LUZERNE
LYCHNIDE.
blics : Homère décrit la lutte d'Ajax et d'Ulysse (Iliade, xxm); Ovide, celle d'Hercule et d'Achéloiis [Métam., îx). A Sparte, les jeunes filles mêmes s'exer- I (•aient à la lutte. Le moyen âge a cultivé aussi ce ! genre d'exercice, mais sans jamais y attacher la même importance que les Grecs. L'usage en a continué en beaucoup d'endroits. On s'exerce encore aujourd'hui à la lutte en Bretagne.
LUXATION [du lat. luxatio), déboîtement des os, sortie de l'extrémité articulaire d'un os de la place où elle doit être. Ce déplacement est ordinairement l'effet d'une violence extérieure [L. accidentelle) ; il peut aussi provenir de l'altération des parties qui constituent l'articulation {L. spontanée ou consécutive), comme clans la coxalgie, espèce de tumeur blanche qui se forme dans l'articulation coxo-fémorale et qui amène le déplacement spontané de la hanche, accident qui toutefois est bien plus rare qu'on ne l'a cru autre- I fois. Presque tous les os sont susceptibles d'être déplacés clans leurs articulations; mais ce sont les articulations orbiculaires qui sont le plus sujettes à être luxées, parce que leurs mouvements sont plus étendus et leurs ligaments plus lâches. Les luxations peuvent se faire dans plusieurs sens et, pour la réduction, il importe de distinguer le déplacement primitif, produit par la violence extérieure, du déplacement consécutif, qui dépend de l'action musculaire, du poids des membres, etc. Enfin les os peuvent perdre complètement leurs rapports articulaires (L. complète), ou bien les conserver en partie (L. incomplète) : ce dernier cas est fréquent dans les luxations des articulations glaglymoïdales.
Le traitement des luxations accidentelles consiste d'abord à réduire les os déplacés [Voy. Réduction), puis à les maintenir quelque temps à l'aide d'un bandage dans leur position naturelle. La réduction des luxations est devenue une industrie, qui trop souvent est exercée au détriment des patients par des empiriques connus sous les noms de rebouteurs, renoueurs, rhabilleurs.
La luxation spontanée ne peut être guérie par des moyens mécaniques ; elle exige un traitement toujours approprié aux causes qui l'ont fait naître.
LUXE. Voy. Économie politique et Richesse.
LUZERNE, Medicago, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, renferme des plantes herbacées qui ressemblent assez au trèfle, et dont on connaît aujourd'hui plus de 90 espèces. La plus importante, la seule qui intéresse les agriculteurs, est la Luzerne cultivée (AT. sativa), appelée Sainfoin dans le Midi, plante vivace à racine pivotante, s'enfonçant à plus de 2m en terre quand le sol s'y prête : à tige très-rameuse, haute de 0,D,50àOm,60; à feuilles composées de 3 folioles d'un vert assez foncé, et à fleurs bleuâtres en petits épis à l'extrémité des rameaux ; ces fleurs sont remplacées par des siliques contournées sur elles-mêmes en 2 ou 3 tours de spire et renfermant de très-petites graines ovoïdes d'un jaune verdâtre tirant parfois sur le violet. La luzerne croît naturellement dans les prcs des pays méridionaux et tempérés. On la cultive comme prairie artificielle de durée, particulièrement pour la nourriture des chevaux. Elle exige un sol meuble, profond et bien cultivé. On la sème en mars et avril, en la mêlant le plus souvent avec de l'avoine, et, dès la seconde année, on peut la couper trois fois. Dans un terrain profond, la luzerne peut durer de 15 à 20 ans ; mais ordinairement on la retourne au bout de la huitième année. Ce fourrage, quand il est trop frais, est sujet à faire gonfler les bestiaux : aussi, quand on donne la luzerne à l'étable, il faut toujours la couper un jour d'avance, afin qu'elle soit un peu fanée. Le moment le plus favorable pour faucher la luzerne est celui où la fleur commence à se colorer en bleu. Quand la luzerne est sèche, on la mêle à la paille. On fait avec ses racines des brosses à dents, que l'on colore avec de l'orcanète et que l'on parfume à l'ambre ou à la vanille. — La cuscute, plante parasite, et la larve de
l'eumolpe obscur sont les deux plus grands ennemis de la luzerne. On ne connaît pas de remède contre la cuscute; niais on bc débarrasse de la larve en fauchant la luzerne avec une petite caisse emmanchée au bout d'un bâton : le choc de la boîte contre les rameaux fait tomber la larve dedans, et on en détruit ainsi un grand nombre.
Luzerne-houblon. Voy. Lipixine.
LÙZULE, Luzula, genre de la famille des Joncacées, renferme des plantes vivaces, àracines fibreuses, à tige herbacée, droite, nerveuse, garnie do feuilles planes ; à fleurs petites, disposées au sommet des tiges en corymbes lâches ou quelquefois en épis. Elles se trouvent surtout sur les montagnes b de l'Europe. On distingue : la L. blanc de neige, la L. à larges feuilles, la L. en épis, la L. des champs et la L. printanière.
LY, unité de mesure itinéraire usitée en Chine ; 10 lys font une lieue française ou h kilomètre-.
LYCANTHROPIE (du gr. )v/.«v6pwTua ; de Xûxo;, loup, et âv6p&Mtoç, homme), espèce de manie ou folie de la classe des lypémanies ou mélancolies, dans laquelle le malade s'imagine être changé en loup( Voy. Loup-garou) ou en tout autre animal. Assez commune au moyen âge, cette maladie est aujourd'hui fort rare; cependant certains voyageurs assurent qu'elle règne encore en Livonie et en Islande. De graves auteurs ont cru à la réalité de cette transformation : Prieur Louvain (1596), Beauvoys de Chauvincourt (1599), Nydaud (1615), ont écrit «wr la Lycanthropie.
LYCÉE (du gr. Xuxetov). Ce nom désignait, chez les Grecs, un lieu voisin d'Athènes, consacré à l'instruction de la jeunesse, et. dédié primitivement à Apollon lycéen. Ce gymnase, situé sur les bords de l'ilissus, était planté d'arbres en quinconce ; des portiques régnaient sur trois des côtés d'une cour carrée située à l'entrée. C'est là qu'Aristote enseignait sa philosophie, en se promenant (nepmaTûv) sous les allées d'arbres; ce qui fit donner à son école les noms de lycée et d'école péripatéticienne.
Le nom de Lycée a été ressuscité en France en 1787, pour désigner un établissement situé à Paris, rue de Valois, où se faisaient descourslibres : c'est là que fut professé notamment le Cours de littérature de La Harpe. Le nom de cet établissement a plus tard été changé en celui A' Athénée.
Lors de la création de l'Université, le nom de lycée fut adopté pour désigner les établissements d'instruction secondaire créés et entretenus par l'État, par opposition aux collèges, entretenus par les villes, et aux institutions, dirigées par des particuliers. Les lycées remplacèrent les écoles centrales. Abandonné en 1814 et remplacé par celui de collège, le nom de lycée a été repris depuis 1848. La France comptait 81 lycées en 1868; elle en comptera sous peu un par département. — L'enseignement des lycées, constitué en 1808, lors de la création de l'Université, et maintenu, avec de légers changements, sous la Restauration et sous Louis-Philippe, a été considérablement modifié sous le gouvernement actuel par la bifurcation des études, qui n'a pu se maintenir, puis par la création de l'enseignement spécial.
LYCHNANTHE (du gr. l'jyyoç. lampe, et dEv8oç, fleur), Lychnanthus, plante de la famille des Caryophyllées, dite aussi Cucubale. Voy. ce mot.
LYCHNIDE (du gr. Ivyyi;), Lychnix, genre de la famille des Caryophylléesj tribu des Silénées, renferme des plantes herbacées ordinairement vivaces, communes dans les régions tempérées de notre hémisphère, à feuilles simples, opposées; à fleurs grandes, à 5 pétales et à 5 styles. Plusieurs espèces sont cultivées dansnosjardins pour la beauté de leurs fleurs; telles sont la L. de Chalcédoine, dite aussi Cn Malte, originaire d'Asie, dont les fleurs, d'un beau rouge, sont en forme de croix de Jérusalem ou de Malte, et se réunissent en un gros bouquet au sommet des tiges ; la L. des prés, dite aussi Fleur de
LïCOP( DE.