CHATTE
dessèche les châtaignes au four, et dans cet état de siccité on les nomme castagnous. Klles gardent alors leur suc, et peuvent être conservées très-longtemps. Pour les manger, on les ramollit dans l'eau et on en fait de la polenta ; ou bien on les convertit en farine sous la meule, et on en fait du pain, des gâteaux, etc. Les volailles engraissées avec des châtaignes acquièrent un goût excellent. Les marrons ne sont que de grosses châtaignes ; ils nous viennent des environs de Lyon, de St-Tropez et du Luc (■▼»), et surtout de la Sardaigne, qui en fait un grand commerce.
On appelle Châtaigne d'eau, le fruit de la Mâere; C. du Brésil, celui de la Bertholletia; C. de Malabar, celui du Jacquier; C. de terre, la racine du Bunium bulbocastaneum ; — C. de mer, les Echinodermes, connus aussi sous le nom d'Oursins.
CHÂTAIGNIER, Castanea, genrede la famille des Cupulifères ou Quercinées, renferme des arbres indigènes des climats tempérés de l'Europe, tous d'un port élégant, à feuilles alternes d'un très-beau vert, ovales, pointues ; dentées et garnies d'un double rang de nervures ; à fleurs mâles en chatons grêles interrompus, qui paraissent en même temps que les feuilles; étamines au nombre de 8 à 15 ; ovaire infère. Le fruit est une capsule coriace, hérissée (Voy. Châtaigne). L'espèce la plus importante est le Châtaignier propr. dit (C- vesca), commun dans les forêts de l'Europe et qui acquiert parfois une grosseur prodigieuse. Le châtaignier, dit du mont Etna, abrita sous ses branches, pendant un orage, Jeanne d'Aragon et toute sa suite, ce qui lui valut aussi le nom de C. aux cent chevaux. En France, l'Auvergne, le Vi varais, les Cévennes, le Périgord et surtout le Limousin, offrent de vastes forêts de châtaigniers. Cet arbre pousse lentement; il ne commence guère à porter des fruits qu'à 30 ans. On fait avec son bois des échalas, des charpentes légères, des futailles et des cercles; il pourrait être appliqué au tannage des peaux. Il n'est pas d'un bon chauffage. Le C. d'Amérique (C. americana) est une variété du précédent : il résiste aux plus grands froids.
Châtaignier nain ou de Virginie. Voy. Chincaiin. CHÂTEAU, cHATELetcASTEi.(dulat. castellum). Ce mot, dans son acception primitive, désignait une maison forte, environnée de fossés et de gros murs, garnie de tours ou de bastions et ayant à l'intérieur une tour plus haute appelée donjon, qui servait, soit R ndre une ville, comme les châteaux de Vincennes, de Dieppe, etc., ou un pays, comme les nombreux châteaux élevés pour résister aux Maures et auxquels laCastille doit son nom; soit d'habitation seigneuriale, comme les châteaux d'Arqués, de Coucy, de Clisson, de la Roche-Guyon, de Pierrelonds, etc. Lorsque l'invention de l'artillerie eut rendu inutiles les chàteaUx-forts du moyen âge, les demeures seigneuriales qui les remplacèrent conservèrent le nom <|e chùteaux\ depuis, on étendit ce nom à toute maison de plaisance construite sur un plan un peu — On le donne aussi à certaines résidences n comme le château des Tuileries, le château de St- Cloud, le château de \\ indsor, etc. Voir : Cl. Sauva- Palais, Châteaux ei Hôtels de France du xv* au \\i" ^'ècle (U vol. in-fol.); l'abbi ! Bourt ssé, Résidences royales et impériales ae France.
Dans la Marine, on emploie château comme suions me de gaillard, pour désigner les deux parties éle vées qui forment les extrémités d'un navire.
Château d'eau, machine plus ou moins compliquée, qui s.i-i m élever des eaux, pour les distribuer ensuite dans un parc ou dans une ville, (.'est p;,r abus qu'on avait donné le nom de Château d'eau a la Fontaine pyramidale du boulevard St-Martin,auj. transportée aux abattoirs de la Villette.
CHATELAIN (du lat. casfr/lnr/us , Beigneui qui avait droit d'avoir maison forte ou chùtt'llrmr. avec
boute justice annexée à saseigneurie; — On appelait aussi châtelains les juges qui rendaient la justice
dans l'étendue d'une chatellenie. — Dans la hiérar-
chie delà noblesse, le châtelain venait immédiatement après le baron.
CIIÀTELET (dimin. de château), ancienne juridiction et prison de Paris. Voy. le Dict. d'Hi.st. et il»- i,, qgr.
CHÀTELLENTE. Voy. Châtelain.
CHAT-HUANT (ce n'est pas le chat qui hue; mais une corruption de chavan ou chouan, en h. -lat. ectvannus , Syrnium, sous-genre du genre Chouette, de l'ordre des Oiseaux de proie, famille des .Nocturnes, se distingue au disque complet formé par les plumes autour de ses yeux ; sa tête est grosse et se rattache immédiatement au corps ; son chant est une espèce de cri triste et monotone. L'espèce appelée Chat-huant hulotte ou Chouette des boù (S. aluco), habite les grandes forêts de l'Europe ; elle est grise, piquetée ou rayée de blanc et de brun ; elle se nourrit de rats, de taupes, de grenouilles, etc.
<:IIAT1EKE, nom donné, en Hydraulique, à une pierrée souterraine qui donne issue aux eaux d'un bassin ; c'est un conduit en pente, aboutissant à un puisard, où les eaux se perdent. On la nomme ainsi par allusion aux trous carrés qu'on pratique sur les toits pour laisser aux chats la facilité d'entrer dans les greniers.
CHATOIEMENT, reflets variés produits par divers objets, tels que pierres, étoffes, etc., lorsque l'angle sous lequel on les regarde vient à changer, reflets qui ont de l'analogie avec l'éclat changeant dont brille l'œil des chats dans l'obscurité.
En Minéralogie, on appelle ainsi des reflets de nuances diverses que l'on aperçoit à la surface de certains minéraux, quand on fait varier l'incidence sous laquelle on les voit. Le chatoiement ressemble beaucoup à l'irisation {Voy. ce mot), mais il en diffère cependant en ce que celle-ci présente toutes les couleurs du spectre, tandis qu'il n'en présente qu'une ou deux. Parmi les substances chatoyantes on peut citer la labradorite, certaines variétés d'ol>ale et de feldspath, et la variété de quartz connue sous le nom à'œil-de-chat. Voy. ce mot.
CHATON, assemblage, en forme de queue de chat, de fleurs unisexuées, composées d'une écaille qui leur tient lieu de périaUthe, et insérées sur un axe i u pédoncule commun simple, articulé à sa base, et se détachant en entier après la floraison : telles sont les fleurs mâles du noyer et du noisetier, les fleurs mâles eA les fleurs femelles du saule. Le chaton diffère de l'épi, dont les fleurs sont hermaphrodites et l'axe permanent; il diffère du spadice par l'absence de la spathe. Le chaton est simple ou composé; pendant, sphérigue,interrompu,eU:, — Ladisposiau n des fleurs en chaton [amentum] était le caractère distinctif de la grande famille des Amentacées. Voy. ce mot.
chaton (d'un radical ital. ou allem. signifiant coffre)* En Bijouterie, on nomme ainsi la partie de la monture d'une bague dans laquelle on doit enchâsser un diamant ou toute autre pierre précieuse. Les bords du chaton sont sertis, c.-à-d. rivés sur la pierre.
CHATOUILLE, nom Milg. de la petite Lan.
dont les pécheurs se Bervent comme d'appât.
CHATOUILLEMENT (du b.-lat. catuhare, dérivé lui-même du lat. catuhre). La paume des mains, la plante des pieds, les orifices du nex et de l'oreille, la région des c ins les plus irri-
tables par le chatouillement. Le chatouillement prolongé peut occasionner la mort, en provoquant une contraction permanente des muscles île la poitrine, d'où resuit" une asphyxie mortelle.
< II VI 11, femelle du Chat. — On nomme ainsi dans la Marine: 1° un grappin sans oreilles qu'on installe sous le beaupré pour soulever un des i qui tiennent le bâtiment atïourcbe. OU pour draguer un corps tombé à la mer; — 2* un chasse-mane dépèche à fond plat, pouvant monter son gouvernail indifféremment a l'avant et â l'arrière. Ce genre d'emban ai ion est propre au Croisic et a l'île de ÎS'oirmoulii