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CHARRUE

CHARTE

du lat. earpere), nom donné aux filaments qu'on obtient en effilant du linge à demi usé qu'on a d'abord toupé par petits morceaux, de 0'"08 à 0m10 de longueur et d'autant de largeur, ou bien en ratissant ce linge avec le tranchant d'un couteau. La première s'appelle C. longue; la seconde, C. râpée. On se sert de la charpie pour panser les plaies, les ulcères, les fistules, etc. : avec la cliarpie longue on fait des plumasseaux, des mèches, des bourdonnetsou rouleaux; avec la charpie râpée, des tampons, des pelotes, etc. La charpie râpée est moins absorbante et plus irritante que la charpie longue. On emploie aussi bien le coton que la toile pour faire de la charpie ; il faut seulement que le linge soit blanc de lessive, et qu'il ne soit ni empesé, ni coloré en bleu par l'indigo. On remplace très-bien la charpie avec du chanvre en étoupe, blanchi au chlore et cardé. Les Anglais se servent d'une espèce de peluche de lin, lisse et gommée d'un coté et cotonneuse de l'autre; cette cliarpie n'est pas assez perméable.

CHARRÉE du lat. cinerata, cendrée), cendre qui a servi à faire la lessive. On l'utilise, en Agriculture, comme amendement : elle échauffe doucement la terre, et fait mourir les mauvaises herbes.

CHARRETTE ;de char), voiture à 2 roues, avec 2 ridelles et 2 limons, qui sert aux travaux de l'agriculture et au transport de ses produits. Le fond se compose de pièces de bois appelées éparts ; il est quelquefois à claire voie.

CHARRO>- (de char), celui qui construit toute espèce de charrettes, fourgons, tombereaux, baquets, traîneaux, le train des carrosses, des cabriolets, etc. La fabrication des roues {Voy. ce mot) est la partie la plus importante et en même temps la plus difficile de l'art du charronnage. Les bois les plus propres à cette industrie sont forme, le frêne, le charme, l'érable, le chêne. On les emploie, ou en grume, c.-à-d. avec leur écorce et sans être équarrism débités avec la scie, ou bien sciés, c.-à-d. réduits à des épaisseurs convenables. — Les charrons avaient été constitués en communauté par Louis Xlf : leurs statuts sont de 1498 et de 1668. St Éloi (1er décembre) était le patron des charrons. — M. Lebrun a donné le Manuel du Charron et du Carrossier.

CHARRUE (du lat. carruca), machine pour labourer la terre. Les parties principales d'une chajrue sont: le coutre, pointe aiguë qui tranche la terre verticalement; le soc, fer de lance ou triangle qui soulève la terre et la coupe horizontalement; le sep, solide pièce de bois doublée de fer et garnie d'un talon, qui pèse sur le fond du sillon; le versoir ou oreille, en funte, qui fait retomber la bande de terre soulevée par le soc; l'âge, dit aussi haye, perche, ou flèche,, corps de la charrue, auquel s'adaptent pai un bout les manches ou mancherons, et par l'autre ïavant-train et l'attelage; enfin le régulateur, situé à l'extrémité antérieure de l'âge et qui permet d'élever ou d'abaisser à volonté la pointe du soc. On se sert, pour traîner la charrue, de bœufs ou de chevaux. -*1 L'origine de la ch .rrue est fort ancienne. Ce ne fut à l'origine qu'un simple pic, ou un soc grossier, qu'un seul homme pouvait manoeuvrer. Celle des Romains n'était d'abord qu'un crochet à deux branches dont la branche la plus courte entrait dans la terre en guise de soc, tandis que l'autre servait de flèche : ils y ajoutèrentsuccessivement des oreilles, ou versoirs, et des coutres. Les Gaulois inventèrent l'avant-train. Longtemps la routine s'opposa aux améliorations imaginées par les inventeurs : cependant, dans ces derniers temps, plusieurs perfectionnements sont cnti'ésdans la pratique. — La plupart des charrues dont on se sert auj. peuvent se réduire à qoatre, autres: 1° la charrue à

train, à un seul versoiren fonte ; 2° la brandissoir eo\x C. sans avant-train; 3° la C. tourne-oreille, dite de France, avec ou sans versoir; 4° la C. à butter ou bitttoir,h deux versoirs mobiles et opposés, avec as train. Les charrues les plus estimées sont :

la charrue belge perfectionnée par Mathieu de Dombasle, celle dite de Brabant, celle de Rosé et celle de Grange. Parmi les plus récentes, il faut citer : la C. Vaîlerand, dite la révolution, qui du premier coup fait un labour de 0m,35 à 0m,!t0 de profondeur, renouvelant ainsi et régénérant le sol épuisé par la culture ; la C. Bonnet qui produit un effet analogue à celui de la précédente, mais qui agit moins énergiquement, et la C. forestière, espèce de défonecuse qui a pour objet de préparer le sol des coupes d'ensemencement et qui, devant passer sur un sol inégal et entrecoupé d'obstacles, est munie d'un appareil à levier qui permet le soulèvement du soc. — On appelle araires des charrues très-simples et très-légères, avec ou sans versoir et sans avant-train, dont on se sert encore dans le Midi.

On a aussi donné le nom de charrue à des instruments aratoires qui font l'office de scarificateurs et d'extirpateurs: au tranche-gazon, à la houe et au sarcloir à cheval. On se sert de la C. à dérayer pour agrandir les rigoles d'écoulement entre les billons, de la C. taupe, pour faire des saignées temporaires de dessèchement qui ne laissent point de trace.

CHARTE ou chartre du lat. charta), terme générique employé pour désigner un ancien titre, quelle que soit sa nature. On appelait : C. de mundeburde (del'allem. Munde, bouche, et Biirde, charge ; engagement verbal), une charte de protection accordée par le roi à des corporations ou à des particuliers ; C. openne, une charte délivrée par un magistrat pour constater qu'une maison avait perdu tous ses titres de propriété; C. andelane (de l'allem. an die H and, dans la main), un acte de donation remis par le donateur dans la main du donataire; C. prestaire, l'acte par lequel une église ou un monastère accordait à un particulier l'usufruit de quelques terres à certaines conditions; C. précaire, l'acte par lequel on demandait ou on acceptait cet usufruit; C. pariclcs, les actes écrits en autant de doubles qu'il y avait de parties; C. bénéficiaire, l'acte d'une donation faite par les empereurs ou par les rois francs des deux premières races aux guerriers, aux nobles, et dans la suite aux ecclésiastiques même, à condition de vasselage ou de service militaire ; C. de commune, les lettres par lesquelles le roi ou un seigneur, avec la permission du roi, érigeait les habitants d'une ville ou d'un bourg en corps et communauté après l'affranchissement. Il y avait encore les C. de vente, de soumission, de caution, de garantie, d'héritage, etc. Voy. Diplôme.

Au moyen âge, on nommait charte-partie (charta partita, papier divisé) un acte détaché d'un registre à souche, ou que l'on séparait en deux pour en donner une partie à chacun des contractants. — Auj., dans le Commerce maritime, on nomme ainsi le contrat passé entre l'armateur ou le capitaine d'un navire et un commerçant qui fait l'affrètement, c.-à-d. qui le loue en entier ou en partie pour transporter une cargaison ou une certaine quantité de marchandises d'un port ou d'un pays à un autre désignés dans cet acte fC. de comm., art. 220, 273). Les chartesparties doivent être rédigées par écrit, faites doubles ou triples, et signées par les parties; dans l'origine, on donnait seulement la moitié ou le tiers de l'acte a chacun des contractants. Voy. Fret et Connaissement.

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