EXTRACTION
. i ndamné à déguerpir, sinon à être expulsé. Voy. Bail, Congé, Dégoerpissement, etc.
EXSUDATION (du lat. exsudatio). Voy. Extra-
\ASATION.
EXTASE 'du gr. exaraciç). En Philosophie, l'extase est, d'après les Mystiques, le ravissement de l'âme qui, absorbée par la contemplation de Dieu, semble ne plus tenir au corps. L'extase mystique a été de tout temps en grand honneur chez les Hindous. Elle jouait un rôle important chez les Néoplatoniciens : pour y parvenir, l'âme doit, selon eux, d'abord se purifier en se détachant des objets extérieurs et en s'affranchissant des passions du corps, puis s'élever du monde sensible au monde intelligible, enfui dépasser la sphère même de l'intelligence, afin d'arriver à une simplification parfaite où elle perd la conscience d'elle-même ; alors a lieu l'union de l'âme avec Dieu, qui est un abandon de soi, une parfaite quiétude, un désir de se confondre avec ce que l'on contemple, mystère ineffable, semblable à la contemplation de la Divinité cachée dans le sanctuaire d'Éleusis(Plotin,£,tt«e'rtfte,VI,ix,ll). — Le Christianisme admet une extase surnaturelle : St Paul déclare avoir été ravi jusqu'au 3" ciel ; St Bonaventure [Itinerarium mentis in Deum),Gerson ( Theologia mystica), St François de Sales, parlent avec enthousiasme de l'état d'extase ; Ste Catherine de Sienne, Ste Thérèse, Marie Alacoque, ont eu de fréquentes extases. Malheureusement, il est facile de confondre l'extase et les visions qui l'accompagnent avec de dangereuses hallucinations; on peut aussi, en tendant à cet état de perfection, tomber dans le quiétisme : aussi les théologiens les plus sages, Bossuet à leur tête (dans son traité Mystici in tutu), ont-ils eu soin de préserver les fidèles de l'abus qu'on en peut faire.
En Physiologie, on nomme extase un état mental dans lequel l'exaltation de certaines idées absorbe tellement l'attention, que l'intelligence se concentre tout entière sur ces idées et devient étrangère à tout le reste : les sensations sont suspendues, les mouvements volontaires arrêtés, et souvent même l'action vùale ralentie. C'est une variété de la monomanie et un symptôme du délire mélancolique. L'extase diffère de la catalepsie, avec laquelle onl'a souvent confondue,en ce que dans celle-ci il y a suspension complète des facultés intellectuelles (Voy. Catalepsie). Le l)r Bertrand, dans son traité de l'Extase, rapporte a cet état nerveux les phénomènes merveilleux du somnambulisme magnétique.
EXTENSEURS (muscles'), muscles qui servent à étendre une partie quelconque : ils ont pourantagoniste> les muscles fléchisseurs. Voy. Miscles.
EXTENSION (du lat. extensio), état d'un corps qu'on allonge. — En Chirurgie, on nomme ainsi l'opération par laquelle en tiri' en sens opposé un membre luxé ou fracturé, afin de ramener les surfaces articulaires à leur situation naturelle ou de rapprocher les fragments de la fracture. On donne particulièrement le nom à' extension à la traction qu'on opère dans ce cas sur la partie inférieure du membre, par opposition à la contre-extension qui s'exerce but la partie supérieure. Voy. Réduction.
Les Vétérinaires appellent extension, une maladie asM./ commune cite/, le Cheval, qui survient au tendon fléchisseur du pied, et qui résulte de l'effort de l'os de la couronne sur le tendon ou sur les ligaments de cette partie.
EXTENSION. En Logique, on appelle extension d'un terme général, la propriété qu'a ce terme d'embrasser on nombre plus on moins grand d'individus: i'extenrtondu terme homme est rensemble de tous i, -, êtres de l'espèce humaine. On oppose extension à compré-
": 1 Oy. GBNl RALE (iiu.Kj.
EXTERIORITE (du latin exterior). On dit que corps Boni extérieurs l'on à l'autre, lorsqu'ils occupeni deux parties différentes de l'espace.— On donne aussi le nom d'extérieurs aux objeh perçus *•* no» .sens, parce qu'ils nous apparaissent hors de
nous, et ces perceptions sont dites externes à cause de leurs objets Voy. Perception.
EXTERNAT (d'externe), tout établissement d'enseignement public ou privé qui n'admet que des élèves externes. L'externat parait avoir été le seul régime connu des anciens. Les Facultés, certaines écoles spéciales, comme l'École des mines, l'École centrale, l'École des chartes, certuinsheées, la plupart des écoles primaires, etc., n'admettent que des externes.
Dans les Hôpitaux, on appelle externat l'espèce de stage que font auprès du lit des malades 'es élèves en médecine, avant d'être admis à ['internat.
EXTERNE (du lat. externus . En Anatomie, on donne cette épithète aux régions d'un organe qui sont dirigées vers l'extérieur; ainsi on dit : la face externe du bras, le bord externe du scapulum, l'extrémité externe de la clavicule. — En Pathologie, on nomme maladies externes les maladies qui occupent la surface du corps, ou qui exigent des moyens externes ou des opérations chirurgicales.
En Géométrie, on nomme angle externe l'angle formé par chacun des côtés d'un polygone et le prolongement du côté adjacent.
EXTERRITORIALITÉ (du préf. ex, hors, et de territorial), se dit, en Droit international, du droit qu'ont les agents diplomatiques de vivre, dans le pays où ils sont accrédités, sous le régime des lois de la nation qu'ils représentent.
EXTINCTEUR. Voy. Incendie.
EXTIRl'ATEUR d'extirper), nom donné à divers instruments d'Agriculture au moyen desquels on extirpe de la superficie d'un champ les herbes et les racines qui l'infestent. Le plus simple est la herse. L'extirpateur anglais est un grand râteau à dents de fer porté par un châssis à trois roues. On le fait traîner par un ou deux chevaux, suivant la natur terres, et un seul homme le manœuvre sans difficulté. La charrue à bêche rotatoire, de Comstock, peut aussi s'employer comme extirpateur. Voy. Charrie et Coltivatei a.
EXTIIirATION (du lat. exstirpatio), opération de Chirurgie par laquelle on retranche une partie malade, dont on enlève jusqu'aux dernières racines. On pratique spécialement l'extirpation des cancers, des polypes, des loupes, des tumeurs enk] glandes, des cors, etc.
EXTORSION (du lat. extorsio), crime qui consiste à arracher par force ou par contrainte la signature ou la remise d'un écrit, d'un acte ou d'un titre, d'une pièce quelconque, contenant obligation, disposition ou décharge, (le crime est puni des travaux forcés à temps (C. pén., art. 400).
EXTRAC.oi'RAN'T, nom donné, en Physique, à une sorte de courant électrique temporaire, qui s. développe par induction dans un circuit voltaique offrant des circonvolutions, au moment où le circuit s'ouvre ou se ferme. C'est la cause de l'accroissement de l'étincelle de rupture que le courant voltaique présente, lorsque le conducteur interpolaire est enroulé en spires serrées, au lieu d'être tendu en ligne droite; l'extracourant produit aussi des commotions très-fortes. — Ce phénomène, découd
1832 par Henry, en Amérique, et HaSSOn en I
a été depuis étudié par Faraday, M>ria,da la Rive.
EXTRAC1TF (principe). Voy. Extrait.
EXTRACTION (du lat. extractio). En Chirurgie, c'est l'opération par laquelle on retire de quelque partie de l'organisme un corps étranger qui s'\ est introduit ou formé contre nature, oe un organe dégénéré dont la présence est Incommodeou nuisible •. c'est
ainsi que l'on fait l'extraction d'une balle, d'un cal- Cul vésical, d'une dent gâtée, etc.
En Chimie et en Pharmacie, on entend par extrao tion la séparation d'une substance quelconque du
COrpS dont elle fait partie. Cette Séparation peut s'opérer de toutes BOrteS de manières, suivant le COni-
p. s ou la substance à extraire.
extraction, en Mathématiques. Voy. EU* i\e.
— CGI —
FABAGELLE.
EXTRADITION (du lat. ex, hors, et traditio, remise). Dans le Droit international, on appelle ainsi l'action de remettre à la puissance à laquelle il appartient l'individu accusé d'un crime et réfugié à l'étranger. — Dans l'antiquité, l'extradition était fort rare : le caractère religieux qu'avait alors l'hospitalité et le droit d'asile s'y opposaient. On regardait d'ailleurs l'exil auquel se condamnait le coupable comme une peine suffisante. Mais, dans les temps modernes, lorsque les relations de peuple à peuple se furent multipliées, il s'établit entre les nations une solidarité morale qui donna naissance aux traités d'extradition. Lorsqu'un gouvernement demande l'extradition, il doit le faire par l'intermédiaire du ministre des atfaires étrangères, et joindre les pièces à l'appui, afin que le gouvernement auquel est faite la demande puisse juger si on peut y satisfaire.
EXTRADOS (du lat. extra, en dehors, et de dos), la surface extérieure et convexe d'une voûte, par opposition à la surface opposée, dite intrados.
EXTRAIT (du lat. extradus), nom donné, en Chimie et en Pharmacie, à tout produit qu'on obtient en dissolvant d'abord, naturellement ou par un liquide approprié, eau, alcool, vin, etc., les principes solubles d'une substance animale ou végétale, puis en les ramenant, par l'évaporation du véhicule, à la consistance d'une pâte ductile, ou à l'état solide : on appelait autrefois extractifle principe immédiat qu'on supposait exister dans ces substances et posséder la propriété de s'épaissir pendant l'évaporation de sa dissolution. — On fait un grand usage des extraits en médecine : la plupart appartiennent au règne végétal (E. de ciguë, d'aconit, de belladone, etc.); plusieurs au règne minéral (E. de Saturne ou sous-acétate de plomb); un petit nombre au règne animal [E. de fiel de bœuf, de cantharides), etc. Voy. Rob.
Extrait de viande. Voy. Viande.
En Jurisprudence, on nomme extrait copies, les expéditions des actes, soit en abrégé, soit même en entier; ainsi on dit : E. de naissance, E. mortuaire,E. de baptême, E. de jugement, etc.
En termes de Commerce, l'extrait est un projet de compte qu'un négociant envoie à son correspondant, ou un commissionnaire à son commettant, pour qu'il soit vérifié. — Dans l'ancienne Loterie, l'extrait était un numéro unique sur lequel on plaçait une mise. Voy. Loterie.
EXTRAJIIDICIAIRE (du lat. extra, au dehors, et de judiciaire), tout ce qui est fait hors la présence de justice. On nomme actes extrajudiciaires ceux qui ne font point partie de la procédure et de l'instruction, et qui, étant faits en dehors de l'instance, doivent pas passer sous les yeux du juge. Ces actes peuvent interrompre la prescription, ainsi le com-
mandement et la saisie (C. Nap., art. 22'ii). — Voy, aussi Code de l'enregistrement, art. 68, § I, 30.
EXTRAVASATD», extuavasion (du lat. extra, hors de, et dos, vaisseau), se dit, en Physiologie et en Médecine, de l'épanchement d'un liquide organisé, le sang, p. ex., qui sort des vaisseaux destinés h le contenir et se répand dans les tissus environnants. Il ne faut pas confondre Yexiravasation avec Y exsudation, ou suintement d'une humeur à travers les parois de son réservoir naturel : la résine et la gomme découlent des plantes par exsudation.
EXTRÊME-ONCTION, sacrement établi pour le soulagement spirituel et corporel des mourants, est ainsi nommé parce qu'il est la dernière des onctions qu'on fait sur les fidèles. Il a pour effet d'achever de nous purifier de nos péchés, d'augmenter notre patience pour supporter les douleurs de la maladie et de diminuer l'horreur de la mort. Pour administrer ce sacrement, on se sert d'huile d'olive pure et bénite, dite huile sainte et saint-chrême. Le prêtre applique l'onction sainte en forme de croix et avec le pouce sur les organes des sens et sur les reins ou la poitrine, en prononçant des paroles et des prières appropriées. Ce sacrement peut être réitéré. — Le sacrement de l'extrême-onction a été institué par Jésus- Christ, comme l'atteste l'épitre de St Jacques (§ V, y lli, 15). Origène, St Jean Chrysostôme et le pape Innocent Ier en recommandent la pratique ; le concila de Trente l'ordonne formellement.
EXTREMIS (mariage in). Voy. Mariage.
EXTRORSE (du lat. extrorsu.m), se dit, en B' nique, des parties de la fleur, étamines, anthères, qui se dirigent de dedans en dehors.
EXUTOIRE (du lat. exuere, dépouiller), ulcère établi et entretenu artificiellement, pour déterminer une suppuration permanente et dérivative : tels sont les cautères, les vésicatoires, les sétons, etc.
EX-VOTO (c.-à-d. d'après un vœu), mots latins qui désignent les offrandes promises par un vœu et les figures qui représentent ce vœu. De tout temps, on a consacré des ex-voto pour s'acquitter d'un vœu fait dans un grand danger, pour demander une faveur au ciel ou le remercier d'une grâce déjà obtenue. Chez les anciens les temples des dieux en étaient remplis. Aujourd'hui, c'est surtout à la Vierge et aux saints que l'on consacre des ex-voto ; et ce sont les églises et les chapelles voisines de la mer qui en reçoivent le plus grand nombre. On cite en ce genre celle de Ste- Anne d'Auray, sur la côte de Bretagne ; celles de la Vierge des Grâces, de N.-D. de Bon-Secours, de la Délivrande, en Normandie ; de Fourvières, à Lyon, et de laSte-Baume, en Provence. On cite encore N.-D. de Lorette, la Madona di san Luca et laMadona dell' Arco, en Italie; N.-D, de Montserrat, en Espagne, etc.
F, consonne et 6' lettre de notre alphabet, a le même son que le <? des Grecs (que nous représentons par ph), et se confond dans beaucoup de langues avec le V ; sa forme nous vient de celle du digamma ( Voy. ce mot). — Numériquement, F s'employait quelquefois chez les Romains pour exprimer 40, et avec un trait au-dessus f, 40,000; chez les Grecs, ç' valait 500, et ,ç 500,000. — F est la 6e des lettres dominicales et des lettres nundinales. — Sur les monnaies, c'était autrefois la marque de la fabrique d'Angers.
— Dans les abréviations, chez les modernes, F. se met pour Félix, Ferdinand, Fr. pour François, Frédéric. — Dans la notation musicale, F ou F-ut-fa indique le ton de fa. — En Droit romain ff. pour fragmenta est l'abréviation de Digeste ( Voy. ce mot).
— Dans les formules chimiques et minéralogiques, Fe signifie fer, FI, fluor.
FA, i' note de la gamme naturelle : elle y joue le rôle de sous-dominante. Sur la plupart des instruments, la gamme de fa majeur a quelque chose de noble et de grave ; celle de fa mineur a une expression douloureuse et sévère ; fa dièse majeur est brillant; fa dièse mineur, pathétique. — On emploie la clef de fa pour écrire la musique de la basse: on la plaçait autrefois sur la 3' et la 4* ligne de la portée ; aujourd'hui, on ne l'emploie plus guère que sur la 4e. FARA, nom latin botanique du genre fève, FARAGELEE (du lat. faba, fève), Zygophi/llum, genre type de la famille des Zygophyllées, renferme des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux à feuilles opposées, bistipulées, bifoliées, de consistance membraneuse et à pétiole très-court. Les fleurs sont solitaires, axillaires, jaunes, blanches ou rougeâtres; le fruit est une capsule. Ces plantes se trouvent en Asie et