‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 18 sur 1672 · ACCORD · texte numérisé non relu

ACCORD

mobilière ou immobilière qui nous appartient, comme les fruits et le croît des animaux, et de tout ce qui s'y unit ou s'y incorpore. Ainsi on acquiert, par accession, en matière immobilière, l'alluvion et les îles qui se forment dans un cours d'eau non navigable et non flottable. En matière mobilière, où elle est entièrement subordonnée aux principes de l'équité naturelle, les exemples les plus importants d'accession sont Y adjonction et Ta spécification (Voy. ces mots). (C Nap., art. 546-577).

ACCIDENT (du lat. accidens), ce qui advient fortuitement. En Logique, on appelle Accident, toute qualité qui n'est pas un des attributs constitutifs d'une chose, tout phénomène qui n'est pas constant. Telle est la prudence par rapport à l'unie. {Voy. U.xivei-.saux). — Voy. aussi Sophisme.

Accident, an Rhétorique. Voy. Lieux communs.

Accident, en Musique. Voy. Bécarre, Bémol, Dièse, Ligne et Note.

Accident, en [Droit. Voy. Assurance, Blesslre, Indemnité.

ACCIDENTELLES (Couleurs). Voy. Couleur.

ACOPITRES (du lat. accipiter, épervier), nom donné par Linné au 1" ordre de la classe des Oiseaux. Voy. Rapaces.

ACCISE (du bas lat. accisia, taille, impôt), impôt analogue à nos contributions indirectes, porte le plus couvent sur les boissons. De bonne heure établi en France, cet impôt se répandit partout au xv* siècle : il est encore perçu sous ce nom en Belgique et en Allemagne. En Angleterre, l'accise s'appelle excise.

ACCLIMATEMENT, Acclimatation (de à et climat], h' Acclimatement est l'ensemble des modifications que subissent dans leur organisme les espèces animales et végétales, pour s'adapter à un nouveau climat, pour y vivre et pour s'y propager. Le mot Acclimatement s'applique surtout à l'homme ; Acclimatation se dit des animaux et des végétaux.

L'Acclimatement peut être envisagé au point de vue de l'individu {A. individuel), ou au point de vue de l'espèce (.4. de la race). — 1° Transplanté d'un pays dans un autre, l'homme est soumis à des conditions nouvelles, dont les plus importantes dépendent de la latitude, de l'altitude, et de la salubrité du sol. L'air des montagnes plus froid et moins dense que celui de la plaine a toujours été considéré comme très-salubre ; cependant cet avantage s'arrête à une certaine élévation, et au delà de 2000m, il est remplacé par l'épuisement physique et le dépérissement moral. L'influence de la latitude a plus d'importance : l'acclimatement est aisé lorsque les populations marchent du côté des pôles ; ainsi les Méridionaux prospèrent dans les pays du Nord, tandis que l'acclimatement devient très-difficile pour l'Européen qui descend vers l'équateur. Il ne s'acclimate pas dans les pajs chauds salubres, il y devient anémique, et dans ceux qui ne sont pas salubres, il subit en outre les désastreux effets des maladies endémiques. — 2° Il se peut que l'individu paraissant acclimaté la race dégénère néanmoins, par suite d'altérations que l'hérédité accumule : c'est ainsi que toutes les nations qui ont envahi l'Egypte s'y sont éteintes ; et d'autre part, si la race résiste au changement de climat, il est rare qu'elle conserve sa pureté originelle. L'adaptation à une nouvelle vie semble entraîner un changement de formes : c'est ainsi que l'Anglo-Saxon prend déjà, en Amérique les caractères de coloration de la peau, d'allongement du cou et des doigts, d'enfoncement des orbites qui caractérisent les Indiens.

Les races animales et végétales sont soumises sous le rapport de l'Acclimatation aux mêmes conditions que l'espèce humaine. Quelques-unes d'entre elles sont véritablement cosmopolites ; d'autres ne s'acclimatent qu'en s'altérant ; d'autres enfin sont tout à fait réfractaires. Le blé, le cerisier, le chanvre, le lin, le haricot, le tabac, la pomme de terre, sont des végétaux acclimatés dans nos pays. Le cheval, la

chèvre, tous nos oiseaux domestiques à l'exceptiondu pigeon, de l'oie et du canard, proviennent de l'acclimatation. — La fondation du Jardin des plan- ' Voy. Muséum), avait été inspirée par la d'introduire en France les i taies

étrangères, dont l'acquisition pouvait être utile à la médecine ou à l'économie domestique. C'est la même qui a présidé à la fondation de la Société nationale zoologique d'acclimatation créée en 1854 sous les auspices de M. Is. Geoffroy St-Hilaire. — Voy. Domestication, Naturalisation.

ACCOLADE (d'accoler), cérémonie usitée au moyen âge dans la réception d'un chevalier, consistait à l'embrasser en lui passant les bras autour du cou ; on le frappait aussi du plat de l'épée sur l'une et l'autre épaule, en prononçant des paroles sacramentelles. — L'accolade est encore en usage pour !a réception d'un membre nouveau, dans la franc-maçonnerie, dans l'ordre de la Légion d'honneur, etc.

En Musique, le trait d'écriture ( — -), dit accolade, se tire k la marge des portées, afin d'unir ensemble toutes les parties.

ACCOMMODATION dk l'oeil. Voy. Vision.

ACCOMPAGNEMENT. On appelle ainsi, en Musique, l'application des accords à une mélodie donnée, suivant les règles de la science harmonique. On distingue : l'A. plaqué, qui consiste à placer sous | les notes principales d'une mélodie l'accord qu'elles ! doivent porter (Voy. Basse chiffrée ; VA. figuré, ! qui réunit les formes de la mélodie à celles de l'harmonie : c'est proprement le contre-point ; VA. de la partition, qui est l'art de traduire sur le piano les divers effets d'instrumentation que le compositeur a conçus pour l'orchestre. On doit à Fétis un Traité de l'A. de la partition (1829). — Dans le sens vulgaire, accompagner, c'est exécuter les parties d'harmonie qui soutiennent la voix d'un chanteur ou l'instrument qui exécute lui-même la partie principale. Le talent de l'accompagnateur est de faire valoir le chant sans le couvrir et de rester fidèle au mouvement et à la mesure tout en faisant plier le rhythme aux besoins de l'expression. — L'usage de soutenir le chant à l'aide d'instruments a existé de tout temps; mais l'accompagnement propr. dit est d'origine moderne. On attribue l'invention de la basse chiffrée à L. Viadana de Lodi, maître de chapelle à Mantoue au xvue siècle, et celle de l'accompagnement figuré à Fr. Gasparini qui vivait à Venise au commencement du xvme. Rameau, Catel et Fétis ont fait beaucoup pour les progrès de cet art. Voy. Harmonie.

ACCORD. En Musique, plusieurs sons émis simultanément et dont la réunion est agréable à l'oreille prennent le nom d'accord. L'accord le plus simple est formé par deux notes. Deux voix chantant à la tierce produisent déjà rne harmonie agréable ; mais s'il s'y joint une troisième voix attaquant la quinte, l'harmonie est complète, et il en résulte ce qu'on nomme un accord parfait ; c'est l'accord normal, d'où procèdent tous les autres. L'accord parfait a pour fondement les premières divisions du monocorde, c.-à-d. d'une corde tendue qui donne un son déterminé : p. ex ut. Si l'on divise cette corde par la moitié, on obtient Vut à l'octave supérieure ; son quart donne Vut k la double octave ; son tiers, le sol à la }'2e 12e degré) ; le cinquième, le mi à la 17' ; le sixième, le sol octave du tiers ; le septième, un si à la 21e ; le huitième, un ut à la triple octave, et le neuvième un ré à la 23'' ; ce qui représente une suite de tierces, et donne tisons dont se forme l'accord le plus compliqué. — On distingue des accords consonnants et d dissonants. Les premiers se composent des intervalles de tierce, de quarte, de quinte, de sixte et d'octave, qui sont les plus agréables ; les autres, où figurent la seconde et la septième, ne peuve tisfairc l'oreille qu'à la condition d'être suivi d'un accord consonnant, ou, comme on dit, de se r dre suruneconsonnance.Ccs deux familles d'accord*

Page 1