LIGNE
4° Dans certaines circonstances extraordinaires, on a créé un lieutenant général du royaume. Cette dignité, qui équivalait à celle de régent, était essentiellement temporaire, et ne se confiait qu'aux plus hauts personnages, la plupart princes du sang. Philippe le Long en fut investi à la mort de Louis le Hutin. Le duc François de Guise le porta deux fois (en 1555 et 1560). Charles IX le conféra en 1567 au duc d'Anjou (depuis, Henri III); Mayenne se le fit donner en 1589, à la mort de ce dernier. Le comte d'Artois prit en 18U ce titre jusqu'à l'arrivée de Louis XVIII, et, en 1830, Louis-Philippe d'Orléans fut lieutenant général du royaume pendant quelques jours, avant d'être proclamé roi. — Les rois de France ont parfois nommé des lieutenants généraux du Roi pour certains lieux ou certaines affaires particulières : Richelieu, en 1629, fut lieutenant général, représentant le roi Louis XIII, pour le commandement de ses armées.
LIÈVE (de lever ?). On nommait ainsi, dans l'anc. Droit, l'extrait d'un terrier (Voy.ce mot) contenant la désignation de chaque héritage, la redevance, etc., que l'on remettait au receveur, afin qu'il fit payer le cens, les rentes et les droits seigneuriaux.
LIÈVRE, Lepus, genre de Mammifères, de l'ordre des Rongeurs et type de la famille des Léporidés {Voy. ce mot). Les lièvres ont les jambes longues et musculeuses, le museau arrondi et recouvert de poils longs et soyeux, les yeux grands et saillants, latéraux, à membrane clignotante; les oreilles longues et molles, la lèvre supérieure très-fendue et trèsmobile ; leur poil, long et rude, est d'un gris tirant sur le roux. Les lièvres sont doux et timides : ils n'ont d'autre défense que leur course rapide et la subtilité de leur ouïe, qui les avertit du danger. Ils ne se nourrissent que de végétaux : ceux qui paissent le serpolet sont les meilleurs. Les lièvres abondent dans toutes les parties du monde, surtout en Espagne. Ils vivent isolés, et ne terrent point; ils sont très-féconds, comme le lapin, mais ils ne se ploient pas, comme lui, à la domesticité. On les chasse à î'affùt,au chien courant etau chien d'arrêt. La femelle du lièvre se nomme hase. Le mâle qui a pris son accroissement se nomme bouquin ; avant cette époque, on l'appelle trois-quarts.
Le lièvre était, chez les anciens, consacré à Vénus; il était un symbole de franchise ; chez nous, il serait l'emblème de la timidité et de la peur. Sa chair est défendue aux Juifs et aux Turcs.
On appelle Lièvre des A Ipes, le Lagomys ; L. pampa, le Mara ; L. sauteur ou au Cap, l'Hélamys. — On a donné le nom de Lièvre marin à l'Aplysie.
LIÉVRITE, minerai de fer. Voy. Ilvaîte.
LIGAMENT (du lat. ligamentum). On nomme ainsi, en Anatomie, toute partie fibreuse qui sert à attacher ou à soutenir des os, des cartilages ou des viscères. — l°Les ligaments des os, forment des faisceaux fibreux, de couleur blanche plus ou moins nacrée, arrondis et aplatis, et toujours entrelacés par leurs extrémités avec le périoste, ce qui les distingue des tendons : tantôt ils servent de moyens d'union des articulations, et alors ils ont la forme soit d'une bandelette qui entoure l'articulation, soit d'une gaîne qui enveloppe les extrémités des deux os (L. capsulaires) ; tantôt ils sont attachés à deux points opposés d'un même os ou à deux os différents : ils servent alors à clore une ouverture ou à donner attache à des muscles. Les bandelettes qui réunissent les lames des vertèbres, au lieu d'être blanches, sont formées d'un tissu fibreux de couleur jaune. — Ligament cervical, expansion ligamenteuse qui, chez les quadrupèdes, relie l'occiput aux apophyses des vertèbres cervicales et soutient ainsi la tête dans sa position normale. L'Homme, dont la station est verticale, n'offre qu'un vestige de ce ligament.
2» On appelle encore ligaments : les replis du péritoine qui soutiennent quelques-uns des viscères abdominaux (L. du foie, L. postérieurs de la vessie,
L. larges de ta matrice) ; les expansions fibreuses ou aponévrotiquesqui ont plus ou moins l'apparence ligamenteuse (L. antérieurs de lu vessie, L. ronds de lu matrice, L. de Poupart, etc.).
En Conchyliologie, le ligament est la partie qui réunit les deux valves des coquilles.
LIGATURE (du lat. ligare, lier). En Chirurgie, on nomme ainsi un nœud avec lequel on lie certaines parties du corps dans divers buts, soit pour serrer la partie supérieure du bras ou du pied quand on veut faire une saignée; soit pour étreindre les tumeurs dont on veut provoquer lentement la chute. Les ligatures se font, selon leur destination, avec une bande de toile ou un cordonnet de chanvre ou de soie cirée, avec la corde à boyau, les fils métalliques, etc. La ligature des vaisseaux sanguins est dite médiate, lorsque, avec le vaisseau lui-même, elle étreint une certaine portion des parties environnantes; elle est dite immédiate, lorsqu'elle n'intéresse que le vaisseau et, toutes les fois que cela est possible, ce genre de ligature doit être préféré; la ligature est appelée temporaire, lorsqu'on ne la maintient que pendant quelques jours ou même quelques heures; permanente, lorsqu'on la laisse jusqu'à ce qu'elle tombe ou qu'on puisse la retirer.
En termes d'Écriture ou d'Imprimerie, 'on appelle ligatures plusieurs lettres liées ensemble, comme cela a lieu fréquemment dans l'écriture grecque et arabe [Voy. Abréviation). — Dans la Fonte des caractères, ce sont des parties déliées, en fonte ou en cuivre, qui servent à lier les parties d'une même lettre. On n'emploie ces ligatures que dans la ronde et l'anglaise. — En Musique, Voy. Liaison.
LIGE (du b.-lat. ligius ; orig. inc.),se disait, sous le régime féodal, du vassal tenant une certaine sorte de fief qui le liait d'une manière plus étroite que les autres envers le seigneur dominant. Le vassat lige, qu'on appelait aussi homme lige, était obligé de servir son seigneur envers et contre tous, excepté contre son père ; s'il était vassal de deux seigneurs et que la guerre éclatât entre ces deux seigneurs, il devait soutenir celui dont il était le vassal lige contre celui dont il n'était que le vassal simple. — Onappelaitterre%e,ft#eG?ice,Iefief tenu à charge d'hommage lige.
LIGIE, Ligia, genre de Crustacés isopodes, de la famille desCloportides, qu'on trouve à l'embouchure des fleuves et sur les côtes de l'Océan : ce sont des animaux de couleur jaunâtre, longs de 0m,27.
LIGNAGER (de lignage, du lat. lineaticum), se disait, dans notre ancienne Jurisprudence, de celui qui est du même lignage, de la même extraction. Les lignagers, dans la coutume de Paris, avaient les quatre quints (c.-à-d. les /i/5) âespropres. — On appelait rc trait lignager Faction par laquelle un parent du côté et ligne d'où était venu à un vendeur l'héritage par lui vendu pouvait retirer' cet héritage des mains de l'acquéreur, en lui remboursant le prix qu'il en avait payé. Le retrait lignager a été aboli.
LIGNE (du lat. linea). En Géométrie, on appelle ligne l'intersection de deux surfaces. La ligne n'a qu'une seule dimension, la longueur sans largeur ni épaisseur. On distingue trois espèces de lignes : la L. droite, qui a pour propriété principale d'être le plus court chemin entre deux points qu'elle joint ; la L. brisée ou polygonale, qui est composée de portion des lignes droites; la L. courbe, qui n'est ni droite ni composée de lignes droites. On considère souvent cette dernière comme le lieu des positions d'un point qui se déplacerait dans l'espace en obéissant à une loi déviatrice déterminée. D'autres fois on la considère comme une ligne brisée dont les portions rectilignes seraient devenues extrêmement petites. Il y a une infinité de lignes courbes : celles qui sont tracées tout entières dans un plan sont appelées courbes planes ; celles dont les différents points ne sont pas tous dans un même plan, prennent le nom de courbes à double courbure. Voy. Courbe.