CHAUX
mer, comme la plupart de ses compagnons d'armes, par une admiration sans bornes pour tout ce qui avait appartenu à Napoléon. Cette ferveur innocente a été habilement mise en scène par Scribe dans le Soldat laboureur, dont le principal personnage se nomme tin; ce type du vieux grognard a aussi exercé ■i rituel crayon de Charlet.
CHAUX (du lat. ca/x), Oxyde de calcium, alcali miomposéde calcium et d'oxygène [CaO], blanc, Boluble dans beaucoup d'eau, attirant promptement l'humidité et l'acide carbonique de l'air. On obtient la chaux en chauffant au rouge les calcaires, les coquilles et les madrépores; dans les arts, on emploie particulièrement à cet usage le calcaire grossier ou pierre à chaux. Cette opération s'exécute dans les fours à chaux (Voy. Four) ; elle a pour effet d'expulser du calcaire, à l'aide du feu, l'acide carbonique uni à la chaux. Le produit de cette calcination rappelle chaux vive ou caustique; il a une si grande affinité pour l'eau, qu'il l'absorbe avec rapidité, en B'échauffant considérablement: il se fendille alors, augmente beaucoup de volume {foisonne), et finit par se réduire en une poudre blanche et légère, qui est une combinaison chimique de chaux et d'eau, appelée chaux éteinte. Délayée dans beaucoup d'eau, la chaux donne ce qu'on nomme le lait de chaux; le liquide clair qui vient lui surnager est employé, en chimie et en médecine, sous le nom d'eau de chaux. — La nature des calcaires soumis à la calcination influe sur les propriétés de la chaux qu'on en obtient; on distingue, sous ce rapport, les C. grasses, les C. maigres et lesC. hydrauliques. On nomme C. grasse celle qui provient de la calcination complète de la craie, du marbre et des calcaires les plus purs; elle est très-blanche, foisonne beaucoup et donne d'excellents mortiers. Les C. maigres proviennent des pierres calcaires qui renferment des proportions assez fortes de carbonates de magnésie et de fer ; elles sont grises, foisonnent moins, et donnent avec l'eau une pâte courte et peu liante ; les mortiers dans lesquels on les fait entrer ont peu de ténacité. LesC. hydrauliques forment avec l'eau une pâte courte qui, à l'air, ne prend qu'une médiocre consistance, mais qui durcit considérablement sous l'eau; ces chaux sont précieuses pour les constructions hydrauliques ; elles doivent leurs propriétés à une certaine quantité d'argile qu'elles renferment. Les meilleurs chaux hydrauliques proviennent des calcaires argileux de Nîmes, Metz, Lezoux (Puy-de-Dôme), etSénonches (Eure-et- Loir). On prépare aussi des chaux hydrauliques artificielles en ajoutant aux chaux ordinaires de l'argile en certaines proportions; on emploie à Paris un mélange de h p. de craie de Meudon et de 1 p. d'argile de Passy,mis en pâte et façonné en briques. C'est M. Vicat qui le premier apprit à fabriquer la chaux hydraulique artificielle (1818); on doit à M. Kuhlmann la transformation, au moyen de la silice, des chaux grasses en chaux hydrauliques (1854). — Les différentes variétés de chaux s'emploient à la préparation des ciments, mortiers et bétons ; on en consomme beaucoup dîns les ateliers de teinture, les usines à gaz, les tanneries, les savonneries, les raffineries de sucre, etc.; en en transforme une grande quantité en chlorure de chaux (Voy. ce mot); on s'en sert enfin pour le c haulage des grains et l'amendement des terres.
chal'x arsématée. On en distingue 3 espèces: 1° le
Pharmacolite[Ùa.'l£s 4- 6Aq], qui cristallise en prismes hexaèdres :onle trouve à Klaproth, à Ste-Marie-
aux-mines,etc. ; 2° YHaidingérite |Ca8As -f-3Aq],qui cristallise en scalénoèdres du système rhomboédrique et qui se trouve à Riegelsdorf dans la Hesse ;
3° YArsénicite [Ca5As2 + 15Aq] , qu'on ne connaît qu'à l'état fibreux ou aciculaire, et qui se trouve à Andréasberg au Hartz. — Une autre variété de chaux arséniatée contenant un peu d'arséniate de cobalt, a reçu le nom de Rosélite : elle se rencontre en Saxe, en Souabe, en Bohême, etc.
chaos borate r. siliceuse. Voy. Datholithe.
chaux careonatée, combinaison de chaux et d'acide carbonique [CaO, C]. Elle se rencontre dans la nature sous les formes les plus variées, telles que le marbre, la craie, les pierres à chaux ( Voy. Calcaire) ; elle forme la majeure partie des terrains sédimentaires, et constitue souvent des montagnes entières ; elle existe dans un grand nombre de végétaux, et compose presque entièrement la coquille des œufs des oiseaux, le test de l'huître et des autres mollusques, les madrépores, les coraux, etc. On la rencontre aussi cristallisée, tantôt sous la forme à'ara~ gonite, en prismes droits à base rhombe, tantôt sous celle de spath d'Islande, en cristaux très-variés dérivant d'un rhomboèdre obtus et doués de la double réfraction ( Voy. Af.agonite et Spath). Beaucoup de sources et de fontaines renferment du carbonate de chaux tenu en dissolution par un excès d'acide carbonique; il y en a qui en sont tellement saturées qu'elles le laissent déposer dès qu'elles sont en contact avec l'air; elles donnent ainsi lieu à des amas de calcaire plus ou moins considérables, qu'on désigne sous les noms de tuf et de travertin. Lorsque l'eau de ces sources coule sur du bois, des coquilles, des végétaux, elle les recouvre d'une incrustation qui se moule sur eux, de manière à leur donner l'apparence de la pierre : c'est ce qui arrive à la fontaine de St-Alyre près Clermont-Ferrand, aux sources de St-Nectaire dans le Puy-de-Dôme, etc. On tire parti de cette propriété pour imiter des pétrifications et pour mouler des bas-reliefs. Souvent les tuyaux qui conduisent les eaux s'engorgent par l'effet du dépôt de semblables tufs calcaires. — Lorsque des eaux saturées de chaux carbonatée s'infiltrent dans les fissures des pierres situées à la voûte des cavités souterraines et suintent au travers, elles produisent par l'évaporation les concrétions appelées stalactites et stalagmites (Voy. ces mots). Lorsque ces concrétions sont en grandes masses, elles constituent ce qu'on nomme dans les arts Y albâtre calcaire, d'un blanc laiteux ou jaune de miel.
CHAUX CARBONATÉE MAGNÉSIFÈRE. Voy. DOLOMIE. CHAUX CHLORURÉE. Voy . CHLORURE et HYPOCHLORITE.
chaux fluatée, Fluorine, Spath fluor, fluorure naturel de calcium [Ca FI] : elle raye le spath calcaire et la barytine et pèse 3,1. Ses cristaux appartiennent au système cubique et présentent des clivages parallèles aux faces d'un octaèdre régulier. La fluorine se rencontre aussi compacte et terreuse. Ses couleurs sont variées et vives; les plus habituelles sont le blanc, le violet, le vert et le jaune. Quand elle est transparente, elle est généralement dichroïque. Les variétés les plus belles sont employées pour faire des vases, ou dans la joaillerie : elles viennent du Derbyshire en Angleterre ; on en trouve aussi en Auvergne, en Bourgogne, dans les Vosges, en Suisse, en Suède, etc. Voy. Fluorures.
chaux phosphatée ou Apatite, minéral qu'on rencontre soit à l'état laminaire, soit cristallisé sous des formes qui dérivent d'un prisme hexagonal, soit enfin à l'état terreux. C'est une combinaison de phosphate de chaux et de fluorure de calcium [SCa'Ph +Ca(Fl, Ch)*], connue aussi sous les noms de Phosphorile, Asparagolite, Béryl de Saxe, Terre de Marmarosch, etc. Ses couleurs sont le blanc laiteux, le bleuâtre, le verdàtre, le jaunâtre, le vert d'asperge; quelques variétés sont incolores, d'autres presque noires. L'apatite raye la chaux fluatée, et est rayée par le quartz ; elle pèse de 3,17 à 3,29 ; sa poussière est phosphorescente sur les charbons ardents. Les variétés cristallisées se rencontrent dans les granits, à Nantes, à Limoges, en Saxe, en Tyrol, etc. Quelques variétés à couleurs vives sont employées en joaillerie. — Les phosphates de chaux employés comme engrais par les agriculteurs et que l'on prépare en calcinant des nodules terreux naturels, ne sont le plus souvent que des fossiles ou des coprolithes. Un des gisements les plus abondants de ces phosphates se rencontre aux environs de Machéromenil (Ardennes).