PROVIDENCE
roïde quand le feldspath y est en gros cristaux. On y trouve, a l'état de dissémination, de l'épidote, du sulfure de molybdène, de la pyrite, etc. La protogyne est la roche dominante du Mont-Blanc.
PROTON'OTAIRE (c.-à-d. premier notaire). On nommait ainsi dans le Bas-Empire le premier notaire des empereurs romains; les rois de France de la première race adoptèrent la même dénomination pour des fonctions analogues.— Aujourd'hui, le protonotaire est un officier de la cour de Rome, supérieur aux autres notaires apostoliques. H y a à Rome un collège de 12 protonotaires : ils ontrangde prélat et portent le violet. Leurs fonctions consistentà faire les procès-verbaux d'intronisation des papes, et à écrire toutes les délibérations et décisions des consistoires publics. Les simples notaires apostoliques expédient les actes d'une moindre importance.
PROTOPHYTES (du gr. TCpwTo;, premier, et cpuTÔv, végétal), nom commun donné aux Organismes microscopiques qui se rattachent au Règne végétal par leur propriété de se nourrir de matières inorganiques et de décomposer l'acide carbonique de l'air, et au Règne animal par leur motilité. Les plus importants sont les Desmidies et les Diatomées, que l'on classe parmi les Algues et qui forment des amas considérables au fond des mers de nos jours.
PROTOPLASMA. Voy. Plasma.
PROTOPTÈRE, Protopterus, genre intermédiaire entre les Batraciens et les Poissons, établi pour le P. anguil/iformis des côtes de Gambie et que l'on range dans la même famille que les Lépidosirènes. Voy. ce mot.
PROTOX\T)E(du gr.TrpSToç, premier, etd'oxyde), se dit, en général, de l'oxyde le moins oxygéné d'un métal. Ainsi le protoxyde de mercure [Hg20] renferme proportionnellement moins d'oxygène que le deutoxyde [HgO]. On désigne aussi les protoxydesen ajoutant la syllabe eux au nom du métal : oxyde mercureux est synonyme de protoxyde de mercure.
PROTOZOAIRES (du gr. TipÛTOç, premier, et Çcoâpiov, animal), 5e embranchement du Règne animal, comprend les animaux à la fois les plus petits et les plus simples. Rs sont formés d'une matière gélatineuse et sans structure, le sarcode, ayant toutes les propriétés réparties dans les différents tissus des animaux supérieurs :cette substance est ou non soutenue par une sorte de squelette. — On distingue les Protozoaires en Infusoires et en Rhizopodes ou Foraminifères. On y joint quelquefois les Spongiaires.
PROTUBÉRANCE (du lat. protuberare, être proéminent). En Anatomie, on donne le nom de protubérances à des saillies qu'on observe à la surface des os, surtout de ceux du crâne. C'est sur l'observation des protubérances du crâne que repose toute la Phrénologie. Voy. ce mot.
On nomme spécialement protubérance cérébrale ou annulaire, ou corps de la moelle allongée, la portion la moins volumineuse de l'organe encéphalique, placée à la base du crâne, entre le cerveau, le cervelet et le bulbe rachidien, et que l'on connaît aussi sous le nom de pont de Varole , du nom de Tanatomiste qui l'a décrite le premier. — Protubérances cylindroïdes. Voy. Cylindre.
Protubérances roses (du Soleil). Voy. Soleil.
PROTUTEUR (du lat. protutor), celui qui tient lieu de tuteur. La loi permet de donner un protutea>\&u mineur qui possède des biens dans un lieu éloigné du siège de la tutelle; par exemple, dans les colonies. Le protuteur doit rendre compte au tuteur (C. civ., art. 417). •
PROUE (au latin piorn), l'avant d'un navire, et plus exactement la partie du bâtiment qui est située sur l'avant du couple antérieur, dit coltis, et qui a pour limite en avant l'étrave. Chez les anciens, la proue des vaisseaux de guerre était armée d'un éperon en airain ou en fer, en forme de bec d'oiseau : d'où son nom de rostrum. La proue est souvent ornée de sculptures.
PROUSTITE. Voy. AncENT arsénié- sulfuré.
PROVÉDITEUR (de l'ital. provveditore), magistrat vénitien. Voy. le DM. d Ilist. et de Géogr.
PROVERBE (du lat. proverbium), espèce de sentence ou de maxime exprimée en peu de mots, et devenue d'un usage commun. Les proverbes, résumé de l'expérience générale, sont, comme on l'a dit, la sagesse des nations. Les plus anciens recueils de proverbes sont ceux de Salomon (Livre des proverbes), chez les Hébreux, et de Pilpai, chez les Indiens. On peut consulter encore, pour les proverbes orientaux, le Pantcha-tantra, et les Paroles remarquables , bons mots et maximes des Orientaux, par Galland. Les Poésies g nomiques des Grecs peuvnt être considérées comme des recueils de proverbes (Voy. Gnomiques). On doit à M. E.-L. Leutsch un savant recueil de proverbes grecs (Corpus parcemiographorum gracomm, Goettingue, 1839-51). Les Distiques latins de Dionysius Caton, qui vivait au me siècle de notre ère, furent traduits au moyen âge en langue vulgaire et jouirent longtemps d'une grande popularité. A la même époque, le Hava-mal, poëme gnomique des Scandinaves, était répandu en Allemagne, ainsi que les Triades galloises en Bretagne. Le xvie siècle vit éclore un grand nombre de recueils de proverbes anciens, notamment le Violier d'Apostolius, et les Adages d'Érasme. Quant aux peuples modernes, indépendamment des ouvrages qui, comme le Don Quichotte, sont remplis de proverbes, on a des recueils spéciaux de proverbes italiens, par Cornazzano ; espagnols, par N. Pinciano (Madrid, 1616 et 1804); hollandais et allemands, par Gruter; anglais, par Howell, Ray, Fielding, Kelly ; français, par Leroux de Lincy (1842). Consulter aussi A.-J. Panckoucke, La Mésangère, Quitard, Dictionnaires des proverbes ; Gratet-Duplessis, Encyclopédie des proverbes, Fleur des proverbes et Bibliographie des proverbes. Voy. Parémiographie.
Proverbe, sorte de petite comédie servant de développement à quelque proverbe. Quelquefois on se contente de tracer un canevas, et les acteurs improvisent leurs rôles. Le plus souvent ces pièces sont destinées à être jouées en société. Collé et Carmontelle dans le siècle dernier, Gosse et Th. Leclercq de nos jours, ont écrit de charmants proverbes pour les théâtres de société. Dans ces derniers temps, ce genre de pièces a été introduit sur la scène française et a eu beaucoup de vogue : Alfred de Musset a fait représenter des proverbes qui méritent presque le nom de comédies.
PROVIDENCE (du lat. providentiel, prévoyance), action perpétuelle de Dieu sur le monde et sur l'homme pour les conserver et les diriger à leur fin, selon l'ordre qu'il a établi par la création. La Providence s' 'explique par la réunion des attributs intellectuels et moraux de Dieu. Être souverainement parfait, Dieu possède l'intelligence, la toute-puissance avec la liberté, la bonté et la justice : il conçoit le plan du monde, il le réalise volontairement, il attache le plaisir à l'accomplissement des actes nécessaires à la conservation des animaux, il est le législateur et le juge des hommes (Voy. Création, Dieu). — La Providence se manifeste dans l'ordre de l'univers. Le règne inorganique est gouverné par des lois qui forment un système plein d'harmonie. Les êtres vivants sont organisés pour se conserver euxmêmes, propager leur espèce et remplir une fonction dans l'ensemble. Ils constituent une série qui offre une progression continuelle de perfection par des transitions graduelles. Le végétal se développe en absorbant pour les convertir en sa propre substance des éléments empruntés aux minéraux. L'animal a de plus la sensation et le mouvement instinctif ou volontaire. L'homme résume en lui les puissances des êtres inférieurs; il y ajoute la raison et la liberté, par lesquelles il peut comprendre et réaliser avec réflexion sa destinée. Enfin, il y a progrès dans le développement historique de l'hu-