FUSTET
et aminci à ses extrémités. La racine de la Rave et la feuille du Laurier-rose sont fusiformes.
FUSIL (de l'ital. focile ; du lat. focus, feu). Ce mot désigne : 1° une arme à feu ; 2" une petite pièce d'acier avec laquelle on bat un caillou pour en tirer du feu ; 3° un morceau d'acier long et arrondi, dont les bouchers se servent pour donner le fil à leurs couteaux : ce dernier se nomme aussi affiloir.
Le fusil, arme à feu, se compose essentiellement du canon, de la platine, et du bois qui porte l'un et l'autre. — Le canon est un tube en fer doux; l'intérieur du canon, ou âme, est exactement cylindrique ; le diamètre de l'âme s'appelle le calibre du fusil ; extérieurement l'un des bouts du canon est plus gros que l'autre, c'est le tonnerre, qui reçoit la charge qu'on y enfonce à l'aide d'une baguette; il est fermé par une vis ou culasse, traversée latéralement par une ouverture ou lumière, par où pénètre le feu qui doit enflammer la charge. Les canons carabinés ou rayés diffèrent des canons ordinaires, en ce qu'on pratique à l'intérieur dansleurlongueur un certain nombre de rainures disposées suivant des hélices très-allongées et parallèles. Cette disposition imprime à la balle un mouvement de rotation sur elle-même, qui donne plus de justesse au tir. — La platine se compose dans les fusils à pierre ou à silex, d'une pièce d'acier appelée chien, munie d'une pierre à feu tranchante, qu'un ressort rabat avec puissance contre une plaque en acier {batterie); le choc de la pierre contre l'acier, découvre une petite cuvette en cuivre (bassinet) contenant l'amorce, qui doit communiquer le feu à la charge, et l'y enflamme. Dans les F. à percussion ou à piston, les seuls employés aujourd'hui, le chien est un marteau qui vient frapper sur une petite capsule en cuivre contenant du fulminate de mercure et tenant lieu d'amorce ; cette capsule, placée sur une espèce de cheminée, éclate par le choc du chien, et communique le feu à la charge à travers la lumière.
On a aussi imaginé des fusils qui se chargent par la culasse, et au moyen desquels on peut tirer plus vite qu'avec les fusils ordinaires ; dans cette sorte de fusils, la baguette est supprimée. Dans le système Lefaucheux, le canon se brise au tonnerre, de manière que le canon et la crosse ne sont plus en ligne droite lorsqu'on veut charger; cette disposition, bonne pour les fusils de chasse, aurait beaucoup d'inconvénients dans un fusil de guerre. — Dans le système Robert, le canon et la crosse restent toujours liés l'un à l'autre ; mais la tranche postérieure du tonnerre se découvre au moyen d'un levier à poignée, qui fait l'office de culasse. Le soldat introduit la cartouche qui est munie d'une amorce fulminante, et referme la culasse. Lorsqu'on presse la détente, le chien écrase l'amorce sur une sorte d'enclume intérieure, et le coup part. — La place nous manque pour expliquer tous les procédés imaginés pour perfectionner cette arme à feu; nous citeronsseulementle mousqueton Treuil! e de Beau lieu quiarmaitles cent gardes, le F. Monceaux et Vieillard, le F. Snider, le F. Reminyton, le F. Wetterli à répétition, le F. Wœnzl,\e F, Winchester^ F. AIartini,etc.Devx\ systèmes, entre tous, sont restés fameux, le système prussien ou F. à aiguille, etlesyslème français ouF.Chassepot.DznslepTemiev l'inflammation de la charge est produite par une aiguille qui traverse la cartouche pour aller frapper une pastille de poudre fulminante contenue dans le sabot de celle-ci. Dans le F. Chassepot (mod.1866), le canon se termine postérieurement en un manchon où vient s'engager une pièce mobile, munie d'une poignée et d'un système obturateur. Cette culasse mobile sert à ouvrir ou à fermer le canon, en glissant dans le manchon. — Depuis la guerre de 1870, la Prusse a cru devoir substituer au fusil à aiguille le F.Mauser, dont la portée est d'une sûreté extraordinaire surtout pour les grandes distances et dont le chargement est bien plus rapide. De son côté, la France a remplacé le fusil chassepot par le F. Gras (mod. 1874): dans ce dernier, l'obturateur
en caoutchouc est supprimé et l'aiguille remplacée par un percuteur plus court et plus résistant; une hausse à rallonge règle le tir jusqu'à 1650m.
Les fusils introduits dans nos armées vers 1670, succédèrent à l'arquebuse et au mousquet. Ils furent d'abord nommés fusils à rouet, parce que le feu s'y communiquait à la poudre au moyen d'une roue d'acier, qui, en tournant, faisait jaillir des étincelles d'un caillou. On imagina les fusils à pierre vers 1685 ; en 1704 tous nos soldats en étaient armés. L'invention des fusils à percussion suivit de près celle des amorces fulminantes, qui remonte à 1786; mais leur introduction dans l'armée française ne date que de 1830. Introduitdans l'armée prussienne dès 1840, le fusil à aiguille, dont l'inventeur est un armurier d'Erfurt, nommé Dreyse, n'a commencé à être célèbre qu'en 1864. Toutes les puissances européennes voulurent alors avoir leur arme de précision. — Voy. Cababine, Akme a feu, Capsule, etc.
fusil a vent, sorte de fusil dans lequel la balle est chassée par l'effet de la dilatation subite de l'air préalablement comprimé dans la crosse au moyen d'une pompe foulante. On peut, avec un semblable fusil, tirer de 25 à 30 coups sans recharger. On attribue l'invention du fusil à vent à Marin de Lisieux, et à Guter de Nuremberg (1560). Il a été perfectionné au siècle dernier par Jean et Nicolas Bouillet, arquebusiers à St-Étienne et à Paris. — Le fusil à vent est une arme prohibée.
FUSILIER (de fusil), nom donné en général aux soldats d'infanterie, mais le plus souvent aux soldats de ligne qui ne sont ni grenadiers ni voltigeurs. Dans la garde impériale, il y avait des régiments de fusiliers; sous la Restauration, les soldats des compagnies du centre de la garde royale portaient aussi le nom de fusiliers.
FUSILLÉ. Tout soldat condamné à mort est fusillé. Le jugement est exécuté dans les 24 heures; 4 sergents, 4 caporaux et 4 fusiliers les plus anciens de service, pris dans la troupe du prévenu, sont commandés pour l'exécution. Le régiment auquel appartient le condamné y assiste et défile devant son corps.
FUSION (du lat. fusio). En Physique, la fusion est la liquéfaction des corps solides : on l'effectue ordinairement à l'aide de la chaleur. La température d'un corps en fusion est constante ; la chaleur du foyer est employée à vaincre la cohésion, ce qui est un travail mécanique intérieur, dont les molécules sont le siège. On appelle chaleur latente de fusion le nombre de calories qui sont consommées par un kilogr. d'un corps, lorsqu'il éprouve la fusion. La plupart des corps se dilatent en fondant. Quelques-uns, au contraire, se contractent ; tels sont la glace, la fonte de fer, le bismuth. Quand on élève la pression, la température de fusion s'élève pour les premiers, et s'abaisse pour les seconds. On a pu conserver de l'eau liquide à 18 degrés au-dessous de zéro par une compression de plusieurs centaines d'atmosphères. — Voy. Fusibilité, Calorimétbie.
Les Chimistes distinguent dans les sels la furion aqueuse et la fusion ignée. Dans la première, le sel ne fait que se fondre dans son eau de cristallisation et redevient solide et sec dès que cette eau est expulsée par la chaleur : par une température plus élevée, il éprouve ensuite une nouvelle fusion : c'est la fusion ignée ou fusion propr. dite. La plupart des corps qui éprouvent la fusion ignée prennent, en se refroidissant lentement, une texture cristalline. Un grand nombre de roches, granits, porphyres, basaltes, etc., doivent à la fusion ignée leur état cristallin.
FUSTEREAU (du lat. fustis), ou bille, petit bateau fort léger qui sert à passer d'un bord d'une rivière à l'autre, et à placer des balises, pour indiquer la route que les bateaux peuvent tenir sans danger.
FUSTET, Rhuscotinus, dit aussi Bois jaune de Hongrie, arbrisseau du genre Sumac (Voy. ce mot), croît aux Antilles et dans le midi de l'Europe et de la France. Il contient une matière tinctoriale jaune et