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INTERVALLE

contractantes, plutôt que de s'arrêter au sens littéral des termes. On doit plutôt entendre cette clause dans le sens avec lequel elle peut avoir quelque effet, que d;ins le sens avec lequel elle n'en pourrait produire aucun. Les termes susceptibles de deux sens doivent être pris dans le sens qui convient le plus à la matière du contrat, (le qui est ambigu s'interprète par ce qui est d'usage. On doit suppléer dans le contrat les clauses qui sont d'usage, quoiqu'elles n'y soient pas exprimées. Toutes les conventions s'interprètent les unes par les autres, en donnant ;\ chacune le sens qui résulte de l'acte entier. Dans le doute, la convention s'interprète contre celui qui a stipulé et en faveur de celui qui a contracté l'obligation, etc.

INTERPRÈTE (du lat. interpres). Dans l'usage ordinaire, ce mot veut dire traducteur, mais traducteur du langage parlé. Dans les ambassades, le rôle d'interprète devient une fonction, et en Orient cette fonction est considérée comme de la plus haute importance : l'interprète alors est dit drogman ou truchement.

Il y a aussi des interprètes jurés ou traducteurs assermentés nommés par les cours ou tribunaux. Le Co.de d'Instr. criminelle (art. 332 et 333) a posé les règles à suivre dans le choix des interprètes : ils sont choisis par le président, doivent être âgés de 21 ans au moins, et prêter serment de traduire fidèlement.

INTERROGATION (du lat. interrogatio), figure de Rhétorique par laquelle on interroge fictivement, on avance une chose par forme de question. L'interrogation contribue à l'expression du sentiment et de la passion ; elle paraît être le tour le plus propre aux reproches. On connaît la belle interrogation par laquelle Cicéron débute dansles Catilinaires : Quousque tandem, Catilinn, abutere patientiâ nostrâ, etc.

INTERROGATOIRE (du lat. interrogatorius). En Droit, ce mot désigne l'ensemble des questions qu'adresse un magistrat et des réponses que fait le prévenu. Le prévenu doit être interrogé sur-le-champ par le procureur de la république en cas de flagrant délit (C. d'Instr. crim.,art. 60, Loi du 1er juin 1863). Il doit aussi être interrogé tout de suite par le juge d'instruction dans le cas de mandat de comparution; et dans les 2!\ heures au plus tard, dans le cas de mandat d'amener (art. 93). — Les accusés renvoyés aux assises doivent être interrogés par le président de la cour d'assises, ou par le juge qu'il aura délégué., 24 heures au plus tard après la remise des pièces au greffe et l'arrivéedel'accusédanslamaisondejustice (art . 293). Quand les débats sont ouverts, il est procédé à un nouvel interrogatoire en présence du jury.

En Matière civile, le mot interrogatoire n'est employé seul qu'en parlant des questions que le juge adresse à une personne dont l'interdiction est poursuivie. 11 a lieu en présence d'un président ou d'un juge par lui commis, et même par le président du tribunal dans le ressort duquel la partie réside, ou par le juge de paix du canton de cette résidence.

On appelle interrogatoire sur faits et articles, celui que l'une des parties subit devant le juge sur des faits précis et déterminés, qui sont allégués par la partie adverse, et qui peuvent influer sur la décision à rendre (C. de proc, art. 32^-336).

INTERROI, magistrat romain. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

INTERRUPTION, en Droit. Voy. Prescription.

INTERSECTION (du lat. intersectio). En Géométrie, l'intersection de deux lignes est l'endroit où elles se rencontrent; celle de deux surfaces, la ligne droite ou courbe suivant laquelle elles se coupent réciproquement.

INTERSTICE (du lat. interstitium), se dit, en Physique, de l'espace ou intervalle que laissent entre elles les molécules des corps. Ces espaces, fort apparents dans les corps très-poreux, comme l'éponge, sont invisibles dans les corps très-compactes, comme les métaux. La compressibilité des corps est en raison des interstices qui sont entre leurs molé-

cules. — Interstice se dit aussi pour intervalle de temps, surtout dans le langage religieux et en parlant du temps à observer entre la réception de deux ordres sacrés.

INTERTRIGO (du lat. intertrigo), inflammation érythémateuse causée par le frottement de deux parties l'une contre l'autre : telle est l'excoriation de la peau produite par l'action prolongée de Tu ri ne ou de la sueur. Les personnes très-grasses en sont fréquemment affectées aux cuisses pour peu qu'elles fassent plus d'exercice que d'habitude. Il en est de même des enfants au berceau qu'on ne nettoie pas assez souvent, ou qui sont très-gras. Des lotionsavec de l'eau aiguisée d'acétate de plomb, de grands bains dans les cas de cuisson très-vive, mais surtout l'emploi de certaines poudres absorbantes, telles que celles de lycopode, d'amidon, etc., dont on saupoudre les parties enflammées, en amènent promptement la guérison.

INTERVALLE (du lat. intervallum). En Musique, c'est la distance qui sépare deux sons, l'un grave, l'autre plus aigu. On oppose l'intervalle à l'unisson ura/, lequel a lieu quand deux sons parfaitement identiques se font entendre. Les intervalles tirent leur nom de l'espace qui sépare l'aigu du grave sur l'échelle diatonique. Il y a donc naturellement dessecondes, des tierces, des quartes, des quintes, des sixtes, des septièmes et des octaves. On peut même continuer au delà del'octave, et avoir des 9e5, des 10e' et des 11e*, etc., des 15e*, ou doubles octaves ; des 22", ou triples octaves ; mais, pour toutes les particularités d'harmonie, ces intervalles plus grands que l'octave, reviennent à l'intervalle diminué de l'octave. Pris tous ensemble, on les nomme intervalles composés ou multiples, tandis que l'ensemble des premiers forme les intervalles simples. — Simples ou composés, les intervalles sont dits naturels, si leurs deux éléments appartiennent à la série diatonique ; au cas contraire, c.-à-d. si un des éléments est diésé ou bémolisé, l'intervalle est augmenté ou diminué, et se désigne soit par l'annexion des adjectifs superflu pour l'augmentation , diminué ou mineur pour la diminution, soit par des dénominations particulières. Voici les principaux intervalles, tant naturels que modifiés par dièse ou bémol : seconde diminuée (un demi-ton) ; tierce mineure (un ton et demi), tierce (2 tons ou diton) ; quarte (2 tons et demil; quarte superflue ou triton (3 tons) ; quinte diminuée ou fausse quinte (aussi 3 tons); quinte (3 trois tons et demi) ; sixte mineure {k tons) ; sixte (k tons et demi); septième diminuée (5 tons) ; septième (5 tons et demi), octave (6 tons). Les intervalles sont descendants quand on va de l'aigu au grave; ascendants dans le cas contraire. — Les intervalles des sons produits ensemble ou même successivement constituent les accords. Voy. ce mot.

En Physique, on mesure l'intervalle de deux sons par le rapport du nombre des vibrations du son le plus aigu au nombre des vibrations du son le plus grave. Les principaux intervalles sont ceux de la gamme majeure, à savoir seconde } tierce ^ ; quarte j ; quinte \ ; sixte ± ; septième V- ; octave 2, puis l'intervalle d'un dièse \\ et celui d'un comma ^ qui est négligeable dans la plupart des cas. Il existe plusieurs méthodes pour mesurer l'intervalle de deux sons, sans qu'on ait besoin de connaître le nombre absolu des vibrations exécutées par le corps sonore pendant une seconde ; les principales sont : V la M. graphique, dans laquelle les deux corps sonores dont on compare les sons sont munis de petites pointes qui tracent des sinuosités sur une surface enfumée, mise en mouvement auprès d'elles; 2° la M. optique, dans laquelle les deux corps sonores sont munis de petits miroirs qui réfléchissent la lumière d'un point brillant, de sorte qu'en regardant dans l'un d'eux on aperçoit une ligne brillante dessinée par l'image de ce point ; cette méthode est due à M. Lissajous et est employée pour régler les

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