DIMORPHISME
détins komœopathes donnent le nom de dilution à l'opération par laquelle ils préparent leurs remèdes afin d'en diviser les doses à l'infini : p. ex. 10 centigr. d'un médicament sont délayés dans une certaine quantité de liquide ; 10 centigr. de ce mélange sont délayés dans une autre quantité de liquide égale à la première, et ainsi de suite quelquefois jusqu'à la trentième dilution. Voy. Homqkopathie.
DILUVIENNE (période). V. Diluvium et Époques.
DILUVIUM. On appelle ainsi, en Géologie, les dépôts ordinairement formés de galets et de limonqui se sont effectués pendant la période diluvienne ou époque quaternaire, et qui doivent leur origine à des courants d'une violence peut-être considérable qui auraient sillonné la surface de la terre à cette époque. Ces dépôts bien souvent se lient intimement aux allumons modernes, qui sont dues à des phénomènes analogues. — Les Géologues y reconnaissent trois séries de couches d'âges différents, qui dans le bassin de Paris ont reçu les noms de Diluvium gris, D. rouge, Lœss.. Les plus anciennes couches contiennent des ossements de Mammouth {Elephas primigenius) et du grand Ours des cavernes (Ursus spelœus): les suivantes renferment des ossements de Renne et d'Aurochs. Pendant longtemps on a cru que l'apparition de l'Homme sur la terre était postérieure à tous les dépôts diluviens; mais auj., il est constaté qu'avec les ossements de mammouth, on trouve partout des haches en silex, instruments grossiers des premiers hommes, et plus récemment la découverte d'une mâchoire humaine dans les sables diluviens de Moulin-Quignon près d'Abbeville semble prouver d'une manière plausible que l'existence de l'homme remonte jusqu'au commencement de l'époque quaternaire ( Voy. Age). — Aux terrains diluviens se rattachent les sédiments qui ont comblé la plupart des cavernes, et qui contiennent le plus souvent des débris de l'industrie humaine associés à des ossements d'animaux auj. disparus denosclimats. On y rattache aussi les dépôts glaciaires des vallées des Alpes et du Jura, c.-à-d. ces énormes amas de cailloux dont on ne peut expliquer l'origine et la disposition qu'en admettant qu'ils sont les moraines (Voy.ce mot) de glaciers gigantesques qui à l'époque diluvienne ont dû remplir toutes ces vallées.
DIMANCHE (du lat. dies dominica, jour du Seigneur), jour consacré au repos et au service de Dieu. Suivant les uns, c'est le premier de la semaine : suivant d'autres, c'est le septième. Quoiqu'il en soit, ce jour est sanctifié en mémoire de ce que Dieu, après avoir créé le monde en six jours, se reposa le septième. Les Chrétiens ont substitué la célébration du dimanche à celle du samedi, ou jour du sabbat des Juifs, pour honorer le souvenir de la résurrection de Nôtre-Seigneur, qui eut lieu ce jour-là, et aussi pour se distinguer de ceux qui suivent l'ancienne loi.
La stricte observation du dimanche fut ordonnée pour la première fois par l'autorité civile en 321, sous Constantin. Maintenue de tout temps parles prescriptions de l'Église catholique, observée avec la plus grande rigueur môme dans les pays réformés, elle a été confirmée par nos lois civiles, notamment par une loi de 1802 (29 germin. an X) et une autre de 1814 (18 dot.), qui ne sont point abrogées.
On appelle Dimanche gras le dimanche qui précède immédiatementle mercredi des Cendres ; D. des brandons, le 1" dimanche du carôme.
DIME (du lat. décima, dixième), prélèvement d'un dixième sur les produits agricoles et industriels, au profit du clergé régulierotséculier(D. ecclésiastique), ou des seigneurs (D. profane ou temporel/' | impôt fut d'abord volontaire; il devint ensuite obligatoire. — Les dîmes se distinguaient en l>. uni naires ou annuelles, et en D. extraordinaires; on les nommait alors décimes (Voy. ce mot). — Les dl mes ordinaires se divisaient elfes-mômes en D. refiles, qui se percevaient sur les fruits de la terre : en D. personnelles, qui se percevaient sur le travail et
l'industrie des personnes; et en D. mixtes, qui provenaient à la fois des produits de la nature et de ceux de l'industrie, comme les D. de c/iarnage, perç«e« sur la chair des bestiaux. Les dîmes réelles se subdivisaient en D. grosses, perçues sur les objets de grande culture, blé, vin, huile, etc. ; et en D. menues ou vertes, perçues sur les produits des potagers. On appelait encore D. de suite ou de séquelle celles qu'un curé percevait sur le terrain d'une autre paroisse, lorsqu'il était cultivé par un de ses paroissiens.
L'origine des dîmes est fort ancienne : on la fait remonter jusqu'aux premiers temps du judaïsme, c.-à-d. jusqu'à Abraham et Jacob. Moïse établiteomme impôt plusieurs espèces de dîmes, destinées aux lévites ou ministres du culte. Chez les anciens, on offrait souvent aux dieux la dîme des dépouilles de l'ennemi. L'usage des dîmes chez les Chrétiens ne date guère que du ve siècle. — Quelques dîmes extraordinaires furent prélevées à la fois dans plusieurs pays : telle fut la dime saladine, établie en France et en Angleterre pour subvenir aux frais de la croisade contre Saladin. La révolution de 1789 abolit, en France, toute espèce de dîmes. — En Angleterre les dîmes constituent encore le salaire du clergé anglican : leur établissement est attribué à Offa (790) ou à Éthelwolf (855).
DIMENSION (du lat. dimensio). Voy. Étendue.
Autrefois, en Algèbre, on se servait du mot dimension comme synonyme de degré, en parlant d'une puissance ou d'une équation.
DIMÈRES, insectes. Voy. Psélaphiens.
DIMINUÉ, nom donné, en Musique, à tout intervalle mineur dont on retranche un demi-ton par un dièse à la note inférieure, ou par un bémol à la supérieure. C'est une altération momentanée d'un intervalle naturel. Voy. Intervalle.
DIMINUENDO, mot italien qui signifie en diminuant, et qui s'emploie pour indiquer une diminution graduée du son : on marque le diminuendo par le signe >-. On l'oppose au crescendo.
DIMINUTIF, mot qui exprime une chose comme petite. On l'oppose à augmentatif. Les diminutifs sont dérivés d'autres mots dont ils restreignent l'idée, dont ils atténuent l'énergie par l'addition d'une certaine forme terminative : fillette, globule, maisonnette, diablotin, etc., sont des expressions diminutives. Les diminutifs représentent l'objet tantôt comme digne de tendresse, d'amour, de compassion, comme agnelet pour petit agneau ; tantôt comme digne de mépris, comme pi'esto/et pour prêtre sans mérite, écrivassier pour mauvais écrivain : dans ce dernier cas, on les nomme péjoratifs. Nos anciens poètes faisaient un grand usage des diminutifs. — Les augmentatifs, plus rares en français, mais assez fréquents en italien, en espagnol et en allemand, se forment le plus souvent parl'addition soit d'une forme terminative, richard de riche, grandiose, grandissime de grand, soit d'un préfixe, surfin, superfin, archeve'que, par trop, etc.
DIMINUTION (du lat. diminutio), ligure de Rhétorique. Voy. Litote.
DIM1SSOIHES (i.ETTnEs), du latin dùnissoriu*;
lettres par lesquelles un évéque consent à ce qu'un de ses diocésains reçoive les ordres des mains d'un antre évoque.
IHMOlU'IlISMI^dti préf.(//', deux.et du gr. (lopr-r, forme), propriété que possèdent certains corps de cristalliser sous deux formes incompatible^, c-à d. qui n'appartiennent pas au même système i nstallin. La chaux carbonatée, p. ex., est un corps dimorphe : on la rencontre en cristaux qui dérivent d'un rnon> boèdre (spath d'Islande), et on cristaux qui se ramènent à un prisme droit à, bas* rhombe sarngo~ nite). Le soufre, l'acide arsénieux, le salpêtre, l'acide titanique, 1\>\\ de d'antimoine, etc., sont également dimorphes. — Découvert par Baûj en i8i-j,lo dimorpbiame a été confirmé depuis par Hitscherlich. lui 1848, H, Pasteur a reconnu que les formes dimorphes d'un corps sont ordinairement très-rap-