ANNÉE
par réfraction. Newton a découvert les lois de ces anneaux; ils résultent de la réfraction et de la réflexion de la lumière sur chacune des faces de la lame mince. Voici les lois principales des anneaux vus par réflexion : 1° Pour chaque substance, la couleur d'une lame mince à faces parallèles dépend de son épaisseur et de l'obliquité sous laquelle on la regarde : elle disparait si l'épaisseur est trop petite ou trop grande ; 2° une lumière simple donne des anneaux alternativement brillants et sombres : les anneaux de même ordre ont des diamètres d'autant plus grands que la lumière employée est plus réfrangible; 3° les épaisseurs qui correspondent aux anneaux brillants suivent, à partir du centre, la série des nombres impairs ; celles qui correspondent aux anneaux obscurs suivent la série des nombres pairs ; 4° en mettant entre le plan de verre et la lentille diverses substances, on reconnaît que les épaisseurs qui correspondent aux anneaux de même ordre sont entre elles en raison inverse des indices de réfraction de ces substances.
On doit aussi à Newton la découverte des anneaux colorés produits par les plaques épaisses : lorsqu'un faisceau solaire entre dans la chambre noire par une ouverture de 4 ou 5 millim.de diamètre, et qu'il tombe sur un miroir concave de verre étamé qui le renvoie exactement dans la direction de l'incidence, on distingue autour de l'ouverture, sur un carton blanc disposé à cet effet, une série d'anneaux très-éclatants ; il suffit d'insuffler l'haleine sur le miroir. Ces anneaux sont dus à la réflexion irrégulière ou diffusion qui s'opère sur chacune des faces du miroir de verre. Leur explication repose surle principe des interférences , dont le sens général est que deux rayons de lumière, partis d'un môme point lumineux, puis amenés à rencontrer presque parallèlement un môme point, ajoutent leurs effets, ouse neutralisent mutuellement, suivant la différence des deux trajets qu'ils ont suivis respectivement. Voy. Interférence.
On voit aussi de beaux anneaux colorés, quand on regarde une bougie à travers une lame de verre saupoudrée de lycopode, ou simplement humectée par l'haleine, et encore quand on regarde la bougie en se réveillant. Les lois de ces phénomènes ne sont plus celles des anneaux de Newton. Mais ils se rattachent comme eux au principe des interférences.
ANNEE (du lat. annus), période adoptée comme unité dans la mesure du temps et basée sur le mouvement propre apparent du soleil. Elle est dite astronomiqueou civile, suivant qu'elle s'applique aux phénomènes célestes ou aux usages de la vie civile.
On distingue plusieurs sortes d'Années as tronomiques : 1° 1.1. sidérale : c'est le temps au bout duquel le soleil a parcouru 360 degrés sur son orbite, et se retrouve par suite dans la même position par rapport aux étoiles; 2° VA. anomalistique : c'est l'espace de temps qui ramène le soleil au périgée. Elle est plus
I que l'année sidérale, car le périgée se déplaçant dans le cours d'une révolution solaire de 1 1 ,76 dans le sens même du mouvement du soleil, l'année anomalistique correspond à un déplacement du soleil de plus de 360° ; 3" VA. tropique, qui ramène le BOleil à un même, équinoxe. Elle esl moindre que l'an! Se mdérale, car le point équinoxial se déplaçant annuellement «le 30', 1 en sens inverse du moip dînent du soleil, cet i tre y revient avant d'avoir parcouru aoo degrés sur son orbite. Sa durée est de '65i*,2422, ou de 365 ■"■ jb vv 51',67. G'esl l'année aropiquequi rtmène les mêmes saisons aux même- dates.
L' inné civile do\\ nécessairement ie< iposerd'un
nombre $act de jours; elle est donc toujours, on plus
grande ou plus courte que l'année tropique. De là la
n. ité d'ajouter de temps en temps a Pennée civile,
■ retrancher, un certain nombre de jours, afin
di itablir la concordance entre la numération du
temps el la marche du soleil. Cette opérulion .
tuait autrefois, el s'effectue encore différemment chez les différents peuples. — Chez les Égyptiens, l'année
civile était composée de 365 jours
12 mois de 30 jours, après lesquels on ajoutait 5 jours complémentaires. Cette durée inférieure à celle de l'année tropique, avait pour effet de transporter, avec le temps, le commencement de l'année dans toutes les saisons. De là le nom d'année vague donnée à l'année égyptienne. Ce n'était qu'après une période de 1460 ans, ou période sothiaque, que l'année civile se retrouvait d'accord avec l'année astronomique. — Chez les Juifs, l'année se composait de 12 mois, alternativement de 29 et 30 jours. Elle était ainsi de 354 jours. Tous les 3 ans on ajoutait un 13e mois de 30 jours. Chaque 7e année prenait le nom d'année sabbatique. — Dans le principe les Grecs comptaient successivement deux années de 12 mois, composés de 30 jours chacun, et une troisième année de 13 mois. Plus tard, pour accorder la mesure du temps avec la marche de la lune, ils eurent une année composée de 12 mois, alternativement de 29 et 30 jours, qui commençaient à la nouvelle lune; la 3e, la 5e et la 8e année de chaque période de 8 ans, ou octaétéride, recevaient un mois complémentaire de 30 jours : après deux octaétérides on ajoutait encore 3 jours complémentaires. Enfin, l'an 433 avant notre ère, Méton, astronome athénien, inventa le cycle célèbre qui porte son nom. Ce cycle, qui se compose de 19 années tropiques, renferme 235 lunaisons, et rétablit par conséquent tous les 19 ans, la concordance entre la marche du soleil et celle de la lune. Les Grecs comptèrent alors 228 lunaisons à raison de 12 par an, après lesquelles venaient 7 mois intercalaires uu embolismiques, dont 6 de 30 jours et le 7e de 29. Voy. Cycle.
Le calendrier des Romains fut d'abord fort confus. Ce n'est qu'en l'an 708 de Rome (46 av. J.-C), que Jules César, aidé des conseils de Sosigène d'Alexandrie, lui donna une forme régulière et scientifique. Jules César, croyant avec Sosigène que l'année tropique avait juste 365 jours -, ordonna que sur quatre années consécutives, les trois premières auraient 365 jours et la 4e, 366. Le jour intercalaire, pour des raisons tenant à la religion, fut placé entre les jours que nous appelons auj.le 22 et le 23 février, et que les Romains, dans leur habitude de compter les jours au rebours, appelaient le septimo et le sexto-calendarum : on l'appela dès hu-s le bis-sexto calêndarum, d'où le nom d'annre f>isse.rti/<>, donné à l'année de 306 jours. Les années bissextiles sont dans la numération chrétienne cellesdont le millésime est divisible par 4. Cette réforme, dite ré forme Julienne, fut adoptée par le concile de Nicée en 325.
La réforme Julienne supposait l'année tropique de 365J.25 tandis qu'elle n'est en réalité que de 365i,2422. C'est une erreur de 0j,0078 par an, qui fait en 400 ans 31,112 ou un peu plus de 3 jours, \ussi en 1582, 1207 ans après le concile de Nicée, l'erreur était de 9 ,7795 OU de 10 jours environ, en sorte que l'équinoxe du printemps qui, à l'époque du concile de Nicée,
tombait le 21 mars, arrivait dès le 11 mars. Pour remédier à cet inconvénient le pape Grégoire XIII supprima 10 jours de l'année 1582, el ordonna que 1»'
lendemain du 4 octobre s'appellerait 15 octobre, i'uis,
pour empêcher la reproduction de l'erreur, d'après
les conseils de l'astronome l.ilio, il décida qu'à l'ave-
nir, sur 100 années bissextiles, on n'rn compterait
que c.)7, supprimant ainsi les trois jours que l'on
comptait de trop en 400 ans dans le Bystème Julien. Les années qui, bissextiles dans le calendrier Julien, cessent de l'être dans le calendrier Grégorien, sont les années séculaires dont le millésime après suppression des deux zéros, n'est plus divisible par 4, comme 1800 et i «îoo - 2000 sera bissextile.
La réforme grégorienne, adoptée à pea près immédiatement par les pays catholiques, ne le l'ut qu'on
1600 par les protestants d'Allemagne, et en 1752 par i \n . i. terre, Lob Russes et les autres peuples du rit grec ont conservé le calendrier Julien, il s'ensuit
que l'erreur de Ce calendrier s'étaut accrue de 2 jours en 17(10 el 1800, leur numération du temps est en
retard de 12 jours sur la notre. Pour distinguer les