FORTIFICATION
gles, formesou termes prescrits pourles actes diplomatiques ou authentiques, pour une loi, un décret, un acte quelconque. Les codes fixent les nombreuses formules à employer pour l'intitulé et la rédaction de chaque judiciaire, ainsi que pour le mandement aux officiers de justice en vertu duquel un acte peut être mis à exécution (Voy. Exécutoire) : ces formalités sont indispensables pour la validité de l'acte. — Chez les Romains, on appelait formule l'instruction donnée au juge par le magistrat et suivant laquelle il devait |uger les parties; système formulaire, le système de procédure dans lequel on se servait de formules et qui dura du ve siècle de la fondation de Rome jusqu'à Dioclétien. Les formules, d'abord secrètes, furent publiées par C. Flavius et par ^Elius Sextus. — Les formules étaient fort nombreuses au moyen âge. L'usage réglait la suscription, le préambule, le salut, la date, la souscription des lettres et diplômes. Quelques-unes de ces formules existent encore (formules de Marculfe etde Sirmond}. Jér. Bignon, puisBaluze, en ont donné des recueils fort complets (1664 et 1667).
En Algèbre, on appelle formule une expression algébrique servant à résoudre tous les problèmes qui ne diffèrent que par la valeur des données et non par leur nature. Telle est, par exemple, la formule
générale : x = — ^ ± \/^f- — q-> qui sert à résoudre
les équations du 2e degré. To//. Expression.
En Chimie et en Minéralogie, on appelle formules l'ensemble de caractères ou signes conventionnels à l'aide desquels on représente les divers corps simples et leurs composés. Ces signes rappellent non-seulemont la nature des corps, mais encore leur poids atomique. Ainsi Cu, K, 0, H signifient à la fois 63 de cuivre, 39 de potassium, 16 d'oxygène et 1 d'hydrogène ( Voy. Atomiques [poids]) ; AzO'H, formule, ou, comme on dit quelquefois, symbole de l'acide nitrique, veut dire que ce corps est formé de 14 d'azote, 3 fois 16 d'oxygène et 1 d'hydrogène. — En Minéralogie, pour simplifier les formules, on est convenu de supprimer le signe oxygène et de le remplacer par des points en nombre égal à celui du chiffre d'atomes; ainsi on écrit Ca, Si, au lieu de CaO, SiO3 ; si la base entre pour 2 atomes dans l'oxyde on barre la lettre capitale : -Fe, Az, A\, Mn, etc.
En Physique, on nomme formules empiriques des formules déduites de l'expérience lesquelles résument les observations. Ces formules servent à établir les théories physiques, qui enchaînent les phénomènes entre eux ; elles conduisent à la découverte des lois physiques qui s'appliquent à la généralité des phénomènes, tandis que les formules empiriques ne s'appliquent qu'aux circonstances particulières dans lesquelles les observations ont été faites.
En Médecine, une formule est l'exposé des substances qui doivent entrer dans un médicament composé, avec indication de la dose de chacune d'elles, de la forme pharmaceutique et souvent de la manière dont le médicament doit être administré.
FORQUINE, fourche d'arquebuse. Voy. Fourche.
l'ORT (du lat. fertis), ouvrage de fortification isolé, destiné à protéger une certaine étendue de pays, une route, un défilé, un passage de rivière, etc., et pouvant se défendre pendant un temps plus ou moins long, selon sa position, son étendue, ses approvisionnements et la force de sa garnison. On fort renferme des casernes, des corps de garde, des magasins, des casemates pour les munitions et les malades ou blessés,. — On appelle citadelle*, les forts qui dépendent d'une place forte ; forts détachés, les forts placés de distance en distance pour défendre les approches d'une grande ville : tels sont les forts établis en avant de l'enceinte continue qui entoure la ville de Paris ; forts de campagne, fortins, blockhaus, des ouvrages improvisés, en terre ou en bois, qui servent à défendre une position stratégique, et permettent à un corps d'armée de se porter en avant ou de battre en retraite en toute sécurité.
roRT,porteur dansleslialleset marchés. Voy.Hk\xxi
FORT denier. Voy. Dexier.
FORTE, porté i'iA\o. Voy. Piano et Clavecin.
FORTERESSE, terme générique qui s'emploie pour exprimer toute espèce de place forte, petite ou grande, servant à couvrir un pays, ou à arrêter la marche d'une armée victorieuse. Autrefois le sol de chaque contrée était hérissé de forteresses élevées au hasard, sans aucune vue d'ensemble. Aujourd'hui, on les établit sur les frontières, où elles forment ordinairement une triple ligne de défense. Les principales forteresses qui, avant 1870, protégeaient les frontières delà France, étaient au N.,Dunkerque, Lille, Douai, Cambrai, Valenciennes, Maubeuge, Givet et Charlemont, Mézières, Sedan, Thionville, Metz etBitche;Ji l'E.,Haguenau, Strasbourg, Schelestadt, Neufbrisach, Belfort, Besançon, Fort l'Écluse, Grenoble et Briançon; au S., Perpignan, Villefranche, St-Jean-Piedde-port et Bayonne.— En Allemagne,on nommait/Orteresses fédérales, les places fortes destinées à former une ligne de défense contre l'éventualité d'une invasion française : les principales étaient celles de Mayence, Landau, Weseî, Juliers,Saarlouis, Cologne, Coblentz, Ehrenbreitstein, Rastadt, etc. Voy. Fort, Citadelle, Place forte et Fortification
FORTIFIANTS. Voy. Toniques.
FORTIFICATION. On distingue : 1° les F. permanentes, telles que les forteresses, qui comprennent les places fortes, les citadelles et les forts, et les Agnes fortifiées (Voy. ces mots). L'enceinte d'une forteresse affecte diverses formes polygonales : ce sont pour les petites places, l'hexagone, l'heptagone et l'octogone ; pour les places de 2e ordre, l'ennéagone, le décagone et l'endécagone ; pour les places deltT ordres, le dodécagone, etc. — Chez les anciens, dont les armes de trait avaient peu de portée, on opposait à l'assiégeant des remparts élevés et de hautes tours. Depuis l'invention de l'artillerie, il a fallu dérober les remparts aux effets destructeurs des projectiles en abaissant les murs d'enceinte et en élevant les contrescarpes, et remplacer les créneaux et les murs de pierre par des parapets et des murs en maçonnerie et en terre où les boulets viennent se perdre ; de là, le nom de rasantes donné aux fortifications modernes, par opposition aux fortifications dominantes des anciens. A la défense verticale, de haut en bas, à l'aide des mâchicoulis, on a substitué la méthode de flanquement ou défense de côté, à l'aide d'angles saillants et rentrants destinés à croiser les feux. On trouvera à leur article spécial la description des différents ouvrages de fortification, tels que fort, front de fortification, flancs, bastion, courtine, demi-lune, escarpe et contrescarpe, che?nin couvert, glacis, redan, ravelin, etc.; — 2° les F. passagères : elles ont les mêmes formes que les précédentes ; seulement les murs d'escarpe et de contrescarpe sont remplacés par des talus en terre ; on augmente la force de ces ouvrages par des abatis, des sauts de loup, des chausse-trapes, des palissades et autres défenses a<y cessoires. Les ouvrages de campagne se divisent en retranchements simples, tels que redans, lunettes, redoutes, forts étoiles, fortins, crémaillères, fronts bastionnés, etc., et en retranchements composés ou lignes, qui sont continues ou à intervalles.
L'art de fortifier, chez les modernes, ne remonte guère qu'au xvie siècle, époque où le bastion fut inventé en Italie. Errard, de Bar-le-Duc, l'importa en France, en 1594. Malgré les travaux de nombreux ingénieurs, en Italie, en France, en Allemagne et dans les Pays-Bas, cet art demeura presque stationnaire jusqu'à Vauban (1673). Cet illustre ingénieur inventa le tir à ricochet, perfectionna les manœuvres d'eau pour inonder les assiégeants, les contre-mines, les camps retranchés sous les places, etc.; enseigna l'art de faire concourir à la défense des places les dispositions naturelles du terrain ; reconnut et développa les avantages des fortifications rasantes. Il eut pour rival le Hollandais Cohorn et pour disciple l'habile