‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 171 sur 1672 · BETTERAVE · texte numérisé non relu

BETTERAVE

des plantes herbacées vivaces qui toutes habitent les forêts de l'Amérique méridionale. La B. incarnat, la B. jaune et laiî. à grandes fleurs sont cultivées dans nos serres comme plantes d'agrément.

BESOIN, en Droit. Voy. Aliments et Abus de confiance.

Dans le commerce de Banque, les tireurs ou endosseurs d'une lettre de change écrivent souvent au bas: au besoin chez M..., ce qui signifie qu'en cas de nonacceptation ou de non-payement, le porteur peut se présenter chez M..., qui payera le montant de la lettre de change. La personne ainsi désignée est appelée aussi besoin ou recommandataire.

BKSTIAIRESJdulat.ôeî&Viraw, bestia, bète'1, ceux qui, chez lesanciensRomains, étaient destinés àcombattre dans les cirques contre les bêtes féroces. C'étaient des prisonniers de guerre, des criminels, des esclaves coupables, ou des Chrétiens. — On donnait aussi le nom de Bestiaires [Bestiaria), au moyenâge, à des recueils de fables ou de moralités, ainsi qu'à des pcëmes didactiques, ordinairement en vers de 8 syllabes, où les bêtes figuraient- comme personnages.

BESTIAUX. Voy. Bétail.

BESY ou bésigue, jeu de cartes, qui a beaucoup d'analogie avec la Brisqu.e ouMariage, se )Oue à deux et quelquefois à trois ; on se sert d'un jeu de piquet, soit simple, etalors la partie se termine en 500 points-, soit double ou triple, et, dans ce cas, elle peut être fixée à 1,000, 1.200 ou 1,500 points. Chaque joueur reçoit d'abord 8 cartes, et, après chaque levée, il en prend une au talon, jusqu'à entier épuisement. Le talent du joueur consiste surtout à former des mariages ou des groupes de cartes qui donnent des points: en effet, 4 as se comptent 100 points; 4 rois, 80; U reines, 60; 4 valets, 40 ; un mariage simple ou double, 20 ou 40 points ; le bésy, c.-à-d. l'accouplement de la dame de pique et du valet de carreau, 40 points ; le double bésy, 500, etc. De plus, le 7 d'atout vaut 10 points, et quelquefois l'as, le roi, la dame, le valet, - valent isolément 11, 10, 4, 3 et 2 points. — Le Bésy est originaire du Limousin.

BETA, nom latin botanique du genre Bette.

BÉTAIL, bestiaux (du lat. bestiale), nom collectif des animaux domestiques d'une ferme. On distingue le gros bétail, qui comprend les bêtes chevalines (cheval, âne, mulet) et les bêtes bovines (taureau, vache, veau, buffle, etc.) ; et le menu bétail , qui comprend les bêtes ovines ou bêtes à laine (bélier, mouton, etc.); les bêtes à poil (chèvre, bouc, etc.), et les bêtes à soie (cochon, truie, etc.). On emploie " les expressions bêtes de somme, celles qui portent des fardeaux (âne, mulet, chameau, lama) ; de trait, celles qu'on attelle à une voiture (cheval, mulet) ; bêtes aumailh's ( Voy. ci-après Bête), etc. — Le bétail est un des éléments nécessaires dé l'agriculture: outre qu'il est indispensable pour labourer la terre et en transporter les produits, le fumier qu'on en retire est un des moyens les plus efficaces de fertiliser le sol ; en outre, le bétail peut seul donner une valeur aux herbages. L'infériorité de l'agriculture française par rapport à celle de plusieurs pays étrangers, notamment de l'Angleterre, tient surtout à ce que l'on a trop longtemps négligé en France relève du bétail.

BÈTE (du lat. bestia), animal privé de raison ; on oppose en ce sens la bête kl' homme. — Les anciens accordaient une âme aux bêtes, mais une âme fort inférieure à celle de l'homme, et purement sensitive; Descartes, au contraire, a soutenu que les bêtes étaient de pures machines. Voy. Ame dus bêtes.

En Agronomie, on distingue: Bêtes à cornes, B. à laine, B. de somme, B. de trait, B. de labour, etc., tous mots qui s'expliquent d'eux-mêmes. Voy. Bétail.

On appelait autrefois Bêtes aumailles ou Au/mailles (du lat. animalia^, les bêtes h cornes et autres animaux admis à paître dans les forêts.

En termes de Chasse, on appelle Bêtes /'mires, les cerfs, les chevreuils, les daims, leurs femelles et

leurs faons ; B. noires, les sangliers, les laieset leurs marcassins; B. puantes, les renards, les blaireaux, les putois, les fouines, etc.; B. rousses, les loups et les renards. — On appelle B. de compagnie, les jeunes sangliers qui vont encore en troupe.

On nomme vulg. Bêtes à Dieu, B. à bon Dieu, B. à Martin, les Coccinelles; — H. à feu, les Lampyres, les Taupins, les Fulgores qui répandent pendant la nuit un éclat phosphorescent ; — B. à la grande dent, le Morse; — B. de la mort, la Chouette, l'Effraie; — B. noire, le Grillon, la Blatte, le Ténébrion ; — ii. rouges, les Leptes, etc., etc.

bète (Jeu de la), jeu de cartes le même que celui de la mouche; les termes seuls sont changés : on y dit bête pour mouche ( Voy. Mouche). — La Bête ombrée (ou hombrée) n'est qu'un diminutif du jeu de Vhombre. On y joue à 2, 3, 4 ou 5 personnes, avec un jeu de piquet et avec des jetons ayant une valeur convenue. Chaque joueur reçoit 5 cartes, distribuées par 2 et 3 ou 3 et 2 ; il ne faut que 3 levées pour gagner le coup. — A ces jeux et à plusieurs autres semblables, on appelle bête la somme que l'on dépose quand on a perdu un coup, et qui reste au jea pour être payée à celui qui gagnera.

BÉTEL (d'un mot indien), Chavica belle, plante sarmenteuse des Indes orientales, appartenant au genre Piper .-c'est une espèce de poivre. Les Indiens forment avec ses feuilles, mêlées avec de l'arec et de la chaux vive, une préparation appelée aussi bétel, qu'ils mâchent continuellement. Le bétel est tonique tringent ; il stimule l'estomac et prévient la dys terie, mais il gâte les dents et les fait tomber.

BÊTES. Voy. Bête et Bétail.

BETILLES, mousselines ou toiles de coton blanches, qui se fabriquent aux Indes Orientales. On distingue la /;. simple, un peu grossière ; la B. organdi, qui a le grain rond et est très-fine, et la B. tarlatane, qui est fort claire.

BÉTOIA'E, Betonica (des Vettones, peuple d'Espagne), plante vivace de la famille des Labiées, tribu des Stachydées. La B. officinale a des fleurs rouges ou blanches, des feuilles velues et oblongues; ses racines ont une odeur pénétrante : elles sont émétiques et purgatives ; ses feuilles sont sternutatoires, et peuvent se prendre en guise de tabac. On cultive comme plantes d'ornement : la B.du Levant, h fleurs pourpre pâle, et la B. grandiflore, k fleurs roses.

On nomme B. d'eau la Scrofulaire aquatique, et B. de montagne, l'Arnica.

BÉTO>T(orig. inc), mélange d'un mortier hydraulique avec des cailloux ou des pierres et des briques concassées ; il a la propriété de durcir promptement dans l'eau. Il s'emploie pour garnir le fond d'un canal, ou pour asseoir les fondations des constructions faites sur des terres humides. Voy. Chaux hydraulique et Ciment.

On donne aussi le nom de Béton au lait trouble et épais contenu dans les mamelles au moment de l'accouchement.

BETTE ,'du lat. beta), B»ta, genre de la famille des Chénopodées, tribu des Ansérinées, originaire du midi de l'Europe, renferme plusieurs plantes herbacées qui se cultivent en France. Les deux principales espèces sont la Betterave {Voy. ci-après), et la B.-Poirée. — La B.-Poirée, vulg. Poirêe [ B. cycla , est une plante potagère; sa racine est cylindrique, ligneuse; sa tige, droite, haute de l"1 env., garnie de feuilles larges et ovales ; ses fleurs, petites et blanchâtres. Les feuilles de la bette-poirée servent à panser les vésiratoires et les cautères ; elles sont émollientes et relâchantes; on peut aussi les manger : mêlées à l'oseille, elles en corrigent l'acidité. Une variété de la bette-poirée fournit des feuilles remarquables par le développement que prend leur nervure moyenne, que l'on mange en guise je cardon; on la nomme Carde-poirée, parce qu'elle a quelque analogie pour le goût avec les cardons d'Espagne.

BETTERAVE (de bette et de rave), Beta râpa,

BEURKE.

plante potagère du genre Bette, se distingue par sa ' racine charnue, pivotante comme la rave, et qui at- I teint un volume considérable. On distingue : 1° la B. rouge ou B. champêtre, remarquable par le volume de sa racine, par le nombre et la grandeur de ses feuilles, par sa couleur, qui varie du blanc rose au rouge cramoisi ; sa racine sortde terre de plus de la moitié de sa longueur : on la mange cuite et confite dans le vinaigre avec de la salade; c'est cette variété qui convient le mieux à la nourriture des bestiaux ; on lui donne quelquefois le nom de Poirée rouge, et à sa racine celui de Baci,/>' de disette \ — 2°la/<. blanche, ou de Silésie, a chair claire el a peau blanche, à forme assez régulièrement conique; elle a été introduite en France en 1815 par Mathieu de Dombasle; — 3° la II. jaune, ou de Castelnaudary, qui est d'une moyenne grosseur : ces deux dernières espèces, la blanche surtout, servent à Textraction du sucre de betterave (Voy. Sucre), dont la fabrication, indiquée dès 1775, s'est introduite en France, sous l'Empire, et a pris depuis une si vaste extension. On en tire aussi de l'alcool ; enfin, on fait avec sa racine torréfiée un café de betterave, au moins aussi bon que celui de chicorée.

La Betterave peut se cultiver dans presque tous les terrains ; cependant elle préfère les sols légers, meubles, et en môme temps profonds. On fume le sol qui doit la produire avant janvier, principalement|avecdes tourteaux de plantes oléagineuses, ou avec les récoltes enfouies en vert : les fumiers animaux paraissent nuisibles aux betteraves que l'on destine à la fabrication dusuore. Le semis se fait à la fin d'avril; on re produit aussi la plante parle repiquage. L'arracbage a lieu vers le milieu du mois d'octobre ; c'est seulement quelques jours auparavant qu'il faut faire l'enlèvement des feuilles. La rentrée des betteraves doit avoir lieu avant la gelée.

BÉTULACÉES (du g.-type betula, bouleau), famille de plantes Dicotylédones apétales, qui forme une subdivision du grand groupe des Amentacées, et renferme les genres Aune et Bouleau {Voy. ces mots). — On a trouvé en Wétéravie (Prusse rhénane), à l'état fossile, des chatons qu'on croit pouvoir rapporter à ces deux genres, et auxquels on a donné le nom de Bêtulites.

BÉTULINE (du lat. betula, bouleau), camphre ou huile volatile solide qu'on trouve dans l'épiderme du bouleau blanc. Voy. Cuir de Russie.

BÉTYLE (du gr. pourj).o:), pierre que Cybèle présenta, enveloppée de langes, à Saturne, qui l'avala, la prenant pour Jupiter, son fils nouveau né. Par suite, on nomma ainsi des pierres qui avaient la forme d'un coin ou d'un cône, et qui étaient révérées chez les anciens comme un symbole divin; on leur attribuait une foule de. vertus merveilleuses. Ce n'étaient, sans doute, que des aérolithes.

lil-.l'llltK (du lat. butyrum, en gr. |3ov-njpov; de poO:, vache, et Tup6;i fromage), substance grasse de couleur citrine, plus légère que l'eau, très-fusible, qui est tenue en suspension dans le lait des animaux ( Voy Lait). File renferme de la margarine, de l'oléobutyrine et de petites quantités de butyrine, de caprine et de caproîne.

Pour préparer le beurre, on abandonne d'abord le lait à lui-même; puis on enleva ta crème que l'on bat dans une baratte Voy. ce mol . Les particules do beurre se réunissenl alors par l'agitation, el se séparent de la partie liquide [babeurre ou lait de beurré] : il ne reste plus qu'à pétrir ces grumeaux et à en faire une seule masse, que l'on lave soigneuse

meut dans de l'eau fraîche. Ternie moyen, il faut 28 litres de lait peur obtenir 1 tdlogr. de beurre; une

bonne vache donne environ i'm kilogr. de beurre par an. Le beurre Hn b une teinte jaune, que l'on unité

assez bien aver la Heur du SOUCI OU le safran.

Le contact de l'air fait rancir promptemenl le beurre, surtout en été; pour obvier à cet Incomvi nient, il faut faire subir au beurre des lavages réité- '

rés. On est aussi dans l'usage de le faire fondre à unf» douce chaleur ou de le saler; il se conserve alors fort longtemps.

Par suite, ondistingue : B. frais, B. saléet B. fondu.

Le B. frais est celui qui est nouvellement battu. Il est apporté sur le marché en livres ou en mottes : les beurres en mottes sont les meilleurs, surtout ceux d'Isigny, de Gournay et de la Loupe.

Le B. salé est du beurre que l'on a pétri avec du sel pour le conserver. Le sel blanc est moins propre que le gris pour les salaisons ; il rend les beurres plus acres. Le beurre salé vient de Bretagne, de Normandie, de la Flandre et du Boulonais, et aussi de Hollande. Parmi les beurres salés de la Bretagne, ceux de. la Prévalais sont les plus estimés. La Basse-Normandie fournit deux sortes de beurres salés: les gros beurres et les B. fins ou B. d'herbes, ainsi appelés parce qu'ils sont faits dans le temps que les vaches sont dans les herbages.

Les B. fondu-: arrivent à Paris presque tous de Normandie; ces beurres, bien fondus et bien empotés dans des pots de grès, peuvent se maintenir bons deux ans entiers.

Le beurre est généralement employé comme aliment. Les médecins le prescrivent quelquefois comme pectoral et adoucissant; on l'applique, à l'extérieur, sur les ulcérations superficielles, les gerçures, les croûtes du cuir chevelu, etc.; mais s'il n'est pas trèsfrais, il irrite au lieu d'adoucir, et, loin de calmer le^ éruptions, il en fait naître quelquefois.

On a donné le nom de beurre : 1° à certaines matières végétales grasses, telles que le B. de cacao, le B. de coco, le B. de Galam, le B. de muscade, le B. de palme, etc., qu'on emploie à divers usages ( Voy, Cacao, Cocotier, Bassie, Muscadier, Palme, etc.); 2° à certaines préparations culinaires dont le beurre fait la base, telles que les B. de piment, d'ail, d'anchois, de Montpellier (mélange de beurre, anchois, cornichons, jaunes d'œuf, épices, etc.)., les B. de homard, d'écrevisse, etc.

Les anciens chimistes appliquaient le même nom à certains chlorures liquides ou de la consistance du beurre, comme les /(. d'antimoine, de bismuth, de zinc, etc. Voy. Antimoine, Bismuth, etc.

Biiir.r.u de MONTAGNE ou DE roche, sorte d'alun naturel, qu'on réduit en pâte. Voy. Alunite.

BECRBJÈRE. Voy. Baratte.

BEVUE (de be, préfixe péjoratif et de vue), lésion du sens de la vue. Voy. Diplopif.

BEZANT. Voy. Besant.

BEZET. Voy. Trictrac.

BKZOARI) ;du persan badzahar, contre-]' nom donné à certaines concrétions fermées dan- 1 estomac ou dans les intestins de quelques animaux, comme la chèvre, la gazelle, le chamois, le porc-épicj le caïman, le castor, etc., et qui étaient vantées autrefois comme des médicaments efficaces cou: maladies éruptives el pestilentielles, et menu» contre les poisons. On portait ces concrétions comn amulettes, propres non-seulement a préserver des maladies, mais encore a écarter les maléfices croyances étaient surtout populaires dans l'Orient, en Italie, en Espagne et en Portugal. — On con aussi des bézoards factices avec des yeux des pince- de crabe, broyés et mêlés avec du musc de l'ambre gris, etc. Enfin on appelait / te- les substances auxquelles on croyait reconnaîtra les vertus attribuées aux bézoards.

On a appelé Bézoards d'Allemagne, .¥.yay C à d. poils de chèvre , Ihi

bœuf), des concrétions que l'on rencontre souvent dansl'estomac des ruminants, et notamment du bœuf j elles sont formées des poils que ces animaux avalent en se léchant mêles a des débris de végétaux pierres calcaires ; nos paysans les nommaient et attribuaient leur formation à un sort jeté animaux.

BI(du lat. bis, deux fois), syllabe dont les '

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