CRÉDIT
existe avant eux et ne périt pas avec eux ; mais elle n'apas l'existence infinie, immuable et indivisible de Dieu et des idées éternelles; sa nature actuelle et ses lois n'ont rien de nécessaire; il faut donc qu'une cause supérieure et extérieure à la matière lui ait donné l'existence et en ait disposé primitivement toutes les parties, de telle sorte que de cette disposition première soit sorti l'ordre actuel en vertu des propriétés de la matière. C'est à cette condition seule que les sciences physiques peuvent expliquer, par une série d'hypothèses, l'origine de notre système planétaire, les révolutions du globe terrestre, l'apparition des animaux et des végétaux qui vivent à sa surface. Voy. Cosmogonie.
Les fausses doctrines sur la création sont : 1° les cosmogonies antiques qui dépeignent par des fictions mythologiques le monde sortant d'un Tout confus ou Chaos primordial par une série d'émanations et de transformations successives, commele font les Vidas, les traditions des Chaldéens (Fragments deBérose), des Phéniciens [Fragments de Sanchoniaton), des Grecs (Hésiode, Théogonie; Aristophane, Oiseaux, v. 693-702), etc.; 2° divers systèmes philosophiques, qu'on peut ramener à trois espèces :1e Matérialisme, le Panthéisme (Voy. ces mots) et le Dualisme; ce dernier reconnaît deux principes éternels, la matière et Dieu, qui n'est que l'organisateur du monde : ainsi Platon, dans le Timée, enseigne que Dieu est l'ordonnateur suprême (le Démiurge), et Aristote, dans sa Métaphysique, qu'il est *a cause finale de l'univers.
En Théologie, le dogme de la création repose sur le texte de la Genèse; on y lit dès le début : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.... Dieu dit : « Que la lumière soit, et la lumière fut. » La Genèse nous enseigne en outre que la création a été effectuée en six jours, et trace l'ordre dans lequel ont été créés les êtres divers. — Consulter : St-Basile le Grand, Hexaméron, ou Les six jours de lacréation ; St-Augustin, De Genesi ad litterarn imperfectus liber ; Mosheim, De creatione ex nihilo ; Waterkein, La science et la foi sur l'œuvre de la création, (Liège, 1845). Voir aussi Burmeister, Histoire de la création, Exposé scientifique du développement du globe terrestre et de ses habitants 'trad. par E. Maupas, revu par Giebel, 1869).
En Chronologie, la détermination de l'époque de la création d'après la Bible offre de grandes difficultés : d'après le calcul d'Ussérius, la création aurait eu lieu 6000 avant J.-C. ; les auteurs de l'Art de vérifier les dates la placent à l'an 4963, et cette opinion est suivie dans nos livres classiques. L'Église grecque compte 5508 ans avant J.-C; les Juifs n'en comptent que 3483.
CRECELLE ou cresselle (orig. incertaine), moulinet de bois dont on tire un son aigre et bruyant en l'agitant fortement avec la main, et dont on' se sert au lieu de cloche le jeudi et le vendredi de la semaine sainte. Les baladins, dans les foires, et quelques marchands ambulants en font usage. Au moyen âge, les lépreux étaient obligés, pour avertir les passants de leur approche, d'agiter une crécelle qu'on appelait tartavelle ou tartarelle.
CRECER, un des noms vulgaires de la Grive draine ou (irosse yrui . Voy. Giu\e.
CRÉC EU ELLE, Fû/coù'rtn?/rtcu/w.?,espèce du genre Faucon, vulg. Émouchet et Èpervier des alouettes : c'est un oiseau de la grosseur d'un pigeon ; il a les ailes longues, la tète et la queue de couleur cendrée, le dos roux, et le ventre d'un blanc légèrement roussàtre, avec des taches oblongues brunes. Il est trèscommun en France. Il se tient dans les crevas-es des vieilles murailles, et se nourrit de souris, mulots, petits oiseaux, insectes, etc.
CRÉCÉRELLETTE ou CRÉCERINE, Fako tinnunculoides, espèce du genre Faucon, diffère de la Crécerelle par ses ailes atteignant l'extrémité de la queue, et par ses ongles, qui sont de couleur blan-
che, tandis que l'Émouchet les a noirs. Elle est cornmuneen Espagne, en Italie et en Allemagne.
CRÈCHE (orig. celtiq. ougermaniq.), mangeoire \ l'usage des bestiaux. — On appelle Ste Crèche, on absolument la Crèche, celle où l'enfant Jésus fui mis au moment de sa naissance dans l'étable de Bethléem.
cnkciucs, salles d'asile destinées à recueil Li enfants encore a la mamelle, auxquels leurs propres mères viennent donner le sein a certaines heures de la journée. Cette institution charitable, dont la première pensée appartient à ?tlme de Pastoret, a été mise à exécution par M. F. iHarbeau : la 1" crèche fut ouverte à Paris le 14 nov. 1844. En 1802, les crèches ont été placées sous le patronage de l'Impératrice.
CBJÉDENCE 'de l'ital. credenza, buffet, créance; parce que c'était au buffet qu'on faisait l'épreuve des liqueurs pour la sûreté des princes''. Ce mot se disait autrefois de l'endroit où l'on gardait les provisions de bouche dans lescouvents, séminaires, collèges, etc. On appelait crédencier celui qui était chargé du soin de la crèdeace et de la distribution des provisions. — Auj. ce nom est encore donné dans nos Eglises à 1 1 petite table ou support fixé au mur près de l'autel, où l'on dépose les burettes qui servent à la i
CRÉDIBILITÉ. Voy. Crédulité 'serment de).
CRÉDIT (du lat. creditum). C'est la faculté que l'on possède de trouver des prêteurs, faculté qui est proportionnée à la confiance que l'on inspire. Le crédit est dit privé, si l'emprunteur est un particulier ; public, si c'est l'Etat qui emprunte.
Le C. public a donné naissance à de nombreux emprunts qui constituent la Dette publique (Voy. ce mot). Consulter sur ce sujet : Augier, Du créait public et de son histoire (1842); V. Avril, Histoire philosophique du crédit (1849).
Le C. privé donne lieu journellement a une foule de transactions, dont les unes sont purement commerciales, lorsque le prêt est fait sur simple signature, comme dans les billets à ordre, les lettres de change, etc. ; et dont les autres sont garanties par des immeubles ou des valeurs mobilières, telles que marchandises ( Voy. Warrant), titres de rente, actions, obligations, etc. : le crédit est dit alors C. foncier, C. hypothécaire,C. mobilier, C. industriels commercial.
Le C. foncier, longtemps entravé en France par les difficultés qu'offraient aux particuliers les prêts hypothécaires, a pris son essor, depuis la publication | du décret du 28 févr. 1852, qui a autorisé la forma- I tion de sociétés de crédit foncier. Ces sociétés ont I pour objet de fournir aux propriétaires d'immeublequi voudront emprunter sur hypothèque, la possibilité de se libérer au moyen d'annuités à long terme ; elles ont le droit d'émettre des obligations ou lettres de gage. Il existe en France plusieurs sociétés de ce genre, mais la plus importante est le Crédit foncier de France (à Paris), établissement financier qui peut rivaliser avec la Banque de France. Des sociétés analogues existaient depuis longtemps en Allemagne et nos économistes en avaient fait apprécier tous les avantages : làCaisse hypothécaire, instituion privée qui fonctionna à Pans de 1820 à 1845, avait été un premier essai de cette sorte de banque; mais c'est surtout aux efforts persévérants de MM. Royer et Josseau qu'on doit leur introduction dans notre législation. Le 1er a publié en 1840 : Des institutions de crédit foncier en Allemagne et en Belgique ; le 2e, en 1854 : Traité du crédit foncier. Voir encore : Wolowski, de l'Organisation au crédit foncier (1848). — Le Crédit foncier de France prête aussi aux communes. Il a donné naissance au Sous-comptoir des entrepreneurs et au Crédit agricole ; il a servi de modèle au Crédit foncier colonial, à la Société algérienne et au Crédit foncier d'Autriche.
Le C. mobilier a suivi, dans son développement, le crédit foncier : un décret du 18 nov. 1852 a autorisé la création, à Paris, d'une Société générale du crédit mobilier destinée à faire des prêts sur dépô de valeurs mobilières, à souscrire ou à acquérir de>