LANGAGE
do Riga et d'autres essences. Quelques troupeaux, d'ailleurs, y trouvent leur nourriture ( Voy. Pacage). Quant aux hommes, la stagnation des eaux y rend ent les habitations insalubres. Dans le département des Landes, les habitants des côtes ne marchent le plus souvent que montés sur des échasses.
LANDGRAVE (de l'allem. Land, pays, et Gra/f, comte;, titre de dignité en Allemagne. Voy. le Dut. d'Hist. et de Géogr.
LAJNDIER, nom vulgaire de Y Ajonc. Voy. Landes.
LAXDOLE, nom vulgaire donné au Dactyloptère sur les côtes de la Méditerranée.
LANDWEHR et landstlrm (de l'allem. Land, pays, et de Wehr ou Siurm, signifiant, l'un garde, défense; l'autre, ouragan, assaut), noms donnés en Allemagne, et surtout en Prusse, à deux milices distinctes qui, réunies, sont opposées à l'armée régulière ou permanente. La Landsturm est la levée en masse de toute la population en cas de danger de la patrie ; la Landwehr ne comprend que la totalité de la population entre deux limites d'âge déterminées: c'est à peu près notre garde nationale mobile.
En 1701, le roi de Prusse Frédéric Ier créa une Land-miliz chargée de défendre les frontières pendant que l'armée combattait à l'extérieur ; elle n'eut des officiers, un uniforme et des armes qu'en 1705. En 1718, Frédéric-Guillaume I lui donna le nom de Land-regimenter , sans modifier toutefois son organisation. Après la défaite de Kollin, la Poméranie chassa les Suédois à l'aide de cette milice mobilisée, et cette mobilisation s'étendit bientôt à toutes les provinces du royaume. Cependant en 1763 les landregimenter furent licenciés et la Prusse eut à le regretter pendant la campagne de 1800. En 1813, le roi fit appel à la nation et créa la Landwehr. Une loi du 7 septembre 1814 rendit Je service militaire obligatoire pour tous les citoyens, dans l'armée de 20 à 25 ans et dans la landwehr de 26 à 40. Successivement modifiée dans diverses parties, la landwehr ne reçut son organisation actuelle qu'en 1874 par une toi qui assujettit tuus les Allemands au service militaire de 17 à 42 ans accomplis.
LANERET, le mâle du Faucon appelé Lamer.
LANGAGE (de langue), système de signes employés par l'Homme pour exprimer et transmettre ses idées et ses sentiments. On distingue : 1° le L. naturel, composé de signes produits et interprétés instinctivement par tous les hommes ; tels sont les traits du visage, les mouvements de la physionomie, les gestes, les attitudes, les cris qui, nés de la réaction de l'âme sur le corps, peignent d'une manière vive, mais synthétique, les besoins, les sentiments, les passions, et qui reproduits volontairement constituent l'action oratoire, la mimique ; 2° le L. artificiel, composé de signes qu'on ne peut interpréter sans en avoir appris la valeur, parce que le rapport qui unit chacun d'eux à la chose signifiée est arbitraire et peut être changé par la volonté ; il comprend la parole, l'écriture ( Voy. ces mots), l'alphabet manuel des sourds-muets; il est seul propre à servir d'instrument à la pensée.
L'étude des fonctions du langage a une grande importance pour la psychologie et la logique. 1° Il sert à transmettre, ou plutôt à exciter dans l'esprit les idées associées aux mots; sous ce rapport, il est la condition de toute société, l'instrument de toute éducation; seul il rend possible le progrès intellectuel et moral en faisant profiter chaque génération des connaissances précédemment acquises. 2° Il influe sur les opérations de l'esprit par les rapports intimes qui le lient à la pensée. Il en reproduit les formes et les procédés, de telle sorte qu'il y a une certaine correspondance entre les lois de la logique et "elles de la grammaire comparée : ainsi, tout acte intellectuel étant un jugement, toute expression complète d'une pensée constitue une proposition ; et autant ilyaue basses d'idées, autant il y a de parties du discours, noms, adjectifs, verbes, etc. (Voy. Pro-
position, Mots). Il en résulte que le langage nous oblige à opérer sur notre pensée le double travail de l'analyse et de la synthèse, parce que chaque mot n'exprime qu'une idée, et que la syntaxe de chaque phrase nous fait concevoir dans un certain ordre les idées qui la composent. En outre, le langage nous aide à fixer dans la mémoire, à coordonner et à combiner nos idées, surtout celles qui sont abstraites et générales, ou qui expriment des choses immatérielles; par là il contribue au développement complet de l'intelligence. 11 ne faut cependant pas exagérer cette influence. L'homme ne pense pas parce qu'il parle, mais il parle parce qu'il pense ; c'est pour cela que l'animal, n'ayant pas d'idées générales, n'a point la parole. — A ce point de vue, l'étude du langage a, dès l'antiquité, attiré l'attention des philosophes, de Platon (Craty/e) et surtout d'Aristote {De l'Interprétation ou du Langage). En marchant sur leurs traces, les grammairiens grecs d'Alexandrie, Denys le Thrace, Apollonius Dyscole, etc., analysèrent sous toutes leurs formes les parties du discours, et la science transmise par eux aux Latins est à peu de chose près celle qui s'enseigne encore dans nos écoles. Quant aux modernes, leurs travaux sur ce sujet sont si nombreux qu'il suffit d'indiquer les principaux. — Voir Lersch, Philosophie des langues chez les anciens (Bonn, 1843); Séguier deSt Brisson, Philosophie du langage d'après Aristote (1838); Egger, Apollonius Dyscole (1864), et Grammaire comparée (6e éd. 1865) ; Locke (Essai sur l'Entendement); Leibnitz (Nouveaux Essais) ; la Grammage générale et rationnée de Port-Royal; Condillac, Grammaire ; De Gérando, Des signes ; Charma, Essai sur le langage. Voy. Grammaire.
Si l'emploi du langage offre de grands avantages à l'esprit, il a aussi ses inconvénients. Les signes détournent sur eux l'attention qui est due aux objets ; on croit opérer sur des idées quand on n'opère que sur des mots : « La plupart des hommes donnent leur attention aux paroles plutôt qu'aux choses, ce qui fait qu'ils donnent bien souvent leur assentiment à des termes qu'ils n'entendent point » (Descartes, Principes de philosophie). On se sert de mots vagues et susceptibles de plusieurs sens : de là naissent les erreurs engendrées par les métaphores et les allégories, comme on en voit dans la mythologie, les abstractions réalisées, si nombreuses dans l'histoire des sciences, les fausses analogies, enfin les termes synonymes, homonymes, équivoques. On ne saurait détruire radicalement ces causes d'erreurs, parce qu'une langue, étant l'œuvre spontanée d'un peuple, se laisse peu réglementer. Le mieux est d'appliquer son attention aux idées en même temps qu'aux signes. C'est ainsi que se perfectionne tous les jours la langue de toutes les sciences; à mesure qu'on arrive à des idées claires par des analyses fidèles et des définitions exactes, on détermine le sens des termes avec précision, et l'on établit entre eux des rapports analogues à ceux qui existent entre les choses et les idées. Quant au projet d'une langue philosophique et universelle proposé par Wilkins, Leibnitz, etc., il ne paraît pas réalisable.
La question de l'origine du langage, qui a donné lieu à tant de discussions stériles, est aujourd'hui sortie du domaine des hypothèses pour entrer dans celui des faits. 1° Le L. naturel a pour principe la réaction instinctive de l'âme sur le corps. Comme l'ont démontré les recherches de Ch. Bell, Duchenne, Gratiolet, Alb.Lemoine, les mouvements du corps et des membres expriment certains besoins ou certains actes, parce qu'ils sont précisément les conditions nécessaires pour satisfaire ces besoins ou exécuter ces actes, comme on le voit chez les animaux auxquels ils suffisent pour indiquer leurs sensations et leurs appétits. De même, les modifications de la physionomie du visage résultent du jeu des muscles qui ne se meuvent pas comme les autres sous la peau, mais qui y tiennent et l'entraînent avec eui. Tout geste,
LANGRAYEN.