‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 841 sur 1672 · JOURNAL · texte numérisé non relu

JOURNAL

JUDICA.

li spécialité du journal. On place à la fin la cote des fonds publics, les spectacles, et en dernier les annonces : dans la plupart des journaux, la quatrième page leur est entièrement abandonnée. Du reste, d" puis quelques années les journalistes s'ingénient à varier la composition de leurs feuilles pour exciter la curiosité du public.

Les anciens nJont point connu les journaux proprement dits; cependant ils avaient les Acta populi eturbis, les Acfasenatus,et pluslardles Acta aiurna, qui offraient quelque ressemblance avec les procèsverbaux de nos chambres législatives et avec les nouvelles à la main. Les Acta jtopuli et urbis remplacèrent les Grandes annales ou Annales des Pontifes; les Acta senatus commencèrent après le premier consulat de César (58 avant J.-C); Auguste, en supprimant ceux-ci, institua ou permit les Actadiurna. — Voir à ce sujet J.-V. Le Clerc, les Journaux chez les Romains (1838).

Le moyen âge n'a rien connu qui ressemblât à nos journaux; ils n'ont commencé a paraître qu'après la découverte de l'imprimerie. Dès 1457 et 1660, des imprimeurs de Mayence et de Strasbourg répandaient par feuilles volantes les nouvelles de quelque intérêt, surtout celles de la guerre avec les Turcs ; il vouait de ces feuilles jusque dans le Hainaut et à Paris. En 1563 commencèrent à Venise les Nottzie scritte, qui étaient écrites à la main , parce que le gouvernement vénitien en prohibait l'impression; on leur donnait aussi le nom de Gazette, parce que la lecture s'en payait une gazetta, petite pièce de monnaie; ce nom s'est depuis étendu à tout journal. Augsbourg, Nuremberg, Londres, eurent des feuilles périodiques longtemps avant la France. Enfin fut fondée en 1631 la Gazette de France (Voy. ce mot), qui tout de suite eut un succès prodigieux, «t qui, aux nouvelles politiques, joignit celles des sciences, des lettres et des arts. Toutefois le journalisme ne prit son essor en France qu'avec la révolution de 1789; tout-puissant sous la première République, il perdit considérablement de son importance sous le Consulat et sous l'Empire. Sous la monarchie constitutionnelle, les journaux n'ont cessé de gagner pour le nombre , pour la variété des matières, pour l'habileté de la rédaction, pour la grandeur du format. Mais les excès dans lesquels ils tombèrent après 1848, attirèrent sur la presse des rigueurs dont elle se ressent encore aujourd'hui.

La grande publicité des journaux et la rapidité avec laquelle ils répandent les nouvelles, leur donnant une puissance incalculable, qui peut devenir dangereuse pour les Etats comme pour les particuliers, tous les gouvernements ont soumis la presse périodique à une législation particulière, qui a toujours varié suivant les circonstances politiques. Voy. Presse.

Au 31 octobre 1868, on comptait en France 480 journaux politiques (dont 82 à Paris) et 1391 journaux non politiques (dont 606 à Paris) :on en compte beaucoup plus aujourd'hui. Les principaux journaux politiques français sont de nos jours, le Journal Officiel (organe du gouvernement depuis 1869 , le Moniteur Universel (Voy. ce mot), qui rut le même caractère du 22 déc. 1799 au 31 déc. 1868,1a Gazette de France, \e Journal des Débats, le Constitutionnel, le Siècle, la Presse, li, Patrie, la Liberté, le Gaulois, le Figaro, le Temps, la République française, le Rappel, etc. Il faut, y ajouter de nombreux recueils scientifiques et littéraires, les Revues, les Journaux illustrés, les Journaux amusants, etc. Dans les temps précédents, le Mercure, lo Journal de Trévoux, les Nouvelles de la république des lettres, le Journal de Paris, et, depuis le commencement de ce siècle, la Revue encyclopédique', la Revue de Paris, ont été longtemps célèbres. — En Angleterre, on distingue surtout le Times, le Horning-Post, le Morning-Herald, le Morning-Adverttser, le Globe , Le Shtpping gazette, etc., et, parmi les revues, l Edinburgh re- ,1e Quarterly revieu),\'Atheneeum, etc. — Le plus

célèbre journal de l'Allemagne est la Gazette <T Augsbourg ; ensuite viennent la Gazette universelle de /, le Mercure de Souabe, le Journal de la Haute-Allemagne, les Gazettes générales d'Iéna,de Berlin, de Halle, etc.

M. Matin a publié l'Histoire du Journal, et M. L. Gallois l'Histoire des journaux de la Révolution.

journal, mesure agraire, autrefois en usage dans plusieurs provinces de France, notamment en Lorraine et en Champagne, se décomposait en 80 cordes, et valait environ 33 ares 65 centiares. — Sa valeur variait d'ailleurs un peu avec les localités.

JOUTE (du lat. juxtare, s'approcher ; de juxta, proche), se disait, dans les tournois du moyen âge, de ces luttes courtoises où deux chevaliers venaient briser une lance l'un contre l'autre en l'honneur de leur dame. On l'a ensuite étendu à d'autres combats. — Aujourd'hui, il ne se dit plus guère que de la joute sur l'eau, divertissement dans lequel deux hommes, placés chacun sur l'avant d'un batelet, se pc l'un l'autre avec de longs bâtons, pour tâcher de se faire tomber dans l'eau.

JOUVENCE (du laU juventia, de juventa). L'idée d'une fontaine de jouvence, c.-à-d. d'une fontaine merveilleuse destinée à rendre la jeunesse, se rencontre déjà chez les anciens. Les Grecs avaient la fontaine Canathos, près de Nauplie (Pausanias, II, 38), où Junon venait se rajeunir tous les ans. En France, on montre à St-Gengoux-le-Royal, près de Màcon, une fontaine qui aurait eu jadis la propriété de rajeunir. Voy. le Dict. d'Hùt. et de (•

JOYAU (du bas-lat. jocale), bijou précieux, orné de pierres fines , d'émaux, ou simplement ciselé avec art. 11 y a au Musée du Louvre des collections de bijoux de toutes les époques, des Assyriens, des Egyptiens, des Grecs, des Romains, du moyen âge, de la renaissance et des temps modernes. Ils sont décrits et appréciés dans les ouvrages sur l'art (foy. camée, glyptique, etc.). — Consulter aussi le Rapport de MM. Fossin et Beaugrand (Jury de l'Exposit. unir, de 1867, t. IV, p. 411-438).

Dans le langage ordinaire, on confond souvent joyaux avec bijoux; cependant, le premier mot implique toujours l'idée de quelque chose de plus riche et de plus précieux : c'est en ce sens qu'on dii les joyaux de ta Couronne. Voir Barbet de Jouy, Gemmes et joyaux de la Couronne.

.1 ( » Y EUX AVÈNEMENT (droit de). V. A\ BHKMCT r .

JUBAKTE, lia/ir/tu boops, espèce de Baleinoptère à ailoron dorsal. Voy. Rorqial.

JUBÉ, tribune en forme de galerie qui, dans certain es églises, sépare le chœur de la nef, et où autrefois le diacre montait pour lire l'évangilo des messes solennelles. Le jubé a été ainsi nommé parce que le li'cti'iir, avant de commencer, demandait la bénédiction au célébrant en ces termes -.Jubé, domine, benedicere. C'était de là aussi que l'on annonçait aux fidèles tout ce qu'ils avaient besoin de savoir. — Lo jubé avait remplacé l'ambon (Voy. ce mot) ; il a disparu presque partout en France. 0 jubés de St-E tienne -du-Mont à Paris, des cathédrales d' Al bi et de Blindez, et de l'église Ste-Madelein Il en existe beaucoup en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. — Voy. Chaire.

JUBILÉ du lat jubilatus, de l'hébreu ùjôeZ, cor, trompe, instrument dont le son annonçait la i dit : 1" de la solennité qui se célébrait chez. Les Juifs tous les 50 ans, el qui amenait la rémission d a dettes, l'affranchissement des esclaves, atci J° de l'indulgence plénière, solennelle el générale, que le papa accorde â certains tomps et dans certaines occasions, Voy. .ii mi i au Dict, aHist. et de <■

JUBIS, nom donné, dans le commerce, aux raisins secs de Provence, que l'on envoie encaissés à Paris ou ailleurs.

Jl IU.I.LI. , un des noms vulgaires de la Foulque morellc ou Murroule. \'oy. FoDLQOB.

Jl'lMCA, le dimanche de la Passion, est ainsi ap-

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