tous les ustensiles de ménage en usage dans la Suisse, dans le Jura et la Savoie. — LePinrouge, P. d' Ecosse (P.rubra),i\iiY^re peu de l'espèce précédente : il croît en Ecosse et dans toutlenorddel'Europe. — LePinmugho (P. uiugho), ou Torche-pin, P. de Briançon, parvient à une grande hauteur ; il croît dans les terrains marécageux, et est propre à fertiliser les tourbières. Les Lapons se servent de son bois, qui est très-dur, pour fabriquer leurs arcs et leurs patins. Les habitants des Alpes en font des torches. — Le Pin maritime ou de Bordeaux (P. maritima), dit aussi Pinastrè, est précieux pour fixer les sables mobiles sur le rivage de la mer. On le cultive en grand dans les landes de Gascogne ; il croît aussi sur les montagnes des Pyrénées et du Dauphiné. Ses feuilles sont longues de 0m,12 à 0m,15 ; il est d'un beau port et parvient à une grande hauteur. Son bois sert en Provence à fabriquer les caisses à savon et à oranges. Il fournit de la résine, du goudron, du brai, de la térébenthine, etc. — Le Pin pinier ou P. pignon (P.pineu), lit aussi P. parasol, est un grand et bel arbre dont les branches forment ujie tête arrondie et étendue en forme de parasol. Ses cônes renferment des amandes (pignons , donton tire une huile très-fine: en Italie, on les mange fraîches ou cuites. Son bois est blanc, peu résineux; on en fait des planches, des gouttières, des corps de pompe,des mâts. Cet arbre croît en France, en Italie, sur les côtes de Barbarie. — Le Pin cembro (P. cembro), dit aussi Alviez, Couve et Tinter, est facile à distinguer par ses cinq feuilles à chaque fascicule. Il s'élève peu et croît lentement. Ses graines sont assez agréables au goût, ainsi que l'huile qu'on en retire, quand elle est fraîche. Cet arbre croît sur sur les montagnes où la neige reste une grande partie de l'année. Il fournit une térébenthine abondante ; son bois est facile à travailler : les bergers du Tyrol et de la Suisse en fabriquent de petites figures d'animaux et d'autres objets qu'ils vendent dans les villes. — Le Pin de Weymouth ou P. du lord (P. americana, P. strobus) est le géant de la famille : il atteint jusqu'à Q0m de haut sur 6 de circonférence. Cet arbre est commun aux États-Unis, où son bois est d'un usage général pour la construction des maisons et l'exécution des grandes charpentes. Il a été introduit en Angleterre par lord Weymouth. — Le Pin larix est le Mélèze. (Y 'oy. Mélèze.) — Le Pin de Corse, ou Laricio [P. laricius), atteint une hauteur considérable ; sa tête forme une pyramide, régulièrement étagée et recouverte d'une écorce roussâtre, qui est garnie de feuilles longues très-menues. Cet arbre réussit en France : son tronc peut servir à la mâture. — Le Pin austral (P. australe), dit aussi P. à longues feuilles, P. à balais, est commun dans le sud des Etats-Unis : c'est un arbre magnifique, dont le bois est très-résineux et en même temps très-compacte ; il est susceptible d'un beau poli : on en fait des planchers.
Chez les anciens, le Pin était l'arbre favori de Cybèle : les Corybantes portaient des thyrses, dont les extrémités étaient des pommes de pin. La pomme de pin était aussi employée dans les cérémonies du culte de Bacchus. Le dieu Sylvain est quelquefois représenté avec une branche de pin dans la main. — Cet arbre est le symbole de la hardiesse.
PINACLE (du lat. pinnaculum, faîte). Les anciens appelaient pinacle une espèce de comble décoré et terminé en pointe, que l'on plaçait au sommet des temples. — Dans les Évangiles, ce mot se dit particulièrement de la galerie qui régnait autour du toit plat du temple de Jérusalem et de la tourelle bâtie
au-dessus du vestibule : c'est l'endroit où le Christ fut transporté lorsqu'il fut tenté par le démon.
En Architecture, on donne ce nom aux amortissements ou couronnements ouvragés qui, dans les édifices du moyen âge, décorent quelquefois le sommet des toits coniques, de* toursou des pignons aigus.
PINACOTHÈQUE (du gr. TttvaÇ, tableau, et Wpaj, lieu où l'on serre), cabinet de peinture. Ce mot, qui, chez les anciens, exprimait toute collection de tableaux, désigne spécialement aujourd'hui la galerie de tableaux du roi de Bavière à Munich.
PINASSE ou pinace (de l'ital. pinaccia), petit vaisseau long, étroit et fort léger, qui servait à faite la course ou la fraude. Les pinasses de Biscaye avaient 50 pieds de long sur 12 de large. Par suite, ce mot désigna une embarcation légère, armée de 8 ou 10 avirons et destinée comme les chaloupes au service des vaisseaux : c'était alors un canot analogue au grand canot des vaisseaux de guerre.
PIXASTHE, nom vulgaire du Pin maritime.
PINAU, groupe de Champignons établi aux dépens du genre Bolet. Les principales espèces sont : le Grand Pinau plat ou Bouse de vache, le P. moyen ou Gâteau de loup, le P. jaunâtre ou Pain de loup, le P. rouge ou Petit pain de loup, le P. à trois couleurs. Ces champignons sont vénéneux.
Pinau, plant de vigne. Voy. Pinead.
PIXCE (de pincer; orig. germaniq.), barre de fer aplatie par un bout, dont on se sert comme d'un levier pour séparer deux objets tenant fortement ensemble. Dans les exploitations de rochers, la pince sert à détacher et à soulever par gros fragments les quartiers de pierre que l'on veut enlever. 11 y a de petites pinces dont on se sert dans diverses industries. Les pieds de chèvre sont des pinces recourbées et fendues par le bout. Y'oy. Bec et Pinces.
pjnce, Cheltfer, genre d'Arachnides, de l'ordre des Scorpionides, renferme cinq ou six petites espèces, dont la plus curieuse est la Pince cancroïde, dite aussi Faux Scorpion, Scorpion-araignée : cette espèce a le corps ovoïde et déprimé, revêtu d'un derme un peu coriace, presque glabre ou peu velu. Les Pinces respirent par des trachées et sont dépourvues de queue et d'aiguillon ; elles ne sont pas venimeuses. Elles vivent dans les lieux écartés et humides, sous les pierres, dans les herbiers, etc. ; elles se nourrissent de petits insectes.
PINCEAU (du lat. penicillum), instrument dont on se sert pour étendre les couleurs dans un tableau. On distingue le pinceau propr. dit formé de poils fins liés ensemble du côté de leur racine et ajustés dans un tuyau, et la brosse, formée d'un faisceau de poils attachés au bout d'un manche en bois, et retenus soit avec une ficelle, soit avec un manchon de ferblanc. Pour laver et pour peindre en miniature, on emploie des pinceaux faits de poils très-doux, comme ceux du petit-gris ; pour peindre à l'huile, on se sert, au contraire, de pinceaux faits en poils de porc ou de blaireau. — Dans l'antiquité, lespeintres se servaient de l'éponge aussi bien que du pinceau. Jusqu'à Léonard de Vinci et Raphaël, on ignora l'art de manoeuvrer le pinceau : tout le talent du peintre se bornait à déguiser cette manœuvre par le poli du tableau et le fondu des couleurs. C'est dans les tableaux du Corrége, du Titien, de Van Dyck, de Rembrandt et de G. Dow, qu'il faut étudier cette partie de l'art de la peinture.
En Histoire naturelle, les Annélides tubicoles 'Amphitrites, Sabelles, etc.), reçoivent le nom vulgaire de Pinceaux de mer, parce que leurs branchies sont réunies en une sorte de bouquet.
PIXCES. On nomme pinces en général tout instrument formé de deux leviers propres à appréhender et à serrer les objets, notamment des espèces de tenailles composées de deux branches mobiles unies ' par un axe autour duquel elles se meuvent. — Les arts et métiers, la chirurgie, etc., emploient des pinces de diverse nature. Les pinces à anneaux servent