BALLE
Fraii^fi les baleines se montraient encore en assez grand i, ombre dans la Manche. Poursuivies sans cesse parles pécheurs, elles se sjnt retirées peu à peu vers le Nord et ne se rencontrent plus auj. que dans les mers glacées qui avoisinent le pôle. — La pêche de la baleine estune branche importante du commerce maritime : c'est l'école où se forment les marins les plus hardis et les plus expérimentés. Jadis aux mains des Basques, elle a passé maintenant aux Anglais et aux Américains. Pour s'emparer d'un ennemi si redoutable, un homme robuste, monté sur un solide canot, s'en approche avec précaution pendant son sommeil, et lui lance un harpon près d'une nageoire pectorale. La baleine, surprise, plonge aussitôt, emportant avec elle le fer du harpon, auquel est attachée une immense corde qui suit l'animal jusqu'au fond de l'eau ; bientôt la baleine reparaît à la surface de la mer pour respirer ; on la frappe encore, et l'on répète les coups jusqu'à ce qu'elle soit aflaiblie et meure. Elle est ensuite traînée aux vaisseaux ou au rivage, où on la dépèce pour en mettre la graisse dans des tonneaux. On se sert quelquefois, pour frapper de loin la baleine, de fusées à la congrève et de la pile électrique.
L' huile qu'on extrait de la graisse de la baleine est employée à l'éclairage, dans la fabrication des savons noirs, à la détrempe des couleurs, dans la préparation des cuirs. 5a chair, fraîche ou salée, sert souvent de nourriture aux populations maritimes. Ses intestins fournissent une membrane transparente et ses excréments mêmes sont employés pour teindre les toiles en rouge. Les fanons nous arrivent en paquets de 10 à 12, tantôt entiers, tantôt ayant déjà subi une subdivision qui les rend plus portatifs. On scie ces fanons suivant leur longueur et on les ramollit dans l'eau chaude ; la force, la légèreté et la grande élasticité qu'ils possèdent après ce traitement les font employer dans beaucoup d'industries (confection des parapluies, ombrelles, corsets, etc.). Chauffée dansun bain de sable, de vapeur, ou d'eau, la baleine se ramollit et peut se travailler, comme la corne et l'écaillé, -en tabatières, pommes de canne, etc.
Les Baleines franches comprennent les espèces : B. mysticetus, glacialis, lustralis, antarctica, japonica, marginata, etc. — Pour les Fausses baleines, Voy. Rorqual.
On trouve encore auj. un grand nombre d'ossements de Baleines fossiles, surtout dans l'Asie septentrionale. On appelle B. de Lamanon une baleine lossile décrite par ce naturaliste, et qui avait été découverte à Paris, rue Dauphine, sous le sol d'une cave.
baleine (la), grande constellation de l'hémisphère austral, située sous les Poissons et près de l'eau du Verseau. On y compte près de 100 étoiles : l'une d'elles, o.appeléeaussi mira ceti,est la 1" des étoiles périodiques qui ait été observée. Sa période est de 334 jours env., et dans cet espace de temps elle passe progressivement de la 2e grandeur à l'invisibilité; puis, après être restée 3 mois invisible, elle revient à la 2" grandeur, en passant par des phases inverses des premières.
BALÉNOPTÈRE. Voy. Baleine et Rorqual.
BALI-SAUR (c.-à-d. cochon des sables), Arctonyx, en iv de Mammifères, de l'ordre des Carnassiers, famille des Ursidés, a le port d'un ours, le museau, les yeux et la queue d'un cochon. Le B. de Duvaucel (A. collans) habite l'Hindoustan : il est omnivore et grogne comme l'ours.
BALISE (orig. dout.). En termes de Marine, c'est précisément une perche surmontée d'un pavillon ou de tout autre objet pouvant servir d'indice aux navigateurs; mais, le plus souvent, on donne le nom de balises aux bouées flottantes. Voy. Bouée.
BALISIER, nom vulg.du genre Caima. V. ce mot.
BALISTE (en lat. balista), machine de guerre en usage chez les anciens, servait à lancer contre l'ennemi des traits et des projectiles de toute nature, et à battre en brèche les murailles d'une villeassiégée : sa forme était celle d'une énorme arbalète, que l'on
tendait à force de bras et au moyen d'un moulinet.
balistk, Batistes, genre de Poissons, de l'ordre des Ostéodermes, famille des Plectognathes : nageoire dorsale armée d'un aiguillon, que l'animal relève avec vivacité quand il craint quelque danger. Ce genre renferme plusieurs espèces remarquables par l'éclat de leurs couleurs, souvent métalliques. A l'exception du B. cupriscus, qu'on trouve dans la Méditerranée, toutes Habitent les mers intertropicales.
BALISTIQUE ou ballistique (du lat. balista ; du gr. pà).Xoj, lancer). C'était, avant l'invention des armes à feu, l'art de diriger et de faire jouer les machines de guerre ; auj. c'est la science du mouvement à travers l'espace des corps pesants, en général, et en particulier, des projectiles de l'artillerie. Dans ce dernier sens on l'appelle aussi pyrobalistique : elle enseigne à calculer le jet des projectiles, les lignes des trajectoires, le tir des bouches à feu, la direction des bombes, des boulets, des balles ; à en évaluer la portée en la calculant sur la distance connue du but, sur le poids de la charge de l'arme à feu, sur la proportion et la pesanteur des mobiles. Les ingénieurs auxquels la balistique doit le plus sont : Tartaglia, Bélidor, Blondel, Martillière, Montalembert, Piobert, etc.
On appelle Pendule balistique un appareil qui sert à évaluer la force d'expansion de la poudre et à mesurer la vitesse avec laquelle se meut un projectile au sortir de l'arme qui l'a lancé.
BALIVEAUX (d'un dimin.de bajulus, dans le sens depieu,échalas), jeunes arbres de belle venue, qu'on réserve dans la coupe des taillis pour en faire des arbres de haute futaie. L'ordonn. du 1er août 1827 établit qu'il sera laissé au moins 25 baliveaux par demihectare, que ces baliveaux auront au moins 10 ans et qu'ils ne seront point coupés avant qu'ils en aient au moins liO. Les baliveaux ont l'avantage de fournir du bois de charpente, de mettre les jeunes plants et les pousses des taillis abattus à l'abri des ardeurs du soleil. Ils sont dits : B. de l'âge, B. mo- Uernes, ou B. anciens, selon qu'ils ont été réservés une première, une deuxième, ou une troisième fois: passé ce nombre on ne les appelle plus que vieilles écorces. L'opération par laquelle on fait choix des baliveaux s'appelle balivage: elle est accompagnée du martelage. Voy. ce mot.
BALLADE (de baller, danser), genre de poésie dont le caractère a souvent varié. Dans l'origine, en Italie et en France, la ballade n'était qu'une chanson naïve, composée pour l'accompagnement de la danse : d'où son nom. Du temps de Villon et de Marot, c'était un petit poëme qui se composait de 3 couplets égaux, de 8, 10 ou 12 vers et sur les mêmes rimes, s<> terminant chacun par un vers qui servait de refrain; ces 3 couplets étaient suivis d'un 4e, n'ayant que 4, 5 ou 6 vers, terminé de même par le refrain et portant le nom d'envoi. Après avoir été fort à la mode pendant tout le xvie siècle, la ballade devint un pur jeu d'esprit où l'on s'inquiétait moins du sens que de la rime et de l'harmonie : aussi fut-elle pros crite par les grands poètes du xvne siècle.
Transportée en Angleterre par les Normands, la ballade y devint, surtout chez les Écossais, le récit poétique et populaire de quelque événement fabuleux ou réel, dans le genre des romanceros espagnols : ce récit est écrit en stances régulières ; mais le poète en varie à son gré la forme et l'étendue. La ballade a conservé ce caractère dans les poésies de l'Allemagne, de la Roumanie et de la Grèce moderne. De nos jours, M. V. Hugo a composé des ballades dans ce dernier genre. — Voir : M. Aycard, Ballades de la Provence (1826) ; Loève-Weimars, B. de l'Angleterre et de rÈcosse (1825); Séb. Albin, B. de l Allemagne (1840) ; V. Alexandri, B. de lu Roumanie (1855 , etc.
BALLASTAGE(del'angl. ballast, lest), terme employé dans les Chemins de fer pour exprimer l'opération qui consiste à ensabler la voie ferrée.
BALLE (orig. german.ou celt.). On nomme ainsi: