‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 593 sur 1672 · ÉTUDE · texte numérisé non relu

ÉTUDE

an XI, art. 9), et de faire partie de l'armée (Loi du 21 mai 1832, art. 2) ; 2° il est assujetti à certaines mesures spéciales de sûreté : ainsi l'étranger vagabond peut être expulsé du territoire (C. pén., art. 272); l'étranger réfugié peut aussi, dans l'intérêt de la sûreté publique, être interné ou bien expulsé (Loi du 3 déc. 18A9, art. 7) ; 3° en matière civile, les étrangers sont frappés des incapacités suivantes : pouvoir être traduits quoique défendeurs, devant le tribunal du domicile du demandeur français [C. Nap., art. 14), ne pouvoir plaider comme demandeurs qu'en fournissant la caution judicatum solvi (C. Nap. art. 16; Voy. Caution), ne pouvoir faire cession de biens (C. de proc, art. 905), être régis par la loi de leur pays, quant à leur étatet à leur capacité (C. Nap., art. 3). Ces incapacités peuvent être et ont été souvent levées parles traités diplomatiques. Quant aux autres droits civils, en général, il y a controverse pour savoir si les étrangers en jouissent de plein droit comme les Français ou s'ils ne les ont qu'en vertu de traités diplomatiques ; on admet plus généralement aujourd'hui la première solution qui est plus favorable. Il y a d'ailleurs une catégorie d'étrangers qui jouit absolument des mêmes droits civils que les Français, et pour laquelle ces incapacités n'existent pas, c.-à-d. ceux qui ont obtenu l'autorisation d'établir leur domicile en France. — La condition des étrangers s'est beaucoup améliorée depuis la Révolution; les lois de 1790 et de 1791 ont aboli le droit & aubaine qui attribuait à l'État les biens de l'étranger défunt ainsi que celui de détraction {Voy. ce mot), et la législation marche vers une assimilation de plus en plus complète entre le Français et l'étranger au point de vue du droit civil. — Dans la plupart des pays de l'Europe, notamment en Autriche et en Russie, les étrangers sont soumis à des règlements de police fort gênants ; en Angleterre, ils ne peuvent acquérir des immeubles; au contraire, aux États-Unis, ils ont droit de cité après un an de résidence. — Voir Démangeât, Condition civile des étratigers en France (Paris, 1854). Voy. aussi Naturalisation.

ETRANGLEMENT. V. STRANGULATION et Hernie.

ÉTRAVE, suite de pièces courbes qui forment la proue d'un vaisseau et soutiennent le beaupré. On nomme élancement de l'étrave la saillie que forme l'étrave: elle porte, comme l'étambot, qui est à l'arrière, une échelle, pour mesurer le tirant d'eau de l'avant. La longueur d'un bâtiment se mesure de l'étrave à l'étambot.

ETRE (du lat. esse). L'idée de l'être est l'idée générale la plus élevée ; elle se fonde sur l'idée abstraite la plus simple, celle d'existence.On distingue l'être concret et l'être abstrait, l'être contingent et l'être nécessaire, l'être réel et l'être possible. L'intelligence ne peut penser sans penser l'être, sous quelqu'une de ses formes, puisque le néant absolu est impossible à concevoir ; par suite, toute science particulière a pour objet l'étude d'une classe déterminée d'êtres, de modes ou de phénomènes.. La Philosophie, étant la science générale des premières causes et des premiers principes, a pour objet l'étude de tous les êtres, c. à-d. des corps, des âmes et de Dieu ; il n'y a donc pas lieu d'admettre, sous le nom d'Ontologie, une science spéciale de l'être en tant qu'être.

ETRENNES (du lat. strenœ), présents que l'on fait le premier jour de l'année. On fait remonter l'origine des étrennesjusqu'au temps du roi Tatius : ce prince ayant reçu comme un bon augure des branches coupées dans un bois consacré à la déesse Strenua, ou la Force, et qu'on lui présenta le premier jour de janvier comme un signe de paix et de concorde entre les Romains et les Sabins, cet usage subsista depuis, et tous les Romains se firent de semblables présents en se souhaitant une heureuse année ; ces présents prirent le nom de strenœ, en souvenir de la déesse Strenua. D'autres donnent au mot strena le sens de bon présage, de bonheur qui doit se répéter trois fois {trena, terna). Quoi qu'il en

soit, les étrennes, chez les Romains, consistaient en figues, dattes, miel, etc.; on y ajoutait une petite pièce de monnaie [stips), comme présage de richesse. On portait aussi des étrennes aux patrons, aux magistrats et aux empereurs. Les Grecs empruntèrent aux Romains l'usage des étrennes. Il passa aux Chrétiens, malgré l'opposition des conciles et des Pères de l'Église-, qui le décrièrent comme un abus ; et il subsiste encore. En Angleterre, on donne les étrennes àNoël. — On doit à J. Spon un ouvrage curieux intitulé : Lettre sur l'origine des étrennes(161ti).

ÉTRÊPE ou éterpe, espèce de pioche pour arracher les mauvaises herbes. On appelle étrépage l'action d'enlever la surface d'une partie d'un sol en jachère pour amender le reste.

ÉTRÉSILLON (du préf. é p. es, et de trésillort, se dit, en Architecture, de pièces de bois en forme d'arcsboutants qu'on place en travers dans les tranchées d'une fondation, dans les galeries d'une mine, etc., pour empêcher les terres de s'ébouler, ou dans un bâtiment, pour soutenir, pour étayer les murs qui déversent ou qu'on reprend en sous-œuvre. — On nomme encore étrésillons,les morceaux de bois qu'on fait entrer de force entre les solives d'un plancher pour le consolider.

ÉTRIER (du flam. striepe, lanière), appui pour le pied du cavalier, est formé d'une sorte d'anneau, de fer ou de cuivre, suspendu à la selle au moyen d'une longe ou courroie, dite étrière ou et rivière. On appelle œil de l'étrier l'ouverture dans laquelle passe i'étrière ; planche, la partie où pose le pied. Les étriers des femmes sont fermés par devant pour empêcher le pied de passer. — La forme des étriers a varié selon les temps et les peuples. Les Orientaux et les Arabes se servent d 'étriers très-larges et très-hauts qui leur emboîtent tout le pied. Les anciens n'ont pas connu l'usage des étriers. Il n'en est pas fait mention dans l'histoire avant le ve siècle : encore, les premiers étriers n'étaient-ils que de simples courroies.

Les Anatomistes ont donné le nom d'étrier&u plus interne des osselets de l'oreille (F. Oreille). — C'est aussi le nom d'un bandage pour la saignée du pied.

Dans la Marine, les étriers sont des pièces de fer à deux branches qu'on emploie comme chaînons : on distingue l'Ê. du gouvernail, les É. des chaînes de hauban, etc. — Les Charpentiers, les Charrons, etc., appellent étrier une bande de fer accolant une poutrerompue, ou une pièce de bois quelconque.

ÉTRILLE (du lat. strigilis), sorte de brosse en fer pour le pansage du cheval. L'étrille se compose d'un coffre, plaque de tôle rectangulaire, garni de deux rebords dentés, et de quatre lames de fer parallèles. Trois de ces lames sont dentées ; celle qui ne l'est pas et qui forme le 3e rang s'appelle couteau de chaleur. On nomme marteaux deux morceaux de fer saillants qui sont rivés au coffre et sur lesquels on frappe l'étrille pour faire tomber la poussière.

étrille, petit Crustacé. Voy. Portune.

ÉTR1VE (d'estrif, lutte, combat). On dit, en Marine, qu'une manœuvre vient en étrive, lorsqu'au lieu d'être tendue en direction, elle forme un coude par la rencontre d'un objet qui la détourne. — Etrive est aussi le nom d'un amarrage fait sur deux cordages à l'endroit où ils se croisent.

ÉTRIVIÈRE, courroie qui soutient l'étrier. Voy. ce mot.

ÉTUDE (du lat. studium). Outre les travaux littéraires auxquels on applique le jeune âge (Voy. Enseignement et Pédagogie), le mot études exprime : en Peinture, les essais que font les peintres pour s'exercer, et les modèles destinés à l'enseignement du dessin {Voy. Académie); — en Musique, des morceaux détachés et gradués qui ont pour objet de faciliter le mécanisme de la voix ou le jeu des instruments. Les études pour la voix s'appellent particulièrement vocalises. Les études les plus estimées pour le violon sont celles de Kreutzer, de Fiorillo, de Raillot ; pour le piano, celles de Cramer, Kalkbrenner, Thalberg, ete»

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