MASSE
créée en 1799 par un Italien nommé Marassi. Voy. Moulage.
L'usage des masques et des mascarades remonte à la plus haute antiquité : on le trouve chez les Égyptiens, chez les Grecs et chez les Romains. Les Grecs, pendant les fêtes appelées Dionysiaques; les Romains, pendant les Saturnales et les Lupercales, se masquaient le visage et couraient les rues déguisés. Rs faisaient en outre usage du masque pour les représentations scéniques(Foy. ci-après). Le moyenâge eut aussi ses déguisements et ses mascarades en partie religieuses, tels que la fête de fane ou des fous, les processions du géant G ayant en Flandre, de la gargouille à Rouen, etc. Dans les tournois, certains chevaliers qui ne voulaient point être connus combattaient masqués. Ce ne fut toutefois qu'au xive siècle qu'on vit en France de véritables mascarades. Elles nous vinrent d'Italie, où plusieurs villes, Venise surtout, étaient en grande réputation pour les déguisements qui avaient lieu pendant leur carnaval. Ce fut au mariage de Charles VI (1389) qu'on vit en France la première fête travestie et masquée. Jusqu'au xvie siècle, on ne se servit de masques que dans les bals et pour prendre part aux jeux de hasard. Du xvie au ivin* siècle, les femmes portèrent, pour se garantir le teint, des masques en velours (loups). Sous la régence, ces loups ayant fait place au rouge et aux mouches, les masques ne furent plus employés que dans les déguisements.
Les masques qui paraissent ou se réunissent, soit dans les rues, soit dans les bals publics, sont soumis à des mesures de police prescrites par les préfets ou les maires. Il leur est interdit de porter des armes ou des bâtons, d'injurier les passants ou de salir leurs vêtements. Les contraventions sont punies de l'amende, et en cas de récidive de l'emprisonnement. Les entrepreneurs de bals publics ne peuvent donner des bals masqués et travestis, qu'avec une permission expresse et seulement pendant le temps du carnaval.
Masque scénique, en gr. Trpoawireïov, en lat. persona. Selon la tradition classique, les premiers acteurs se bornaient, pour se travestir, à se barbouiller le visage avec de la lie. A cet usage grossier, qui avait pris naissance au milieu des fêtes de la vendange, Eschyle substitua le masque. Quand on construisit des théâtres assez grands pour contenir la population d'une ville tout entière, et qu'il fallut grandir et grossir la taille de l'acteur pour les besoins de la perspective, le masque devint une nécessité comme le cothurne. Ce fut alors une espèce de casque en bois sculpté ou en métal qui couvrait toute la tête, et qui, outre les traits du visage, représentait la barbe, les cheveux, les oreilles. La bouche, toujours béante, était construite de manière à rendre la voix plus sonore et plus retentissante. Les masques variaient d'expression selon la nature des pièces, tragiques , comiques ou satiriques, et selon le sexe et l'âge de ceux qu'on voulait représenter; mais les types connus étaient toujours figurés avec les mêmes traits. Ce genre de masque disparut avec le théâtre antique. — Chez les modernes, on retrouve des masques au théâtre chez les Italiens. Au xviue siècle, les acteurs des Bouffes et certains acteurs du Théâtre de la foire. Arlequin surtout, jouaient masqués.
Dans l'Escrime, on se sert, pour mettre la figure à l'abri des coups de fleuret, d'un masque formé d'un cadre en fer, ovale, fortement concave et couvert d'une toile métallique. Ce masque porte, a sa partie supérieure, un arc en fer, armé, a son extrémité, d'une plaque de môme métal, qui appuie sur l'occiput, et qui maintient le masque en place sans le secours d'aucun cordon. Les trous de la toile métallique sont assez grands pour ne pas intercepter la vue, et assez petits pour que le fleuret ne puisse pénétrer.
Masque des femmes enceintes. Voy. Êpiiemdes.
MASS (mot allemand qui veut dire mesure), nom donné, dans diverses parties de l'Allemagne, à une mesure de capacité pour les liquides, dont la valeur varie suivant les localités. Le mass de Vienne ou d'Autriche vaut 1 litre; 40 mass de Vienne forment un eimer. Il ne faut pas confondre le mass, qui sert pour les liquides, avec le masse/, qui sert pour les matières sèches, et qui vaut 3 lit. 84.
MASSAGE (de masser; de l'arabe mass, manier, palper [Pihan] ), action de presser, de pétrir, pour ainsi dire, avec les mains toutes les parties musculaires du corps, en même temps que l'on exerce des tractions méthodiques sur les articulations. Cette opération, qui se pratique surtout après le bain, a pour effet de donner aux membres de la souplesse, et d'exciter la vitalité de la peau et des tissus sousjacents : elle peut être utile contre les douleurs et dans les affections du système lymphatique. La pratique du massage est répandue dans tout l'Orient. Elle était connue des Romains, comme le prouve ce vers de Martial :
Percurrit agili corpus arte tractatrix, etc. (III, 82.)
MASSALIA (du nom grec de Marseille), astéroïde. Voy. Planètes.
MASSE (du lat. massa). En Physique et en Mécanique, la masse d'un corps est le rapport de la force qui agit sur le corps à l'accélération du mouvement qu'elle détermine; ce rapport est constant pour le même corps, quelle que soit la force. — Vulgairement, le mot masse est employé pour désigner la quantité de matière qui constitue le corps. Le poids d'un corps est proportionnel à la masse. Voy. Densité.
En Astronomie, pour déterminer la masse du soleil, on s'appuie sur ce que, en vertu des lois de Newton, la force qui produit le mouvement de la terre autour du soleil et celui de la lune autour de la terre, s'exerce proportionnellement à la masse et en raison inverse du carré de la distance. On en conclut, à l'aide du calcul, que les masses M et m du soleil et de la terre sont proportionnelles aux cubes des rayons a et af des orbites de la terre et de la lune, et en raison inverse des carrés des temps de leurs révolutions / et
M ns t'* t', ce que l'on traduit par la formule — = ~rr X =-•
m ai t*
En mettant dans cette formule au lieu de a, a', t et t' leurs valeurs connues, on en tire M = 355,500 m. Ainsi la masse du soleil vaut 355,500 fois celle de la terre. — Cette même formule peut servir à trotwer la masse des planètes ayant des satellites, c.-â-d. de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. 11 suffit d'y remplacer M par sa valeur précédemment trouvée, et a, a', t et t' par les rayons des orbites et les durées des révolutions de la planète et d'un quelconque de ces satellites; la formule donne alors la masse M de la planète. Quant aux planètes qui n'ont pas de satellites, on conclut leurs masses des perturbations qu'elles font éprouver aux corps ce! qui les approchent. — La masse de la lune se déduit de l'intensité de la force qui produit la marée lunaire, intensité que l'on peut calculer et qui est proportionnelle a la masse de la lune. C'est ainsi qu'on a trouvé que cette masse est 81 fois moindre que celle de la terre.
masse, se dit aussi de fonds d'argent Constituant l'avoir d'une succession, d'une société, etc. — l'.n termes de Commerce, on appelle masse active, l'ensemble de l'avoir d'un négociant, et masse passive, l'ensemble de ses dettes. En termes de Pratique, on dit faire masse des frais, des </ pens, pour faire
un total que l'on partage ensuite entre diverses personnes. On appelle masse des créanciers d'une faillite la réunion de tous les créanciers du failli.
Dana L'Armée, on donne Le nom de masse h des fonda Bpéciaui qui, dans chaque régiment, doivent subvenir a une dépenae déterminée, et auxquels contribuent tous Les soldats. On compte plusieurs espèces de masses : la masse de linge et aechaut-
MASSONIE.