BROCHET
Bris de prison. Voy. ÉVASION.
Bnis (droit de). Dans l'ancienne législation fran- < aise on appelait ainsi le droit en vertu duquel le seigneur d'une terre sur la côte de laquelle un vaisseau tait venu s'échouer s'en appropriait les débris. Ce irait injuste a été aboli en 1681 par Louis XIV.
BRISANT. Voy. ÉCOBIL.
BRISE (orig. inc). Ce mot, qui dans son acception la plus générale est synonyme de vent doux et léger, est donné spécialement par les marins àdeu\ espèces de vents frais qui régnent sur les côtes de la zone torride ; l'une souffle le matin, et vient de la mer : elle s'appelle brise de mer, brise du large ; l'autre souffle à la chute du jour et part de terre : on l'appelle brise de terre. Elles résultent de réchauffement ou du refroidissement alternatifs des couches d'air qui reposent sur l'Océan et de celles qui reposent sur Je continent.
MUSÉES (de briser). On nomme ainsi, en termes de Vénerie, les branches que les chasseurs rompent aux arbres, ou qu'ils sèment dans leur chemin pour reconnaître l'endroit où est la bête et où on l'a détournée. C'est de là qu'on dit -.aller, courir sur les brisées de quelqu'un, pour entreprendre la mèmechose qu'un autre, entrer en concurrence avec lui.
BRISE-LAMES, construction à claire-voie, faite en charpente et établie à l'entrée d'un port ou d'une rade, et au-dessus des eaux, pour briser la lame et empêcher la mer d'être poussée avec violence dans ce port ou cette rade par les vents du large, et d'y causer des dégâts ou des avaries. Voy. Jetée.
BRISE-PIERRE. Voy. Litiiotritif.
BRISE A. Ce mot qui, en Russie et en Pologne, désigne un chariot léger, découvert et entouré d'osier, dont on fait usage comme d'un traîneau en hiver, et qui, l'été, sert de voiture en y adaptant des roues, s'emploie, en France, pour désigner une calèche de voyage, à la fois solide et légère.
MUSQUE ou mariage, jeu de cartes où le principal avantage est de réunir dans sa main un roi et une dame de même couleur. Il se joue à deux avec un jeu de piquet; chaque joueur a 5 cartes; la 11e sert d'atout, et le donneur, qui la retourne, peut la changer avec le sept d'atout, s'il l'a en main. A mesure qu'on fait une levée, on prend une carte au talon et on a droit de rejouer. Il y a dans ce jeu à peu près les mêmes séquences qu'au piquet. Quand, après avoir compté une tierce, une quatrième ou une quinte à la dame, on vient à lever le roi, et que la dame est eni orè dans le jeu, le mariage ou la brisque a lieu. \ ce jeu, l'as et le dix sont, les cartes privilégiées : on tes nomme brisques ; elles l'emportent sur le roi.
liltr/.i: 'du gr. ppiÇa), liriza, genre de la famille des Graminées, tribu des Festucacées, renferme des plantes qui se trouvent en abondance dans les prairies naturelles de France et d'Europe; elles sont remarquables par l'élégance de leur port, leurs petits ('•pis teints de pourpre, qui tremblent au moindre vent, et leurs fleurs pendantes d'une belle couleur jaune ; elles plaisent à tous les bestiaux. Parmi les espèces les plus communes, on remarque: la H. ma- 7>H/r, la plus belle de toutes; la H. mou cette ou Ammi
Telle (Koy.ce mot ;la H. à petite panicule, etc.
BROC (du vieux franc, broche, vase à goulot), vase à anse et ii bec évasé, fait ordinairement de bois, garni de cercles, et quelquefois en étain.On s'en sert pour tirer el transporter du vin. Le broc Bervait autrefois de mesure; à Paris on l'appelait la quarte, et ailleurs le /"</ : sa contenance est d'environ 7 a 8 de nos litres.
BROCANTEUR (du b.-lat. abrocamenhim, du radical germaniq. 6roc, débris, morceaux , trafiquant
qui vend et ;u lie!" les nlijets de hasard, friperies, ha bits, galons, meubles, ustensiles de toute espèce, etc.
Ces marchands sent les uns ambulants, les autres sédentaires, la police délivre aux brocanteurs ambulants une plaque ou médaille numérotée qu'ils doient porter ostensiblement. Tout brocanteur, mar-
chand à la toilette, de bric-à-brac, etc., doit avoir un registre coté et paraphé par la police pour y inscrire leurs achats, les noms et domiciiesdes vendeurs, sens peine de 100 fr. d'amende et même de prison (Ordonnances des 29 mai 1778, 8 nov. 1780, 15 juin 1831, etc.).
BROCARD, terme de Chasse. Voy. Broqiart.
BROCART (de brocher, c.-à-d. étoffe brochée; en ital. broccato). Au moyen âge on donnait ce nom à une étoffe tissue d'or ou d'argent. Depuis, on l'a étendu aux étoffes où il y avait quelques profilures de soie propres à relever les fleurs d'or dont elles étaient enrichies, puis à toutes les étoffes de soie, ornées de fleurs ou d'arabesques brochés. Autrefois le brocart d'or et d'argent était un des quatre draps sur l'un desquels les ouvriers en drap d'or qui aspiraient à la maîtrise devaient faire leur chef-d'œuvre.
BROCATELLE ''de l'ital. brocca telle, dite aussi Brocardelle, Petit brocart, étoffe de soie et coton brochée de fleurs ou de figures, comme le brocart, mais beaucoup moins saillantes : quelquefois elle est toute de coton. Elle sert pour tapisseries, couvertures, rideaux. La meilleure provenait autrefois de Venise;auj. on en lait à Cènes et à Milan.
brocatelle, espèce de marbre que l'on exploite surtout à Tortose en Espagne, et qui est presque entièrement composé de coquilles broyées ; sa couleur générale est le rouge vineux, jaspé d'une multitude de petites taches d'un jaune isabelle, d'un gris jaunâtre ou d'un blanc cristallin. La brocatelle est employée à la décoration des édifices; les sculptures et objets de luxe fabriqués avec cette pierre, étaient jadis fort recherches.
BROCHAGE. Voy. Brocher.
BROCHANT, en termes de Blason, se dit des bandes, lions, aigles, etc., que l'on fait passer d'un bout de l'écu à l'autre, ou qui traversent sur d'autres pièces. Ainsi les armes delà maison de laRochefoucault, en Angoumois, sont bardées d'argent et d'azur, avec trois chevrons de gueules brochant sur le tout.
BROCllANTITE. Voy. Citvre sois-silf.até.
BROCHE (du radical broc, chose pointue). Outre l'instrument de cuisine, connu de tous, on nomme broche, dans une foule d'arts et métiers, des verges en fer ou en bois, employées isolément, ou adaptées à divers outils et à divers métiers, notamment :1° les petites verges de fer qu'on adapte aux rouets des métiers à filer, et qui reçoivent les bobinessur lesquelles le fil, le coton, la laine, se roulent à mesure qu'i filés : les métiers à filer ont 100, 200, et jusqu'à 300 broches; la fabrication des broches pour filature constitue une industrie importante, surtout dans les départements du nord et de l'est de la France; — 2° certaines aiguilles de fer, qui servent à tricoter des basa la main, à faire du ruban et autres étoffes ; — 3° un petit instrument qui sert de navette dans les métiers de haute lisse, pour la fabrication des étoffes, etc. — On appelle (Imp double broche un drap très-serré que l'on fabrique en plaçant deux fils au lieu d'un dans les intervalles des dents formant le peigne du métier.
On appelle encore broche, un bijou garni d'une longue épingle et dont les femmes se servent, en guise d'agrafes, pour attacher leurs châles, leurs flclius et leurs cols. On voit dans nos musé ches antiques fibula"), du g iùt le plus exquis. termes de Banque, on nomme broches les efl commerce de peu de valeur, qui si1 négocient plusieurs ensemble. — En termes de Chasse, broches se dit des défenses du sanglier.
BROCHET (de broche, à cause de la forme allongée de sa tète), Lucius ou Esox, genre de ; sons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordr Squamodermes, type de la famille d> s Es cidés, renferme des poissons d'eau douce très-communs en Europe et dans l'Amérique du Nord. Le broch corps en forme de fuseau, comprimé sur les revêtu d'écaillés petites, oblongueset très-nombreu-
RRODERIE.
BROMÉLIE.
■ses ; le museau long, saillant, déprimé- la bouche fendue jusqu'au delà des yeux, et garnie d'une infinité de dents très-fortes ; il est noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous, avec quelques points noirs ; ses flancs sont gris, tachés de jaune et de rouille. Le brochet nage avec force et rapidité ; ses mouvements sont brusques et saccadés; souvent il s'élance hors de l'eau pour atteindre sa proie ; il a l'ouïe très-sensible. La voracité de ce poisson est bien connue, et c'est ce qui l'a fait surnommer le requin desrivières : il avale en effet tonte espèce de poissons, poursuit les rats d'eau, les petits oiseaux aquatiques, et se jette même sur les animaux morts. Sa longueur ordinaire est de 0m,50 à 0m,75 ; il atteint quelquefois, surtout dans le Volga, une longueur de 2m et le poids de 15 à 20 kilogr. La chair du brochet est ferme et blanche, de digestion facile, mais un peu fade; elle a quelquefois une odeur de bourbe ; elle est, en outre, remplie d'arêtes.
On nomme Brochet de mer la Bécune, le Centropome, l'Orphie, la Merluche, etc.
BROCHEUR (de broche, ici synonyme d'aiguille et de navette). Ce mot désigne : 1" l'ouvrier qui a pour emploi de plier les diverses feuilles d'un livre, de les assembler dans leur ordre de pagination, de les coudre ensemble et de leur mettre une couverture {Voy. Reliure); 2° l'ouvrier qui broche la soie, c.-à-d. qui ^st chargé de faire des façons ou dessins sur une étoffe de soie en la travaillant, de l'enrichir de fils d'or, d'argent, de clinquant, de chenille, etc.
BROCHEUR (BATTANT . VoiJ. BATTANT-BROCHEUR.
BROCOLI (de l'ital. broccolo), sorte de Chou originaire d'Italie, ne diffère du chou-fleur que parce que ses pédoncules sont moins épais et plus allongés. On estime surtout le B. blanc et B. violet. Le premier, dont la saveur est plus délicate que celle du chou-fleur, s'accommode et se mange comme lui ; on le sème ordinairement en mai et »n juin pour le récolter en hiver.
BRODEQUIN du flam. broseken, ou de l'ital. borzacchino ; du gr. pûp<7a, cuir), chaussure qui nous vient des anciens, et qui sert surtout aux femmes et aux enfants : auj. les brodequins d'homme et même ceux de femmes s'appellent plutôt bottines. — Le brodequin (soccus), était chez les anciens l'emblème de la comédie, par opposition au cothurne, qui était réservé à la muse tragique.
On appelait autrefois brodequin une sorte de torture, employée dès le temps des Romains, qui consistait à enfermer les jambes du patient entre des ais ou petites planches de bois qu'on serrait progressivement, jusqu'à lui broyer les os.
BKODEUIE 'orig. celtique; du b.-bret. broud,z\guillon, pointe), dessin tracé en relief sur un tissu quelconque avec un fil d'or, d'argent, de soie, de laine ou de coton. On brode au passé, aie plume tis, nu point de marque, en application ou en guipure, à L'aiguille ou au crochet, à la main et au métier. Ce genre de travail est généralement l'ouvrage des femmes. — L'art de broder a été connu de toute antiquité; on en trouve des traces dans la Bible ; les Grecs en rapportaient l'invention à Minerve. De nos jours, la broderie n'occupe pas seulement les loisirs des femmes du inonde, c'est un objet important de fabrication. La B. en lame, c.-à-d. en or ou en argent, et la B. de soie, se font à Lyon et à Paris ; la H. au plumetis se fait particulièrement à Nancy; la B. au crochet, en Suisse, à Tarare, St-Quentin et Alençon; enfin, la B. sur tulle, à Lyon pour la soie, en Picardie et en Lorraine pour le coton. On estime aussi les broderies de Milan, de Venise, de Saxe, et la broderie anglaise, qui se fait sur jaconas, pe'rcale et mousseline, au point de cordonnet. Il vient de l'Inde et de la Chine des broderies fort riches, mais elles ont rarement la régularité et la finesse de goût de celles d'Europe. — Depuis quelques années, on a imaginé des machines i/i moyen desquelles on exécute avec autant de rapidité que de perfection les broderies de toute espèce.
— Voir : M"" Celnart, Truite de l'art dît Brodeur,' avec atlas.
En Musique, on appelle broderies ou fioritures les ornements, les traits qu'un chanteur ajoute à la musique écrite pour faire briller l'étendue et la flexibilité de sa voix.
BBOMATES, sels formés par l'acide bromique et une base. Les bramâtes ressemblent, sous beaucoup de rapports, aux chlorates; ils fusent, comme eux, sur les charbons ardents, et dégagent de l'oxygène par la chaleur. On les distingue des chlorates à l'aide de l'acide sulfureux ou d'une solution de chlore : au contact de ces agents, les bramâtes se colorent en jaune rougeàtre par du brome mis en liberté.
BROME (du gr. Ppwjioç, mauvaise odeur), corps simple, liquide, d'un rouge foncé ou pourpre quand il est en couches épaisses, d'une odeur extrêmement forte et semblable à celle du chlore, dune densité de 2,060 ; il bout à /j7°, en répandant des vapeurs d'un jaune rougeàtre, et se solidifie à 20" au-dessous de zéro, en prenant l'aspect de la mine de plomb. Soluble dans l'alcool et l'éther, il l'est très-peu dans l'eau. Ce corps ressemble au chlore par l'ensemble de ses propriétés. Il attaque vivement la plupart des matières organiques, et exerce une action corrosive sur les parties animales. On ne le rencontre jamais clans la nature à l'état de liberté ; il s'y trouve toujours en combinaison avec certains métaux, particulièrement avec le sodium et le magnésium, dans l'eau de mer, et dans beaucoup d'eaux minérales, p. ex., dans celles de Bourbonne-les-Bains et de Lons-le-Saulnier ; on l'a aussi trouvé en combinaison avec l'argent dans les mines du Chili. On l'obtient par le même procédé que le chlore, en traitant un bromure par un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse. Dans l'industrie, les dernières eaux mères des salines et des varechs sont, pour l'extraire, distillées avec un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique ; les gaz sont reçus dans l'eau au fond de laquelle on trouve le brome. — M. Balard découvrit le brome en 1826, en examinant les eaux mères des salines de la Méditerranée.
BROME fdugr. Ppû;j.a, nourriture), Bromus, genre de la famille des Graminées, tribu des Festucacées, renferme des herbes annuelles et vivaces qui se, trouvent en abondance dans nos prairies : feuilles planes et coupantes; épillets de 5 à 10 fleurs et plus, glumes herbacées et mutiques ; glumelle inférieure convexe, non carénée et le plus souvent munie d'une arête, etc. Les bromes ne donnent qu'un fourrage dur et peu recherché par les bestiaux. Cependant on utilise comme plante fourragère le B. des prés (B. pratensis , surtout la variété dite B. de Schrader : elle dure fort longtemps et convient également aux sols calcaires, sablonneux et siliceux. Le B. seigle (B. secalinus) et le B. dressé (B. erectus) ont des semences dont la farine mêlée à celle des céréales fournit un pain assez bon : on s'en sert aussi pour engraisser la volaille. Le B. stérile (B. sterilis) peut remplacer l'avoine pour les chevaux.
BROMÉLIACÉES, famille de plantes Monocotylédones périspermées, composée de plantes vivaces uu d'arbustes rameux remarquables par leur port: feuilles épaisses, roides et souvent épineuses ; fleurs hermaphrodites, bractéolées ; calice à 6 sépales, dont 3 extérieurs et plus courts que les intérieurs ; 6 étamines. Le fruit est une baie ou une capsule à 3 loges. Genres principaux : Bromélie, Pitcairnie, Ttllundsic, Bonapartée, etc.
BBOMÉLIE <de Bromel, botan. suédois), Bromelia, genre type de la famille des Broméliacées, distingué par son calice et sa corolle à 3 divisions et par ses étamines insérées sur la corolle. Ces p'antes, herbacées et vivaces, sont originaires de l'Amérique méridionale. L'espèce type est Y Ananas, qui depuis près de 70 ans se cultive dans nos serres ( Voy. Ananas) : Plusieurs botanistes en font un genre à part. On cultive également en serres chaudes les belles espèces