BOTANIQUE
indiquant la ligne de séparation de deux héritages contigus. L'ait. 6/i6 du C. Nap. reconnaît à tout propriétaire le droit d'obliger ses voisins au bornage de leurs propriétés contiguës; le C. pénal punit le déplacement ou la suppression des bornes de la réclusion ou de l'emprisonnement avec amende, selon les cas (art. 389, 456).
L'origine des bornes remonte au berceau de la civilisation :on les attribue aux Égyptiens, auxquels les inondations du Nil en avaient fait une nécessité; les Grecs consacraient les bornes à Hermès ; les Romains les mettaient sous la protection du dieu Terme.
Bornes milliaires, bornes placées de distance en disiance le long des routes pour indiquer les milles, les lieues, les kilomètres, etc. Les Romains en plaçaient avec le plus grand soin sur toutes leurs routes, et on en trouve encore un grand nombre dans les pays qu'ils avaient soumis. — B.-fontcrines, petites fontaines en forme de bornes, établies dans les villes, et auxquelles sont adaptés des robinets qu'on ouvre à certaines heures pour arroser les rues.
BORN1NE, Sulfo-tellurure naturel de bismuth 2Bi-Te3-|- Bi2S'], minéral très-rare que l'on trouve en petites lames hexagonales ou irrégulières en Transylvanie, en Hongrie, en Norwége et en Suède. Quelquefois le soufre y est remplacé en partie par du sélénium.
BOROSILICATES (Minéralogie). Voy. Botrïolithe et Datholithe.
BORRAGINÉES (de borrago, bourrache, g. -type), famille de plantes Dicotylédones gamopétales hypoîiynes, à fleurs disposées en épis unilatéraux, à feuilles alternes et souvent hérissées de poils rudes, à racine vivace. Les Borraginées sont, en général, mucilagineuses et émollientes, et aussi diurétiques, à cause de l'azotate de potasse qu'elles contiennent ; quelques espèces fournissent à la teinture un principe colorant. — Genres principaux : Bourrache, Héliotrope, Buglosse, Cynog/osse, Consoude, Myosotis, Vipérine, etc. Voy. ces mots.
BOSPHORE. Voy. Détroit.
BOSSAGE (de bosse). En Architecture, on nomme ainsi toute saillie laissée à la surface d'un ouvrage de pierre ou de bois, soit comme ornement, soit pour y faire quelque sculpture. Voy. Bosse.
BOSSE (du b.-lat. bocia). En Pathologie, on appelle ainsi une saillie contre nature, résultant d'une déviation de la colonne vertébrale, des côtes ou du sternum. Quand cette difformité se trouve en arrière, elle prend le nom de gibbosité {cyphose) : quand elle est en avant, celui de cambrure ou recourbement (lordose) ; quand elle est sur les côtés, celui d'obstipation(scoliose). On a essayé de combattre ces difformités au moyen des procédés orthopédiques. Voy. Gibbosité et Orthopédie.
En Anatomie, on appelle bosses les éminences arrondies que l'on voit à la surface des os plats : telles sont les Bosses frontales, la J5. pariétale, la B. occipitale, etc. — On donne aussi ce nom aux protubérances du crâne sur lesquelles Gall a fondé son sys- •me de cranioscopie (Voy. Phrénologie). — Enfin, pu appelle vulg. bosses, les petites saillies résultant d'un coup violent sur un os plat : elles sont constituées par un petit épanchement sanguin dans le tissu cellulaire sous-cutané et guérissent par la compression et les résolutifs. Voy. Contusion.
En Zoologie, on nomme bosses certaines grosseurs que quelques animaux, le dromadaire, le chameau, le zébu, le bison, ont naturellement sur le dos : ces bosses ne sont que des dépôts graisseux. Elles sont recherchées comme un excellent manger.
Dans les Arts, tout travail en relief est dit relevé en bosse": en Sculpture, on appelle ronde- /-ossetoul ouvrage de plein relief; demi-bosse, les bas-reliefs saillant en partie. Dessiner d'après la bosse, c'est dessiner d'après un buste, ou une statue. Le dessin de ces figures prend le nom de ronde-bosse. — Dans l'Orfèvrerie, on appelle bossage le travail en bosse.
Dans la Marine, on appelle bosse un cordage trèscourt, terminé par de forts nœuds, fixé par une de ses extrémités a une des pointes du navire, et qui sert à rejoindre une manœuvre rompue, ou à tendre un câble. — On appelait autrefois oosseman le matelot chargé spécialement du soin des câbles, des ancres et des bouées; auj. c'est un sous-officier inr termédiaire entre le contre-maître et le quartiermaître, qui est chargé de ce soin. — Quelques-uns font venir bosseman, non de bosse, cordage, mais de l'allemand Bootsmann, homme de bateau.
BOSSOIRS (de bosse), nom donné par les Marins à deux pièces de bois qui forment saillie au-dessus de l'éperon, à l'avant du vaisseau, et qui servent à y suspendre l'ancre pour la tenir prête à mouiller; elles ont pour objet d'empêcher par leur saillie que l'ancre n'offense les membrures du vaisseau en tombant lorsqu'on la jette ou qu'on la remonte. Il y a un ou deux rouets à la tête de chaque bossoir pour aider à tirer l'ancre quand on la remonte.
BOSSU. Voy. Bosse et Gibbosité.
BOSTON, jeu de cartes qui se joue à k personnes et avec un jeu de 52 cartes ; on donne 13 cartes à chaque joueur. La manière de jouer ce jeu a changé plusieurs fois ; la plus usitée est le B. de Fontainebleau. On fait boston ou chlem quand on fait toute* les levées seul ou avec son partner, c.-à-d. avec celui qui vous soutient. Les autres coups du jeu sont : la demande simple, qui consiste à faire 5 levées seul ou 8 levées à deux ; la petite et la grande indépendance, lorsqu'on fait seul 6 ou 8 levées ; la petite et la grande misère, simple, ou sur table, qui consistent a ne faire aucune levée ; le piccolissimo, dans lequel on ne doit faire qu'une seule levée ; la demande de 9, 10, 11 ou 12 levées dans une couleur quelconque. Les couleurs se rangent sous le rapport de l'importance dans l'ordre suivant : cœur, carreau, trèfle et pique ; l'atout est toujours la couleur dans laquelle on fait la demande d'un certain nombre de levées. Un tableau indicateur règle combien chacun des coups rapporte au gagnant. — Ce jeu commença à être en usage en 1778 : il doit son nom à la ville de Boston, où fut proclamée l'indépendance américaine, et semble consacrer le souvenir de cet événement.
BOSTRICHUS (dugr. péffTpuxo;), genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétràmères, famille des Xylophages. Ce sont des insectes très-petits, dont les larves causent de grands dégâts dans les forêts : elles attaquent de préférence les arbres résineux. Les principales espèces sont : le B. abietis, B. dactyîiperda, le B. typographus, etc. Voy. Xylophages.
BOSWELL1A (de l'Anglais Boswell), genre de la famille des Burséracées, renferme des plantes à feuilles alternes, imparipennées; à fleurs en panicules terminales ou en épis axillaires : calice libre, corolle pentapétale, 10 étamines; à fruits capsulaires, et qui produisent une résine balsamique. Le B. thurifera ou serrata est un arbre de l'Inde, à fleurs petites et verdâtres. C'est lui qui donne Yoliban ou encens de l'Inde. Voy. Encens.
BOTAL (trou de). Voy. Trou de Botal.
BOTANIQUE (du gr. poTavixïj, de poT<£vY|, plante , science qui a pour objet la connaissance, la description et la classification des végétaux. — On peut distinguer la B. pure et la B. appliquée. A la première appartiennent : 1° l'Organographie, description des organes des végétaux; 2° la Physiologie végétale, qui étudie les phénomènes et les lois de la vie végétale ; 3° la Méthodologie, qui s'occupe de la classification et de la nomenclature des végétaux. La seconde comprend : 1" la B. agricole, 2° la B. médicale ou , maceutique, 3° la B. industrielle, qui se subdivise en B. alimentaire, tinctoriale, industrielle, etc. — On peut y joindre, comme accessoires, la B. géographique, qui traite de la distribution des plantes sur la surface du globe; la y . oryctologique, qui étui végétaux fossiles ; la B. historique, ou l'histoire de la science. Voy. Végétal (règne).
BOTRYCHIUM.
BÛUCAGE.
Dans l'antiquité, la Botanique était un amas confus de connaissances incomplètes, sans unité et sans lies commun. Trois noms apparaissent danscett'' première période : Théophrastc, élè\eet ami d'Aristote; Dioscoride, qui vivait sous Tséron, et Pline le Naturaliste!, qui mourut sous Titus. Au moyen âge, l'étude de la Botanique se borne à des commentaires sur les livres des anciens. A la fin du \v ' siècle, on commence à revenir à l'étude do la nature : BrUîrsFelS, uV Mayence, Jérôme Trapus, Léonard Fuchsius, écrivent !o>' résultats de leurs propres observations. Au \\i<" siècle, Clusius (Lécluse) décrit et figure avec précision les plantes qu'il a observées par toute l'Europe 'Ctonrad Gesner en Suisse, Césalpin en Italie, les frères Bambin et Magnol en France, Ray en Angleterre, s'efforcent tour à tour de jeter les bases d'une classification rationnelle et d'une nomenclature <l s taux. Au xvii* siècle, la découverte du microscope vient ouvrir un nouveau champ à l'observation ; Malpighi en 1676 et Grew en 1682 abordent presque touteales grandes questions de la structure des végétaux ; et vers le même temps, les travaux de Geoffroy, de Séb. Vaillant, de La llire et surtout de llales, dévoilent successivement une partie des mystères de la vie végétale. — Cependant la Botanique n'avait encore ni classification rationnelle, ni nomenclature. Tournefort le premier (169&) invente le genre, et crée un système régulier de classification basé sur l'absence ou la présence de la corolle, et empruntant ses divisions à la diversité de formes que présente cet organe. Après le Français Tournefort, le Suédois Linné refond les genres et les espèces d'après les organes de la reproduction, et simplifie la nomenclature; il donne à chaque genre un nom a part, désigne chaque espèce en ajoutant au nom du genre un qualificatif, et crée la langue botanique telle qu'elle est encore en usage auj. Un dernier progrès restait à accomplir. Les classifications de Tournefort et de Linné étaient purement artificielles, et ne pouvaient suffire aux progrès de la science. Bernard de Jussieu en 1759, et son ivvcu A.-L. de Jussieu en 178!», publient une nouvelle classification où les végétaux sont rangés en familles naturelles d'après leurs rapports les plus intimes. Cette méthode, jointe aux travaux des Lamarck.desde Candolle, des Richard, des Endlicher et d'une foule d'autres savants, compte pour beaucoup dans les progrès que la Botanique a faits depuis entre les mains des de Saussure, de Mirbel, Bonpland, de, Huniboldt, Ad. de Jussieu, Aug. de St-Hilaire, Ad. Rrongniart, Decaisne, Dunal,Lemaire, Diitrocnet, Martins, Tn viranus, Kunth, Brown, Lindley, etc. — Parmi les abrégés classiques de Botanique, nous citerons ceux de MM. Adr. de Jussieu, Richard, Boitard, LeMaout,
L. Marchand, et--. MM. Julia Fonteiieil • el liarthoz, Lecoq et Juillet, Hœfor, Germain de St-Pierre, etc. ont donné des Ûû tùnnaires de Botanique.
Signes employés par les Botanistes:
ft, signe du Soleil, désigne les plantes annuelles ; â, signe de Mars, les plantes bisannuelles ; i:, signe de Jupiter, les plantes qui sont vivaces; I), si Saturne, les plantes ligneuses 'arbres, aroriss î, signe de Vénus, les individus ou fleurs lemelles; <î, signe de Mars (dont la flèche, au lieu d'être incli- : placé.; verticalement), les individus ou fleurs
maies; ■■:-, signe de Mars el Vénus réunis, les individus oo fleurs hermaphrodites; o n, les individus nu Sears, qui, par suite d'avortement, sont prisés d'organes mâles et femelles, c.-à-d. d'étamines el de Disais; C, volubile h gauche; 3), volubile à droite. C'est ordinairement après le nom spécifique d'une plante que l'un place un de ces signes.
Jardin botanique. Voy.laottt.
BOTARQUE, sorte de caviar. Toy. Boct\rcii.
BOTHRIOCJ i-iivi.i: (du gr. pôOpiov, cavité, el atf«X4i tête). Koy. Ténia.
BOTIIUOI'S, ou Vipère fer de lance. Voy. Trico- NOcÉriiw f.
BOTRYCIUUU (du gr. pôrpu;, grappe), genre de
la famille des Fougères, tribu des Ophioglossées, a pour type le B. lunaire qui croit aux env. de Paris.
BOTRYXLE (du grec pÔTpu?, grappe), BotryUat, genre de Mollusques tuniciers, famille des Ascidies composées, dont plusieurs espèces se trouvent sur nos côtes. Voy. Ascidie.
BOTBYOLlTHE(du gr. pôxpu;, et >iOo:, pierre), borosilicate de chaux naturel qui a pour formule irCaBos4-3CaSi* -j- 2Aq], et que l'on confoud souvent avec la Datholithe. Voy. ce mot.
BOTRYT1S (dugr. pmsu< , genre de Champignons hypomycètes, de la famille de> Muoédinées, qui croît sur les corps en putréfaction. On attribue à in pèce de ce genre la maladie des vers à soie appelée muscardine. Voy. ce mot.
BOTTE (mot commun a plusieurs langues). L'usage des botte* ne remonte, pas au-delà des temps modernes. Dans l'origine, on ne s'enservaitque pour monter à cheval. On distinguait alors: les li. molles, dites aussi B. à l<< française ou à l'écuyère, dont la tige, molle et large, se terminait par une lar nouillère dans laquelle le genou était eng de cour ou à chaudron, dont la genouillère était évasée en forme d'entonnoir :lesfi. fortes, comme celles qui servent aux postillons ; Les B. à iahussarde,àoat la tige portait des plis sur le cou-de-pied ; les ,". i, l'anglaise ou à revers, etc. — Depuis qu'on po bottes à pied comme à cheval, on les a vues d'abord recouvrant le pantalon, puis recouvertes par lui.
Dans le commerce des Vins, on donne généralement le nom de botte aux futailles qui contiennent plus d'une barrique. On dit, p. ex., botte de deux, quand elles sont de 2 barriques (fût de Bordeaux, à raison de 120 pots la barrique) ; bottes de trois, bottes de quatre : ces dernières sont les plus grandes dont on puisse se servir. Voy. Bariuqle.
Une botte est aussi une quantité déterminée de choses de même espèce qu'on a liées ensemble : ainsi, une bot te de parcheminesl une quantité de 36 feuilles; une botte de chanvre pèse 100 kilogr ; une botte de foin pèse 5 kilogr. On appelle bottelage l'opération qui consiste à lier le foin.
botte (de l'esp. bote; de botar, toucher, bouter), coup d'épée. Voy. Escrime.
botti.m:. Voy. BaoaBQOni.
BOUC (orig. romane', Hircus, le mâle de la Chèvre {Voy. Chèvre) : il se distingue par sa longue barbe et par son odeur désagréable qui est passée en proverbe ; cependant, on se sert d'outrés de peau de bouc dans le midi de l'Europe, pour transporter le vin. La salacité de cet animal n'est pas moins connue : les anciens avaient fait du bouc l'emblème de la lubricité. Le ^vw était en grande vénération en Egypte, surtout à Mendès V' bm I i sv mbole d
animal les Egyptiens adoraient le principe de la i dite dan s t ou t e la nat u re. Les .1 ni fs a \ lient choisi le bon pour victime expiatoire. A certains jours de l'anné le grand prêtre prenait deux boucs, en immolait u chargeait l'autre de toutes les iniquités d'Israël imprécations universelles; on le chassait ensuiti le désert, à travers les précipices : ce bouc était appelé6oucér/i ' . "ii immolait !•
i Baccbus, comme animal destructeur de la \ igné. On le donne aussi quelquefois pour montu En France, on croyait autrefois que le bouc servait de monture aux sorcières lorsqu'elles se rendaient au sabbat ; on disait aussi que, dans ces réunions nocturnes, le diable s,, faisait adorer sous la forme d'un bouc. Le sang de bouc passait pour avoir des propriétés merveilleu-
BOUCAGE, V.mpinella, vulg. Boucqiu de bouc, genre de la famille des Ombel des Vmminées, comprend plusieu . parmi
lesquelles on remarque : lo B. mine dont la racine, blanche, allongée, d'une odeur gréablc d'où son nom), d'une saveur acre et ar tique, s'emploie en médecinecomme stimu aut i retique ; le B. majeur (P. magna), plus grand, et qui
BOICI1EK.