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BIERE

leur organisation, ou à leurs instincts {Voy. Ordre, Lois). A un point de vue plus élevé, comme l'homme et tous les autres êtres tiennent de Dieu leur constitution, et par conséquent leur destinée, le bie?i universel apparaît comme l'accomplissement de ce que Dieu a conçu et voulu en créant le monde. — 2° Bien moral. L'homme peut réaliser le bien de trois manières, par sentiment, par' intérêt, ou par devoir ( Voy. Motus): dans le premier cas, il satisfait instinctivement ses penchants; dans le second, il cherche avec réflexion la plus grande satisfaction possible de ses penchants ou le plaisir qui en est la suite; dans le troisième, avant de prendre une détermination, il applique lidée du bien au cas particulier qui l'occupe, et juge ainsi que l'action qu'il examine est bonne ou mauvaise; il juge ensuite qu'il y a pour lui obligation morale de la faire ou de ne pas la faire, parce que c'est, pour tout être intelligent et libre, un devoir, une loi, de conformer sa conduite à l'idée du bien (Voy. Devoir). De là résulte le bien moral : il consiste dans la conformité des résolutions d'un être raisonnable à la loi morale que lui impose sa raison ; il est toujours désintéressé et méritoire ( Voy. Méb ite, : . Quand au contraire l'homme satisfait un penchant ou agit en vue de son intérêt bien entendu, il n'y a là ni bien ni mal moral, à moins qu'il ne viole sciemment une des prescriptions de la loi morale. Le bien moral diffère du bien en soi en ce qu'il dépend uniquement de la volonté : si l'agent a l'intention de faire le bien et qu'il se trompe en prenant pour bien ce qui est mal, son intention est moralement bonne, son action est mauvaise en soi. Cette distinction tient à ce que, autre chose est de concevoir l'idée du bien et l'obligation qui s'y attache, autre chose de déterminer dans chaque cas particulier ce qui est bien ; sous le premier rapport, la morale est universelle et immuable ; sous le second, elle est variable et perfectible, elle se développe par l'éducation de l'individu et celle du genre humain. — 3" Bien sensible. L'homme étant sensible, éprouve un plaisir toutes les fois qu'il réalise dans un acte une partie du bien, surtout s'il le fait par devoir. L'ensemble et la suite des plaisirs qu'il peut ainsi goûter constitue le bien sensible ou bonheur. Voy. Bonheur.

Il y a donc ici trois choses à distinguer, le bien en soi, le bien moral, le bien sensible ou bonheur. La différence des théories à cet égard est ce qui caractérise les trois principaux systèmes de morale. 1° Le système égoïste ne reconnaît qu'un seul motif d'action, l'amour de soi, et fait consister le bien, soit dans la plus grande satisfaction possible de nos penchants, comme Hobbes, La Rochefoucauld, Bentham, Fourier ; soit dans le plaisir qui résulte de cette satisfaction, comme Épicure, etc. 2° Le système sentimental ramène le bien à la satisfaction d'un penchant désintéressé, qui est la sympathie, pour Adam Smith; la bienveillance, pour Cumberland et Shaftesbury; le sentiment moral, pour Hutcheson et J.-J. Rousseau; l'amour de Dieu, pour les mystiques. 3° Le système rationnel, tout en faisant au sentiment et à l'intérêt leur part légitime, les subordonne au devoir, et donne pour base à la morale la conception rationnelle du bien. Mais plusieurs philosophes qui pro- ! ce système, confondent le'bien en soi avec le bien moral, comme Priée et Kant, qui d'ailleurs décrit parfaitement les caractères du devoir; d'autres définirent le bien en soi par des formules diverses :Aristote l'appelle la conformité des actions à la raison; les Stoïciens, la conformité des actions à la nature des choses; Leibnitz et Wolf, la perfection; Clarke et Montesquieu, la conformité des actions aux rapports

-aires qui dérivent de la nature des choses ; Grusius, la volonté de Dieu ; Malebranche, l'ordre établi par Dieu. — On trouve une exposition et une appré-

a développée de ces doctrines dans le Cours de Droit naturel de Jouffroy. Voy. Morale.

BIENFAISANCE (du ïat. bcncficentia, disposition à conférer des bienfaits), vertu qui consiste à obliger

les autres hommes par des services ou par des libéralités. Cicéron en fait le complément de la justice dans son traité' fies devoirs. Sénèque lui a consacré un ouvrage entier, Des bienfaits. Auj., dans l'énumération des devoirs, on comprend la bienfaisance dans la charité. Voy. ce mot.

Bien f aisance publique. L'exercice public de la bienfaisance qui avait été déjà l'objet d'une ordonnance de François I" en 1536, d'un édit de Henri II en 1547, fut organisé sur de nouvelles bases par la loi du 7 frimaire an V, qui créa les bureaux de bienfaisance : les ordonnances du 31 octobre 1821 et du G juin 1830 ont complété cette organisation. La Constitution de 1848 a substitué au mot de Bienfaisance publique celui d'Assistance, et a fait de l'assistance un devoir à l'État (Voy. Assistance). — Voir : de Gérando.cte la bienfaisance publique (1839 ;; M. Tailhand, Histoire de la Bienfaisance publique (1848..

Bureaux de bienfaisance. Ces établissements sont chargés de distribuer des secours à domicile ; les fonctions des membres qui les composent sont gratuites ; ils peuvent se faire aider par des commissaires et des dames de charité. Les caisses de ces bureaux sont alimentées, soit par les revenus de biens qui leur appartiennent, soit par les droits établis sur les spectacles, bals, concerts (droit des pauvres), soit enfin par les dons et les legs particuliers.

BIENHEUREUX. On nomme ainsi dans le style religieux : 1° ceux qui jouissent dans le ciel de la félicité éternelle ; 2° ceux que l'Église reconnaît, par un acte solennel qui précède la canonisation, comme devant être placés au nombre de ceux qui jouissent de la gloire éternelle, et qui sont jugés dignes d'une vénération particulière. Voy. Béatification.

BIENS. On donne ce nom, en Droit, à tout ce que l'homme peut posséder. Le Code Nap. (art. 516) divise tous les biens en Meubles et Immeubles. On appelle B. corporels ceux qui ont une existence matérielle ; B. incorporels, les servitudes, les créances, lés usufruits, etc. En outre, on distingue, au point de vue du mariage: B. communs, B. dotaux, li. paraphernaux, etc. (Voy. Communauté, Dot, Parapiieunai x, etc.). — On appelle Biens-fonds tous les biens immeubles, tels que les fonds de terre, les vignes, les bois, les édifices, etc.; on appelle Biens communaux ceux à la propriété ou au produit desquels tous les habitants d'une commune ont un droit acquis. — On a appelé, depuis la Révolution, Biens nationaux ceux qui étaient devenus la propriété de la nation, par l'effet de la suppression des ordres religieux, de la confiscation des biens des émigrés, etc. Ces biens, que l'État mit en vente, furent longtemps frappés d défaveur. L'indemnité d'un milliard accordée en 1825 aux émigrés leur rendit leur valeur en donnant aux acheteurs toute sécurité.

BIENSÉANCES oratoires. Voy. Moeurs.

BIENVEILLANCE (du lat. benevolentia), disposition constante à manifester des intentions favorables, à être agréable, à rendre service (Voy. Affection). Elle fait de l'homme un être sociable, parce qu'elle est le principe des qualités propres au bien de la société. C'est pour cette raison que Cumberland a essayé d'en faire le fondement de la morale.

BIÈBE (de l'ail. Bier), boisson fermentée, préparée avec l'orge ou le blé et le houblon. — Sa fabrication embrasse 3 opérations principales: le maltage, le brassage, et la fermentation. Le maltage a pour but de faire germer l'orge et par là d'y développer le sucre nécessaire à la fermentation ultérieure : l'orge germée prend le nom de malt. Pour l'amener à cet état, on la fait ramollir et gonfler dans l'eau, puis on l'étend en couches minces, à la température de 14 à 15°, sur un plancher où elle ne tarde pas à r. Le printemps, époque de la germination naturelle, est i plus favorable à cette opération : de là le nom de bière de mars. Lorsque le germe a acquis à peu près la longueur du grain, o;i arrête la germination en exposant l'orge à une cha-

BIEVRE.

BIGRl".

leur de 70* dans une espèce de fourneau appelé ton- i BIEZ ou hiek, terme d'Hydraulique. Voy. Bikk. raille; le malt louraillé s'appelle drèche. — Après ] Itll ILAIKK, Bihle (du lat. bis et de filum, fil), avoir réduit lemaltainsi desséchéen farine grossière, Voy. MagnéTOMÈTRB et Balance. on passe à l'opération du brassage, en faisant trein- | itlloitE. Voy. Bii-hore.

per le produit pendant quelques heures dans une | IMHio.VHA (du lat. bifrons, à deux fronts), genre grande cuve, avec de l'eau chauffée à 60° : on ajoute de Mollusques gastéropodes fossiles, de l'ordre des alors au moût devenu sucré des cônes de houblon i Pectinibranches : coquille orbiculaire à tours anguqui, en infusant dans la liqueur bouillante, y aban- leux; bouche profondément échancrée en dessus. Les donnent leur principe amer, la lupu/ine, et une huile | Bifruntia appartiennent à l'étage suessonien et à l'éaromatique : sans cela, la bière ne pourrait pas se | tage parisien.

conserver et s'aigrirait promptement. — Lorsque le I BIGAMIE fdu lat. bis, 2 fois, et du gr. y<xu.o:, mamoût est suffisamment concentré, on le fait couler, I riage), crime de celui qui contracte un second maaprès en avoir séparé le houblon, dans des rafrai- j riage avant la dissolution du premier. Chez les Bochissoirs, cuves très-larges et peu profondes, où il j mains, la peine de ce crime était laissée à l'arbitrage se refroidit bientôt à 15° ; de là, il passe dans une du juge ; le plus souvent le bigame était noté d'infacuve très-profonde, nommée cuve à guilloire ou à fer- mie. Autrefois, en France, le bigame était pendu ; on mentation, où l'on introduit une petite quantité de I se contenta ensuite de l'envoyer aux galères ; auj., levure de bière ( Voy. Levure) : bientôt l'alcool s'y i d'après l'art. 340 du Code pénal, la bigamie est punie développe, ainsi que l'acide carbonique qui doit ren- | des travaux forcés à temps ; elle entraine en outre dre la bière pétillante et mousseuse. Après quelques ; la nullité du second mariage (C. Nap., art. 147, 188 jours de repos, la liqueur clarifiée peut être livrée à ; et 189) et le conjoint de bonne foi peut réclamer des la consommation. ] dommages-intérêts (art. 201, 202). En Suède, on in-

La bière normalement préparée constitue une bois- flige au bigame la peine de mort; il en a été de même son saine autant qu'agréable. Elle est nourrissante en Angleterre jusqu'à Guillaume 111 ; à cette peine comme le pain, stimulante comme le vin, digestive on substitua depuis celle de la prise»; toutefois le comme les eaux minérales. Elle doit ses qualités nu- criminel devait avoir en outre la main brûlée. Autretritives à l'orge ou au blé dont elle provient et dont fois, en Suisse, lorsque deux femmes réclamaient un elle tire la dextrine et les matières azotées, albumi- même mari, le corps du bigame était, dit-on, coupé noïdes et gommeuses qu'elle renferme. De plus, la , en deux. En Orient, la bigamie et même la polygabière, contenant des sels, phosphates et carbonates mie sont permises par la religion et la loi du pays, alcalins, est éminemment propre à fournir au tissu ] BIGARADE (du provençal .bigarrât, cornu), appeosseux les éléments de sa nutrition. Elle est stimulante par l'alcool qu'elle contient, et dont la proportion varie de 2 à 8 0/0 suivant les espèces. Elle est rafraîchissante par son acide carbonique qui afeit sur l'organisme comme celui de l'eau de Seltz. Si l'on ajoute à cela que le principe amer du houblon possède les propriétés générales des amers en thérapeutique, on aura la raison de l'action particulièrement favorable que la bière exerce pour la digestion. Enlin les buveurs de bonne bière paraissent jouir d'une immunité spéciale : ils sont très-rarement atteints delà pierre, de la gravelle ou de calculs biliaires. — Prise avec excès, la bière donne des vertiges, pèse à l'estomac et occasionne une ivresse prolongée et stupéfiante.

11 y a des bières fortes et des petites bières. Ces dernières sont relativement à la bière ordinaire, ce que la piquette est au vin : elles préviennent d'un second traitement auquel on soumet le moût déjà en partieépuisé. — Les différences (pie présentent l'aie, le porter, le stout ou brown-stout, le faro, la bière blanche, la bière brune, ne proviennent que de quelques modifications dans les procédés de préparation ou dans les proportions relatives d'eau, d'orge et de houblon. — Les bières qui se conservent le mieui sont certaines bières anglaises fabriquées à grands frais, comme ]&paleale île Preston-Pranz, et surtout l'excellente bière de Bavière.

La bière est sujette à des maladies qui la rendent aigre, ou plate, ou filante, ou moisie. Elle est surtout l'objet de falsifications fréquentes. Eu l'ran ce, ou remplace souvent l'orge qui en fait la base par «les matières sucrées, jus de fruits, mêlasse, sucre de fécule, etc., et le houblon, qui en est l'arôme, par du buis

lée aussi Orange amère, fruit du Bigaradier (Cit rus vulgaris, B. btgaradia), dont la pulpe amère est d'un jaune rouge, et sur la peau duquel s'élèvent quelques excroissances. Le Bigaradier franc, originaire de la Chine et de l'Inde, est cultivé dans le midi de l'Espagne et aux Antilles : il fournit les écorces amères avec lesquelles on fabrique le curaçao Voy. ce mot). Les fruits du B. chinois sont très-petits : on les cueille avant maturité et on les confit au sucre sous le nom chinois. Le B. comiculé est remarquable par les appendices en forme de cornes dont ses fruits sont munis latéralement.

bigarheau, espèce de Ceriseàchairferme; ainsi appelée parce qu'elle est bigarrée de rouge et de blanc. Voy. Cerisier.

BIGLE (de l'angl. beugle), espèce de Chien de chasse, d'origine anglaise, qu'on emploie pour chasser le lièvre et le lapin.

BIGNOISIACÉES (de l'abbé J.-P. Bignon), famille de plantes Dicotylédones gamopétales bypogynos, renferme des arbres, des arbustes élégants, et trèssouvent des lianes remarquables par l'éclat de leurs fleurs: calice *;visé, corolle irrégulière, à 4 ou 5 lobes; 5 étamines, ovaire simple; un Btyle, Btigmate simple ou bilobé; fruit capsulaire ou drupacé. — Genres: Bignonin. Catalpa, < rescentia, Teeoma, etc.

BIGNONKE, aignonia, genre-type de la famille des Bignoniacées. Ce sont des arbustes ou des arbrisseau grimpants qui peuvent servir à la décoration des berceaux, et qui se trouvent dans les contrées équinoxiales : on en compteenviron 80 espèces. On cultive chez nous : la B. orangée, des États-Unis, dont les fleurs formentde petits bouquets pourpre et oran-e ; la H. à fleurs pourpres, deBuénos-Ayres; hkB.équi-

En Angleterre, on substitue souvent à ce dernier des /tonale, du Brésil, à fleurs jaunes, etc. La B.râdimatières toxiques, comme la strychnine, la coque du conte, ou Jasmin df Virginie, l'ait auj. partie du genre Levant, l'amer do VVelter, etc. Técome. Voy. ce mot.

L'usage do la bière es) très ancien. Moïse trouvai BIGORNE du lat, bicOTMS, à déni corne-. < cette boisson on usa^c en Egypte. Les auteurs grecs, I mot désigne : 1" une espèce d'enclume à ) corn.-, qui l'appelaient vin d'orge, en attribuent l'invention dont un bout finit en pointe, et qui sert à tourner aux Égyptiens. Les Espagnols, les Germains et les les grosses pièces en rond; 2° une masse en h ;- Gaulois la connaissaient de temps immémorial (.'es: avec laquelle les corroyeurs foulent les peaux mouilà ces derniers que les Romains en durent la connais- lées. — C'est encore le nom d'un petit coquille sauce, ainsi que le nom de cemna, d'où nous avons valve du genre Littorine,i&L.littoralis, quis'a fait cervoise. Voy.ce mot. aux rochers. On le nomme aussi bigorneau, v

bibrb de l'ail.' Bahre, civière). Voy. en-nu. \ guignette,Btc. Il est comestible.

BIÈVRE, ancien nom du Castor. Voy. Castob. I BIGRE, (en b.-lat, iom désignait autre-

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