FRICHE
FRELON, Vespa crabro, espèce du genre Guêpe, fort nuisible aux abeilles. Voij. Guêpe.
FRÉMISSEMENT (de frémir), mouvement insensible qui s'effectue entre les molécules des corps sonores, tels que le verre, les cloches, les cordes d'instruments, et qui consiste en une série de vibrations, d'où résulte le son. Voy. Son.
En Médecine, on appelle ainsi un tremblement des membres ou de tout le corps qui précède ou accompagne le frisson de la fièvre {Voy. Frisson). — Laënnec a nommé frémissement cataire (de chat), un bruissement particulier, analogue au murmure que font en tendre les chats quand on les flatte, et sensible à la main appliquée sur la région précordiale : c'est le signe d'une ossification considérable de la valvule mitrale,et aussi un indice des anévrismes de l'aorte. — Frémissement hydatique, frémissement produit par la percussion avec la main d'un kyste hydatique ; il est attribué au choc des vésicules hydatiques les unes contre les autres.
FRÊNE, Fraxinus, genre de la famille des Oléacées, type de la tribu des Fraxinées, renferme des arbres propres aux climats tempérés des deux continents, à feuilles opposées, à fleurs polygames disposées en grappes; le fruit est une capsule biloculaire, coriace et ailée. Le Frêne commun, Grand Frêne ou Frêne des bois (F. excelsior), est un arbre indigène. Sa tige s'élève à près de 30ra ; sa croissance est rapide : il vient dans toutes les terres, mais surtout dans les terrains légers et humides. Le tronc est droit, parsemé de gros boutons courts et noirâtres ; les feuillessont d'un beau vert. Cet arbre épuise le sol par ses longues racines, et laisse tomber sur les plantes voisines, après la pluie et la rosée, une liqueur visqueuse qui leur est funeste. C'est sur ses feuilles que l'on trouve surtout les mouches cantharides. Son bois ■est compacte, blanc et veiné : on le travaille au tour; on en fait des cercles de tonneaux, diverses pièces de charronnage, des meubles, etc. ; mais il se laisse facilement attaquer par les vers. Il est bon pour le chauffage, etfait d'excellent charbon. Lasemencefermentée donne une boisson usitée en Suède. La première écorce peut servir à teindre en bleu; la deuxième est fébrifuge. Un grand nombre de variétés du frêne commun (F. à bois jaspé, F. doré, etc.) sont cultivées dans les jardins d'agrément. Le F. à fleurs ou Orne {F. ortais), connu desanciens, et le F.deCalabre(F. j'otundifolia) produisent la manne du commerce ( Voy. Manne). L'Amérique possède le F. blanc, le F. bleu, le F. rouge, le F. à feuilles de sureau, etc.
FRÉNÉSIE ou phrénésie (du lat. phrenesis ; du gr. çprjv, diaphragme et esprit). Ce mot, qui dans le langage vulgaire est synonyme de délire furieux, signifiait autrefois, pour les médecins, tantôt l'inflammation du cerveau et de ses membranes, surtout des méninges (Voy. ce mot), tantôt le délire symptomatique qui a lieu dans beaucoup d'affections. Il est inusité maintenant.
FRÉQUENTATIFS (verbes), verbes dérivés exprimant les idées accessoires de fréquence, de répétition, d'effort, d'affectation. Le suffixe ctÇw en giec, les suffixes are et itare en latin, ailler et oter en français, le préfixe, ge en allemand sont propres aux verbes fréquentatifs.
FRÈRE (du lat. f rater). C'est le deuxième degré de la parenté civile [Voy. Parenté). Deux frères sont germains, lorsqu'ils ont même père et même mère ; consanguins, lorsqu'ils ne sont frères que du côté paternel; utérins ou demi-frères, s'ils ont la même mère seulement. — Dans l'ancienne législation fran- , les frères avaient des droits fort inégaux ; mais depuis l'abolition du droit d'al/iesse, tous ont le même rang dans les successions. — Le C. Nap. (art. 162) avait prohibé le mariage entre beaux-frères et bellessœurs. La loi du 16 avril 1832 a autorisé le chef de l'Etat à lever cette prohibition pour des causes graves.
Frère est encore le titre que se donnent mutuellement les religieux d'un même ordre et ceux d'un mê-
me couvent, lesmembres d'une même association, etc.
FRESAIE (du lat. prœsaga?), nom vulgaire de l'Effraie commune. Voy. ce mot.
FRESQl'E (de l'ital. fresco, frais), genre de peinture qui s'exécute sur un enduit encore frais, de manière que la peinture s'incorpore dans le mortier en séchant avec lui et devient presque ineffaçable. Les murs destinés à la peinture à fresque doivent être bien secs; on y applique d'abord la crépissure, enduit de chaux, de sable et de tuiles piléo-s ; quand celui-ci est sec, on y pose le deuxième enduit, que l'on humecte d'eau, ce qui s'appelle donner de l'amour au fond, et on le couvre du dernier enduit, composé de chaux éteinte, de sable fin et de pouzzolane. C'est sur cette couche, encore humide, que l'on peint à fresque ; on ne doit faire enduire que la partie de mur que l'on peut achever dans la journée. — La peinture à fresque a été cultivée surtout au xvi' siècle par les grands artistes italiens de la Renaissance, Michel Ange (le Jugement dernier, à la chapelle Sixtine), Raphaël (les Loges et les célèbres Chambres du Vatican) Léonard de Vinci (la Ste Cène, à Milan), le Primatice (galerie d'Henri II, à Fontainebleau), etc. Il est à jamais regrettable quêtant d'oeuvres admirables aient été exécutées sur un enduit aussi peu solide et par un procédé imparfait. La Ste Cène de Léonard est à peu près anéantie, le Jugement dernier (dont l'Ecole des Beaux-arts à Paris possède heureusement une copie), les Loges, les Chambres ellesmêmes s'effacent ou tombent en poussière, tandis que certaines peintures du moyen âge exécutées par un meilleur procédé sont encore dans un bon état de conservation. — Voir E. Breton, Histoire de la peinture k fresque (1866).
On donne souvent le nom de fresques à toutes les peintures murales, quel que soit le mode de détrempe ou d'encaustique {Voy. ces mots) par lequel elles aient été exécutées : c'est ainsi qu'on dit les fresques de Pompéï, etc.
FRESSURE (de fraise?), terme de Boucherie, désigne les gros viscères qui se tiennent, c.-à-d. le poumon, le cœur et le foie.
FRET (de l'aliéna. Fracht, charge), prix du loyer d'un navire employé pour transporter des marchandises d'un port à un autre. Ce mot désigne encore : 1° la cargaison d'un navire de commerce; 2° certains droits que les vaisseaux payent à l'entrée ou à la sortie des ports. — Le Code de commerce (art. 286-310) traite de tout ce qui concerne le fret. — Ce que l'on nomme fret sur l'Océan, s'appelle ?wlis sur la Méditerranée.
FRÈTE. Voy. Flèche et Frettb.
FRETIN (du b.-lat. freto, petite monnaie, quart du denier), se dit de toutes les choses sans valeur ou de peu de valeur et, en particulier, du menu poisson. Voy. Alevin.
FRETTE (contraction pour ferrette), cercle de fer qui sert de lien à un morceau de bois pour l'empêcher de se fendre. Les moyeux des roues sont frettés par leurs deux bouts ; on met encore des frettes aux pelles de bois, aux bois des lances et des flèches, aux têtes de pilotis, etc.
frette (du b.-lat. frecta, frète, flèche sans pointe). En termes de Blason , on appelle frettes des baguettes entrelacées diagonalement de manière à former des losanges.
FREUX ou fraïone (du b.-bret. frâo, corneille), dit aussi Grolle ou Graule, en latin Corvus frugilegus, espèce du genre Corbeau, caractérisée par l'absence de plumes a la base du bec, aux narines, à la gorge et au devant de la tête. Leur corps est d'un beau noir; leur bec est droit, effilé et de couleur noire. Le Freux est long de 0m,50; la femelle est plus petite. Cet oiseau se nourrit de petits animaux carnassière, d'insectes et de grains. On le trouve en Europe et en Asie.
FRICHE (du b.-lat. friscum), terrain non cultivé soit de tout temps, soit par abandon. La France ren-