ÉTAIN
ÉTABLE (du lat. stabttlum), lieu destiné au logement des bestiaux, et surtout des bœufs et des vaches. Les conditions principales de la salubrité d'une étable sont l'espace et le renouvellement de l'air. La largeur de l'enceinte doit être de im à &m50, et la longueur, proportionnée au nombre des bêtes, doit laisser pour l'espace réservé à chaque bœuf lm,50 ; il faut 0m30 de plus pour les vaches : les râteliers et les mangeoires doivent être les mêmes que dans les écuries. Voy. Écurie.
ÉTABLISSEME>'T (d'établir), se dit, en général, de toute institution, de toute fondation qui doit avoir de la durée. Il est quelquefois synonyme d'ordonnance ou de loi : tel est le recueil de lois connu sous le nom d'Établissements de St Louis. Mais il désigne plus spécialement un édifice, une maison construite dans le but de servir à des intérêts publics ou privés. Les hospices, les hôpitaux, les écoles publiques, les banques, les manufactures de l'Etat, etc., sont des établissements publics; les usines, fabriques ou manufactures particulières, les ateliers, cabinets d'affaires, et généralement toutes les exploitations, sont des établissements privés.
Toute association particulière, telle que société de secours mutuels ou de prévoyance, société scientifique, littéraire, artistique, agricole, etc., ne peut avoir légalement la qualité d'établissement d'utilité publique que si elle a été autorisée par le gouvernement : cette autorisation lui donne le droit d'acquérir, de posséder, de recevoir des legs ou donations, en un mot d'être considérée comme une personne civile ^C. Nap., art. 910 ; Décret du 25 mars 1852).
Aux termes des décrets des 15 octobre 1810, 25 mars 1852 et 31 déc. 1866, les établissements industriels qui sont de nature à incommoder ou qui peuvent altérer la santé des hommes et des animaux domestiques, compromettre la sûreté des habitations, ou nuire aux récoltes et aux fruits de la terre, ainsi qu'aux produjts artificiels, sont rangés sous Jes dénominations d'É. dangereux, E. insalubres, É. incommodes, en trois catégories, qui sont soumises, d'après le degré des inconvénients qu'ils présentent, à des prescriptions plus ou moins sévères. La lrc renferme ceux qui ne peuvent être établis près des habitations particulières, à raison des accidents auxquels ils pourraient donner lieu : telles sont les poudrières, les capsuleries, les fabriques de machines à vapeur, etc. La 2e comprend les établissements qui répandent des exhalaisons insalubres, comme les usines où se fabriquent certains produits chimiques, et dont on ne permet la formation qu'en dehors des villes et après s'être assuré qu'ils ne seront pas nuisibles aux voisins. La 3e renferme les établissements qui, bien qu'incommodes, peuvent rester sans inconvénient près des habitations : fabriques de noir animal, de suif, de savon, de vernis, raffineries, etc. Les 1er" et les 2e* sont autorisés par les préfets ; les 3e' par les sous-préfets; à Paris l'autorisation est accordée par le préfet de police.
Dans la Marine, l'établissement est le retard constant pour un même port, mais variable d'un port à l'autre, de l'heure de la haute mer sur l'heure théorique à laquelle elle devait arriver. Voy. Marée.
ÉTAGE du lat. fictif st aticum ;de stare), ensemble des pièces d'une maison situées sur un même plan horizontal. On appelle étage souterrain, ou sous-sol, les pièces en contre-bas du sol ; rez-de-chaussée, celles qui sont immédiatement sur le sol; entresol, celles qui sont entre le rez-de-chaussée et le premier étagè; mansarde?, ou étage en galetas, celles du grenier. Dans les villes, à Paris, p. ex., les maisons ont
Ide 3 à 5 étapes: on en voit quelques-unes qui en ont 6, 7 et même davantage. Quelquefois les mansardes sont remplacées par un étage ordinaire, construit en retraite au-dessus de la corniche, et dit en attique. Etage géologique. Voy. Formation et Terrains. ET.VGfcltE, synonyme de dressoir (Voy. ce mot). • :ii~<i un meuble do salon bi^n connu et ainsi
appelé parce qu'il est formé de planches superposées.
ÉTAGUE, terme de Marine. Voy. Itaoi k.
ÉTAI(du flamand staye, appui), pièce de bois qui sertà soutenir un plancher, un mur, un édifice, etc. Des étais sont placés toujours entre deux couches ou plates-formes, tantôt horizontalement, tantôt de bas en haut ou sur les cotés, selon la direction des murs à soutenir. Les étais droits de forte dimension se nomment élançons; les étais latéraux se nomment contre-fic/ies. — Dans la Marine, on nomme état un gros cordage capelé, à douze torons, qui sert à soutenir les mâts d'un navire contre les efforts qui pourraient tendre à le renverser de l'arrière vers l'avant, comme les haubans l'affermissent de l'autre côté.
ÉTAEX, en lat. stannum, en grec ■/.inn'T.zyK, le Jupiter des alchimistes, corps simple, métallique, d'un blanc grisâtre, mou et très-malléable. Il communique aux doigts une odeur particulière. Quand il est en baguettes, on le ploie aisément : il fait alors entendre un craquement particulier, appelé le cri de l'étuin, qui est dû au brisement des cristaux rudimentaires renfermés dans la masse métallique. La densité de l'étain est de 7,29. Il commence à fondre à 228°. Entretenu en fusion au contact de l'air, il se recouvre d'une pellicule grisâtre appelée la crasse, et finit par se convertir entièrement en un oxyde pulvérulent, appelé communément potée d'étain. L'étain se rencontre dans la nature sous la forme d'oxyde, et plus rarement sous celle de sulfure. On extrait l'étain de l'oxyde en le calcinant avec du charbon dans des fours à réverbère. Les mines d'étain du comté deCornouailles, en Angleterre, sont les plus considérables de l'Europe ; le Mexique, l'île de Banca et la presqu'île de Malacca, dans la mer des Indes, fournissent également beaucoup d'étain ; on en trouve aussi, mais en moindre quantité, en Allemagne et même en France ( Voy. Étain oxydé). L'étain des Indes est le plus pur, surtout celui de Malacca; on l'appelle étain en chapeau, parce qu'il est en pyramides quadrangulaires à sommet tronqué, et dont la base est entourée d'un rebord saillant horizontal. L'étain d'Angleterre est en saumons ou en lingots ; il renferme du cuivre et un peu d'arsenic.
L'étain résiste à l'acide acétique, et est à peine attaqué par l'acide sulfurique ; mais l'acide nitrique agit sur lui avec violence et le convertit en oxyde. L'acide chlorhydrique l'attaque aussi à chaud, avec dégagement d'hydrogène, et le convertit en un chlorure, employé dans les arts sous le nom de sel d'étain.
L'étain forme avec l'oxygène deux combinaisons : le protoxyde ou oxyde stanneux [SnO], et le deutoxyde, acide ou oxyde stannique [SnO2]. Chacun de ces oxydes forme des sels. Parmi les combinaisons de l'étain, le deutoxyde, le sulfure et les deux chlorures présentent seuls de l'importance. Voy. Sulfures et Chlorures.
L'étain sert à confectionner une foule d'ustensiles pour l'usage domestique, des cuillers, des assiettes, des vases pour contenir les liquides. On l'emploie pour augmenter la fusibilité et la ténacité de quelques alliages. En variant les proportions de l'alliage d'étain, de plomb et de bismuth, on obtient des produits fusibles de 94 à 300°, qui sont employés à divers usages ; on avait proposé notamment d'en confectionner les plaques fusibles qui s'adaptent aux chaudières a vapeur. L'alliage dit de Biberel, du nom de son inventeur, est beaucoup plus dur que l'étain commun, et s'emploie pour Vétamage (Voy. ce mot). La soudure des plombiers est composée de 1 p. d'étain et de 2 p. de plomb. Les feuilles métalliques des boîtes à thé provenant de la Chine sont formées de 36 p. d'étain et de 64 p. de plomb. Les feuilles qui servent à doubler les bouteilles électriques, les boites à tabac, à envelopper le chocolat, le sucre de pomme, etc., ont à peu près la même composition. Les combinaisons de l'étain avec le chlore servent dans la teinture.
L'usage de l'étain était déjà fort répandu chez les anciens. Les mines de Cornouailles étaient exploitées
KTAMAGE.