‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 514 sur 1672 · DYTIQUE · texte numérisé non relu

DYTIQUE

Suède, de Waldemar et deW'asa ; en Portugal, d'Avis etdeBragance;en Espagne, de Transtamare, deBourbon.etc. Voy. ces nomsau Dut. d'Hisl. et de i.

D\ Mil lu:, sorte d'Araignée. Voy. Sécestrie.

DYSODIE (du gr. o-jTiocia), fétidité de la bouche, du nez, des aisselles, des aines, etc.

DYSODYLE (du gr. Ô'j<tg>5î«), Stercus diaboli, terre bitumineuse, de composition encore mal connue, en masses feuilletées très-élastiques, d'un gris verdâtre ou d'un jaune sale, qui exhale en brûlant une odeur fétide de bitume et d'ail. Cette substance, que l'on peut employer comme combustible, se trouve à Méliti, en Sicile, mêlée aux marnes schisteuses tertiaires. On en a trouvé aussi aux environs de Viviers (Rhône).

DYSPEPSIE (du gr. 8u<tjcei|ko0. On comprend sous ce nom tous les troubles de la digestion qui résultent du mauvais fonctionnement de l'estomac et de l'intestin, d'où deux sortes de dyspepsie, l'une gastrique, l'autre intestinale, existant le plus souvent toutes deux ensemble. Elles revêtent des formes très-variées : D. acide, avec surabondance des liquides fournis par l'estomac, D. fîatulente, avec développement exagéré de gaz, etc. Les causes de la dyspepsie sont de l'ordre moral, telles que le chagrin, les travaux intellectuels exagérés (D. hypochondriaque), ou de l'ordre physique, comme une alimentation insuffisante ou mal préparée, une mastication incomplète, des heures de repas irrégulières, l'abus des boissons, surtout des alcooliques. Toute dyspepsie prolongée entraine des troubles consécutifs nombreux, dont les principaux sont : une diminution dans le nombre des globules du sang (anémie)etnne innervation très-imparfaite, d'où résultent Yanest/iésie, les névralgies, et même des névroses, comme V hypochondrie , Y hystérie. C'est aussi sous l'influence d'une dyspepsie prolongée que peuvent naître des affections plus graves chez des individus d'ailleurs prédisposés. Le traitement, très- variable selon la cause, consiste surtout dans des moyens in giéniques.

DYSPNÉE (du gr. 5u<rrcvoi'<x), difficulté de respirer. Voy. Asthme.

DYSSENTEIUE, et mieux dysenterie (du gr. 5y<revTEpta), phlegmasie siégeant dans le gros intestin et caractérisée par la fréquence des selles, et par l'excrétion de matières muqueuses, glaireuses et sanguinolentes, avec coliques, tranchées vives et ténesme. La dyssenterie règne surtout dans les saisons chaudes et humides et lors des changements brusques de l'atmosphère. Elle attaque fréquemment les indigents, exposés aux privations et habitant des lieux bas où l'air n'est pas suffisamment renouvelé. Elle est commune parmi les grandes agglomérations d'hommes et notamment de malades, dans les prisons, les vaisseaux, les camps, les hô itaux, ainsi que dans tous les lieux étroits et d'où s'évaporent des émanations de matières animales putréfiées. A ces causes, il faut ajouter l'exposition du corps au froid humide, le sommeil en plein air pendant la nuit, l'usage d'aliments indigestes ou malsains, de fruits verts; l'abus des purgatifs drastiques. Cette maladie peut régner sporadiquement >l épidémiçuemettf; dans ce dernier cas elle devient contagieuse. Elle est o> guè ou chronique; quand elle est aigue et sporadique, elle se termine ordinairement au bout de 13 ou 25 jours par résolution; lorsqu'elle est épidémique, elle est beaucoup plus grave et se termine souvent par la mort. Cette maladie réclame un traitement actif : repos, diète, boissons gommeusea et un. lieuses, cataplasmes éniollients, demi-lavements albuinineux, amidonnés et opiacés, sangsues, bains. I cacuanha et l'opium agissent avec une rare effles

DYSUAIE (du gr. S-jaovpia), difficulté d'uriner, Voy. Ri uni ion.

DYTIQUE (du gr. fiuTtxoç, qui plonge), Dyt genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères penta- . famille des Hydrocantharos : antennes filiformes de 1 1 articles : bouche munie de 6 paie •• ; corps

EAU

EAU

bombé en dessus; forme ovalaire, tête large, transverse; yeux globuleux. Les élytres de la femelle sont sillonnés, et ceux du mâle sont lisses. Ces insectes m\c ut dans les eaux; ils sont carnassiers et très-voraces.Le Dytique très-large, que l'on trouve en France, est plus gros qu'un hanneton.

On donne aussi le nom de Dytiques à tous les oiseaux plongeurs, tels que le Plongeon, le Pingouin, le Guillemot, etc.

DYTREMARIA, Rimu/us, Trochostoma, genre d<? Mollusques gastéropodes fossiles, de l'ordre des Pectinibrancb.es, famille des Haliotidécs : coquille de forme trochoïde, spire élevée et conique; labre percé, à une assez grand'' distance du bord, d'un trou respiratoire unique ; ombilic en entonnoir. — Les Dytremaria appartiennent aux terrains jurassiques et finissent avec l'étage corallien.

DZIGGETAÏ. Voy. Hémione.

E, 5e lettre de notre alphabet et la 2e des voyel- | les. En français, on distingue : Ye muet, qui a souvent le son d'eu ; Yé fermé, et l'è ou é plus ou moins ouvert. L'e grec répond à notre é fermé; Yt\ à notre é ouvert (et souvent à notre i). — Comme lettre numérale e' chez les Grecs, valait 5 ; ,e 5000; r', 8 et ,r, 8000 ; chez les Latins, E désignait quelquefois 250. — Dans le calendrier, E est la 5e des lettres dominicales et des lettres nundinales. — Dans les abréviations, E s'emploie pour Excellence et Eminence ; dans les noms propres, pour Etienne, Eugène, Ernest, Emile, etc. ; en Géographie, \>oxxv Est ; en Logique, E désignait la négative universelle {Voy. A). — C'était autrefois la marque de la monnaie fabriquée à Tours. — En Musique, E désigne la note mi. — En Chimie, E ou Erb signifie erbium.

EAU (du lat. aqua), liquide transparent, sans couleur sous un petit volume, mais dont la couleur vue par réflexion varie du bleu foncé au vert d'herbe et à l'olivâtre quand il est en grande masse, et qui en réalité est rouge par transparence : son odeur et sa saveur sont peu appréciables. L'eau se compose de 2 volumes d'hydrogène et de 1 volume d'oxygène condensés en 2 volumes et, sous le rapport du poids, de 11,11 d'hydrogène et de 88,89 d'oxygène [H20]. Elle se rencontre dans la nature sous forme solide, liquide et gazeuse : à l'état solide, dans la glace, la neige, la grêle ; à l'état liquide, dans les mers, les fleuves, les ruisseaux, les lacs ; à l'état de vapeur, dans l'atmosphère. — L'eau naturelle n'est jamais pure ; Veau douce des rivières, des lacs et des fontaines contient toujours en dissolution un certain nombre de sels ou d'autres corps, dont on peut la débarrasser parla vaporisation : elle prend alors le nom d'eau distillée. Veau de pluie ou du ciel est à peu près aussi pure que l'eau distillée. Veau de mer contient près de k pour 100 de son poids de différents sels ( Voy. ci-après) ; quant aux autres eaux naturelles, si elles renferment assez de substances étrangères pour posséder des propriétés particulières, on leur donne le nom d'eaux minérales, et si elles sont chaudes, on les nomme eaux thermales. Voy. ci-après.

A la température de k", 1 centigrades, au-dessus de 0°, l'eau distillée pèse 1 kilog. par décimètre cube ou litre, ou 1 gr. par centimètre cube ; la densité de l'eiu à cette température est à son maximum ( Voy. Dilatation) et elle est prise comme unité pour y rapporter les densités des autres corps liquides ou solides. A 100'' centigrades et sous la pression barométrique ordinaire, l'eau entre en ébullition et se réduit ainsi en vapeur. — Dans toutes les eaux naturelles, il existe toujours une certaine quantité d'air, indispensable à l'existence des êtres organisés qui y vivent; cet air est généralement plus oxygéné que celui de l'atmosphère. — Outre son importance comme boisson et comme agent physiologique dans la nature vivante, l'eau a de nombreuses applications dans l'économie domestique et dans les arts : à l'état solide, comme agent frigorifique ; à l'état limpide, comme véhicule ou dissolvant pour toute espèce de corps ; à l'état de vapeur, comme moteur. Quant à l'eau employée comme moyen thérapeutique, Voy. Hydrothérapie.

On reconnaît, en général, qu'une eau est potable quand elle dissout facilement le savon et qu'elle cuit bien les légumes ; les eaux dites dures ou crues sont impropres à ces usages par la forte quantité de sulfate de chaux qu'elles contiennent en dissolution. Les eaux chimiquement pures ne sont ni agréables, ni hygiéniques comme boisson ; ellesont toujours plus de goût quand elles renferment un peu de sels, et surtout de l'air, qui les rend digestibles. Lorsque l'eau est bourbeuse ou altérée par la présence de matières organiques en décomposition qui lui communiquent une saveur désagréable, on peut la rendre potable en la faisant passer à travers un filtre de charbon et de sable (Voy. Filtre). Voir sur ce sujet les recherches deChossatetBoussingault, et le mémoire de M. A. Gautier.

Les anciens considéraient l'eau comme un corps simple et comme l'un des quatre éléments ; cette opinion s'est maintenue jusque vers la fin du siècle dernier, où Cavendish et Lavoisier (1783) démontrèrent que l'eau est composée d'oxygène et d'hydrogène. On peut fabriquer l'eau de toutes pièces par la combustion de l'hydrogène dans l'oxygène, et elle se forme d'ailleurs en quantité dans presque toutes les combustions organiques.

eau africaine, dite aussi Eau de Perse, d'Egypte, de Chine, Eau grecque, solution de nitrate d'argent qui est employée pour noircir les cheveux.

eau d'ange. Voy. Myrte.

eau d'arquebusade. Voy. Arquebusade.

eau bénite. Voy. Bénite.

eau blanche, dite aussi Eau de Goulard, Eau végéto-minérale, solution de sous-acétate de plomb. Voy. Acétates.

eau debonferme, dite aussi Eau d'Armagnac, Essence, ou Teinture céphalique, eau vulnéraire, composée de muscade, girofle, cannelle, fleurs de grenadier distillées avec de l'alcool. On l'emploie dans les chutes sur le crâne, les douleurs de tète, etc.

eau de botot, infusion alcoolique d'anis, de girofle et de cannelle, qu'on aromatise avec la teinture d'ambre, et qu'on emploie comme collutoire. Elle doit son nom à Botot, dentiste du dernier siècle.

EAU DEBOULE. Vo'J. Bol LE DE MARS.

eau de bouquet, eau de toilette : c'est une essence formée de miel, girofle, acore aromatique, lavande, souchet long, jasmin, iris de Florence etnéroli, distillés avec l'alcool.

EAU DES CARMES. Voy. EAU DE MÉLISSE.

eau céleste, solution de sulfate de cuivre, mélangée d'un excès d'ammoniaque ; sa couleur est Lieu de ciel : c'est un collyre résolutif. Les pharmaciens en décorent la devanture de leurs officines.

eau de chaux. Voy. Chaux.

eau de cologne, célèbre eau de toilette, inventée en 1727 par J.-P. Feminis, de Cologne, qui céda son brevet à J. -Marie Farina, dont elle a fait la fortune. Il existe un grand nombre de recettes pour la fabrication de cette eau. La formule de Farina est trèscomplexe. En voici deux dont l'application est plus simple et plus facile : 1° alcool à 32°, 2 lit.; néroli, essence de cédrat, de citron, d'orange, de berga-

EAU

EAU

motte, de romarin, 24 gouttes de chacune; semences de petit cardamome, 8 gr. ; on distille le tout au bainmarie pour retirer les trois quarts de l'alcool ; — 2° alcool à 32°, un lit. ; essence de citron et de bergamotte, 8 gr. de chacune ; de cédrat, 4 gr. ; de lavande, 2 gr. ; de fleurs d'oranger, 10 gouttes; teinture d'ambre, 10 gouttes; de musc, 2 gr. ; de benjoin, 12 gr. ; essence de roses, 2 gouttes; mêlez le tout sans distiller, agitez et filtrez.

EAU DE CRISTALLISATION. Voy. CRISTALLISATION.

eau de cuivre, solution d'acide oxalique, qu'on emploie pour nettoyer les objets en cuivre.

eau distillée, se dit non-seulement de l'eau purifiée par la distillation (Voy. ci-dessus), mais encore de l'eau distillée sur des plantes contenant des substances aromatiques ou des principes actifs, employés en médecine on en parfumerie. Voy. Essences.

EAL D'ÉGÏPTB. Foy. EAU AFRICAINE.

i u étbéréB cumulée. Elle se prépare en dissolvant 1 p. de camphre dans 3 p. d'éther sulfurique et mêlant le tout à 50 p. d'eau.

eau ferrée. Voy. Ferrugineux.

eau-forte, acide nitrique étendu, c.-à-d. affaibli par un mélange d'eau pure; elle est généralement à 26°. Voy. Nitrique (agile).

eau de goudron. On l'obtient en faisant macérer pendant quelques jours 100 gr. de goudron dans un litre d'eau. Elle est dépurative et diaphorétique; on l'emploie dans les maladies cutanées, le scorbut, les affections de poitrine, les catarrhes.

eau de goulard. Voy. Eau blanche.

eau grecqi e. 1 oy. Eau africaine.

eal hémostatique, eau propre à arrêter l'écoulement du sang. On connaît en ce genre V 'Eau de B/ochieri et l'Eau de Léchelle. Voy. Hémostatiques.

eau de ja\ elle, hypochloiïte de potasse. Voy. Hy-

POCHLOR1TES.

eal de lice (du nom d'un pharmacien de Lille «préparation excitante et sudorifique, contient de l'huile de succin, du baume de la Mecque et de l'alcool; elle a une apparence laiteuse et une odeur forte. On la fait respirer dans les évanouissements, ou bien on en fait boire quelques gouttes dans de l'eau sucrée.

eau lustrale, nom donné chez les anciens à une eau sacrée dans laquelle on avait éteint un tison ardent tiré du feu du sacrifice et qui servait aux purifications. Voy. Llstration.

eau de iiaiis. Voy. Eau de boule.

eau de mélisse des carmes, mélange de 8 p. d'alcool de mélisse, de 1 p. d'alcool de romarin, de thym, de cannelle, de 2 p. d'alcool de muscade, de 1 p. d'alcool d'anis vert, de marjolaine, d'hyssope, desauge, d'angélique, de girofle, de 4 p. d'alcool d'écorce de oitron, et de 2 p. d'alcool de coriandre. Ce médicament, dont les Carmes seuls possédaient autrefois la recette, est réputé stomachique, antispasmodique

et vulnéraire.

eau de mer. Elle a une saveur salée, un peu amère et nauséabonde, et souvent, sur les cotes, une odeur désagréable due à la dé< omposition des matières organiques qu'elle renferme; elle possède, en outre, une certaine viscosité; elle tienl m dissolution divers sels (chlorures et sulfates à base de soude, potasse, magnésie, chaux, avec de très-petites quantités de bromures et d'iodures) dont les proportions

varient de 3 B fi p. 100 du poids de l'eau : le tel marin, eu chlorure de sodium, en fait la plus grande partie.

Dans l'ouesl et le midi de la France, on profite de

la chaleur du climat pOUT isoler ce sel par l'évapo ration spontanée de l'eau dans des réservoirs, dits ttiarats salants (Voy. ce mot), creusés sur la plage. La densité de l'eau de mer est à peu près de 1,025

à 1,030; près des CÔteS, elle est II II peu plus dens • et

plus chargi ■ de sels qu'au large. — L'eau de mer esl impropre à la ; oissonel aux autres usages de la ne ■.

file ne peut ni cuire les légumes et les vian.l 83, ni

dissoudre le Bavon, qu'elle décompose ; aussi embar-

que-t-on toujours de l'eau douce a bord des bâtiments.

Aujourd'hui, on rend l'eau de mer potable en la distillant dans des appareils particuliers ; l'eau ainsi distant assez fade, on l'abandonne au contact de l'air pendant plusieurs jours, ce qui la rend moins désagréableetplus digestive.Le physicien Porta employa le premier, au xvie siècle, la distillation pour rendre l'eau de mer potable. Depuis le commencement de notre siècle, Rochon, de Kéraudren, et plusrécemmenl MM. Wells, Davies et Rocher (de Nantes successivement perfectionné les appareils distillatoires destinés à la marine. — Voy. Bains froids.

eau d'or. Voy. Muguet.

eau oxygénée, dite aussi Peroxyde d'hydrogène, combinaison d'eau etd'ox) c'est un liquide incolore et sans odeur. Elle se détruit promptement au contact d'un grand nom corps, en dégageant de l'oxygène et en passant à l'état d'eau. Elle attaque et détruit les ma niques. On l'obtient en dissolvant le peroxyde de baryum dans l'acide chlorhydrique. Elle peut servir à restaurer les anciens dessins et même les tableaux à l'huile; on a aussi proposé de l'employer en médecine comme irritant. — L'eau oxygénée a él couverte en 1818 par Thénard.

i ai panée. Elle se prépare en mettant tout simplement une croûte de pain grillée dans de l'eau bouillante et en laissant macérer.

eau de pluie. Voy. Eau (ci-dessus) et Plue.

eau de puits. Voy. Puits.

eau de rabel, ou Alcool sulfurique, mélange de 1 p. d'acide sulfurique avec 3 p. d'alcool, dont on se sert pour faire la limonade sulfurique employée comme astringent dans les diarrhées enroniqt

EAU régale, ou Acide nitromuriatique,vnè\&n cide nitrique et d'acide chlorhydrique, qui a la propriété de dissoudre l'or qu'on appelait jadis le roi des métaux. Souvent, dans ce mélange, on remplace l'acide chlorhydrique par du sel marin ou du sel ammoniac qui agissent de la même manière. L'eau régale est un précieux dissuivant pour les chim l'or, le platine, le palladium, qui résistent à l'action des autres acides,sont bientôt diss us par elle el transj en chlorures; on l'emploie dans les ateliers de teinture et dans les manufactures de porcelaine pour s compositions d'étain ou pour dissoudre l'or. C'est aussi un oxydant énergique. — L'Arabe Geber est le premier qui ait fait mention de l'eau n -

eau de la riixe de Hongrie, alcoolat de romarin, s'emploie souvent comme eau de toilette.

eau seconde, se dit de deux substances différentes; pour les orfèvres, les chapeliers, etc. c'est de l'acide nitrique affaibli et comme descendu à un secot gré ; pour les peintres, c'est une lessive caustique de potasse ou de soude, connue encore sous le nom de

iers, qu'on emploie pour nel les peintures à l'huile.

eau sédative. Voici la formule de M. Raspail : aHH moniaque liquide, 100 ^r.; sol marin, 20 L-r. ; camphre,2gr. ; on faitdissoudr u dis-

tillée et on ajoute quelqu ce de roses.

Voy. si ma m s.

t u ok SOURCE, BAC de ROCHE. Voy. Source.

EAU VEGÈTO-H l\l.l\ii. Voy. ËAI BLANCHE.

eau-de-vie, liqueur obtenue en distillant le vin, le cidre, la betterave,les grains, les pommes de terr s • compose d'alcool et d'eau. Tous les vins ne sont pas également propres à fournir de bonnes eaux-de vie: les vins vieux en donnent d'une qualité supéri

celle qu'on obtient d s vins nouveaux Les \ inssucrél en fournissent d'excellentes; les \ins tournés : duisent que des eaux-de-vie de mauvaise qualil vins blancs sont généralement préférables aux vin* r luges. Les vins qui ont un coin de terroir li muniquent à î'eau-de-vie qu'on en retire; c'est ainsi que les \ins de St-Pierre en Vivarais donnent une n; u de vie à odeur de violette : qu'on n tr d ■ pierre à fusil des vins de ( . • clui d'ar-

doise des vins de la Moselle, celui de succin des vins

EAUX

EAUX

du Holstein, dans leurs eaux-de-vie respectives. La bonne eau-de-vie ne doit avoir rien de dur., ni aucun goût de terroir, de brûlé ou de fût ; elle doit être claire, brillante et blancbe, si elle est nouvelle ; un peu ambrée et jaune, si elle est très-vieille. Pour imiter cette couleur, que les vieilles eaux-de-vie doivent à un long séjour dans le fût, on sophistique les produits nouveaux avec du caramel.

Suivant les pays et la nature des liqueurs fermentées, on donne des noms différents au produit spiritueux de la distillation : Y eau-de-vie de grains se fabrique, en France et dans l'Europe septentrionale, avec la bière et la graine des céréales fermentées ; le genièvre se fait de même, avec addition de baies de genièvre pendant la fermentation ; le wiskey vient d'Ecosse et d'Irlande, et se fabrique avec l'orge, le seigle, les pommes de terre ou les prunelles sauvages; le kirsch se prépare, en Allemagne, en Suisse et dans les Vosges, avec des cerises écrasées et fermentées avec leur noyau ; le rhum se fabrique, aux Antilles, avec le sirop de la canne à sucre, etc.

Les eaux-de-vie de marc de raisin, de grains et de pommes de terre sont beaucoup moins agréables que les eaux-de-vie de vin, parce qu'elles renferment des huiles essentielles acres, dont il est diff! le de les débarrasser. Très-souvent les débitants fabriquent eux-mêmes leurs eaux-de-vie en coupant le trois-six avec de l'eau, colorant ce mélange avec du caramel, du suc de réglisse ou du cachou, et l'aromatisant de diverses manières. Mais ces mélanges n'ont jamais la saveur agréable des eaux-de-vie naturelles.

Les eaux-de-vie les plus estimées sont celles de Montpellier, de Cette, de Bordeaux, de La Rochelle, de Cognac (fine-champagne et eau-de-vie des bois), des Charente*, de l'île de Ré, d'Angoulême, de Niort, de Saumur, de Châtellerault, d'Orléans, de Blois, de Tours, d'Angers, de Nantes. L'eau-de-vie d'Andaye (B. -Pyrénées) est renommée pour sa douceur et son arôme anisé. — Voir G. Claudon , Rapports du jury sur rExpositionuniversellede 1867 (t. XI, p. 395-416). — Voy. Alcool.

On appelle Eau-de-vie allemande un purgatif énergique contenant du jalap et de la scammonée; — Eaude-vie camphrée, de l'alcool ordinaire dans lequel on a fait dissoudre un peu de camphre : c'est un bon résolutif.

EAU VULNÉRAIRE. Voy. VULNÉRAIRE.

EAUX. I. En Hydraulique, on distingue : d'une part, les eaux naturelles, qui sortent d'elles-mêmes de la terre et forment les divers cours d'eau, et les eaux artificielles, qui sont élevées au moyen de machines, soit pour remplir un réservoir et fournir à la consommation (Voy. Conduite des eaux, Aqueduc, Citerne, etc.), soit pour récréer la vue sous forme de jets d'eau, de gerbes, etc., comme les eaux de Versailles, de Saint-Cloud ; — d'autre part, les eaux jaillissantes, qui jaillissent d'elles-mêmes en sortant du sein de la terre, les eaux plates, qui remplissent les canaux, les étangs, etc., les eaux courantes, qui ont cours, telles que les rivières, etc., les eaux vives, qui coulent d'une source abondante.

IL Sous le rapport du Domaine, on distingue les eaux dépendant du domaine public, et celles qui ap-

?artiennent aux particuliers. Les cours d'eau navigales ou flottables appartiennent au domaine public ; on ne peut en détourner l'eau, ou en affaiblir le cours par des tranchées, fossés ou canaux, sans une autorisation du gouvernement ; mais il est loisible à chacun d'y puiser de l'eau, et de s'approprier l'eau ainsi mise à part (C. Nap., art. 538) (Voy. Halage, Bac, N w igation). — Quant aux rivières qui ne sont ni navigables, m flottables, elles sont, selon les uns, dans le domaine public ; elles appartiennent, selon les autres, aux personnes dont elles bordent les propriétés. Ces personnes peuvent, dans tous les cas, user de l'eau de ces rivières dans le parcours de leur héritage, à la charge de la rendre h son cours ordinaire. — Les ruisseaux appartiennent de droit aux propriétai-

res des héritages sur lesquels ils coulent; et par conséquent ceux-ci ont le droit de s'en servir pour l'irrigation de leurs fonds (art. 644-45). Les riverains doivent faire entretenir a frais communs les ouvrages jugés nécessaires par l'administration pour empêcber le débordement, le changement de cours ou la perte deseaux(I'oy. Pêche, Usine, Irrigation, Pluii, Égolt des toits, etc.). — Les canaux destinés à la navigation sont assimilés aux cours d'eau navigables ; les canaux d'irrigation, de dérivation ou de dessèchement appartiennent à l'Etat ou aux particuliers, selon que l'État ou les particuliers en ont fait la dépense. Ils sont tous soumis à la surveillance de l'administration, surtout pour le curage. — Les petits lacs, les étangs, appartiennent aux propriétaires des terres sur lesquelles ils se trouvent. — La propriété du sol emportant celle du dessus et du dessous, celui dans l'héritage duquel jaillit une source est propriétaire de cette source comme de l'héritage même, et peut s'en servir comme bon lui semble; mais si la source fournitaux habitants d'une commune, d'un village ou d'un hameau, l'eau qui leur est nécessaire, le propriétaire ne peuten changer le cours (art. 641-43;.

— Les eaux minérales Voy. ci-après) appartiennent à ceux qui les découvrent; cependant elles ne peuvent être exploitées qu'avec l'autorisation et sous la surveillance du gouvernement (Loi du 14 juill. 1856 et Décr. du 28 janv. 1860).— Voy. Marais, Mer, etc.

Eaux et forêts, expression collective par laquelle on désignait avant 1789 une juridiction chargée d'exercer la police sur les bois, la chasse, la pêche, et de statuer, tant au civil qu'au criminel, sur les contestations relatives aux eaux et forêts [Voy, Gruerie). Louis XIV régla ses attributions par une ordonnance de 1669. Cette législation a été remplacée par deux codes, le Code forestier et le Code de la pêche fluviale. L'administration des Eaux et forêts n'a plus auj. qu'un droit de surveillance et de police ; les questions de propriété sont dévolues aux tribunaux civils, et la répression des délits ou contraventions appartient aux tribunaux correctionnels ou de simple police.

Eaux ménagères. Ce sont les eaux qui ont été employées dans Féconomie domestique. Dans aucun cas, les propriétaires des fonds inférieurs ne peuvent être tenus de les recevoir. Si le sol ne les absorbe pas, il (aut creuser un puisard où elles puissent se perdre.

— Voy. Égout et Vannes (eaux).

III. En Physiologie, on appelle vulg. Eaux le liquide amniotique qui entoure le fœtus.

Eaux aux jambes. Les Vétérinaires appellent ainsi une maladie cutanée du cheval qui a son siège au pied et à la partie inférieure de la jambe, surtout aux membres postérieurs. Au début, la peau rouge, tuméfiée et douloureuse, laisse suinter un liquide séreux, encore peu odorant ; bientôt le poil tombe, la peau se crevasse, le liquide suinté devient plus opaque et prend une odeur piquante et infecte; enfin, si le mal devient chronique, on voit s'élever sur les parties dénudées de petits tubercules, d abord isolés, puis réunis en grappes, entre lesqueh la peau ne présente plus que quelques pinceaux de poils rares. L'humidité paraît être la cause ordinaire de cette maladie : les eaux ont été considérées à tort comme la source du cow-pox ou vaain. Voy. ces mots.

IV. En Chimie, on appelle Eaux mères le résidu de l'évaporation des salines et qui résiste à la cristallisation (Voy. Marais salants). — On donne aussi ce nom à toutes les eaux qui restent après qu'un sel s'est cristallisé, et qui sont tellement saturées qu'il leur est impossible de laisser cristalliser les sels, souvent déliquescents, qu'elles tiennent en dissolution : telles sondes eaux mères des salpêtres ; afin d'en tirer parti, on les mêle avec des lessives moins chargées.

eaux minérales, eaux chargées de principes étrangers, et employées le plus souvent en Médecine sous forme de boissons, de bains et de douches. Lorsqu'elles ont une température plus élevée quenelle des sources ordinaires, elles prennent le nom d'eaux

EAUX

EBÉNISTERIE.

thermales (Voy. ci-après). Les substances que les eaux minérales tiennent en dissolution sont des gaz (acide carbonique, azote, acide ralfhydrique), des sels (carbonate de :haux, sulfate Je chaux, sulfate de magnésie, chlorure de sodium, sulfate de fer), et des matières organiques de nature variable. Ces substances proviennent des roches que les eaux rencontrent dans leur trajet souterrain. On a constaté qu'un grand nombre de sources minérales renferment des quantités minimes d'arsenic et de cuivre, auxquelles elles doivent en partie leurs propriétés thérapeutiques. — On classe ordinairement les eaux minérales d'après la nature des principes auxquels elles doivent leurs propriétés actives.

Les Eaux chlorurées sont caractérisées principalement par la présence de chlorures, surtout de chlorure de sodium qu'elles contiennent en excès : telles sont les eaux de Balaruc (Hérault) qui contiennent en outre du cuivre, celles de Kissingen, de Hombourg, de Niederbronn, de Bourbonne : cette dernière contient en outre des iodures alcalins. — Les Eaux alcalines sont surtout remarquables par l'excès de leurs bicarbonates alcalins : les eaux de Vichy, d'Ems, de Plombières entrent dans cette catégorie. — Les Eaux sulfatées, le plus souvent purgatives, contiennent une quantité prépondérante de sulfates, surtout de sulfate de magnésie : telles sont les eaux de Sedlitz, de Marienbad, de Carlsbad, etc. — Les Eaux gazeuses acidulés ont une saveur aigrelette, et contiennent, outre des matières salines de nature variable, de l'acide carbonique libre qui s'en dégage par bulles en les rendant pétillantes : les principales eaux de cette espèce sont celles de Bade, de Seltz et de Wiesbaden (Nassau), de Condillac (Isère), de St-Galmier (Loire , de Soultzmatt (Ht-Bhin), de Niederselten, etc. — Les Eaux ferrugineuses ou martiales sont remarquables par leur goût d'encre, qu'elles doivent à une assez grande quantité de fer : telles sont les sources de Passy, de Bussang, de Contrexeville, de St-Dié (Vosges), du Mont-Dore (Puy-de-Dôme), de Forges (Seine-Inférieure), de Lamalou (Hérault), de Rennesles-Bains(Aude), dePyrmonten Westphalie, de Spa en Belgique, de Tœplitz en Bohème, etc. — Les Eaux sulfureuses se distinguent par leur odeur d'œufs pourris, qu'elles doivent à de l'acide sulfhydrique libre ou à des sulfliydrates, comme les eaux de Barégeset de Vernet (Htes-Pyrénées) , de Bagnères-de-Luchon (Hte-Garonne), d'Eaux-Bonnes (B.-Py rénées), d'Enghien (Seine-et-Oise), d'Uriageet d'Allevard (Isère\ de Gex (Ain), d'Aix-la-Chapelle (Prov. rhénane), de Schinznach en Suisse, etc.

On peut faire usage en tout temps des eaux minérales naturelles transportées loin de la source; mais ce n'est que dans la belle saison que les malades peuvent en recueillir tout le bénéfice désirable, en allant les prendre sur les lieux. C'est ordinairement du mois de mai au mois d'octobre qu'on s'y rend, un peu plus tôt ou un peu plus tard, suivant la nature du climat des pays où elles sont situées. On partage presque toujours le temps des eaux BU plusieurs époques de 15 à 21 jours, auxquelles on donne le nom de saisons.

On imite artificiellement la plupart des eaux minérales, particulièrement les eaux acidulés ga/.euses, et l'on est môme arrivé, à l'aide de machines, ;t exercer une assez forte pression pour charger lis produits d'une quantité d'acide carbonique supérieure à celle que renferment les eaux naturelles. — On a imaginé des appareils dits gazogènes à l'aide desquels un mélange d'acide tartrique et de bicarbonate de soude produit de l'eau de Seltz pour l'usage delà table.

L'action des eaux minérales sur rorganisme a >:■' reconnue des les temps antiques; bien des sennes

m vogue auj. étaient déjà utilisées par les Romains, etVitruve explique très bien leur mode de formation Dans les temps modernes, beaucoup de chimistes se sont occupés de leur analyse. On trouve dans le Traité îles drogues simples de M. Cuibourt, dans ;e

Compte-rendu des travaux des ingénieurs des mine* (Paris, 1841), dans la Chimie médicale et le I) nuire de chimie pure et appliquée de M. Wurtz dea renseignements sur la valeur des diverses eaux minérales, leur analyse, leur température, leur débit. Voi r aussi A. Rotureau, Des eaux minérales de Fratu >■ ut d'Europe; Chenu, Dictionnaire des eaux minérales; la. Bourdon, C. James, Durand Fardel, etc.; J. François, Rapports du Jury de f Exposition unie. de 1807 (t. VIII, p. 44-56).

eaux thermales (du gr. Gîpjxô;, chaud), eaux minérales qui viennent sourdre à la surface de la terre avec une température plus élevée que celle des sources ordinaires; elles tiennent en dissolution une assez grande quantité de silice et paraissent devoir leur haute température à la grande profondeur d'où elles proviennent. Les eaux tbermalessont très-communes dans les pays volcaniques, comme en Auvergne, dans le Vivarais, sur les bords du Rhin, dans les environs de Naples, dans les Pyrénées, etc. Leur température varie beaucoup; celle des geysers Voyi ce mot) de l'Islande dépasse 100°. A Chaudes-A en Auvergne, les habitants emploient l'eau thermale à chauffer leurs maisons. Les eaux thermales jouissent toutes de propriétés médicales particulières.

ÉBAUCHE (du préfixe é p. es, et de bauche, mortier). Voy. Esquisse et Dessin.

EBAl'CHOIR, nom donné à divers outils servant à ébaucher un travail, à lui donner la première façon.— Les Charpentiers appellent ainsi un ciseau pour ébaucher des mortaises.

ÉBÉNACÉES (d'ébene), famille de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes : calice persistant offrant de 3 à 6 divisions, étamines en nombre double ou quadruple ; fleurs axillaires ; feuilles alternes ; le fruit est une baie ovoïde et polysperme. Le typ • de cette famille est le genre Plaqueminier, dont une espèce fournit le bois d'ébène. Voy. ci-après.

llti.M (du gr. £6evo<;), bois excessivement dur et pesant, propre à recevoir le plusbeau poli; on distingue VÈ. noire, VE. rouge et \'É. verte. — L ■ noire vient de \Ébénier Voy. ci- après) : les tl< s de Madagascar et de Maurice en fournissent beaucoup; on l'emploie à des ouvrages de marqueterie, du tabletterie, à des instruments et meubles de' toute espèce. On en fait moins usage auj., parca qu'on l'a remplacée par d'autres bois, et qu'en outre on est parvenu à l'imiter parfaitement en teignant en noir des bois durs, tels que le cerisier et le merisier. — Les ébènes colorées proviennent de plantes tri Bdiverses, telles que le Cytise des Alpes, une liignone, etc. L'ébène rouge, ou grenaddle, est employée par les tabletiers ; l'ébène verte, ou bois </Vvilqsse, s'emploie en marqueterie et en teinture.

l'iti ..Miit, Diospy r os ebenu m, nom vulgaire d'une espèce du genre Plaqueminier [Voy. ce mot), qui donne l'ébène 7ioire. — On nomme Faux-El le Cytise des Alpes; É. de montagne, la Bauliinie acuminée; É. d'Orient, la Mimosa sebbeek ; L\ épineux, une espèce de Palmier.

h'Ebène fossile, commun dans les mines de li. parait constituer le /au. Voy. ce mot

ÉHÉNISTERIE [û'ébène), branche de la menuiserie qui comprend la fabrication de toute espè meubles en buis précieux, soit massifs, soit plaqués, ainsi que de tout autre ouvrage de rapport ou de marqueterie. Les bois le plus communément employés en ébénisterie sont : parmi les bois indigènes, le noyer, le frêne, l'orme, l'amandier, le bois

de S;e Lucie, etc.; parmi les bois exotiques, l'acajou, le palissandre, le bois de rose, le citron, I»' gaiâc, le santal, le thuya OU citre, les .'•)>>' i. plupart des meubles eu bois massif sont faits en bois

indigène, surtout en chêne; leur prix, dépend de la

façon dent ils sont sculptés : quelques-uns sont -eus ce rapport de véritables chefs-d'œuv re. Près. pie tous bs bois exotiques s'emploient plaques : on construit un bdtt en bois ordinaire, qu'on revêt ensuite de pis-

EBULL1TI0N.

ECAP.LATE.

nés de bois précieux. Ce procédé, qui date de la fin in xvuc siècle, a le double avantage de ménager des bois rares et de les faire valoir par la symétrie ou l'opposition des pièces rapportées. Quand le meuble 'est plaqué, il ne reste plus qu'à le polir et à le couvrir d'une couche de vernis. Quelquefois on y fait des incrustations en écaille, ivoire, cuivre, etc. (l'o//. Mardi eteril), ou on y applique en relief des ornements de bronze ou de cuivre doré.

Les ébénistes firent d'abord partie de la corporation KS maîtres menuisiers et s'appelèrent menuisiers île )>lncage ou de marqueterie; plus tard, en 1776, on réunit en un seul corps les maîtres ébénistes, les tourneurs et les layetiers.

L'art de l'ébénisterie était connu des anciens. Chez les modernes, ses produits ne commencèrent à être remarquables qu'à l'époque de la Renaissance. Auxve siècle, Jean de Vérone avait trouvé le secret de teindre les bois de diverses couleurs. Après lui, Philippe Brunelleschi et Benoît de Majano furent de véritables artistes. En France, on cite, au xvir5 et au xvin* siècle, les noms de Jean-Marie de Blois et surtout de Boule, et de nos jours, ceux de Kolping, Verner, etc. Le faubourg St-Antoineest, à Paris, le quartier centra^ de l'ébénisterie. Voy. Meubles.

e'bÉNOXYLE [du gr. e6evo;, ébène, et ^j).ov, bois), Wbenoxylon, genre de la famille des Ébénacées, est fondé sur une espèce de la Cochinchine, YE. vrai, qui a passé longtemps pour produire le vrai bois Wébène. Son écorce est verdâtre, son aubier blanc, et le cœur du bois d'un très-beau noir.

ÉBLOUISSEMEJW, trouble momentané de la vue, est causé tantôt par l'impression subite d'une trop vive lumière, tantôt par quelque cause interne, telle qu'une congestion cérébrale, etc.

ÉBOXITE, variété de caoutchouc durci. Voy. Caoutchouc.

ÉBORGNAGE, opération d'Hortici:lture, qui consiste à supprimer, immédiatement après la chute des feuilles, les bourgeons ou œils que l'on juge inutiles: il ne faut pas confondre cette opération avec Yébourgeonnement. Voy. ce mot.

ÉBOTTER, terme de Jardinage. Lorsqu'un arbre est en danger de périr, on Yébotte, c.-à-d. on en ôtc toutes les petites branches et on n'y laisse que les plus grosses, taillées fort court.

ÉBOURGEONNEMENT, opération d'Horticulture, par laquelle on retranche d'un arbre les bourgeons superflus, afin de donner aux branches principales plus de vigueur et d'obtenir ainsi de meilleurs fruits. V ébourgeonnement s'exécute au printemps sur le bourgeon poussant, contrairement à Yéborgnage, qui a lieu pendant la morte-saison.

ÉBROUEMENT (orig- incertaine), sorte d'éternument qui a lieu chez les animaux domestiques : il consiste en une expiration forte et sonore, mais volontaire et sans caractère convulsif, et qui est accompagnée d'une vive secousse delà tête. Le cheval Yébroue quand il est surpris ou effrayé. EBULLITION (du lat. ebullitio), transformation d'un liquide en vapeur, s'opérant dans la masse liquide sous la forme de bulles qui naissent çà et là, principalement sur les parois du vase, et qui s'élèvent en grossissant jusqu'au niveau ; là ces bulles soulèvent une pellicule hémisphérique de liquide, la crèvent et la vapeur se dissipe dans l'atmosphère. Ordinairement on produit l'ébullition en plaçant sur un foyer de chaleur le vase qui contient le liquide. Au bout de quelque temps, l'air dissous s'élève sous la l'orme de petites bulles gazeuses ; puis on voit des bulles plus grosses naître aux points voisins du foyer, * élever en diminuant de volume, et disparaître sans atteindre le niveau ; en même temps on e»tend un bruissement, qu'on appelle citant du liquide. Ces bulles sont formées par de la vapeur ; elles disparaissent parce qu'elles se refroidissent en montant, au contact de couches liquides moins chaudes, et qu'elles se transforment de nouveau en liquide; de là résulte un

vide, dans lequel le liquide environnant se précipiteavec bruit. Cette opération échauffe peu à peu toute la masse liquide, et alors l'ébullition est en pleine activité. — Pendant l'ébullition, la température est constante; cette température dépend de la nature du liquide, de celle du vase, et de la pression que supporte le liquide. Plus la pression est faible, plus la température d'ébullition est basse ; c'est ainsi qu'on peut faire bouillir de l'eau, sans foyer apparent de chaleur, en la plaçant sous le récipient de la machine pneumatique et faisant le vide : dans ce cas, la chaleur vient des corps environnants. Il y a toujours consommation de chaleur dans l'ébullition. L'eau bout à 100" centigrades sous la pression d'une atmosphère ; un kilogr. d'eau exige alors pour se réduire en vapeur 536 calories. — Une condition indispensable de l'ébullition, c'est qu'il y ait dans la masse liquide ou sur les parois de petites bulles gazeuses dans lesquelles la vapeur puisse se développer. Ainsi l'eau complètement purgée d'air ne bout pas.

En Médecine, on nomme Èbullition toute espèce d'éruption passagère qui survient à lapeau sans mouvement fébrile ou avec une fièvre de courte durée.

ÉBURNATION (du lat. ebur, ivoire), transformation accidentelle que subissent quelquefois les cartilages et qui leur donne la couleur et la consistance de l'ivoire. Voy. Cartilage.

ÉCAILLE (orig. germaniq.). En Zoologie, on appelle écailles, ces plaques osseuses ou cornées qui recouvrent la peau de la plupart des Poissons, et celle des Sauriens, des Ophidiens et des Tortues. On en trouve aussi sur les pieds des Oiseaux, sur les ailes des Manchots et des Sphénisques, sur la queue des Rats et des Castors, sur quelques Édentés (Tatous, Pangolins, etc.), sur les ailes des Lépidoptères, sur plusieurs Charançons, sur lesLépismes, etc.

Dans l'Industrie et dans les Arts, on emploie Yécaillede tortue. La plus belle se tire de l'espèce appelée Caret [Voy. ce mot). On trouve dans le commerce quatre sortes d'écaillés : la 1", et la plus estimée, est celle qui se pêche dans les mers de la Chine, principalement sur les côtes de Manille ; la 2e vient des Seychelles; la 3e, dite d'Egypte, est expédiée de Bombay par la voie d'Alexandrie : elle est en feuilles petites, minces, terreuses, et souvent sujettes à se dédoubler ; la 4e, qui vient d'Amérique, est en grandes feuilles, d'une couleur plus rougeàtre au fond que les précédentes et à grandes jaspures. Pour façonner l'écaille, on la ramollit dans l'eau chaude, et on la met aussitôt dans un moule où on la comprime à l'aide d'une presse. L'ouvrier polit ensuite l'écaillé façonnée.

— Ce que l'on nomme écaille fondue provient des rognures de l'écaillé naturelle que l'on a ramollies dan» l'eau bouillante et soumises ensuite à la presse.

Ecailles d'huîtres. Voy. Huître.

écaille. En Botanique, on appelle ainsi toute iame mince, sèche et coriace, qui recouvre quelque partie de la plante, comme celles qui forment le calice deplusieurs Composées, ou la balle et la glume des Graminées, etc.

ÉCABLATE (orig. incertaine^, couleur rouge fort vive, qu'on obtient ordinairement en traitant la cochenille par la crème de tartre et le chlorure d'étain. Pendant longtemps, l'écarlate ne fut préparée qu'en Hollande. Ce fut par les soins de Colbert que le procédé de cette teinture fut introduit et appliqué en France, auxGobelins, où il fut perfectionné. Pour teindre le drap en écarlate, on commence par lui donner une teinte de jaune avec le fustet, le quercitron ou le curcuma ; on le plonge ensuite dans l'écarlate, on l'y laisse bouillir pendant une heure ; puis on le lave à l'eau de rivière, et on le fait sécher.

— Au moyen âge, le mot écarlate désignait moins une couleur quelconque que la perfection même de la teinture ; ainsi il y avait de l'écarlate verte, bleue, noire, etc.

On a donné le nom A' écarlate de graine au kermès, insecte qu'on prenait pour une galle du chêne, par

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