BIBLIOTHÈQUE
de Chimie sont souvent précédés : tels que bioxyde, bisu/fate, bichlorure, etc.; biatomique, bibasique,bisel, etc. Voy. le mot qui suit bi.
BIBERON (du lat. bibere, boire), petit vase qui a un bec par lequel on fait boire un petit enfant ou un malade. Les biberons pour malades, dont on se sert dans nos hôpitaux, se composent d'une tasse d'étain, à couvercle articulé, et munie d'un tube recourbé à l'aide duquel on verse lentement la boisson dans la bouche du malade. Quant aux biberons qui servent à l'allaitement artificiel des enfants, c'est ordinairement une fiole aplatie, en verre, en porcelaine ou en cuir bouilli, qui est bouchée avec une éponge fine recouverte d'un linge fixé autour du goulot. Ce biberon a deux inconvénients : le lait s'y aigrit facilement, et, si le linge se déchire, l'enfant peut avaler l'éponge. Pour parer à ce danger, on a imaginé des biberons terminés par un bout de sein, en gomme élastique, en tétine de vache préparée, en ivoire ramolli, etc. Les biberons les plus connus sont ceux de Sa/mer, de M"" Breton, deDarbo, de Charrière, etc. Dans la plupart, le flacon est percé d'un petit trou destiné à permettre l'entrée de l'air : on règle l'écoulement du lait en bouchant le trou ou le laissant liîsre à volonté.
BIBIO^f, Bibio, genre d'Insectes, de l'ordre des Diptères, famille des Némocères, à tète large et arrondie chez les mâles, plate et carrée chez les femelles. Ces insectes, voisins des Tipules, sont connus sous les noms vulgaires de Moue/tes de St-Marc et de Mouches de St-Jean : ils se rencontrent partout, et ne font aucun tort à la végétation.
BIBLE (du gr. pi6>ta, plur. de flioXtov), l'Écriture sainte, l'Ancien et le Nouveau Testament. Voy. le Dict. dHist. et de Géogr.
BIBLIOGRAPHIE (du gr. piê).îov, livre, et Yf.àyw, écrire), science qui consiste à connaître les livres, tant sous le rapport de leur sujet et de leur contenu que sous celui de la forme sous laquelle ils se produisent ou de leur condition matérielle et de leur prix : de là deux sortes de bibliographies : la B. littéraire et la B. matérielle; la première s'adresse au savant, la deuxième au libraire ou à l'amateur. Depuis que les livres se sont multipliés à l'infini et qu'il a été tant écrit sur les matières les plus diverses, le premier soin de toute personne qui étudie ou qui veut écrire doit être de s'informer des ouvrages qui existent sur chaque sujet : c'est la bibliographie qui le lui apprend ; aussi peut-on dire qu'elle est en ce sens le préliminaire de toutes les sciences, le guide de toutes les autres. — Les anciens ne nous ont laissé aucun ouvrage qui appartienne àlabibliographie proprement dite. Le premier ouvrage de ce genre que nous connaissions est le Myriobiblion ou Bibliothèque de Photius, qui vivait au ixe siècle. Vient ensuite la Bibliotheca mundi de Vincentde Beauvais, contemporain de St Louis, après laquelle on ne peut guère citer que la Bibliotheca de C. Cesner (Zurich, 1545). Longtemps négligée, la bibliographie fut ébauchée en France par Duverdieret Lacroix du Maine, au xvie siècle ; elle doit beaucoup aux travaux de Debure (Bibli-)qraphieinstructive,i.lQ3-Q8y, de Barbier (Nouvelle bioliotnèque d'un homme de goût, 1808-10 ; Dictionnaire des anonymes et des pseudonymes, 1806) ; de Poignot (Manuel bibliographique, 1800) ; de Quérard (France littéraire, 1817-31, et Littérature française contemporaine, 1842 et suiv.) ; et surtout de Brûnet, l'auteur du Manuel du libraire et de l'amateur de livres (Paris, 1824, 5e édit. 1860 et suiv.), ouvrage devnu classique. La Bibliographie de la France, journal de la librairie, fondé par Beuchot en 1811 ; le J'urnal général de la littérature, publié par Treuttel et Wurtz, et les Bulletins bibliographiques publiés par les grandes maisons de librairie de la France et de l'étranger, permettent de suivre d'année en année lis progrès des sciences et des lettres, depuis le comementdu siècle. — Les Anglais ont aussi cultivé diie la bibliographie ; mais ils se sont plutôt
attachés à la partie matérielle, recherchant par-dessus tout les livres rares et anciens : c'est là le caractère principal de leurs bibliographes, notamment de Dibdin. — Les Allemands se sont surtout distingués par la patience, l'étendue et l'exactitude de leurs recherches: on leur doit V Allgemeines Répertoriant der Litteratur d'Ersch (1793-1809,) ; V Allgemeines bibliographisches Lexicon d'Ebert (1821-30) ; lf Leipziger Repertorium de Beck, Fœlitz, Gersdorf, etc. (1818 et suiv.) ; la Bibliotheca scriptorum classicorum de W. Engelmann, souvent réimprimée, etc. — Voy. Cata-
. logue et Imprimerie.
I BIBLIOMA.\'E (du gr. piê).t'ov et (xavîa, folie), celui qui a la passion des livres, surtout des livres rares
: et richement reliés, et qui les recherche non pas tant
; pour s'instruire que pour en repaître sa vue et se féliciter de les posséder. La bibliomanie est l'aberration de la bibliophilie. Le mot bibliomanie est de la façon de Gui-Patin. Née en Hollande, à la fin du xvne siècle, cette passion ne fait que s'accroître tous les jours. L'Anglais Th. Dibdin s'est fait le guide de ces amateurs fanatiques en publiant à leur usage sa
i Bibliomania (Lond., 1811) et son Bibliographical Decame ron (1817).
! BIBLIOMAPPE (du gr. piêXîov, et du lat. mappa,
! carte), titre d'un ouvrage, publié de 1824 à 1826, par MM. Bailleul et Vivien, pour l'enseignement élémentaire de la géographie et de l'histoire et qui contenait à la fois un texte et des cartes.
BIBLIOPHILE (du gr. ptê).(ov et çîXoc,ami), amateur de livres, celui qui aime sagement les livres, qui a du goût pour les bons ouvrages et qui saitles discerner d'avec les mauvais. Ce mot ne doit pas être confondu avec celui de bibliomane. — Il a été formé en France, en 1 820, une Société de bibliophiles qui se compose de 24 membres et de 5 associés étrangers, et qui n'admet dans son sein aucune personne faisant commerce de livres. Elle réimprime des ouvrages rares, et ne. les tire qu'à autant d'exemplaires qu'elle compte de membres. — Il existe à l'étranger plusieurs sociétés analogues.
BIBLIOTHÈQUE (du gr. iii6).io8ïixY]). Tous les peuples civilisés de l'antiquité ont eu des bibliothèques soit publiques, soit privées ; les plus célèbres parmi les premières sont : la B. d'A lexandrie, fondée par Ptolémée Soter vers 290 av. J.-C, détruite l'an 640 de notre ère, et qui contint jusqu'à 700,000 volumes ; la B. de Pergame, fondée par Attale Ier ; la B. Palatine, construite par l'empereur Auguste, sur le mont Palatin ; et la B. Ulpienne, formée à Rome sous Trajan (Llpius Trajanus). — Au moyen âge, une grande partie des bibliothèques anciennes disparurent par l'effet de l'invasion des Barbares et de l'ignorance qui en fut la suite. Leurs débris, conservés dans les cloîtres, ne s'augmentaient que lentement par le travail des copistes ; mais, après la découverte de l'imprimerie, on vit les bibliothèques s'accroître et se multiplier de toutes parts. — De nos jours, les pays les plus riches en monuments de ce genre sont la France, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
France. Paris compte actuellement 3t) bibliothèques publiques, dont 4 principales, savoir: la B. nationale, dont on fait remonter l'origine à Charles V, et qui, après avoir plusieurs fois changé de local, fut définitivement établie rue Richelieu en 1721 ; sous Louis XIII, elle ne comptait encore que 16,746 volumes; àlamort de Colbert en 1681, elle en avait, déji 50,542 ; auj. elle possède plus de 600,000 voluiii'^ imprimés, 500,000 brochures, 60,000 manuscrits, 600,000 estampes, 100,000 médailles, camées, etc. ; — la fi. de l'Arsenal ou de Monsieur, à l'Arsenal, créée par le marquis d'Argenson de Paulmy et vendue en 1785 au comte d'Artois, puis accrue en 1787 de la bibliothèque du duc de La Vallière; — la B. Mnzarine, au palais actuel de l'Ins'itut, formée en 1648, pou:le cardinal Mazarin, par les soins de G. Naudé, et. qui devint publique en 168S ; — la B. Sainte-Gencviève, fondée en 1623 par les religieux Génovéfains,
1MCÉP.IALE.