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EXTRAIT DE LA PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Il est deux sortes de difficultés qui peuvent arrêter celui qui aime à s'instruire et à se rendre compte : les unes se rapportent aux personnages dont les noms ont, à quelque titre que ce soit, attiré l'attention des hommes, aux lieux qui offrent quelque importance géographique, historique, administrative ou industrielle ; les autres, aux objets de la nature, aux créations de l'art ou de l'industrie, aux découvertes de la science : en un mot, les unes se rapportent aux noms, les autres aux choses. Dans notre Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie, nous nous sommes efforcé de satisfaire au premier de ces besoins, en levant les difficultés qui naissent des noms propres; dans le Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts, que nous publions aujourd'hui, nous tentons de répondre au second, en offrant pour l'étude des choses le même genre de secours.

Il était impossible à une seule personne de réunir toutes les connaissances nécessaires pour accomplir une si vaste entreprise : aussi avons- nous dû, pour les parties qui ne pouvaient nous être familières, nous assurer le concours d'auteurs spéciaux, \ersés dans chacune d'elles. Nous réservant les Sciences métaphysiques et morales, que nous avons enseignées pendant vingt années, ainsi que les Sciences historiques, qui se rattachent étroitement aux travaux que nous avons précédemment publiés sur l'histoire et la géographie, nous avons confié les Sciences physiques et mathématiques, avec les Arts industriels, à M.Ch. Gerhardt, docteur es sciences, auteur d'un Précis de Chimie organique qui depuis longtemps fait autorité ; — les Sciences naturelles, à M. Ach. Comte, professeur d'histoire naturelle au lycée Charlemagne; — les Sciences médicales, h M. le Dr V. Jeannoél et à M. le Dr Rigal. — La partie littéraire a été traitée par M. A. Legouéz, professeur de l'Université, auteur de divers ouvrages classiques.

Parmi les ouvrages qui ont été le plus souvent mis à contribution, outre les nombreuses encyclopédies publiées depuis le commencement du siècle, nous citerons, pour les Sciences métaphysiques et morales, le Dictionnaire des Sciences philosophiques, publié sous la direction de M. Franck; pour les Mathématiques, le Dictionnaire des Sciences mathématiques deMontferrier; pour les Sciences physiques, le Dictionnaire de Chimie et de Physique d'Hœfer et le Dictionnaire des dénominations chimiques de Robiquet, Chevalier et Lamy ; pour les Sciences naturelles, le Dictionnaire d'histoire naturelle de Ch. d'Orbigny ; pour les Sciences médicales, le Dictionnaire de Médecine, de Chirurgie, de Pharmacie, des Sciences accessoires et de l'Art vétérinaire de P. Nysten ; pour les Beaux-Arts, le Dictionnaire des Arts du dessin de Boutard et les Dictionnaires de musique de Castil-Blaze et d'Escudier; pour les Arts industriels, le Dictionnaire des Arts et Manufactures de C. Laboulaye elle Dictionnaire du Commerce et des Marchandises de Guillaumin.

Malgré la multiplicité des matériaux et la diversité des collaborateurs, l'unité de l'ouvrage a été maintenue avec le plus grand soin, et c'est là, nous ne craignons pas de le dire, un mérite par lequel ce dictionnaire se distingue de la plupart des recueils de ce genre. L'esprit qu'on s'est efforcé d'y faire régner, c'est, avant tout, un respect scrupuleux pour tout ce qui doit être respecté : ainsi, dans les sujets qui intéressent la morale ou la religion, on a écarté tout ce qui aurait pu alarmer la pudeur ou la foi ;bien que cet ouvrage ne soit pas exclusivement destiné à la jeunesse et qu'il s'adresse à toutes les classes de lecteurs, on a voulu qu'il pût, en toute sécurité, être mis entre les mains des jeunes gens. En outre, dans toutes les matières qui sont encore controversées, on s'est fait un devoir

d'observer une stricte impartialité entre les doctrines en lutte et de parler avec de justes égards de. toutes les opinions sincères.

Dans la rédaction des articles, on a partout suivi une marche uniforme. Immédiatement après le nom de la chose, on a donné l'étymologie du mot. Viennent ensuite la définition adoptée par la science, la description, réduite aux traits essentiels et vraiment caractéristiques, les divisions et les classifications consacrées, les usages et les applications de l'objet décrit ou les inconvénients qu'il peut offrir. Les articles se terminent, quand il y a lieu, par une notice historique qui fait connaître l'origine et le progrés de chaque science ou de chaque art, l'époque et l'auteur de chaque découverte. Enfin, on a joint aux articles principaux des indications bibliographiques, qui renvoient aux meilleurs ouvrages publiés sur chaque matière.

Quant au genre de style, il était commandé par la nature même d'un ouvrage où il fallait dire le plus de choses avec le moins de mots, et qui aurait pu prendre pour devise : Ri s. non verba. Le style devait donc être laconique, sans cesser d'être clair; il devait, en outre, être éminemment exact et expressif. Or, il n'y a que la langue scientifique qui remplisse ces conditions. Le nombre des personnes qui ont été initiées par leurs études premières au langage technique s'accroissant de jour en jour, nous pouvions sans inconvénient emprunter ce langage; néanmoins, pour venir en aide aux lecteurs auxquels il est moins familier, nous avons de préférence employé les termes vulgaires toutes les fois que nous pou\ions le faire sans nuire à l'exactitude ; en outre, nous avons pris soin d'expliquer, à leur ordre alphabétique, tous les termes techniques qui étaient de nature à offrir quelque obscurité.

Pour mieux assurer l'harmonie du tout, pour éviter les contradictions, les omissions, les répétitions, les doubles emplois, les faux renvois, nous nous sommes réservé Le soin de coordonner et de réviser tous les articles, afin de les mettre en accord et de les proportionner entre eux. M. A. Legouêz, que nous avons déjà nommé parmi nos collaborateurs principaux, et qui précédemment nous avait prêté le plus utile concours dans la préparation du Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie, nous a, cette fois encore, secondé dans cette partie si pénible et si délicate de noire tâche avec autant de dévouement que d'intelligence : nous lui en témoignons ici toute notre reconnaissance.

Nous osons espérer que ce livre atteindra sa destination et quïl rendra quelques services. L'impulsion extraordinaire qui a été donnée depuis quelques années à cette partie des études, les grandes découvertes qui ont été faites, les applications merveilleuses que ces découvertes ont reçues, et qui ont si bien justifié, même aux yeux du vulgaire, ce mot prophétique de Bacon : Savoir, c'est pouvoir, ce sont là autant de causes qui ont appelé mit les Sciences l'attention et la faveur universelles, et qui ont donné au plus grand nombre le désir d'y être initié. Ce livre aidera à satisfaire un si légitime désir. Rassemblant en un seul corps et en un seul volume des notions qui sont éparsesdans Vingt dictionnaires différents, ou perdues dans de vastes encyclopédies, il mettra à la portée de loua des connaissances indispensables j il donnera immédiatement à l'homme du monde la définition de tenues techniques qu'il rencontre à chaque instant dans les li\ ies, dans les journaux, dans la conversation même, et qui lui offraient autant d'énigmes: la description de machines et de procédés qu'il a tous les jours sous les yeux tant les comprendre; il rappellerai l'étudiant, peut-être même quelquefois au savant, les éléments et les propriétés essentielles d'un composé chimique, les caractères distinctes d'une famille ou d'un genre en botanique, en zoologie ; il indiquera à la mère de Famille les symptômes d'un mal naissant et les premiers remèdes à y apporter. S'il ne satisfait pas complètement à toutes les questions, ce livre pourra du inoins, à la faveur des renseignements bibliographiques qu'il contient, indiquer aux esprits curieux les sources où ils iront puiser plus abondamment.

M.-N. liOUILLET.

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