SUR LA DOUZIÈME ÉDITION
Le Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts a obtenu le même succès que son aîné le Dictionnaire universel d' Histoire et de Géographie, et onze éditions rapidement épuisées témoignent de la faveur du public. La douzième édition que nous offrons aujourd'hui au public est la troisième de la refonte. Nous y avons ajouté un Supplément, où les plus récentes découvertes de la science ont été résumées avec le plus grand soin.
Nous rappellerons au lecteur ce que nous signalions dans l'avertissement de la dixième édition : que M. Bouillet, prévoyant le moment où il deviendrait nécessaire de refondre entièrement le Dictionnaire des Sciences, comme il avait refondu le Dictionnaire d'Histoire et de Géographie, avait accumulé pour cet objet un grand nombre de notes, et qu'il avait désigné, pour le remplacer aubesoin dans ce travail, M. A. Legouëz, agrégé de l'Université, son élève et son collaborateur assidu. En travaillant pendant vingt-cinq ans sous les yeux du maître, M. Legouëz avait pu s'inspirer de ses idées, se pénétrer de sa méthode et devenir, mieux que personne, capable de conserver à l'œuvre de M. Bouillet ce caractère d'unité et de proportion, cette précision de style, cette exactitude et cette sobriété dans les détails, qui en font le mérite et qui en ont assuré le succès.
Dans cette refonte de l'œuvre de M. Bouillet, M. Legouëz s'est fait un devoir pieux de maintenir tout ce qui pouvait être gardé sans changement, se bornant à combler les lacunes, à indiquer les travaux récents et les découvertes nouvelles, et à conduire jusqu'au moment actuel l'histoire des lettres, des sciences, des arts et de l'industrie. Pour l'aider dans l'accomplissement de ce travail, il s'est adressé à des hommes spéciaux, qui se sont déjà fait un nom dans la science et qui pour la plupart sont membres de cette Université à laquelle M. Bouillet avait dévoué toute sa vie. M. A. Cazin, professeur de physique au lycée Fontanes, connu par ses travaux sur la Chaleur et sur la Thermodynamique, a bien voulu revoir et compléter tous les articles qui se rappo rtaient à la Physique. M. A. Gautier, docteur es sciences et collaborateur au Dictionnaire de chimie pure et appliquée de M. Wurtz, s'est chargé du même travail pour la Chimie et les Arts indastriels qui en sont l'application ; il a donné un soin tout particulier à la Chimie organique, dont l'importance s'accroît tous les jours. Les Mathématiques, l'Astrono-
mie et la Météorologie, la Géologie, la Minéralogie et la Conchyliologie ont été remaniées avec l'attention la plus scrupuleuse par M. //. Tombeck, professeur de mathématiques au lycée Fontanes. La Physiologie, l'Anthropologie et l'Histoire naturelle, qui depuis quelques années ont été l'objet de tant de discussions et de travaux, ont été confiées à M. A . d'Astre, chargé de cours à laFaculté des sciences de Paiis: les travaux les plus récents de M. Claude Bernard et de M. de Quatrefages ont été mis à contribution pour cette partie de la refonte. L'Anatomie et la Médecine ont été revues spécialement par M. le Dr E. Canuet, ancien interne lauivat dos hôpitaux de Paris, qui s'est attaché surtout à mettre la Thérapeutique au niveau de la science actuelle. Quant aux Sciences métaphysiques et morales, le soin de revoir et de compléter cette partie du Dictionnaire ne pouvait être mieux confié qu'à M. E. Lévêque, ancien élève de M. Bouillet et son collaborateur pour la traduction de Plotin, comme il l'a été de M. Cousin pour la réimpression de son Proclus. Nous lui devons d'excellents articles sur la Philosophie, l'Esthétique, les Beaux-Arts, l'Économie politique et sociale. Le Droit civil et criminel, le Droit administratif, la Jurisprudence, la Législation et toutes les parties qui en dépendent ont été soumis à une sérieuse révision par M. E. Garsonnet, professeur agrégé à la Faculté de droit de Paris. Enfin M. Legouëz, tout en s'occupant de la direction générale de la refonte, s'est réservé la révision de toute la partie littéraire et des articles divers, dont il avait été déjà chargé lors de la première rédaction : les articles concernant la Linguistique, la Philologie, la Grammaire comparée, ont été remaniés par lui avec le plus grand soin.
Grâce à tant d'efforts réunis, les Éditeurs croient pouvoir offrir avec confiance au public cette refonte du Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts. Us peuvent du moins, comme M. Bouillet le disait de lui-môme, se rendre le témoignage « qu'ils n'ont rien négligé pour que, dans cette nouvelle édition, le livre atteignit une exactitude qui lui permît de faire autorité, pour qu'il fût au niveau de la science, pour qu'il devînt, dans les limites où il devait se renfermer, aussi complet qu'il pouvait l'être ; en un mot, pour qu'il fût en état de satisfaire aux besoins de ceux qui veulent bien le consulter. »
Hachette et Ci0.
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