‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 157 sur 1672 · BARRIERES · texte numérisé non relu

BARRIERES

dite prororoca, s'élève jusqu'à 15 m. ; dans la Seine, son effet est ressenti jusqu'à Rouen; dans la Gironde, où on lui donne le nom de mascaret, le flux dépasse le Bec d'Ambez et pénètre à la fois dans la Dordogne et dans la Garonne.

Dans la Marine, on nomme barre du gouvernail le levier fixé à la tête du gouvernail et qui sert à le manœuvrer (Voy. Gouvernail) : on dit de même barre de cabestan, barre de guindeau ( Voy. ces mots) ; — barre (forçasse, la corde du grand arc formé p ir les estains appuyés sur l'étambot, lequel est comme la flèche de cet arc; — barre d'hourdi, une barre parallèle et inférieure à la barre d'arcasse ; au-dessous de cette barre est la barre de pont, qui est à la hauteur du pont; — barres découtilîes, de longues lattes en fer fixées par des pitons et des cadenas sur les panneaux qui ferment les écoutilles; — barre de hune, de perroquet, de cacatois, de petites pièces de bois placées en travers, à distances différentes, sur l'élévation de L'ensemble d'un mat, et qui supportent la base de chacun des mats particuliers, etc.

En termes de Blason, la barre est une des pièces honorables de L'écu, qui va du haut de la partie gauche au bas de la partie droite: c'est le contraire de la bande. On appelle barre de bâtardise une barre un peu plus étroite que la barre simple, et qui sert à barrer les armes des bâtarde.

En Métallurgie, on donne le nom de barre au produit de la fonte des mines des métaux précieux, purifié, affiné et façonné en lingots; sur chaque barre on indique le poids, le titre, le millésime et la douane où les droits ont été acquittés.

Dans un Tribunal, on appelle barre l'enceinte particulière réservée aux juges, parce qu'elle est ordinairement fermée par une barre ou barrière à hauteur d'appui : les avocats et les avoués se placent derrière la barre.

BARRE, en Métrologie. Voy. Vare.

BARREAU. Ce mot désigne et le lieu où les avocats se tiennent à l'audience pour plaider, et le corps même des avocats; il vient de la barre ou balustrade qui sépare le tribunal du lieu où siègent les avocats. — Le barreau, c.-à-d. la pratique de l'éloquence judiciaire, a produit, de tout temps, des hommes célèbres, et a joué un rôle considérable. Citez les Grecs et les Romains, il fut la pépinière des orateurs et des hommes d'État: Hypéride, Lysias, Démosthène, Eschinedans Athènes; Cicéron, Hortensius, Marc-Antoine, Crassus à Rome, furent l'honneur du ban-eau en même temps que de la tribune. — Sous les empereurs romains, sans jouer aucun rôle politique, le barreau compte encore dans ses rangs les hommes les plus distingués, Pline, Papinien, Ulpien, etc. Anéanti par l'invasion des barbares, le barreau se relève au moyen âge. Longtemps la défense est confiée aux clercs de L'Église; mais un concile Leur interdit le barreau (1180). Ce n'est que sous Louis |\ qu'on voit paraître en France Le nom d'avocat : L'ordre, déjà réglementé par une ordonnance de 1276, est constitué par l'ordonnance de 13aa. Tout en partageant depuis le sort des parlements, il conserve son organisation jusqu'en l7'.to. il est alors supprimé, ciiiii toutes les institutions de l'ancien régime.

Pendanl plusieurs années, L'exercice de La profea

sion d'avocat fut ouvert à mut Le monde : ceux qui b'j

livraieni prenaient le titre de défenseurs officieux. L'ordre dos avocats ne fut rétabli qu'en lHO'i (loi du 23 ventôse an \li .1 n décret dul&déc. 1810 soumit le barreau à un règlemenl sévère: le décret du ~2 juil let isfj et Les ordonnances des 20 novembre isjl' et 27 août 1830 complétèrent son organisation.

l>cs Le \i\c' siècle, te barreau français comptait il s hommes d'un grand Bavoir el d'une rare vertu, tel que Yves llélori, qui fut canonisé, J. Faber, P. de Belleperche, Raoul de Presles, Regnault d' \cv, Guill. de Dormans, J. Desmarets, J. Juvéna] des Drains, .1. de la i'>i\ 1ère, J. de Vailly, Raulin, Cousinot, etc. . mais l'éloquence de cette époque était déclama-

toire, verbeuse, surchargée de digressions inutiles et de citations déplacées. Avec le xvie siècle commence pour le barreau français une ère nouvelle: c'est alors que brillent successivement Dumoulin, G. Coquille, Poyet, Chopin, Brisson, Bodin, Ayrault, Loyseau, Pithou, Loisel, Pasquier, Lemaistre, Ant. Arnauld, Patru. Au xvnie siècle, Cochin, Gerbier, Linguet, Bergasse, Delamalle, Tronchet, Desèze, Chauveaule, soutiennent l'honneur du barreau ; ils ont trouvé dans les Berryer, les Paillet, les Hennequin, les Dupin, les Chaix d Est-Ange, les Marie, les Dufaure, les J. Favre, les Lachaud, etc., de dignes successeurs.

Noir : le Barreau fronçais, recueil des chefs-d'œuvre de l'éloquence judiciaire (1821-25, et 1833-i7 ; Boucher d'Ar gis, Histoire abrégée de l'ordre de* awh cats (1753); Fournel, Histoire des avocats au Parlement et au Barreau de Paris (1813), histoire que complètent les Souvenirs de Berner père (1839); Grellet-Dumazeau, Recherches et études sur le Barreau de Rome, depuis son origine Jusqu'à Justinien (1851) ; Oscar de Vallée, De l'Éloquence j Ho 'icaire ou xvtie siècle (1856); Sapey, Études biographiques (1858), etc.

BARREAU AlM\i\TÉ. Voy. AlMANT.

BARRES, intervalle qui, dans la mâchoire inférieure du cheval, existe entre les inci ives et les molaires, et sur lequel porte le mors. Voy. ce mot.

Autrefois, on désignait sous le nom de barres un exercice d'hommes armés et combattant ensemble, avec de courtes épées, dans un espace fermé de barrières. Par suite, on a djnné ce nom à un jeu d'enfants qui consiste à se former en deux camps, séparés par une barre tracée sur le sol, puisa venir se provoquer réciproquement et à courir les uns contre les autres, pour faire des prisonniers ou pour délivrer les prisonniers faits par le camp opposé.

barrette du b.-lat. birretum,de tSirra*, roux), bonnet carré de couleur noir; - cornes que

portent les ecclésiastiques, surtout en Italie, et qui se plie en s'aplatissant. — On donne plus spécialement ce nom à un petit bonnet carré de couleur rouge qui est un des insignes des cardinaux, et qu'il ne faut pas confondre avec le béret lion ou calotte rouge. La barrette est remise aux cardinaux par un envoyé du pape, qui prend le titre d'abiégat. C'est Grégoire XIV qui introduisit l'usage de la barre: cardinaux. — Le bonnet de docteur se nomme aussi barrette : il a quatre cornes.

BARRICADE, retranchement fait à la hâte avec rriq tes remplies de terre, des fascines, d ■ arbres, des pavés ou tout autre obstacle, pour défendre un passa-" quelconque ;on a aussi donné C S «les cliaines tendues à travers une rue pour la barrer.— Gfl genre de défense a joué on grand rôleà Paris dans plusieurs insurrections. Outre l'emploi qu'on en tit dans la célèbre Jour/tri' des barricades 12 mai 1588), on y recourut encore Le 20 août L6A8, pour chasser Ma/.arin : le 27 juillet 1830, pour rep les troupes de Charles \ ; dans les émeutes do juin L8S2 et avril 1834; dans les journées des 23 et mer ih'iS, et dans celles de juin de la même année.

BARRIÈRES [de barre), nom sous lequel ^n désigne, outre les grilles et les barrières propr. dites, les

bureaux établis à l'entrée d'une ville, sur un pont, sur une route, à la front ière d'un pa> s ou d'un- province,

pour la perception d'un droit de douane, d'en) d'octroi, d'un péage, etc. Avant 1860, Paris av. ut 56 barrières, dont les principales étaient : au N.. celle de L'Étoile, du Houle, de Clichy.St-Denis, de la Villette, et du Troue; au s., celles de Fontainebleau M d'Italie, St-Jacques, d'Enfer, du Maine, etc. — El

Angleterre et en Allemagne, il existe sur les routes des barrières où l'on perçoit sur les voitur chevaux el les botes de somme, <les taxes des

i payer les frais de construction et d'en

VOiea publiques.

Autrefois, a Paris, les sergents du Chàtelet se te-

BARYTF.

Page 1