‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 306 sur 1672 · CHASSELAS · texte numérisé non relu

CHASSELAS

des 11 nov. 1829 et 31 déc. 1840, par les décrets des 1 8 août 18GG et 30 janv. 1869 et par l'arrêté du 24 juill. 1872. — L'enseignement comprend les cours suivants : paléographie ; langues romanes ; bibliographie; diplomatique; institutions de la France; droit civil et canonique, archéologie du moyen âge. Depuis 1839, elle publie un journal mensuel intitulé Bibliothèque de l'École des Chartres et <|ui renferme un grand nombre «le travaux importants.

CHARTRE (du lat. carrer, prison ; parce que, diton, cette maladie était commune dans les prisons, ou qu'elle retenait le malade comme prisonnier chez lui), synonyme de consomption ( Voy. ce mot). — C'est aussi le nom vulgaire de la maladie appelée carreau ou atrophie mésentérique. Voy. ce mot.

chartre pruée. Ce mot désignait autrefois tout lieu autre que la prison publique, où une personne était retenue sans autorité de justice. — Dans le Droit romain, quiconque détenait une personne en chartre privée encourait la peine de mort (loi I, §1. Cod., de privatis carceribus). Une ordonnance de 1670 défendait aux prévôts de faire chartre privée dans leurs maisons ou ailleurs. Ce mot n'est plus usité auj. ; mais le fait est prévu par le Code d'Instr. crim. (art. 615) et par le Code pénal (art. 241).

CHASSE (de chasser, du lat. captare, ou de l'ail. Hatz, poursuite). On distingue la grande chasse, qui comprend le cerf, le daim, le chevreuil, le chamois, le bouquetin, le sanglier, l'ours, le loup, le renard; et la petite chasse, qui comprend le lièvre, le lapin, le coq de bruyère, le faisan, l'outarde, le héron, la perdrix, la caille, la bécasse, le canard, la sarcelle, etc. — En outre, en considérant les divers procédés employés pour chasser, on distingue: la C. à courre, qui consiste à faire pousser une seule bête par une meute de chiens, suivie de veneurs à cheval, jusqu'à ce que la bête soit forcée; la C. à tir ou au tiré, qui consiste à tirer le gibier, soit en le faisant chercher ou lever par des chie?ts courants ou des chiens d'arrêt, soit en le faisant traquer et en l'attendant à Va/fût, la C. aux filets et aux pièges, qui est trèsvariée et très-destructive, mais qui, du reste, est prohibée par la loi ; enfin la C. à l'oiseau, dite aussi au vol (Voy. Faoconnbrie et aussi Vénerie). — On appelle battue, la chasse des animaux dangereux ou nuisibles, tels que loups, sangliers, renards, faite en vue de l'utilité publique : cette chasse est soumise à des règlements particuliers. Voy. Battue et Lou-

VETERIE.

La chasse a été de tout temps un des exercices favoris aussi bien de l'homme civilisé que du sauvage. Sans rappeler Nemrod, le fort chasseur devant le Seigneur, on voit la cha-se en honneur chez les peuples les plus anciens. Les Crées et les Romains rendaient un culte à Diane comme déesse de la chasse. Ces deux peuples furent des chasseurs intrépides ; ilschassaient de préférence la bête fauve; ils la poussaient à grand renfort de chiens vers des lilets tendus de distance en distance, et la tuaient, de loin avec le javelot, de près avec l'épieu; quant au menu gibier, ils le prenaient au piège. Les rois de Perse et les souverains indiens possédaient des parcs immenses peuplés de botes fauves, et réservés pour eux seuls. Chez les Gaulois et les Germains la chasse était un apprentissage de la guerre. Au moyen âge, la chasse devint la principale, occupation de la noblesse : la science de lia vénerie 1 1 celle de la fauconnerie étaient obligatoires pour tout gentilhomme. Nos anciens rois et, à leur exemple, les grands feudataires entretinrent d'immenses équipages de chasse. En même temps, les ordonnances les plus arbitraires réservaienl à ta noblesse le privilège exclusif de la chasse, et la pénalité la plus sévère frappait les délits les pins légers. Ces abus disparureni avec l'ancien régime: une loi du j août 17 89 reconnut à tous lespropi res le droit de détruire le gibier sur leurs terres; pi depuis, les lois sur la chasse, en confirmant ce droit,

n'ont tendu qu'à réprimer les a DUS qui pouvaieni m

résulter : c'est ainsi qu'on a fixé le temps de la chasse de manière à ne pas nuire à l'agriculture et à ne pas empèchertoute reproduction desanimaux; en même temps, on a exigé des chasseurs certaines garanties Voy. Port d'armes, Permis de chasse, Braconmkh). — La dernière loi sur la police de la chasse a été rendue le 22 janv. 1874 '• elle détermine avec précision les attributions des préfets en matière de chasse.

La chasse est une des manières d'acquérir la propriété (C. Nap., art. 715), et celui qui chasse sans autorisation sur le terrain des autres, est, sauf l'action en dommages-intérêts du propriétaire, propriétaire du gibier qu'il y prend.

Les canons de 1 Église défendent la chasse aux ecclésiastiques.

On a beaucoup écrit sur la chasse. Chez les anciens, Xénophon, Arrien, Oppien, ont laissé des traités sur ce sujet. Dans les temps modernes, il faut citer les ouvrages de Gaston Phébus [des Déduits de la chasse) ; de J. du Fouilloux (ta Vénerie, Poitiers, 1561); de Fr. de St-Aulaire, sieur de la Renaudie (la Fauconnerie, Paris, 1617); le Dictionnaire des chasses, de Baudrillard, revu par M. de Quingery (1834); le Traité général des chasses à courre, à tv et aux pièges, de Jourdain, (1822-23); la Chasse au fusil, de M. Magné de Marolles (1836) ; les ouvrages de MM. Elz. Blaze, d'Houdetot et J. La Vallée, et les recueils périodiques (le Journal des chasseurs, la Rej vue forestière, VAlmanach des chasseurs, etc.). Il a été publié, en 1851, une Collection de toutes les j chasses. Voir aussi les Codes de la chasse de MM. Du- I vergier , Camusat-Busserolles, Rogron , Gillon et G. de Villepin, etc.

En Musique, on donne le nom de Chasse : 1° à certains airs de cor ou d'autres instruments, dont la mesure, le rhythme, le mouvement, rappellent les airs que ces mêmes instruments donnent à la chasse; 2° aux symphonies et aux ouvertures dont les divers motifs sont des airs de chasse, et dont les effets tendent à imiter l'action d'une chasse, p. ex. l'ouverture du Jeioie Henri, de Méhul.

CHÂSSE (du lat. capsa, caisse), coffre plus ou moins riche, et le plus souvent de forme gothique, dans lequel on conserve les reliques des saints. Les châsses les plus célèbres en France étaient celle de St Martin, qu'on portait souvent en tête des armées; les deux châssesdeSte Geneviève, la première, œuvre de StÉlo:; la seconde, faite en 1242, par ordre de St Louis; la chasse ou fierté de St Romain à Rouen, etc. I. églises où l'on conservait le plus de chasses étaient : la cathédrale de Cologne, la Ste-Chapelle de Paris, St Victor de Marseille, St Laurent de l'Escortai, etc.

Les orfèvres appellent châsse la partie de la boucle où est le bouton ; les lunetiers, le métal ou la corne qui contient les verres des lunettes et où se place le nez, etc.

j En Mécanique, on appelle châsse l'espace libre qu'il faut accorder à une machine ou à quelqu'une ! de ses parties pour en augmenter ou faciliter l'action. — Dans une balance suspendue, c'est la partie perpendiculaire au fléau, celle par laquelle on soutient la balance quand on veut s'en servir.

Châsse m dit aussi de ce qui sert à tenir certains Objets enchâssés', ainsi, en Chirurgie, on DO châsse (châsse d'un bistouri, p. ei.' un manche tantôt fixe comme celui d'un rasoir, tantôt comp<

deux la s mobiles de corne, d'écaillé oi.

réunies seulement vers la partie qui tient à la lamo de l'instrument.

CHASSE-BOSSE, nom vulgaire do la Lysvnachie commune. Voy. ce mot.

CHASSÉ CROISÉ. Voy. P\ B.

CHASSELAS, variété de Raisin qui se cultive en

treille dans les jardins. C'est un bon raisin de table, d'un jaune doré, belle grappe, grain gros et rond, peu serré, fondant, doux et sucré. Le plus estimé est le chasselas de Fontainebleau, que l'on cultive principalement dans le village de Thoniery, situe

CHASUBLERIE.

CHATAIGNE.

de cette ville, dans le département de Seine-et-Marne, et à Pouilly-sur-Loire, dans celui de la Nièvre.

CHASSE-MARÉE, nom donné : l°aux voituriers qui apportent dans les villes le poisson péché sur les côtes ; 2» à un petit bâtiment à 2 mâts, d'une forme avantageuse pour la marche, qui fait le commerce de petit cabotage et transporte la marée et autres denrées. — J 1 y avait de grands chasse-marées qui faisaient le voyage des Antilles ; ils avaient 3 mâts et plus de voiles que le chasse-marée ordinaire.

CHASSEURS, nom de divers corps de troupes légères. Les uns sont a cheval, les autres à pied.

Chasseurs à cheval. Ils constituent aujourd'hui la plus grande partie de notre cavalerie légère, c.-à-d. 20 régiments sur 32. Leurs armes sont le mousqueton, le pistolet et le sabre dit Montmorency, leur uniforme est vert avec broderies noires pour les soldats et d'argent pour les officiers; les boutons et la buffloterie sont blancs; la coiffure est le talpack noir avec le plumet blanc et rouge. — Il y a en outre 4 régiments de Chasseurs d'Afrique, également à cheval, destinés spécialement au service de l'Algérie. Leur uniforme est bleu céleste, avec broderies noires, les boutons sont blancs ainsi que la buffleterie, la casquette garance à bandeau bleu.

Chasseurs à pied. Sous l'Empire, il y avait un corps -de Chasseurs à pied formant 16 bataillons, chacun de 4 compagnies, et qui faisaient le service de tirailleurs. On appelle auj. Chasseurs à pied des soldats d'infanterie légère, remarquables par la justesse de leur tir, la rapidité de leur marche et la précision de leurs mouvements. Les premiers bataillons de ce beau corps ont été organisés à Vincennes en 1839, par le duc d'Orléans; on en compte auj. 30 bataillons. Leur uniforme est une tunique bleu-de-roi, a\ec un pantalon gris de fer; schako en drap bleu avec plumet flottant en plumes vertes, épaulettes vertes, équipement en cuir noir. Ces chasseurs ont rendu les plus grands services en Afrique, à Rome, à Bomarsund, à Sébastopol, etc. — On a donné aussi le nom de Chasseurs aux soldats des compagnies du centre de l'infanterie légère. Avant 1848, il y avait aussi des compagnies de Chasseurs dans chaque bataillon de la garde nationale.

CHASSIE (de l'esp. cegajoso, qui voit mal), humeur onctui use et jaunâtre sécrétée par des follicules situés sur le bord de chaque paupière, et connus sous le nom de glandes ciliavres ( Voy. Cil). L'écoulement abondant de la chassie constitue une maladie connue sous le nom de lippitude. On y remédie par des lotions et des collyres astringents.

(iixssis de châsse, enveloppe), assemblage de fer ou de bois, destiné à environner un corps et à le contenir. Tels sont : dans les théâtres, les châssis qui soutiennent les décorations ; — en Architecture, tes châssis de fenêtre; — en Typographie, les châssis qui contiennent l'ensemble des caractères dont se compose une feuille d'impression; — en Monnayage, 1rs châssis qui servent à couler les lames d'or ou ut et dans lesquels on découpe les lianes; —en Horticulture, les châssis de couches, cadres de bois

- de vitres, qui servent à couvrir les plantes dont on veut hâter la végétation ou qu'on veut pré-

!• du froid, etc.

CHASUBLE dub.-lat. casibula, pour casula, di-

min. de casa , ornement d'église que le prêtre met

par-dessus son aube pour dire la messe. Les chasu-

lesanciens étaient rondes et fermées de tous

>té à l'endroit où l'on passait la tête. Dans

la suite, on 1rs lit moins longues; ensuite on les

echancra de plus en plus sur les côtés pour laisser

les bras libres, et maintenant elles ne forment plus

i'i une bande longue et large par devant et par der-

— Dans l'Église grecque, la chasuble de l'évequeest parsemée de quantité de croix, au lieu que celle des prêtres n'a, comme dans l'Église latine qu une grande croix.

CHASUBLERIE (de chasuble). On comprend sous

cette dénomination un grand nombre d'articles qui appartiennent au service, soit de l'église, soit des prêtres; tels que chapes, chasubles, ornements d'autel, surplis, soutanes, aubes, robes, crosses, ciboires, croix, encensoirs, ostensoirs, flambeaux, patènes, etc., ainsi que plusieurs riches étoffes de soie et brocart, des broderies, etc., dont la plus grande partie se fabrique à Lyon et à Paris, et. une petite partie à Tours.

CHAT (du lat. catus, ou plutôt d'orig. celtique), Felis. Pris dans sa plus vaste acception, ce mot désigne un grand genre de Mammifères, de l'ordre des Carnassiers, qu'on désigne aussi sous le nom de famille des Félins ou Félidés. Ce sont des animaux très-carnassiers, aux formes élégantes, aux mouvements souples et agiles, dont les sens, l'ouïe surtout, sont très-subtils; les yeux chez les uns sont diurnes, chez les autres nocturnes ; leur langue, mince et rude, est couverte, à sa surface supérieure, de papilles cornées dont la pointe est dirigée en arrière ; leur lèvre supérieure est garnie de longue?, moustaches destinées à rendre plus délicate la sensibilité tactile ; leurs molaires sont peu nombreuses et tranchantes : à la mâchoire supérieure on remarque derrière la carnassière une molaire tuberculeuse qui n'existe pas à la mâchoire inférieure ; le canal intestinal est court, le csecum petit; les pieds de devant ont 5 doigts, ceux de derrière 4 seulement. Leur pelage est riche et composé de poils de couleur généralement fauve. — Le genre Chat se divise en 3 sous-genres : les Chats propr. dits, à ongles rétractiles, les Lynx, qui ont les oreilles surmontées d'un long pinceau de poils ; et les Guépards, à ongles non rétractiles.

Les Chais propr. dits comprennent le Lion, le Tigre, le Jaguar, le Couguar, la Panthère, le Léopard et le Chat ordinaire; ce dernier vit à l'état sauvage dans les forêts de l'Europe; il est gris-brun, avec des ondes transversales plus foncées. C'est de cette espèce que l'on fait descendre le Chat domestique, qui se trouve auj. sur presque toute la terre habitée, et dont le pelage varie par le croisement des races.

Le Chat domestique présente une foule de variétés parmi lesquelles on distingue : le C. tigré, qui ne diffère du chat sauvage que parce qu'il est plus gros et qu'il a le nez, les lèvres et le dessous des pattes noirs : on le considère comme le meilleur pour faire la chasse aux rats ; puis, parmi les variétés à poil ras : le C. variable, tacheté de blanc ; le C. des Chartreux, gris d'ardoise ; le C. tout noir, le C. tout blanc, le C. roux, le C. d'Espagne, tricolore, c.-à-d. varié de, blanc, de noir et de roux; enfin le C. angora, qui se fait remarquer par la longueur et la lînesse de son poii, et dont la couleur, primitivement blanche, a varié par la domesticité, comme celle des chats à poil ras. — Tout le monde connaît les mœurs et les habitudes du chat domestique, son irritabilité nerveuse et son adresse pour détruire les souris et les rats. Beaucoup de personnes, les femmes surtout, prennent cet animal en grande affection ; mais elles sont mal payées de retour : le chat, sauf de rares exceptions, s'attache à la maison, et le chien à son maître. Voir : Champfieury, Histoire des chats (1868). — Les Égyptiens honoraient le chat comme un animal sacré ; les Suisses l'ont choisi comme le symbole de la liberté.

Chat-cervier et Chat-pard. Voy. Lynx.

Chat-marin, l'Anarrhiquc ; — Chat tigre, le Serval ; — Chat de mer, petit groupe de poissons Siluroîdes de l'Amérique du Nord.

CHÂTAIGNE, le fruit du Châtaignier, contient généralement 2 ou 3 nucules ou amandes. La châtaigne est un aliment sain, assez abondant en matière nutritive, mais de digestion assez difficile, parce qu'el'e contient trop peu de gluten. Cependant, elle compose en grande partie la nourriture des paysans des Cévennes, du Limousin, delà Corse, etc. — On

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