BEAUX-ARTS
des autres animaux, des poissons surtout, car la plupart de leurs espèces vivent dans les eaux; mais quelques-uns piquent avec avidité les mammifères, lorsqu'ils vont à l'eau pour boire et s'y baigner. Cette habitude naturelle a été détournée, en Médecine, pour les saignées locales. — Celte famille comprend : les Hranchiobdellins, qui seuls du groupe ont des branchies : les Ichthyobde/les, les Sangsues, les Glossobdelles, et les Malacobdelles.
BDELLE, Bdellu. Voy. Sancsue.
BDELLIU3I (du gr. p8é>.).iov), gomme-résine provenant d'une espèce de Balsamodendron , qu'on trouve en Afrique, dans l'Inde et l'Arabie. Le bdelliuin, qui ressemble à la myrrhe, se rencontre dans le commerce en masses ou en grains arrondis, d'un rouge foncé, opaques, luisants, cassants, d'une odeur particulière, d'une saveur amère; il répand en brûlant une odeur assez agréable, ce qui le fait prescrire en fumigations dans les affections spasmodiques, etc. Les médecins l'appliquent quelquefois à l'intérieur comme résolutif et émollient.
BDELLOMÉTRE (du gr. r3ûE>.),a, sangsue, et pitpov, mesure), instrument destiné à remplacer les sangsues. Il se compose d'une pompe ou ventouse, armée de lancettes ou scarificateurs, et graduée afin de mesurer la quantité de sang que l'on retire de la plaie. — On en doit l'invention au docteur Sarlandière 1819).
BEATIFICATION (de béatifier ; du lat. beatus, bienheureux), acte par lequel le pape déclare que l'âme d'une personne qui a vécu saintement jouit dans le sein de Dieu du bonheur éternel ou béatitude,et permet de lui rendre un culte particulier. Cet acte ne peut avoir lieu que 50 ans après la mort de la personne. La béatification précède la canonisation ; les honneurs qu'on rend aux béatifiés sont provisoires et limités quant aux lieux et aux personnes. Le pape Alexandre III a fixé les règles à suivre pour la béatification et la canonisation. Le pape Benoît XIV (1734) et P. Lambcrtini (1833) ont écrit De beatifxcatione servqrum Dei.
BÉATITUDE (du lat. beatitudo), état des bienheureux dans la vie éternelle. Les théologiens distinguent la B. objective, qui est Dieu même, et la B. formelle, qui consiste dans la connaissance, l'amour de Dieu et la joie de le voir et de l'aimer. Ils appellent B. surnaturelle, la possession de la grâce et des vertus surnaturelles qui disposent le juste au bonheur éternel, et l'assemblage des biens que la nature ne peut acquérir par ses propres forces.
On nomme B. éoangéliques les huit maximes qui servent d'exorde au discours de J.-C. sur la montagne, et qui renferment comme un abrégé de sa morale(St Matthieu, ch. 5, v. 3 et suiv.) : ces maximes < immencent par ces mots : « Heureux {beati) ceux qui, etc. : car le royaume des cieux leur appartient. » De là leur nom.
BEAU (du iat. bel/us). On adonné du beau des définitions assez diverses, parce qu'onasouveutpris une conditions pour son essence même. Pour bien déterminer celle-ci, on doit étudier le beau de préfé- . l'homme. Si l'on considère en cet être supéiïour xva les éléments de la beauté physique, intellectuelle 9t morale, la forme et l'attitude du corps, l'énergie, l'adresse ou la grâce des mouvements, la puissance du geste, du regard et de la voix, enfin la parole, interprète fidèle de la pensée, on reconnaît que toutes ces choses ne nous charmentet nenousémeuventque parce qu'elles sont la manifestation de la vie, qu'elles nous offrent l'image visible d'une âme invisible, qu'elles nous révèlent les qualités excellentes ou aimables de l'esprit et du cœur. Les autres êtres ne nous paraissent beaux qu'autant que nous retrouvons en eux à quelque degré un de ces caractères ou son symbole : dans le minéral, la régularité des formes et la couleur; dans le végétal, le premier épanouissement de la vie ; dans l'animal, la sensibilité, le mouvement, une image de nos qualités intellec-
tuelles et morales ; enfin, dans les spectacles de la nature, l'ordre et la grandeur, qui impliquent intelligence et puissance, et une variété d'aspects qui éveille en nous des sentiments divers selon les dispositions de notre âme. Cette analyse rapide montre que partout le beau est l'expression des caractères constitutifs dé l'être, qu'il implique l'union harmonieuse de deux éléments, d'une idée et d'une /brme. Saconiemplation met en jeu les sens, qui perçoivent la forme, puis l'imagination, qui sereprésenteà la fois là ''orme et l'idée dans leur fusion intime; enfin, elle excite une émotion agréable, comme la sympathie, l'admiration, l'amour.
Outre le beau réel, qui se manifeste dans la nature et dans l'homme, il y a le beau idéal, qui est l'objet de l'art. L'art n'a point pour but la simple imitation de la nature, selon la théorie qui remonte à Aristote, ni la représentation d'une généralité abstraite et indéterminée, incompatible avec l'existence réelle, comme on l'a enseigné en s'autorisantde certains exemples de l'art grec et de la théorie platonicienne de l'idéal; il doit s'inspirer de la nature sans la copier, et lui emprunter ses formes pour composer une œuvre où, à la beauté la plus haute, se joigne un caractère frappant de vérité, comme on le voit dans les sculptures du Parthénon. En général, l'art peut se définir une création libre de l'esprit exprimant une idée par une forme, selon les conditions que lui imposent les matériaux qu'il emploie, la pierre, la couleur, le son, la parole; il faut que, en s'adressant à la vue ou à l'ouïe, il pénètre jusqu'à l'âme, et qu'il y fasse naître une pensée ou un sentiment capable de l'émouvoir ou de l'élever par son affinité avec le bien et le vrai. On aurait tort cependant de confondre le beau avec le bien ou avec le vrai ; toute représentation d'une conception métaphysique ou morale, dès qu'elle procède de la réflexion plus que de l'inspiration, aboutit à une composition froide. Le beauest également distinct du sublime : dans le premier, il y a harmonie entre l'idée et la forme, dans' le second, le spectacle d'une grandeur et d'une puissance sans limites nous fait oublier leur manifestation sensible, et nous inspire le sentiment de notre faiblesse. Voy. Esthétique, Génie, Goût, Idéal.Ima-
GINATION.
Pour la bibliographie, Voy. Esthétique.
BEAU-FILS, Beau-père, Beau-frère. Voy. Alliance et Parenté.
BEAUPRÉ de l'ail. Bug-spriet, proue). Voy. MÂT.
BEAUX-ARTS. On réunit sous ce nom tous les arts qui ont pour but de charmer l'âme en s'adressant à la vue ou à l'ouïe: les arts du dessin peinture, sculpture, gravure, architecture); la musique, etc. — Voir : Winckelmann, Histoire de l'art chez les anciens, Du sentiment au beau dans les ouvrages de l'art, etc. ; A. G. Schlegel, Leçons sur l'histoire et la théorie des beaux a)*ts ; Cousin, Du beau et de l'art [Bev. des Deux-Mondes, 1er sept. 18.65). Voy. aussi Be\u et Esthétique.
La plupart des nations civilisées, la France surtout, ont créé diverses institutions pour encourager et pour perfectionner les beaux-arts; les principa' »s sont . : 1° l'École des Beaux-Arts, fondée à Paris dès 1793, établie plus tard rue des Petits-Augustins, d local de l'ancien musée : cette école, constituée par ord. du 4 août 1819 et régie actuellement par le décret de is7:$. comprend l'enseignement rie la peinture, de la sculpture, de la gravure et de l'architecture; des concours annuels donnent lieu à des grands prix dont les titulaires sont envoyés a l'Académie de France h. Borne ; — 2' le Conservatoire de musique, organisé en 1795, destiné a l'enseignement de la musique et des arts qui s'y rattachent Voy. Conservatoire); — 3° l'A adémie des Beaux-Arts, fondée en 1655 par Louis XIV sous le titre d' 'Académie de Peinture et de Sculpture, augmentée en 1671 d'une Académie (/'Architecture, et comprise depuis dans l'Institut, où elle forme la 4e classe: elle compte /|0 titulai-