CRITÉRIUM
d, Walsch (Meurthe), à St-Louis et à Muntzenthal (Moselle), à Bercy, à Clichy et à Grenelle (Seine). En Belgique, on cite les cristalleries de Gand, de Voaeiche, etc.— Voy. Crown-glass et Flint-glass.
L'art de tailler les cristaux a été importé de Bohème en France vers 1740 par un certain Bûcher. Ce travail comprend : l'ébauchage, qui se fait à la meule de fer, au moyen de sable fin, pur et mouillé ; le premier adouci, qui se fait à la meule fine ; le second adouci, à la meule de bois, avec la poudre de pierre ponce mouillée ; enfin le poli, à la meule de liège, avec de la potée d'étain sec.
Cristal craquelé. Pour l'obtenir, on plonge clans un bain d'eau fraîche la pièce qui vient d'être soufflée ou coulée et pendant qu'elle est encore un peu molle ; puis on l'expose à la chaleur rouge dans un moufle. L'évaporation subite des parties aqueuses qui se trouvent à la surface du cristal détermine un craquelement et ces mille fissures qui produisent l'effet d'une cristallisation superficielle.
Cristal de roche, Quart z pur cristallisé. Voy. Quartz.
Cristal de Vénus, Acétate de cuivre. Voy. ce mot.
CRISTALLERIE, fabrique de cristaux. Voy. Cristal et Verre.
CRISTALLIN (du lat. crystallinus), espèce de lentille transparente située dans le globe de l'œil, derrière la pupille, et qui est destinée à recevoir le cône de lumière émané d'un point lumineux pour en réfracter les rayons et les rassembler ainsi sur la rétine. Le cristallin n'a guère plus de 0m,00/i5 d'épaisseur sur 0ra,009 de diamètre; sa face antérieure est un peu plus aplatie que sa face postérieure. Transparent chez l'adulte, il jaunit et durcit avec l'âge. Il est enveloppé d'une membrane séreuse dite capsule du cristallin, dont il n'est séparé que par un fluide peu abondant appelé humeur de Morgagni; il est suspendu entre l'humeur aqueuse, qui est en avant, et le corps vitré qui est en arrière, et dans lequel il fait une sorte de dépression. Il est formé de lamelles en couches concentriques, dont les fibres ont des directions diverses, mais toujours très-symétriques.
cristallin (système), structure cristalline. voy. Cristal.
CRISTALLINE, ancien nom donné par Bunge à une substance retirée de la distillation de l'indigo et qui est isomère ou identique avec Y Aniline artificielle. Voy. Aniline.
Ficoïde cristalline. Voy. Ficoïde.
CRISTALLISATION. La cristallisation, soit naturelle, soit artificielle, a lieu par la voie humide ou par la. voie sèche, c.-à-d. par dissolution ou par fusion. Si l'on dissout un sel dans l'eau, et qu'on fasse évaporer ensuite une certaine quantité de ce liquide, le sel, au moment de se séparer, prend souvent la forme cristalline. Si l'on fait fondre un métal, le bismuth p. ex., et qu'on le laisse ensuite refroidir lentement en décantant la partie encore liquide dès que le reste s'est concrète, on obtient de beaux cristaux de ce métal. La cristallisation est, en général, d'autant plus parfaite, qu'elle est plus lente. — Les cristaux qui se déposent dans l'eau en retiennent souvent en combinaison une certaine quantité : la proportion de cette eau de cristallisation est toujours la même pour le môme sel à la même température. C'est à sa présence que les sels doivent la propriété de s,' ef fleurir au contact de l'air sec ; le sel perd alors sa transparence etse réduit en poussière. Elle leur communique aussi la propriété de se liquéfier par une légère chaleur ; cette fusion aqueuse fait vaporiser leur eau de cristallisation, et ce n'est qu'après être devenus anhydres qu'ils peuvent de nouveau se fondre par l'action du feu; alors ils éprouvent ce qu'on appelle la fusion ignée. Les sels desséchés, et susceptibles de se combiner avec l'eau , développent toujours de la chaleur au contact de ce liquide, parce qu'ils reprennent alors l'eau de cristallisation qu'on leur avait fait perdre ; on observe ce phénomène en gâchant avec de l'eau le plâtre cuit. Outre l'eau de cisistallisation,
les sels L'ii contiennent souvent une certaine quantité simplement engagée entre les molécules des cristaux; ils doivent à cjtte eau, dite eau d'interposition, la propriété d'humecter le papier dans lequel on les comprime, ainsi que celle de se fendiller avec bruit et de sauter en éclats quand on les expose brusquement à une forte chaleur : le sel de cuisine offre ce phénomène de décrépitation. Voy. Cristal et Cristallographie.
CRISTALLOCORDE, espèce de clavecin à cordes de cristal. Voy. Clavecin.
CRISTALLOGRAPHIE (de cristal,etdu gr.Ypàçw, écrire), science qui a pour objet l'étude des cristaux et des relations de forme qui existent entre eux. Ces relations se déterminent par les mesures des angles des cristaux a l'aide du goniomètre (Voy. ce mot), et par des calculs trigonométriques bnsés sur ces mesures. La cristallographie sert aux chimistes et aux minéralogistes pour distinguer les corps.
Lesanciensnaturalistes connaissaient certains cristaux, particulièrement le cristal de roche ; mais ils les regardaient comme des jeux de la nature, et ignoraient les lois qui en régissent la forme. Linné paraît avoir le premier compris l'importance de l'étude des formes cristallines pour la connaissance des minéraux, et il peut être considéré comme le fondateur de la cristallographie. Borné de Lisle publia, en 1772, le premier traité de cristallographie, et fit les premières recherches scientifiques sur cette matière ; mais c 3 fut Haûy qui, quelque temps après, eut la gloire de découvrir la loi de symétrie à laquelle sont subordonnées toutes les formes cristallines : il avait reconnu à Paris, en 1781, presque en même temps que Bergmann à Berlin, qu'un certain nombre de minéraux ont la propriété de se casser suivant des lames dont le sens est constant pour chaque substance ( Voy. Clivage", et cette découverte est devenue la première base de la minéralogie géométrique. Haiiy avait fait de la cristallographie une science rigoureuse. Weiss y introduisit plus tard quelques considérations nouvelles, et entre autres Vhémiédrie. Plus récemment encore, Mitscherlich formula sa belle théorie de lYsomorphisme, et M. Delafosse établit les rapports qui existent entre la composition atomique et les formes cristallines. La science doit aussi beaucoup aux travaux de MM. Ebelmen et Becquerel, en France; G. Bose, Weiss, Moss, Naumann, etc., en Allemagne.
Les meilleurs Traités de cristallographie sont ceux de Haûy (1809 et 1822), de Miller (trad. del'angl. par de Senarmont) et de Dufrénoy, dans le 1er vol. de sa Minéralogie (i Shk). Les commençants peuvent consulter le petit Précis de M. Laurent (1847) et le Traité élémentaire de Beudant.
CRISTATELLE(du lat. crista, crête), Cristatella, genre de Mollusques bryozoaires qui habitent les eaux douces stagnantes. Ces animaux n'offrent à l'œil nu que l'apparence de moisissures; mais examinés à la loupe, ils apparaissent composés d'une multitude d'animaux membraneux réunis dans une même enveloppe et étendant en dehors leurs panaches branchiaux. Voy. Plumatelle.
CRISTE MARINE, nom vulgaire du genre Bacile. Voy. ce mot.
CRITÉRIUM (du gr. xpirr.piov), caractère par lequel l'esprit discerne le vrai du faux et arrive ainsi à la certitude ( Voy. ce mot). L'observation de la conscience nous découvre l'existence d'un pareil caractère qui nous dirige dans nos jugements, nous fait affirmer la vérité de nos connaissances et la distinguer de l'erreur. Ce critérium, comme l'a établi Descartes, est l'évidence de la raison ; quand nous disons, je pense, j'existe, le motif qui détermine notre assentiment avec une pleine assurance, c'est que nous voyons clairement que nous pensons, que nous existons, en sorte qu'il nous est impossible d'en douter; en général, l'évidence seule force l'esprit à reconnaître les vérités premières de la raison et les faits de l'expérience ; sans elle, il ne peut y avoir ni déduction, ni induction, ai