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CARRIÈRE

naval une table carrée fixée au milieu du gaillard d'arrière d'un vaisseau, sur laquelle sont tracées des lignes se coupant à angle droit et à 45°, et qui servent à relever la position du vaisseau par rapport aux autres bâtiments de l'escadre dont il fait partie.

Les Bouchers nomment carré de mouton une pièce du quartier de devant d'un mouton : c'est ce qui reste quand le collet et l'épaule en ont été séparés.

CARREAU (de carrée, pavé plat, taillé régulièrement en forme de carré ou à pans coupés, surtout en hexagone, et qui sert à paver les maisons, les églises, etc. Il y a des carreaux d'argile ou de brique, ordinairement de forme hexagonale, de pierre calcaire ou de marbre. — On appelle carrelage l'opération qui consiste à paver un lieu en y posant des carreaux ; carreleurs, les ouvriers qui posent les carreaux d'argile; quant à ceux de pierre ou de marbre, ils sont posés par les marbriers.

Les carreaux d'appartement sont ordinairement colorés en rouge ou en jaune avec un mélange d'ocre et d'huile de lin ou de colle de Flandre ; on recouvre cette couleur d'un encaustique ( Voy. ce mot) pour lui donner un brillant, qu'on entretient ensuite au moyen de la cire jaune et du frottage. Certaines compositions {siccatif brillant, chromodurophane, etc.) conservent toujours au carreau son brillant et épargnent ainsi le pénible travail du frottage. — Au moyen âge, on dallait les églises et les châteaux avec des carreaux soit incrustés de terre colorée, soit émaillés. Voir : Viollet le Duc, Dictionnaire de l'Architecture française.

Par extension, on nomme carreau une foule d'objets qui affectent une forme carrée, p. ex. : 1° une pièce de vitre carrée dont on garnit les croisées d'une fenêtre, et carreau électrique un carreau de verre revêtu des deux côtés d'une feuille d'étain, et pouvant servir aux mômes expériences que la bouteille de Leyde : on appelle carreau étincelant ou magique, un carreau électrique dont la feuille d'étain présente des interruptions distribuées de manière à figurer un dessin; on fait communiquer une extrémité de la bande d'étain avec une machine électrique, et l'autre avec le sol ; alors les étincelles électriques se produisent à tous les points d'interruption, et représentent le dessin en traits de feu ; — 2° une arme ancienne (quadrellus), espèce de gros trait à k carres qu'on n'employait qu'avec des arbalètes de grande dimension; c'étaient aussi quelquefois de grosses pierres pesantes qu'on lançait à l'aide de mangonneaux ; — 3° l'une des 4 couleurs dans les cartes à jouer, ainsi nommée parce qu'elle représente le fer du frait cidessus; — U° une sorte de fer à repasser dont se servent les tailleurs pour aplatir les coutures faites dans les étoffes épaisses, telles que le drap, le velours, etc.; — j" une grosse lime carrée, triangulaire ou méplate, don! les taillandiers se servent pour dégrossir le fer sortant de la forge; — 6° un coussin carré sur lequel on peut s'asseoir ou se mettre à genoux, etc.

caiiheau ou Atrophietnésentériqve, dégénérescence tuberculeuse des ganglions mésentériques. Cette ma ladie, dont les causes sont, en général, les mêmes que celles des scrofules, attaque particulièrement les enfants, et se manifeste surtout chez ceux qui ont été sevrés trop tôt et nourris d'aliments indigestes. Bile est caractérisée par la dureté excessive du ventre, qui devient plus gros et qui contraste avec l'amaigrissement de la face et des membres, ainsi que parmi trouble général des fonctions digesUves. Plus tard on peut constater par le palper la présence de petites tumeurs dures, bosselées, fixes ou mobiles dans la cavité abdominale, autour de l'ombilic ou dans

les lianes. I.e carreau peut être indolent, et ne déterminer aucun trouble fonctionnel ; ou bien s'ac-

compagner «le symptômes inflammatoires, i ne fois développé, il ne peut se terminer 'i'"1 de deux manières: ou par le ramollissement des masses tuberculeuses, ou par leur transformation en mati.

tacée ; dans le premier cas, la matière, ramollie, peut se faire jour dans l'intestin, et la tumeur se vider par cette voie : la guérison résulte alors de cette évacuation spontanée; quant à la transformation crétacée, c'est la terminaison la plus favorable, mais aussi la plus rare. — Cette maladie parait être plus commune chez les garçons que chez les filles. Lorsque l'affection n'est encore qu'à son début, on peut espérer d'en triompher au moyen de soins hygiéniques bien entendus, de bains salés et aromatiques, d'une alimentation légère et substantielle, des toniques et des amers: il faut y ajouter le changement d'air et, s'il est possible, l'habitation à la campagne dans un pays sain et sec, ou le séjour au bord de la mer.

CARREC, espèce de Tortue. Voy. Caret.

CARREE, nom qu'on donnait autrefois, en Musique, à une figure de note de forme carrée, et qui valait ordinairement deux rondes {Voy. Brkvb). — Espèce d'ardoise. Voy. Ardoise.

Racine carrée. Voy. Carré et Racine.

CARRELAGE, Carrei.eir. Voy. CabbeAD.

CARRELET.nom vulgairedela Plie franche' 'Pleuronectes piatessa), espèce du genre Plie, que l'on reconnaît à 6 ou 7 tubercules qui forment une ligne sur le (été droit de la tête, et aux taches aurores qui relèvent la couleur brune que le corps offre de ce côté. Ce poisson a la chair très-tendre ; il est commun sur les marchés de Paris.

Dans les Arts, on nomme carrelet : 1° une grosse aiguille angulaire du côté de la pointe, à l'usage des bourreliers, des selliers, des cordonniers, des emballeurs, etc. ; — 2° une épée fort dangereuse, dont la lame est très-mince et à troiscarres ; — 3° un outil dont les tabletiers se servent pour ouvrir les dents des peignes; — 4° une petite carde sans manche, à dents en fil de fer très-fin, et qui sert aux chapeliers ; — 5° un instrument ou châssis destiné à retenir les coins du Manchet ou filtre au travers duquel les pharmaciens passent leurs préparations.

C'est encore une espèce de filet en forme de nappe carrée en usage sur les côtes et sur les rivières de France: on le retient sur le fond au moyen de deux demi-cerceaux, et d'une perche servant à le rel< ver vivement dès qu'on aperçoit du poisson au-dessus.

CARRICK, sorte de redingote fort ample et à plusieurs collets superposés, à l'usage des cochers, a été à la mode en France comme manteau d'hiver de à 1830. Le carrick est d'origine anglaise.

CARRIÈRE dub.-lat. quadraria, pierre dv taille\ nom commun à tous les lieux d'exploitation d'où l'on tire la pierre de taille et les autres pierres à bâtir, le marbre, le grès, le sable, l'ardoise, etc. Toutefois, on donne plus spécialement le nom de carrière, aux gisements dont on extrait le calcaire grossier; les autres portent les noms de marbrière, sablière, p/ritrière, ardoisière, etc., selon la nature des substances

qu'on y exploite. Les carrières ne doivent pas

confondues avec les mines, d'où l'on n'extrait que des métaux et des pierres précieuses. — Les cal se composent ordinairement de différents lits ou couches, presque toutes horizontales. Les unes s'exploitent à ciel ouvert; les autres sont souterraine», et ne communiquent avec le jour que par des puitsou des galeries. Pour fendre et détacher les nier sert d'un gros marteau pointu par les deux be\ qu'on appelle pic\ on les fait aussi sauter à l'aide de

lamine. — La France est riche en < arriè toutes sortes : on peut citer les plàtrières de Montmartre et d'Argenteuil, près Paris, celles de Bordeaux, de Rouen, etc. ; les meulières et I de pierre de taille de Senlis et de St-Leu, les carrières de ^rès de Fontainebleau, d'ardoises d'Angers

et des Ardennes; de lave de \ OlVÎC, en

le marbre, dans le Midi, etc. Les catacoml Paris ne sont que d'anciennes carrières de pierre de taille. — Suivant les arrêts du Conseil des | ', mars lT'il et 5 avril 1771, et la loi du 21 avril 1810, tOUt propriétaire d'un fonda peut ouvrir une carrière sur

CARTES

CARTES

son terrain, mais il ne peut fouiller sous le terrain d'autrui; on ne peut ouvrir des carrières sur les bords des grands chemins, sinon à C0m de distance du bord de ces chemins ou des arbres qui les bordent. Les rameaux ou rues des carrières ne peuvent être poussés jusque sous les routes et grands chemins, sous^eine d'amende. L'exploitation à ciel ouvert a lieu sans permission et sous la seule inspection de la police ; l'exploitation par galeries souterraines est soumise à la même surveillance administrative que l'exploitation des mines. Voy. ce mot.

CARROSSE (de l'ital. carrozza), voiture à 4 ou 6 places, suspendue, couverte et fermée, à 4 roues et ordinairement traînée par 2 chevaux. Les carrosses ont été inventés en Italie; le premiercarrosse à coll're suspendu qu'on ait vu en France servit, en 1403, à la reine Isabeau, lors de son entrée à Paris. Sous François Ier, en 1547, on n'en comptait que trois : celui de la reine, celui de Diane de Poitiers, et celui de Jean de Laval. Auj., ils sont en nombre infini ; mais le nom est peu employé. Il a formé le mot carrosserie, pour désigner la fabrication des voitures ( Voy. Voitures;, et celui de carrossier, qui se dit et du fabricant de carrosses et de tout cheval d'attelage qui est de haute taille.

Carrosse, se disait autrefois, en Marine, delà partie d'un navire qu'on nomme auj. dunette.

CARROUSEL, sorte de jeu équestre. Voy. Quadrille, et l'art. CARROUSELau Dict. d'Hist. et de Géogr.

CARTAHU ou cartaheu, cordage volant qui sert, en Marine, à monter ou à descendre un objet quelconque. Quand l'objet est lourd, on passe le cartahu dans une poulie placée en tête du mât, pour faciliter la manœuvre.

CARTEL (dimin. de carte), lettre de défi par la quelle on provoque quelqu'un à un combat singulier. L'usage des cartels existait déjà chez les anciens : Plutarque rapporte qu'Antoine envoya un cartel à Auguste qui le refusa. Mais ce fut surtout au '-moyen âge, à l'époque de la chevalerie, que cet usage fut le plus fréquent. — On appelle aussi cartel l'accord qui se fait entre deux Etats belligérants, pour la rançon des prisonniers de guerre.

cartel, boite de pendule en forme de cul-delampe, qui s'applique contre le mur. Les cartels ont quelquefois des sonneries en musique ; d'où le nom de cartel donné aussi aux boites à musique. Ces dernières sont des espèces d'orgues à cylindre et à ressort de petite dimension. Les pointes qui garnissent le cylindre soulèvent et font vibrer, en les abandonnant à leur élasticité naturelle, les dents d'un peigne d'acier, dont les longueurs sont calculées pour donner les différentes notes de la gamme. Ces instruments se montent à l'aide d'une clé.

Cartel, sorte d'encadrement. Voy. Cartouche.

CARTELLES (de carte), petites planches de peu d'épaisseur. On débite par cartelles les bois, tels que le frêne, l'érable noueux ou loupeux, etc., dont se servent surtout les ébénistes, les tabletiers et les armuriers.

CARTEROIN'. Voy. Quarteron.

CARTES a jouer (du lat. charta). Pour les fabriquer, on emploie trois sortes de papier : au milieu on place le papier dit tracé; ce papier est recouvert, d'un côté par le papier cartier, tantôt blanc ou de couleur unie (bleue, jaune ou rose), tantôt taroté, c.-à-d. moucheté de dessins variés; et de l'autre, par le papier pot sur lequel sont peintes différentes figures. On appelle têtes les cartes où sont figurés des rois, des dames et des valets ; et points, celles qui ne sont marquées que de simples cœurs, carreaux, irè/les et piques, de un (as) à dix. L'impression des tètes ne peut se faire qu'à l'imprimerie impériale et pour le compte de la régie ; mais l'enluminure des figures et celle des points se fait chez les cartiers: elle s'opère à l'aide de patrons découpés et avec des couleurs à la gomme. L'enluminure achevée, les cartes >oiu séchéesavec soin et passées au savon, ce qui

leur donne du brillant et la faculté de couler facilement les unes sur les autres. On les redresse ensuite in les Boumettant à la presse; enfin, on les taille pour les égaliser, et on les assemble. — On distingue les jeux entiers, qui sont composés de 52 cartes, et les jeux de piquet, de 32 : ces derniers ne renferment pas les 2, 3, 4, 5 et C. — Paris et Nancy sont, en France, les deux endroits où l'on fabrique le plus de cartes. On en consomme annuellement ù l'intérieur pour plus de2 millions de fr., et l'exportation atteint une valeur au moins égale. L'Etat perçoit sur cette branche de notre industrie des droits qui s'élèvent au quart du produit. Chaque jeu de cartes paie au Trésor un droit de 25 centimes. Celui qui vend des cartes sans être fabricant patenté, ou bien sans avoir été agréé et commissionné par la régie, est passible d'une amende de 1,000 à 3,000 fr., de la confiscation des objets de fraude et d'un mois d'emprisonnement. En cas de récidive, l'amende est toujours de 3,000 fr. — Toutes les formalités auxquelles est assujettie en France la profession de cartier sont déterminées par la loi du 9 vendém.an VI, les décrets du 1er germinal et du l\ prairial an XIII, la loi du 28 avril 1816, l'ordonn. du 18 juin 1817 et la loi de finances du 7 août 1850.

En Angleterre, on se sert de deux sortes de carton à jouer, les unes à peu près semblables aux nôtres, les autres d'un tiers plus hautes et plus larges. C'est aussi en Angleterre qu'on a inventé les cartes à deux têtes, dont l'usage est auj. très-répandu chez nous. — En Allemagne, on ajoute quelquefois aux rois, dames et valets, une quatrième figure, les chevaliers- — Enfin, en Espagne et en Italie, les noms des 4 couleurs, pique, trèfle, carreau et cœur, sont souvot remplacés par les dénominations à'épée, denier, bâton et coupe. Les Italiens font aussi usage de longues cartes appelées tarots. Ces cartes, inventées, dit-on, dans la province de Taro en Lombardie, et qu'il ne faut pas confondre avec les cartes dites tarotées {Voy. ci-dessus), représentent des figures bizarres, et servent en France, à former le grand jeu des tireuses de cartes.

On attribue généralement l'invention des cartes à jouer à Jacquemin Gringonneur, peintre de la fin du xive siècle; mais elles sont mentionnées dès 1328 par un vieux poëte français. Après avoir amusé la démence de Charles VI, elles ne tardèrent pas à devenir une récréation à la mode. Sous Charles VII les figures reçurent les noms qu'elles portent aujourd'hui. On prétend que David (roi de pique,, tourmenté par un fils rebelle, est l'emblème de Charles VII, menacé liaison fils (Louis XL, etqu'./L'<72><e(reinede trèfle), anagramme de Regina, désigne Marie d'Anjou, femme de ce prince; que Pallas (dame de pique) représente la Pucelle d'Orléans; Rachel (dame de carreau), Agnès Sorel; enfin, Judith (dame de cœur, la reine Isabeau. Les 4 valets ou varlets sont 4 vaillants capitaines : Ogier et Lancelot, compagnons de Charlemagne, Hector de Gallard et Lahire, généraux de Charles VII. Le reste du jeu offre également une sorte d'allégorie guerrière. Le cœ«rest la bravoure, 1«' pique et le carreau, les armes, le trèfle, les vivres, et l'ai, l'argent, nerf de la guerre.

Pour les différents jeux et la manière d'y jouer. Voy., outre l'article Jeux de hasard, l'article particulier consacré à chaque jeu et Les Cartes à jouer de Boiteau d'Ambly (1854).

cartes GÉoor.Ai'HKjL es, représentation, sur une surface plane, de la figure du globe terrestre, soit dans son ensemble, soit dans une de ses parties. Dan> le premier cas, on distingue les mappemondes, qui offrent deux hémisphères terrestres projetés i côte sur le plan de l'un des grands cercles du globe; et les planisphères, qui offrent toute la surface terrestre en une seule et même projection (Voy. Projection). Dans le second cas, une carte e>i dite générale, quand elle renferme une grande étendue de pays; particulière, quand elle est bornée a une seule contrée; c horographique, quand elle offre le détail

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