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AIMANT

une sorte de dard, organe offensif et défcnsif, trèsaigu que les scorpions et certains insectes (abeilles, bourdons, frelons, guêpes, etc.) portent à l'extrémité de l'abdomen : souvent il produit une piqûre dangereuse en introduisant sous la peau un liquide venimeux; souvent aussi l'aiguillon reste dans la plaie, et l'insecte meurt en le perdant. — Dans le Règne végétal, on donne ce nom aux piquants dont plusieurs plantes sont armées ; ils diffèrent de l'épine en ce qu'ils ne sont Ii\ésqu'à l'écorce et s'en détachent facilement; le rosier, la ronce, l'acacia ont des aiguillons; le lioux, l'épine-vinette ont des épines.

AIL, Allium, genre de la famille des Liliacées, tribu des Asphodélées-Hyacinthées, renferme des plantes bulbeuses, vivaces ou bisannuelles, dont l'oignon, d'une odeur forte et désagréable et d'un goût piquant, se compose de plusieurs petites gousses réunies sous une enveloppe commune. Cet oignon s'appelle tête d'ail. L'Ail ordinaire {A. sativum), est connu de toute antiquité : il croît spontanément en Egypte et dans tout le midi de l'Europe où il s'en fait une grande consommation : il y sert à assaisonner presque tous les mets. L'Ail possède des propriétés médicales très-nombreuses ; sa vertu vermifuge est connue. On le considère, en outre, comme fébrifuge, diurétique, antiseptique, antiscorbutique, etc.

Au même genre appartiennent : le Poireau (A.porrum), la Ciboule {A. fistulosum), la Civette (A . schœnoprasum), Y Oignon propr. dit (A. cepa), Y Échalote (A. ascalouicuni), la Rocatnbole (A. scorodoprasum), qui sont utilisés dans l'économie domestique, et plusieurs espèces de pur ornement, VA. doré (A.moly), VA. azuré, VA. à fleurs de lis, etc.

Essence d'ail ou Sulfure d'al/y le. V. Allyliques.

AILA>'TE (nom malais), Ailantus, genre de la famille des Xanthoxylées, renferme de grands arbres de la Chine et des îles de la Sonde. VA. glanduleux, connu sous le nom de Vernis de la Chine, introduit en Europe au siècle dernier et auj. parfaitement acclimaté chez nous, fait l'ornement de nos parcs et de nos promenades publiques : ses feuilles sont ternées, luisantes, entières et portées sur de longs pétioles; ses fleurs d'un blanc verdâtre répandent une forte odeur ; son bois quelquefois veiné de vert est ferme et peu cassant ; son écorce fournit un suc résineux qu'il ne faut pas confondre avec le vernis du Japon. Depuis quelque temps on utilise cette espèce pour la nourriture d'un nouveau ver à soie. Voy. ce mot.

AILE (du lat. ala) Chez les Oiseaux, Yaile est le membre antérieur ou bras revêtu de plumes et organisé pour le vol. Chez les Chauves-Souris, c'est le même organe, dont les doigts allongés sont réunis entre eux et au corps par une peau membraneuse plus ou moins étendue. Chez les Insectes, ce sont des organes spéciaux, formant une ou deux paires et insérés sur la partie supérieure du thorax.

Les Anatomistes donnent aussi ce nom à certaines parties du corps humain : les ailes du nez forment le côté externe de l'ouverture des narines ; Yaile de l'oreille est la partie supérieure et évasée du pavillon de l'oreille. — On a aussi nommé Aile la lèvre dilatée de plusieurs coquilles {Voy. Ptérocèhe, Rostellaiue et Strombe); d'autres coquilles abords colorés (VA. de papillon, sorte de Cône) ; les nageoires de plusieurs mollusques; certains polypes, la Pennatule ou Aile de mer, et même un oiseau, l'Aile singulière, petit Gobe-mouche du Paraguay.

En Botanique, on nomme aile la partie latérale de la corolle des Papilionacées, ainsi que toutes les membranes saillantes des végétaux disposées aux côtés d la tige, des rameaux, etc. On nomme feuilles ailéet celles qui sont composées de deux folioles opposées.

En Architecture, on nomme ailes deux parties construites à droite et à gauche du corps principal d'un édifice ; les ailes d'une église en sont les bas-côtés. — Dans la Sculpture et la Peinture, les ailes sont un symbole de légèreté et aussi de spiritualité. Iris, Mercure, les Vents, le Temps, la Renommée, Psych é

etc., ont des ailes. Chez les chrétiens, les anges et toute la milice céleste(Chérubins, Séraphins, etc.) ont ans i des ailes.

Dans les Armées de terre et de mer, les ailes sont les deux extrémités d'une ligne de bataille, faisant face à l'ennemi.

AILEKON (d'aile). Chez les Oiseaux, on nomme aileron ou fouet de l'aile, l'extrémité de l'aile, composée de plumes longues et étroites, dites pennes ; — chez les Insectes, ce mot est synonyme de Cuilleron ( Voy. ce mot) ; — chez les Poissons, ce sont les os qui retiennent les rayons des nageoires.

AIMANT (du gr. àSàu.*;;, fer, acier), nom donné d'abord à une espèce de minerai de fer, d'un aspect métallique, d'un noir brillant, et qui a la propriété d'attirer le fer, l'acier, le cobalt et le nickel ; puis appliqué généralement à des barres d'acier rendues magnétiques artificiellement (Voy. Aimantation) : on nomme ces derniers aimants artificiels. La pierre d'aimant, ou aimant naturel, se compose d'une combinaison de protoxyde et de perox\de de fer, qu'on appelle fer oxydulé magnétique ( Voy. Fer). Lorsqu'on plonge un aimant soit naturel, soit artificiel, dans de la limaille de fer, on voit celle-ci y adhérer; si l'on présente l'aimant à distance, la limaille est attirée et s'élance sur lui. Certains aimants sont très-faibles, et sous un grand volume n'exercent sur le fer qu'une attraction peu sensible; d'autres sont très-puissants et peuvent soulever des masses de 50 et même de 100 kilog. — La limaille ne se répand pas uniformément sur la surface d'un aimant; elle s'amoncelle surtout autour de deux points opposés qu'on appelle les pôles de l'aimant, et il reste vers le milieu une ligne, dont les points n'exercent aucune action attractive, et qui se nomme ligne neutre ou ligne moyenne. Les pôles de même nom se repoussent, les pôles de nom contraire s'attirent, et ces attractions ou répulsions sont en raison inverse du carré des distances. On appelle pôle nord ou austral celui qui se tourne vers le nord de la terre, quand J'aimant est suspendu comme une aiguille de boussole, et pôle sudouboréal, l'autre pôle. Si l'on brise un aimant en plusieurs morceaux et qu'on plonge dans la limaille chacune de ces parties,on trouve que chacune d'elles est un aimant ayant ses deux pôles et sa ligne moyenne. Quelquefois on observe plus de deux pôles sur un aimant ; alors, deux pôles consécutifs sont toujours de nom contraire; on dit qu'un pareil aimantadesyjûi'.Ay conséquents.

Les aimants artificiels prennent les noms d'aiguilles^ de lames, de barres on de barreaux, suivant leurs dimensions.La réunion de plusieurs aiguilles ou de plusieurs lames aimantées ayant toutes les pôles de même nom tournés dans le même sens forme une armature ou un faisceau magnétique. On donne souvent aux aimants la forme de fer-a-cheval.

Une aiguille aimantée, suspendue librement, prend une direction déterminée (Voy. Aiguille aimantée). La force directrice à laquelle elle obéit réside dans la terre (Voy. Magnétisme teurfstre). — Les aimants servent à reconnaître la présence du fer, même en petite quantité, dans les minerais et dans les pierres précieuses ; à séparer de petits objets en fer confondus dans des amas de poudres métalliques ; enfin, à former la boussole (Voy. ce mot) qui indique au navigateur la position des points cardinaux.

Les anciens connaissaient les propriétés de l'aimant, qu'ils appelaient magnes, pierre herculéenne, sideritis ou pierre de Lydie. Mais ce ne fut que dans le xnc siècle que l'on connut en Europe la faculté qu'a ce minerai de prendre une direction constante, quand il est convenablement suspendu. Le médecin anglais Gilbert a le premier démontré, a la fin du xvr siècle, que c'est l'action de la terre qui dirige l'aiguille aimantée. Les principales lois du magnétisme ont été déterminées par le physicien français Coulomb; puis les découvertes d'GErstedt, d'Ampère et d'Arago (1820,, de Faraday (1832), ont considérablement étendu cette

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