‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 774 sur 1672 · HUNE · texte numérisé non relu

HUNE

YACINTHE.

dominance de chacune de ces humeurs correspondait

un des âges, un des tempéraments, une des saisons, un des climats. Toutes les maladies étaient dues à l'altération, à l'âcreté, à l'excès ou au défaut de quelqu'une de ces humeurs ; toute la médecine consistait à les évacuer ou à rétablir l'équilibre entre elles. Ce système, qui pendant très-longtemps régna d'une manière exclusive, appuyé de l'autorité de Galien, est connu sous le nom d'humorisme. Il avait encore ses partisans au siècle dernier.

Blumenbach a partagé les humeurs du corps humain en humeurs crues , sang et humeurs sécrétées. — Chaussier distingue les humeurs qui sont le produit de la digestion (chyme et chyle); les humeurs circulantes (lymphe, sang); les humeurs sécrétées, qui se subdivisent elles-mêmes en H. exhalées, H. folliculaires, H. glandulaires ( Voy. Exhalation, Follicule, Glande). — M. Adelon rapporte toutes les humeurs a trois classes : 1° H. des absorptions (chyle, lymphe, sang veineux) ; 2° H. immédiatement nutritive (sang) ; 3° H. sécrétées, se subdivisantelles-mèmes en H. exhalées ou perspirées (soit récrémentitielles : humeurs de l'œil, des ganglions lymphatiques et glandiformes; soit excrément itielles, perspîration cutanée, pulmonaire et digestive); H. folliculaires (matière sébacée, mucus, cérumen), et H. glandulaires (larmes, salive, bile, urine, lait, etc.).

Vulgairement, on emploie l'expression d'humeur pour caractériser les divers produits morbides accidentellement formés pendant les maladies, tels que le pus, la sérosité de l'hydropisie, etc.

Humeur aqueuse, H. vitrée de l'œil. Voy. OEil.

Humeurs froides. Voy. Scrofules.

HUMIDITÉ (dulat. humiditas). Voy. Hygromètre.

HUMIQUES ou ulmiques (substances). Voy. Ul-

MINE

HUMORISME {d'humeur), système médical qui attribue la cause des maladies à l'altération des humeurs. Voy. Humeur.

HUMOUR, mot anglais qu'on a naturalisé chez nous, indique un genre de style singulier, formé d'un mélange d'esprit et de naïveté, de douce gaieté et de mélancolie, de brusquerie et de sensibilité, de légèreté et de philosophie profonde : Sterne en est le type. Swift possède aussi beaucoup d'humour ; mais il est chez lui plus incisif et plus grave. Butler, lord Byron, Ch. Lamb, Dickens sont des humouristes. L'humour se manifeste souvent chez les Allemands, mais avec cette tendance à l'idéalisme qui se mêle a presque tout chez eux : nulle part elle n'éclate plus que chez Jean-Paul (Richter) et chez H. Heine. La France n'est pas non plus étrangère à l'humour. La Fontaine et Montaigne furent certes des humouristes sans le savoir : Xavier de Maistre, P.-L. Courier, H. Beyle (Stendhal) méritent aussi ce nom, mais à des titres bien différents.

HUMULUS, nom latin botanique du Houblon.

HUMUS (du lat. humus, terre), terre végétale, celle qui forme le sol fertile de toutes les contrées du globe, celle dont se nourrissent les végétaux : c'est une matière noire, fine, qui provient de la décomposition des végétaux et des animaux ; son épaisseur atteint quelquefois jusqu'à près d'un mètre. L'humus est en plus grande quantité dans les vallées que sur les lieux élevés, les eaux ne cessant d'y entraîner quelques molécules du sol végétal. Voy. Terreau.

HUNE, hunier (de l'island. hun, tête du mât). La hune est une plate-forme épaisse et large, à peu près rectangulaire, et percée d'un trou carré dit trou du chat, établie à la tête d'un bas mât. Elle a, entre autres usages, celui de servir de point d'appui aux mâts supérieurs. On distingue les hunes par l'addition du nom de leur mât (Grande hune, H. d'artimon, H. de misaine). Les mâts placés au-dessus d'une hune se nomment mâts de hune, grand ou petit hunier, hunier d'artimon. Eux-mêmes jadis portaient chacun leur hune, dite H. de perroquet. Il n'existe plus de ces hunes. Celle de beaupré aussi a été sup-

primée (Voy. Gabier). — Le mot de hunier sans addition est réservé pour la voile carrée, propre au mât de hune, et qui s'attache par sa petite base à la vergue de hune, par sa grande à la basse vergue.

huppe, Upupa, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux tenuirostres, renferme des espèces caractérisées par une belle huppe formée d'une double rangée de plumes rousses bordées de noir, qui peuvent se redresser. Les Huppes ont le bec trèslong et un peu arqué, et sont de la grosseur d'un merle; elles se nourrissent de scarabées, de mollusques et de vers. La //. pu put ou H. commune (U. epops) est d'un roux yineux, avec 5 bandes blanches aux ailes : cet oiseau arrive en Europe au printemps, et en part en automne pour aller passer l'hiver en Afrique. La Huppe était jadis révérée dans toute l'Egypte : on la trouve souvent placée sur le sceptre d'Horus. Elle joue aussi un rôle dans les métamorphoses de la Fable.

On donne aussi le nom de huppe à la touffe do plumes que certains oiseaux, comme V Alouette huppée, le Faucon huppé, ['Oiseau mouche huppé, etc.| portent sur la tête. Voy. Houppe et Aigrette.

HURA, nom latin botanique du genre Sablier.

HURE (du v. fr. huré, qui signifiait hérissé), se dit de la tête de quelques animaux, surtout lorsqu'elle est coupée. Ou dit une hure de sanglier, de saumon, de brochet, etc.

HUREAULITE. Voy. Fer phosphaté.

HURLEURS, Singes d'Amérique, remarquables par la force et la violence de leurs cris. Les plus connus sont les Ouarines, les Oursons, les Caraijas, les Siamangs et surtout les Alouates ou Stentors qui forment la famille ou le genre Hurleur dans l'ordre des Cébins. Voy. Glotte.

HURRAH. Voy. Hourra.

HUSSARDS ou housabds (du hongrois huszar, vingtième; parce que, pour former ce corps, la noblesse hongroise équipait un homme par vingt feux), corps de cavalerie légère, dont les armes sont aujourd'hui un sabre, une carabine et une paire de pistolets. Les hussards forment 8 régiments dont l'uniforme consiste en un dolman brun, gris, bleu, ou vert, pour les 2e, 3e, 4e, 5e, 6e et 7e régiments, et une tunique bleue, pour le 1er et le 8e, avec tresses blanches ou jaune d'or ; pantalon garance ; talpack en peau d'agneau noir frisé avec flamme écarlate et plumet blanc ou bleu et écarlate; boutons blancs ou jaunes; buffleteries blanches.

Primitivement, les hussards formaient en Hongrie et en Pologne une milice à cheval qu'on opposait à la cavalerie irrégulière des Turcs. Sous Louis XIII, en 1637 au plus tard, on eut en France 5 compagnies de cavalerie hongroise. Sous Louis XIV, en 1(J92, on les organisa en un régiment, qui fut réformé à la paix, mais que remplaça bientôt un autre donné au roi en 1701. On en créa de nouveaux en 1719, 1734, 1743 et 44 ; et au total en 1748 on en comptait 6, formant 28 escadrons. La paix les fit réduire à 8 escadrons, chacun de 100 hommes, dont 4 de Hongrois. — Le maréchal de Saxe faisait peu de cas des hussards : tous les militaires, cependant, les regardent aujourd'hui comme indispensables ; ils ont toujours rendu de grands services, dans nos guerres de l'Empire notamment : les hussards se sont couverts de gloire sous le commandement des Berchini, des Lauzun, des Chamboran, des Lasalle, etc. — Les armées allemandes comptent un plus grand nombre de hussards que les nôtres.

HUSTEVGS, nom donné en Angleterre à l'estradr établie en plein air et du haut de laquelle les candi dats à la chambre des communes font leur profession de foi et haranguent leurs électeurs.

HYACINTHE du gr. 0<xxiv6o<;), nom donné, dans l'ancienne Minéralogie, à un certain nombre de pierres dures, dont la couleur variait du rouge au brun. Ce mot pris seul désignait généralement un grenat essonite; 17/. brun?, du Vésuve était une ido-

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