DOMICILE
DOMITE.
nageries par exemple, soit d'utilité réelle, comme les civettes et les autruches pour avoir leurs produits, les ortolanspour les engraisser. V apprivoisement est un degré de plus : il suppose chez l'animal une certaine intelligence et une disposition spéciale à l'éducation : le faucon et l'éléphant offrent l'exemple d'animaux apprivoisés aussi utiles à l'homme que les espèces domestiques; certains perroquets et autres oiseaux de volière, celui d'animaux apprivoisés seulement pour l'agrément. Mais ces animaux ne transmettent point à leur progéniture les habitudes et les mœurs qu'ils ont reçues, tandis que la domestication est la conquête de la race une fois pour toutes. — Le nombre des espèces domestiquées ne dépasse guère 40, et pour presque toutes la domestication remonte à la plus haute antiquité. Les unes servent à l'homme d'auxiliaires : le chien, le chat, le cheval, l'àne, le mulet, le chameau, le lama, le renne, le bœuf, le furet, etc., d'autres sont surtout alimentaires: le cochon, la vache, le mouton, la chèvre, le lapin, le pigeon, la poule, l'oie, le canard, le dindon, le faisan, la pintade, la carpe, etc. ; d'autres, surtout industrielles, l'abeille, le ver à soie, la cochenille, etc. ; d'autres enfin ne servent qu'a l'agrément, le cygne, la tourterelle, le serin, le cyprin doré, etc. Voy. Acclimatation, Naturalisation et Abâtardissement.
DOMESTICITÉ. V. Domestication et Domestique.
DOMESTIQUE (du lat. domesticus). Ce mot, qui auj. ne s'applique qu'aux serviteurs, aux gens à gages, se donnait dans l'origine à toute personne vivant dans la maison, en qualité de commensal. — A la cour de Byzance, on appelait Grand domestique, un des premiers dignitaires de l'Etat : ce n'était d'abord que le chef des gardes du corps de l'empereur; mais dans la suite cette charge prit une extension considérable et répondit à celle de connétable en Occident. Chez les premiers rois francs et chez les empereurs d'Allemagne, la domesticité devint un des privilèges de la noblesse : de là, les titres de grand chambellan, de grand échanson, de grand écuyer, de grand veneur, etc. Abolie en France avec la royauté, la domesticité de cour fut rétablie en 1804 par Napoléon Ier ; et elle existe encore auj. dans presque toutes les cours de l'Europe. — Les princes et les seigneurs ont eu comme les rois leurs domestiques nobles : jusqu'au xvme siècle, tout seigneur un peu puissant avait pour pages des fils de noble famille qui portaient sa livrée. En Pologne, la petite noblesse vivait à l'état de domesticité dans les palais des riches familles.
Quant à la domesticité proprement dite, c'est une institution toute moderne, qui a remplacé Y esclavage antique et la servitude du moyen âge ( Voy. ces mots). Chacun sait qu'elle consiste dans un contrat librement formé entre le maître et le serviteur, que ce contrat peut être rompu dès que les parties contractantes ont à le regretter ; qu'il est d'usage de donner le denier à dieu au domestique qu'on arrête, de se prévenir réciproquement huit jours d'avance. Les domestiques ont privilège sur les meubles de leurs ""a'.tres pour les salaires de l'année échue (C. Nap., art. 2101). Les maîtres sont responsables des dommages causés par leurs domestiques dans les fonctions auxquelles ils les ont employés (art. 1384). Les vols commis par les domestiques chez leurs maîtres sont punis de la réclusion (C. pén., art. 408). — Un décret du 1" août 1853 a soumis les domestiques à l'obligation du livret. Voy. ce mot.
( En Angleterre, les maîtres payent un impôt annuel d'une livre sterling (25 fr.) pour chaque domestique mâle attaché à leur service.
Animaux domestiques. Voy. Animaux et Domestication.
DOMICILE (du lat. domicilium), lieu où l'on fait sa résidence ordinaire. On distingue le D. civil et le D. politique : leD. civil, ou lieu de la demeure ordinaire fixe et permanente, comprend le D. réel, où l'on réside de fait, où l'on a son principal établissement
(C. Nap., art. 102), et le D. élu, domicile fictif quel'on indique, le plussouvent, chez son avoué ou son notaire, pour l'exécution de certains actes judiciaires; le D. politique est celui où l'on exerce ses droits de citoyen ; il se confond d'ordinaire avec le domicile civil. — Il est important de connaître le domicile d'une personne dans une foule de circonstances, p. ex., pour qu'une citation ou une assignation aient un effet utile ; pour le tirage au sort, les publications de mariage, l'ouverture des successions,etc. — Le changement de domicile résulte3 d'une habitation réelle dans un autre lieu avec l'intention d'y fixer sa résidence ordinaire. Il se prouve par les circonstances ou par une déclaration expresse à la mairie du lieu que l'on quitte et à celle de celui où l'on s'établit.
La femme mariée n'a d'autre domicile que celui de son mari ; le mineur que celui de son tuteur ; le domestique que celui de son maître (C. Nap., art. 108, 109).
Violation de domicile. Voy. Violation.
DOMICILIATAIRE. Dans le Commerce, la lettre de change est souvent payable en un domicile autre que celui du tiré ; la personne chez laquelle le payement doit s'effectuer s'appelle domiciliataire.
DOMINANTE, nom donné à la note placée une quinte juste au-dessus de la tonique : ainsi, dans le ton d'ut, sol est la dominante. C'est Rameau qui a donné à cette note le nom de dominante, parce qu'elle détermine le ton et qu'elle se trouve dans la plupart des accords naturels. — Dans chaque ton du Plainchant, la dominante est la note qu'on y fait entendre le plus souvent.
DOMINATIONS, anges du premier ordre de la seconde hiérarchie. Voy. Ange.
DOMINICALE (lettre), lettre de l'alphabet qui sert à marquer dans le calendrier les dimanches {domina dies) pendant tout le cours de l'année. Voy. Calendrier perpétuel et Cycle.
dominicale (oraison), le Pater. Voy. Oraison.
DOMINO. Ce nom, qu'on donnait autrefois, par allusion sans doute à quelque passage de la liturgie, au camail dont les prêtres se couvrent la tête et les épaules pendant l'hiver, ne désigne auj. qu'un habit de déguisement pour les bals masqués, se composant d'une grande robe fermée par devant, et surception d'un capuchon qui couvre toute la tête à l'exmontée de la figure, et descend sur la poitrine et les épaules. Les dominos sont portés par les hommes comme par les femmes.
Jeu de dominos. Ce jeu est fort ancien ; il était, dit-on, pratiqué chez les Hébreux, les Grecs et les anciens Chinois. Chacun sait que l'on se sert pour y jouer de 28 petits morceaux d'os ou d'ivoire, déforme rectangulaire, blancs d'un côté et noirs de l'autre; ce qui leur donne quelque ressemblance avec les anciennes robes de moines appelées dominos. — Voir E. Briffaut, Traité du jeu de dominos (Paris, 1843).
D03IINOTERIE. On appelait autrefois dominotiers ou tailleurs d'histoires et de figures les graveurs sur bois. Auj. on comprend encore sous le nom de dominoterie toute sorte de papier peint et imprimé de diverses couleurs, dont on se sert pour différents jeux, tels que jeu de dames, jeu de l'oie, jeu de loto, etc., pour la couverture des layettes( Voy. ce mot), etmême commepapierde tenture; les traits, les dessins et les personnages ou paysages y sont imprimés avec des planches de bois grossièrement faites; puis les couleurs sont mises dessus avec un patron, comme on le pratique pour les cartes à jouer. La fabrication de ce genre de papier n'a plus d'importance aujourd'hui.
DOMITE ou Trachyte terreux, roche volcanique composée d'argile durcie, renfermant du pyroxène, du mica, de l'amphibole, du titane, etc. Sa texture est terreuse et sa structure grenue. On distingue le D. blanchâtre, le D. jaunâtre, le D. grisâtre et le D. rougeâtre. C'est de cette roche que se compose la masse du Puy-de-Dôme (d'où son nom). On la trouve aussi en Allemagne et en Amérique. Les Romains en faisaient des sarcophages.
DONACILLE.