‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 49 sur 1672 · ALLIAGE · texte numérisé non relu

ALLIAGE

— 41 — ALLITERATION.

du mercure, l'alliage porte le nom d'amalgame (Y>>/. ce mot). Lorsque les métaux s'unissent entre eux, ils changent plus ou moins de propriétés : tantôt ils dent plus sonores, comme le cuivre allié à. l'étain; tantôt plus durs, comme l'argent ou l'or alliés au cui- \ r ■ : d'autres fois, l'alliage est plus fusible que les métaux composants, comme l'alliage dit deDarcet. (Voi/. ci-après). La densité des alliages est ord. plus grande que celle des métaux constituants; généralement, ils sont moins ductiles que leurs composants ; enfin, ils sont souvent plus oxydables. Les alliages ont été considérés longtemps comme de simples mélanges, par la raison qu'on peut mêler les métaux fusibles en proportions quelconques ; mais on a reconnu depuis que beaucoup d'alliages sont de véritables combinaisons chimiques, car ils peuvent s'obtenir sous la forme cristallisée, à l'instar des autres combinaisons. Soumis à la fusion, les alliages se séparent souvent en parties plus ou moins fusibles qu'on peut diviser mécaniquement: ce phénomène, dont on profite dans les arts, se nomme liquation. — On trouve dans la nature quelques alliages; mais le plus souvent ils sont le produit de l'art, et s'obtiennent tous par le moyen de la chaleur. Parmi les alliages les plus utiles, il faut citer : le bronze (étain et cuivre) ; le laiton (cuivre et zinc), auquel se l'attachent le chrysocale et le similor ; la soudure des plombiers (plomb et étain) ; les alliages qui servent à faire les caractères d'imprimerie (plomb, antimoine, nickel etcuivre); Izpoterie d'étain (étain, antimoine et cuivre) ; ceux qui sont connus sous le nom de métal d'Alger (étain, plomb, antimoine), de métal de la reine (étain, antimoine, plomb, bismuth), employé pour les théières anglaises, d'alfènide (Voy. cemot ;Y A. fusible deDarcet 'bismuth, étain, plomb), fusible à 90°, dont on fait des plaques fusibles ou soupapes de sûreté ; les alliages de l'or et de l'argent avec le cuivre, usités dans la fabrication des monnaies et l'orfèvrerie. Le bronze d'aluminium, auj. assez employé, est un alliage de 9 p. de cuivre pour 1 p. d'aluminium ; il s'obtient par la fusion des deux métaux.

Alliage (règle d'). En Mathématiques, on ne considère que les alliages formés d'un métal précieux tel que l'or et l'argent uni avec un autre métal, tel que le cuivre. Le titre d'un pareil alliage est le rap port du poids du métal précieux au poids total de l'alliage. Si l'on désigne le poids du métal précieux par p, le poids total par P et le titre par 6, on a :

8 = |. On en tire p = P6, ce qu'on énonce en disant : Le poids du métal précieux contenu dans un alliage s'obtient en multipliant son poids tôt ai par son titre. Cela posé, les alliages donnent lieu à deux questions pfincipales : — 1° On a fondu ensemble 30B d'alliage d'argent, au titre de 0,9, et 20s d'alliage au titre de 0,7 : quel est le titre de l'alliage résultant? Le poids total de l'alliage résultant est de 30E+20g ou 50e. La quantité d'argent fournie par le 1er alliage composant est de 30!X0,9 = 27S; la quantité d'arfournie par le 2d est de 20B X 0,7 = 14s. Le poids de l'argent entrant dans l'alliage résultant est donc de 27B + 14« = 41*. Par suite le titre de cet alliage

est ^- =0,82. — 2° Dans quelle proportion faut-il

associer de l'argent au titre 0,9 et de l'argent au titre 0,7 pour que l'alliage résultant soit au titre 0,82?— ls du 1er alliage composant doit contenir 0S,9 d'argent pur; Ie du 2d doit en contenir 0B,7, et Ie de l'ail, résultant 0E,82. Donc Ie du 1er ail. contient 0S,9— 0B,82 = 0e,08 de plus qu'il ne faut; Ie du 2d en contient 06,82—0^7 = 0^12 demoins qu'il ne faut. Si donc on associe 12» du 1er et 8S du 2d, les quantités d'argent pur apportées en plus par l'un et en moins par l'autre seront respectivement de 0e,08 X 12 et de 0e,12 X 8, et par suite seront égales; il y aura compensation. — On atteindra done le but proposé en associant li alliages donnés dans la proportion de 12 du lor contre 8 du 2d, ou ce qui revient au même de 3 du 1er contre 2 du second. — Ce second problème mène à

la résolution du suivant : combien d'alliage au titre 0,7 faut-il associer à 30- d'alliage à 0,9 pour en ramener le titre à 0,82?Ontrouve immédiatement que

la quantité inconnue est égale à — — = 20*.

Les mélanges donnent lieu à des questions analogues aux problèmes d'alliage résolus plus haut. Leurs types sont les suivants : 1° on a mélangé 30 hectolitres de blé à 18 fr. l'hectol. avec 20 hectol. à 21 fr. quel est le prix de Thectol. du mélange? 2° Dana q proportion faut-il mélanger du blé à 18 fr. et au blé à 21 /'/*. l'hectolitre pour que l'hectolitre du mélange revienne à 19f,75 ? — On les résout comme les problèmes sur les alliages.

ALLIAIVCE(d'flMe/'). C'est, enDroit, le lien qui unit un époux et les parents de son conjoint qu'on appelle ses alliés; un beau-père et sa belle-fille, un beau-frère etsa belle-sœur. Il y a empêchement de mariage entre le beau-père et sa bru, la belle-mère et son gendre, le beau-père et sa belle-fille, la belle-mère et son beau-fils, le beau-frère et sa belle-sœur ; toutefois ce dernier empêchement peut être levé par une dispense (L. du 16 avril 1832, CNap., art. 162 etl64). En DroU canonique, les empêchements sont plus étendu^ : ils existent entre un époux et tous les parents ou alliés de l'autre; mais ils peuvent aussi se lever pardes dispenses. L'alliance produit aussi une obligation aluni ntaire {Voy. Aliments). L'alliance n'existe pas entre les parents d'un époux et ceux de l'autre.

Dans !e Droit des gens, V Alliance est l'union de deux ou plusieurs États qui se rapprochent dans le but de se défendre ou d'attaquer un ennemi commun ; de là A. défensive et A. offensive. Pour les alliances célèbres dans l'histoire, Voy.leDict.d'Eis-t.et de Géogr. En Théologie, on nomme Alliance l'union de Dieu avec l'homme, et l'on distingue : l'Ancienne alliance, que Dieu contracta avec Abraham et ses descendants, et la Nouvelle alliance, dont Jésus-Christ fut le médiateur. Outre ces deux alliances solennelles, on cite encore dans les livres sacrés : l'alliance que Dieu fit avec. Adam, ou loi de nature ; celle qu'il fit avec Noë et dont l'arc-en-ciel fut le signe ; celle enfin qu'il fit avec les Israélites par l'intermédiaire de Moïse et dont les tables de loi conservées dans l'arche d'alliance furent le gage : celle-ci fut appelée loi de rigueur. Par opposition, la Nouv. alliance a été dite loi de grâce. ALLIGATOR ''par corruption de l'espagn. lagario, lézard), ou Caïman, subdivision du genre Crocodile, renferme des Reptiles particuliers aux grands fleuves de l'Amérique du Sud : ils ont le museau large et obtus, les dents inégales et dirigées en dedans à la mâchoire inférieure, les pieds à demi palmés ; ils sont longs de 4 à 6m. Ce sont les moins aquatiques des crocodiles. Les indigènes mangent la chair de l'alligator malgré la forte odeur de musc qui lui est propre ; les nègres se servent de sa graisse contre les rhumatismes ; ils tannent sa peau, qui donne un assez bon cuir. On distingue : l'A. à paupières osseuses; VA. à museaude brochet,l'A.à lunettes, l'A. cynocéphale, et VA. à points noirs. Voy. Crocodile.

ALLITÉUATIOX (du lat. ad, à, et littera, lettre), figure de style, consiste dans la répétition et l'opposition desmêmes lettres. Elle peut produire d'heureux effets d'harmonie imitative, comme dans ces vers : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur ^os tètes? Sa croupe se recourbe en replis tortueux .

Elle sert encore h aider la mémoire, comme dans ces proverbes : «Qui terre a, guerre a. Qui refuse, muse.» Mais elle devient un défaut lorsqu'elle n'est qu'un effet de la négligence, comme dans ce vers de Voltaire : Non, il n'est rien que Nanine n'honore.

Souvent l'allitération est un jeu puéril qui n'a d'autre mérite que celui de la difficulté vaincue, comme dans ces poèmes dont tous les mots commencent par la même lettre. Voy. TautoorAmmb.

Chez les Ecossais et les Scandinaves, l'Allitération

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