MARAIS
différentes du maquereau commun, telles que le Sansonnet, ou Roblot, qui n'est pas plus gros qu'un hareng; et le At.jn.ipe ou Bréan, moins long, mais plus charnu que le maquereau ordinaire.
Maquereau bâtard. Voy. Caranx.
Groseille à maquereau. Voy. Groseille.
MAQUETTE (de l'ital. macchietta, ébauche). Les Sculpteurs nomment ainsi une première ébauche ou un modèle en petit d'un ouvrage de ronde bosse (basrelief ou statue) ; on fait les maquettes en terre molle ou en cire. — On appelle aussi maquettes ces espèces de mannequins dont se servent les peintres, en les assemblant, pour former des groupes.
MAQUIGNON (du flamand makeen, trafiquer), individu qui fait profession d'acheter et de vendre les chevaux. Les ruses qu'emploient les maquignons pour cacher les vices des chevaux sont devenues proverbiales, et aujourd'hui le titre de maquignon ne se prend plus guère qu'en mauvaise part.
MAQUIS. Voy. Makis.
MARA, Dulichotis, dit aussi Lièvre pampa, genre de Mammifères, de l'ordre des Rongeurs, famille des Caviens et très-voisins des Cabiaïs. Ce sont des animaux longs d'env. 0m,80 qui habitent la partie australe de l'Amérique. On peut élever le Mara en domesticité. Sa chair est assez recherchée.
MARABOU ou marabout, dite aussi Argala et Cigogne à sac, espèce du genre Cigogne, comprend ceux de ces oiseaux qui n'ont point la tête emplumée, mais parsemée de poils sur une peau rouge et calleuse : ils ont aussi le bec plus gros et de substance plus légère que les autres cigognes. Les parties supérieures sont cendrées; les plumes qui les garnissent sont roides et dures; les parties inférieures sont blanches, à plumes longues; une membrane conique, couverte d'un léger duvet, pend au milieu du cou. Les plumes de la queue, duveteuses et d'un beau blanc, constituent ces panaches légers nommés marabous, qui ornent les chapeaux et les coiffures des femmes : leur blancheur, leur légèreté et leur volume en font le prix. Il y a aussi des marabous noirs; mais ils sont peu estimés. — Le Marabou habite le Sénégal et l'Inde. Il se réduit facilement en domesticité et rend service en dévorant les immondices et les insectes nuisibles.
marabouts (de l'arabe mourâbith), religieux mu- Bulmans en grande vénération ( Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.). — On donne aussi ce nom aux temples rustiques et aux chapelles sépulcrales desservis par des marabouts et on l'a étendu, par assimilation, à des cafetières à large ventre dont le couvercle a quelque ressemblance avec la coupole d'une chapelle de marabout.
MARABOUTIN ou marabotin, monnaie d'or qui eut cours, dans le moyen âge, en Espagne, en Portugal, en Languedoc, paraît avoir été introduite ou frappée dans la Péninsule hispanique, sous la domination des Almoravides.
MARAICHER (jardin), jardin consacré à la culture des légumes et des primeurs, est ainsi nommé parce que les terrains où l'on se livre le plus souvent à ce genre de culture sont généralement d'anciens marais. — On appelle maraîchers, à Paris, des jardiniers qui, dans les faubourgs de cette ville ou dans les environs, cultivent les jardins maraîchers. Dans leurs anciens statuts, ils sont qualifiés maîtres jardiniers préoliers et maraîchers. Avec un champ trèsresserré, le maraîcher obtient, à force d'activité et de soins industrieux, cinq à six récoltes dans la même année. Ce sont surtout les asperges, les artichauts, les petits pois, le céleri, les cardotis, les melons, les fraises, que cultivent les maraîchers. — Voir : Moreau et Daverne, De la culture maraîchère.
MARAIS (du b.-lat. mariscus; de mara, mare), terrain non cultivé dont la surface est plus ou moins couverte d'eau sans écoulement, et dont le sol est formé par un limon composé d'argile et de débris de végétaux. Des infiltrations souterraines, la sta-
gnation ou le débordement des fleuves et des rivières sur une terre d'un niveau inférieur à celui des régions environnantes et à sous-sol imperméable, sont le plus souvent la cause de la formation des marais d'eau douce. Les principales plantes qui y croissent sont les conferves, les scirpes, les joncs, les carex, etc. Les crapauds, les grenouilles vertes, la couleuvre lisse et la vipère, la salamandre et les sirènes, en habitent les eaux. Les effluves qui se dégagent des. débris putréfiés contenus dans les marais rendent très-insalubre le voisinage de ces lieux, et y développent, chez l'homme, les fièvres pernicieuses dites paludéennes, et chez les animaux, lacachexie aqueuse. — Les marais les plus remarquables sont, en Amérique, les bayous de l'emb uchure du Mississipi, les marais de l'Orénoque et du fleuve des Amazones; en Afrique, les marigots du Sénégal; en Asie, les marais del Euplirate, lePalus-Méotideetles obloutes de Sibérie; en Europe, les marais de l'Ukraine et de la Finlande, ceux de la Hollande et de Westphalie ; les marais Pontins en Italie (Campagne de Romej, si célèbres pour leur insalubrité. En France, la Bresse, la Sologne, la Flandre, le Laonnais, la Vendée, les environs d'Arras, de Rochefort, de Brouage, de Marennes, la Camargue, les départements des Landes et de la Gironde, sont en partie couverts de marais.
On appelle : marais à tourbe ou à bruyères, des marais sur lesquels il ne croît guère que les plantes qui forment la tourbe, et un petit nombre d'autres, telles que l'ornithogale jaune, le piment royal et la bruyère. Les marais à tourbe ne donnent presque aucun produit, si ce n'est un misérable pâturage; — marais verts, des marais recouverts d'une couche de gazon ou d'herbages souvent assez élevés : ces végétaux y trouvent, dans une première couche de terreau, une nourriture abondante. Les marais verts donnent le plus souvent un produit en foin; mais ce foin est de qualité inférieure.
Avant 17S9, les marais appartenaient aux seigneurs, à moins que l'État, les communes ou les particuliers n'eussent des titres à faire valoir. Les lois des 15 mars 1790, 28 août 1792 et 10 juin 1793 déclarèrent les communes propriétaires de droit de tous les marais à la condition de les revendiquer dans les cinq ans. — Le Gouvernement a le droit d'en ordonner le dessèchement, lorsqu'il le juge nécessaire. Voy. Dessèchement.
Alarais salants ou Salins, étendue de terrains plats, très-voisins de la plage, que viennent inonder les eaux de la mer et que l'on a disposés de manière à pouvoir y retenir ces eaux et recueillir par évaperation le sel marin qu'elles contiennent. En général, les marais salants se composent : 1° d'un vaste réservoir, dit jas, placé en avant des marais propr. dits et plus profond qu'eux : ce réservoir communique avec la mer par un canal fermé d'une écluse; on profite, sur les bords de l'Océan, de la marée haute pour le remplir; il est destiné à conserver l'eau, afin qu'elle y dépose ses impuretés, et à remplacer l'eau des autres bassins à mesure qu'elle s'évapore ; 2° du marais propr. dit, ou salin, situé derrière le réservoir : il est divisé en une multitude de cases ou compartiments, séparés par de petites chaussées destinées à multiplier les surfaces pour augmenter l'évaporation, et à recevoir les eaux de plus en plus concentrées. On expose ordinairement les marais salants a Faction des vents du N., du N.-O., ou du N.-E. — C'est en mars que l'on fait entrer l'eau de la mer dans les salins. On juge que le sel va bientôt cristalliser quand l'eau -commence à rougir; en effet, elle se couvre peu aprèB d'une pellicule de sel qui coule au fond. On retire le sel sur les petites chaussées qui séparent les cases, et là il commence às'égoutter; on répète cette récolte deux ou trois fois par semaine, depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre. — Après la cristallisation du sel on utilise encore les eaux-mères des marais salants pour l'extraction des