ETAT
ble s'appelle androcëe. Chaque étamine est formée : ■ 1° d'un filament délié appelé filet et quelquefois atbdrop/tore ( Voy. ce mot) ; 2° d'une anthère située à la partie supérieure du filet , et composée de deux petites poches adossées l'une à l'autre ; 3° du pollen, espèce de poussière formée de très-petits globules et contenue dans l'anthère. Quelquefois, les deux loges de l'anthère sont séparées par un support transversal appelé connectif. Les étamines sont dites monadelphes, lorsque leurs filets sont soudés entre eux de manière à ne former qu'un seul faisceau (Mauve) : dùxdelpltes, lorsqu'elles forment deux faisceaux distincts (Légumineuses) ; potyade/phes, lorsqu'elles en forment plus de deux (Orangers). On les nomme didynames lorsqu'il y en a 2 grandes et 2 petites dans la même fleur (Labiées), et tétradynames lorsqu'il yen a 4 grandes et 2 petites (Crucifères). On les appelle encore hypogynes lorsqu'elles ont leur point d'insertion au niveau de la base de l'ovaire ou au-dessous (Graminées) ; périgynes, lorsqu'il est au-dessus (Rosacées) ; épigynes lorsqu'il est sur le pistil même (Orchidées). Enfin, les étamines sont dites syngénèses lorsque leurs anthères sont soudées entre elles, comme dans l'immense famille des Composées.
Çrew est le premier qui ait appelé l'attention des botanistes sur le rôle des étamines comme organes fécondants. Linné avait pris le nombre et la disposition des étamines pour base de son système de classification : il appelait les végétaux à une seule étamine monandres ; ceux à deux étamines, diandres; à trois, triandres; à quatre, tétrandres; à six, hexandres ; à sept, lieptandres ; h douze, dodécandres ; à vingt, icosandres, et au delà, polyandres. A.-L. de Jussieu s'est servi de leur insertion comme caractère des classes de sa méthode naturelle.
ÉTAMPE ou estampe. Voy. Estampage.
ÉTA>ÇOX (du vieux fr. estante, appui, soutien), grosse pièce de bois destinée à soutenir un mur ou un plancher qui menace ruine. C'est un étai de forte dimension (Fo!/.ÉrAi).Lesétaiiçons doivent être plantés le plus verticalement possible. — Dans la Marine, on nomme ainsi des pièces de bois posées debout, qu'on met quelquefois sous les baux pendant que les vaisseaux sont amarrés dans le port, pour les soutenir et diminuer la fatigue. — Les étançons des presses d'imprimerie sont des pièces de bois qui maintiennent la presse inébranlable dans sa manoeuvre.
ÉTANG (du \a.t.stagnum), étendue d'eau peu profonde et sans écoulement, située dans l'intérieur des terres. Il y a des E. naturels et des É. artificiels. Les premiers sont de petits lacs d'eau douce ou d'eau salée formés par les pluies, par des sources, par le retrait de la mer ou par des sables que les vagues ont amoncelés. Les étangs formés par les pluies et les sources reposent ordinairement sur un fond composé de terre végétale et de détritus organiques entraînés par les eaux, que l'agriculture utilise comme engrais. Les étangs formés par le retrait de la mer ou par l'amoncellement des sables sont très-nombreux : c'est ainsi que s'est formée cette longue suite d'étangs que nous présentent les landes aquitaniques. — Les É. artificiels sont des amas d'eau retenus par une chaussée et où l'on élève du poisson. Souvent leur objet principal est de laisser reposer un sol fatigué et de le rendre plus propre à recevoir la culture. On appelle évolage l'assolement auquel est soumis un étang alternativement inondé pour produire du poisson, et mis en assec pour rapporter de l'herbe ou même des céréales. La construction de ces étangs exige quele terrain retienne bien l'eau, et que celle-ci puisse y affluer suffisamment des sources et des montagnes. On peut remédier à la perte des eaux en garnissant le fond d'un banc d'argile. Aprèsavoir entouré l'aire de l'étang d'une chaussée de tourbe et d'argile soutenue par des pieux ou de la maçonnerie, on établit dans la partie la plus déclive une bonde pour retenir ou laisser sortir l'eau à volonté, puis des poêles ou fossés où se rend le poisson et où on le pèche lors-
que l'on vide l'étang; enfin un déchargeoir où èont. reçues les eaux surabondantes. \Jempois*onnemei>r. des étangs a lieu ordinairement au printemps, et avec du poisson de 1 et de 2 ans; on le fait toutefois à l'automne pour la />o.se,c.-à-d. pour la ponte : on évita ainsi d'empoissonner un étang a\ec du poisson qui a déjà jeté son frai.
ÉTAPE (du b.-lat. stapula; orig. germaniq.).Dans l'origine, ce mot était synonyme de marché public ou de ville où se tient foire et marché. Plus tard, il désigna le lieu de gîte et de distribution des vivres et fourrages aux troupes en marche. Henri III le premier désigna les villes, bourgs et villages où les troupes en marche devaient s'approvisionner. En 1623, Louis XIII prescrivit la formation de 4 grandes lignes d'étape traversant tout le royaume, et de plusieurs lign s secondaires. La première carteaVétape fut établie sous le ministère de Louvois. Depuis la Révolution, cette carte a été renouvelée en 1800, 1814 et 1842. Un livret itinéraire, publié en 1844, indique les lignes d'étapes actuellement existantes et les distances à parcourir d'un gîte a un autre. On compte aujourd'hui en France, 1159 gîtes d'étapes, séparés par des distances qui varient de 30 à 40 kilomètres. — Autrefois, on donnait aussi le nom d'étape aux fournitures de vivres, de fourrage et de chauffage destinées aux troupes, et celui d'étapier au fournisseur d'étapes. Ces fournitures, remplacées, en 171 S, par un supplément de paye, mais rétablies de nouveau en 1727, ont subsisté jusqu'en 1789. L'indemnité de route a remplacé ces fournitures. — Voy. Loci ment.
ÉTAT (du lat. status), société civile et politique réunie sous des lois, régie par une autorité publique chargée de les exécuter, et formant un corps de nation par la communauté des mœurs, des sentiments et des intérêts généraux. 1" Au point de vue historique, les origines sont diverses: agrégation spontanée de tribus soumises à une seule autorité, comme dans les temps anciens; émigration et conquête aboutissant au mélange de plusieurs races, comme l'invasion des barbares à la chute de l'empire romain; contrat social nommé constitution, rédigé pour former un État, comme chez les républiques de l'Amérique, ou pour le transformer, comme chez la plupart des peuples modernes en Europe. 2° Au point de vue rationnel, il a pour but direct la justice, c.-à-d. l'application du droit par un pouvoir social, conformément aux besoins et au degré de civilisation d'une époque; et pour but indirect, l'accomplissement de la destinée humaine, en tant qu'il en fournit les conditions qui dépendent de la volonté individuelle ou collective des citoyens, pour le droit, la morale, la religion, les sciences et les arts, l'éducation et l'instruction, l'industrie et le commerce. Les institutions qui réalisent ces conditions doivent à la fois assurer à l'État, dans chaque sphère d'activité, la part d'influence qu'exige l'intérêt social, et aux citoyens, la liberté de poursuivre individuellement ou collectivement les différents buts rationnels de la vie humaine, liberté impossible sans le respect de la famille et de la propriété. 3" De ces principes résultent les droits et les devoirs réciproques de l'État et du citoyen. D'un côté, la mission de l'État suppose des pouvoirs publics qui s'exercent au nom et dans l'intérêt de la nation, le pouvoir législatif qui rédige les lois, le pouvoir exécutif qui les fait observer dans leur ensemble par la société tout entière, le pouvoir judiciaire, qui les applique à tous les cas particuliers dans les affaires litigieuses. De l'autre côté, les devoirs du citoyen découlent desconditions générales sur lesquelles reposent l'existence et l'organisation del'État, le respect de la constitution, l'obéissance aux lois civiles et politiques, un concours actif à l'exécution de ces mêmes lois par le payement de l'impôt, le service militaire, etc.: la raison de ces obligations est dans les bienfaits que la société accorde à chacun de ses membres, dans la protection dont elle couvre sa personne et ses biens, et en général, dans les droits civils et politiques dont elle lui confère la