‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 968 sur 1672 · MARRON · texte numérisé non relu

MARRON

Roi(Seinc), Rouen, Lyon, Saint-Hippolyte, Cacn, etc.

MAROTIQUE (style). On nomme ainsi le style Imité de Clément Marot, poëte du xvi<= siècle : il consiste dans un aimable enjouement, dans un gracieux badinage, et surtout dans une naïveté fine et délicate. 11 se distingue par l'emploi de quelques mots vieillis, par des inversions et des constructions anciennes, mais claires et expressives. Employé avec choix et sobriété dans les genres qui le comportent, tels que le conte, l'épigramme, l'épître badine et tout ce qui tient au genre familier, ce style est plein d'agrément. La Fontaine et Voltaire en ont fait usage avec succès dans quelques-unes de leurs poésies; J.-B. Rousseau en a fait abus dans ses épî- »res et ses poésies légères.

MAROTTE (pour mérotte, petite mère, petite poupée, ou plutôt de Mariotte, dimin. de Marie), espèce de bâton surmonté d'une tête en bois ou en métal, coiffée d'un capuchon bigarré de différentes couleurs, et garnie de grelots. On met une marotte entre les mains de la Folie et de Momus; autrefois ceux qui faisaient à la cour le personnage de fous en portaient aussi. — Par suite, marotte s'est dit figurément de tout objet d'une affection folle et déréglée; c'est ainsi que l'on dit : Chacun a su marotte; A chaque fou pluit sa marotte.

MAROUETTE, nom vulgaire d'une espèce du genre Mie. Voy. ce mot.

MAROUFLE (orig. inc). On appelle ainsi, en Peinture, une espèce de colle très-forte et très-tenace dont on se sert pour coller la toile d'un tableau sur une autre toile afin de la renforcer, ou sur un panneau de bois, sur une muraille, afin de l'y fixer : ce qus l'on appelle maroufler. La toile ainsi collée sur une autre est dite toile marouflée.

MAROUTE, Anthémis coiula, nom vulgaire de la Camomille puante. Voy. Camomille.

MARQUE (orig. germaniq.'), tout signe indicatif d'une chose. — En Matière îiscale , l'objet de la marque est de constater le payement des taxes imposées ou de garantir aux acheteurs la qualité ou l'origine de certaines marchandises {Voy. Estampille, Plombage). Pour les matières d'or et d'argent, les bijoux, etc., elle certifie au public le titre ou le degré de pureté des objets ( Voy. Contrôle etGARANtie). — Marques de fabrique et de commerce. La marque d'un fabricant est l'empreinte qu'il a choisie pour empêcher de confondre ses marchandises avec celles des autres ; elle est nominale ou emblématique. Avant 1789,lawza/'<7«e de fabrique était déclarée obligatoire par les statuts de la plupart des corporations; depuis l'émancipation de l'industrie en 1791, elle devint facultative, sauf certains cas exceptionnels (matières d'or et d'argent, savons, coutellerie et quincaillerie). La loi du 18 germinal an XI (8 avril 1803) reconnut la marque comme un droit pour chaque manufacturier ou artisan, et édicta des peines sévères contre l'usurpation ou la contrefaçon de ces marques ; mais l'insuffisance de cette loi la rendit bientôt illusoire et fit négliger l'usage de la marque au grand détriment du public comme des producteurs sérieux. La loi du 23 juin 1857 a essayé de remédier à cet état de choses : elle a laissé la marque facultative; mais elle a adopté la marque emblématique qui prête beaucoup moins à la fraude qu'un simple nom. et qui de plus permet au fabricant ou au commerçant de s'assurer la propriété exclusive de sa marque par le dépôt du modèle au greffe du tribunal de commerce ou du tribunal civil de 1" instance de son domicile : ce dépôt n'a d'effet que pour 15 ans, mais il est renouvelable. La contrefaçon est punie d une amende de 50 à 3000 fr. et d'un emprisonne ment de 3 mois à 3 ans ou de l'une de ces deux peines; l'imitation frauduleuse, d'une amende de 50 à 2000 fr. et d'un emprisonnement de 1 mois à 1 an. Le propriétaire de la marque peut intenter une action civile (Décr. du 29 juillet 1858).

Dans les Arts, on appelle marque le signe qu'un

artiste imprime sur ses ouvrages pour les distinguer de ceux des autres. Plusieurs maîtres ne sont connus que par ce signe, ainsi l'on dit le Mettre à / le M. à la licorne, le M. à l'écrevisse, le M. à l'oiseau, le M. au caducée. On n'est pas toujours d'accord sur les noms des maîtres qui avaient adopt : ces signes. Il ne faut pas confondre ces marques avec les monogrammes. Voy. ce mot.

Dans la Législation pénale, la marque était autrefois une peine infamante consistant en une empreinte ineffaçable appliquée sur l'épaule d'un condamné, à l'aide d'un fer chaud et par la main du bourreau. En France, on marquait d'abord avec un fer portant pour empreinte des fleurs de lis. Plus tard, on se servit d'un V pour les voleurs, et des lettres GAL pour les galériens. Abolie en 1791, la marque fut rétablie en 1806 : à cette époque, TP désigna les condamnés aux travaux forcés à perpétuité, T ceux qui étaient condamnés à temps, F les faussaires. Ce genre de flétrissure a été aboli par la loi du 28 avril 1832.

Lettres de marque. Voy. Lettre et Corsaire.

MARQUETERIE (de marque). On appelle ainsi des ouvrages composés de pièces de rapport en bois de couleurs différentes, que ces couleurs soient naturelles, ou qu'elles soient l'effet de la teinture. Ces ouvrages sont formés le plus souvent avec des feuilles minces appliquées sur de la menuiserie, et rapprochées de manière à figurer des compartiments. On y fait quelquefois entrer d'autres matières que le bois, telles que l'écaillé, l'ivoire, le cuivre, dont on fait des dessins variés, représentant des fruits, des fleurs et autres objets, ou des dessins d'architecture. On fait aussi de la marqueterie avec des émaux, des verres de différentes couleurs, des pierres précieuses : on en fait enfin avec les marbres les plus rares : elle se confond alors avec la mosaïque (Voy. ce mot). — Voy. aussi Lncrustation et ébénisterie.

L'art de la marqueterie fut inventé en Orient et apporté par les Romains en Occident. Jean de Vérone, peintre contemporain de Raphaël, imagina de teindre les bois avec divers ingrédients et des huiles cuites qui les pénétraient, et parvint ainsi à faire des perspectives en marqueterie. A la fin du dernier siècle, on avait abandonné cet art, et ses produits avaient passé de mode comme étant d'un goût suranné; aujourd'hui il a repris faveur, et fait l'objet d'une industrie assez importante, ainsi que d'un commerce avantageux. M. Boucherie a récemment découvert une méthode à l'aide de laquelle les couleurs sont introduites dans l'intérieur même de la substance du bois.

MARQUIS (de marche, frontière), primitivement titre de lonction, aujourd'hui titre de noblesse ( Voy. Marquis au Dict.d'Hist. et de Géogr.). — La couronne de marquis se compose de trois fleurons séparés par des perles réunies trois à trois.

MARQUISE, femme d'un marquis (Voy. ci-dessus). — On appelle encore ainsi : 1° toute espèce de tente ou d'auvent en toile ou en bois peint, servant à garantir de la pluie : ces tentes sont ordinairement faites en fort coutil rayé et d'une coupe élégante; — 2° une sorte d'ombrelle à manche brisé; — 3° une variété de poire pyramidale, assez grosse, d'un vert jaunâtre tacheté de gris, à chair fondante et sucrée ; elle mûrit en novembre et en décembre.

MARQU1SETTE, nom que les mineurs donnent aux pyrites ou sulfures de fer qu'ils rencontrent dans leurs travaux.

MARRAIIVE (du b.-lat. matrina), celle qui tient un enfant sur les fonts baptismaux. Voy. Parrain.

MARRE (du lat. marra). Ce mot, dans certaines provinces, désigne tantôt une pelle large et courbée, tantôt une houe de vigneron.

MARRON (de l'ital. marrone). Les marrons que l'on mange ne sont que les fruits d'une variété cultivée du Châtaignier (Voy. ce mot). Au contraire, les marrons d'Inde, qui ne sont pas comestibles,

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