ARÊTE
les on écrit avec un crayon fait de Bchiste gris tendre, et ne rayant pas l'ardoise. On se sert auj. de ces ardoises dans toutes les écoles au lieu de papier, pour l'enseignement de l'écriture et du calcul. On 168 emploie aussi en plaques larges et épaisses, pour fabriquer la table des billards, pour garnir les murailles des lieux humides, etc.
On a, dans ces dernières années, fabriqué des ardoises artificielles : leur composition est la même que celle du carton-pierre. Voy. ce mot.
ARE (du lat. area, aire, surface), unité de mesure agraire du système métrique. C'est un décamètre carré ou un carré ayant 10m de côté et valant par suite 100 mètres carrés. Voy. Agraires (mesures).
AREC ou Aréquier, Areca, genre delà famille des Palmiers, type de la tribu des Arécinées, originaire de l'Amérique et des Indes : fleurs unisexuées, réunies sur le môme spadice ou régime ; 3, 6 ou 12 étamines naissant à la base de la corolle; drupe charnu contenant une seule graine à périsperme corné. L'A. de l'Inde, nommé à tort Catecltu (Voy. Cachou), res semble au cocotier. Le fruit est une noix ovoïde qui, dans l'Inde, atteint la grosseur d'un œuf de poule. La pulpe de ce fruit, tendre et astringente, entre dans la composition de la pâte masticatoire appelée bétel, dont les Orientaux font un fréquent usage. — On cultive comme plantes d'ornement VA. blanc etl' A. rouge des îles de Franceetde la Réunion. L'A. oleracea qui fournit le chou palmiste forme auj. le genre Euterpe (Voy. ce mot). — La tribu des Arécinées renferme les genres Areca, Arenga,Caryota, Iriartea, Chamœdorea, Morenia, Euterpe, Œnocarpus.
AIlÉ.XACÉ (du lat. arena, sable), se dit, en Géologie, de roches friables, composées de petits grains se désagrégeant facilement, et ayant l'aspect du'sable.
AHKyAlP.T.{du\zt. arena), Arenaria, Voy. S.\r\\\e.
ARÉNATION (du lat. arenatio), se dit, en .Médecine, de l'opération qui consiste à entourer de sachets remplis de sable chaud tout le corps ou une partie du corps d'un malade. On a employé ce procédé dans la période algide du choléra et pour entretenir la chaleur d'un membre dans les cas de ligatures d'artère.
ARÈ>'E (du lat. arena). L'arène, le gravier et le sable sont la môme substance; ils ne differentque par la grosseur des grains. L'arène tient le milieu entre le ^able et le gravier. On l'appelle A. marine ou A. fluviatile, selon qu'elle se trouve sur les bords de la mer ou dans le lit des rivières. On appelle Sable arène une espèce de sable argileux ( Voy. Sacle). — On donne à VArkose friable le nom d'Arène.
Les anciens nommaient A rêne l'espace circulaire et sablé au centre de l'amphithéâtre, où s'exécutaient les combats de gladiateurs et de botes féroces. Ce nom s'étendit ensuite à l'amphithéâtre tout entier. On cite en France les Arènes de Pûmes, d'Arles, etc. Voy. Amphithéâtre.
AREXG (nom indigène), Arenga,Saguerus, genre de la famille des Palmiers, tribu des Arécinées, créé pour un arbre des Moluques, haut de 20m, VA. saccharifera, dont la sève produit du sucre : ses feuilles renferment des fibre propres à faire des cordes et sa moelle fournit une fécule analogue au sagou.
ARÉNICOLES (du lat. arena, sable, et colère, habiter;, genre d'Annélides dorsibranches ou errantes, renferme des vers qui habitent dans le sable sur le bord des mers d'Europe. VA. des pécheurs est longue de (•■".lô à 0m,2ô, de couleur cendrée, rougeàtre ou brune. Les pêcheurs s'en servent comme d'appât. Ils la trouvent en creusant des trous dans le sable.
Arénicoles, groupe d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentameres, tribu des Scarabéides, famille des Lamellicornes. Les Arénicoles, comme lesCoprophages,. vivent dans les bouses, déposent leurs œufs en terre, et volent le soir par un temps serein.
ARÉOLE (diminutif d'ares, aire, surface), cercle irisé qui entoure la lune. — On donne aussi ce nom au cercle coloré qui entoure les mamelons des hom-
mes ainsi que les yeux, ou qui réirne autour de certains boutons, comme dans la variole. — En Anatomie, ce Bont 1rs petits interstices que laissent entre elles les anastomoses: ils sont remplis d'une substance plus ou moins fluide et diversement colorée-.
ARÉOMÈTRE (du gr. àpatô;, ténu, peu dense, et [lÉTpov, mesure), instrument servant à mesurer la densité relative des liquides: selon ses différents usages, il porte aussi les noms de pèse-liqueur, pèse-aenh, pèse-sel, pèse-sirop, pè <■ lait, etc. Sa construction repose sur ce principe qu'un corps flottant dans un liquide a un poids égal à celui du liquide déplacé.
On distingue deux sortes d'aréomètres : les A. à volume constant et à punis variable, et les A. à volume variable et ii punis constant. Les A. de Nicholson et de Fahrenheit appartiennent à la première catégorie ; les autres aréomètres se rangent dans la seconde.
I. \J Aréomètre de Fahrenheit se compose d'un tube creux en verre, portant à son extrémité inférieure une partie renflée dans laquelle se trouve un corps pesant (du mercure ou de la grenaillede plomb), afin que l'instrument se maintienne dans une position verticale ; à l'autre extrémité se trouve une petite capsule, supportée par une tige, sur laquelle est marqué un trait, dit point d'affleurement. Pour se servir do cet aréomètre, on le plonge dans un liquide, et l'on ajoute des poids dans la capsule, de manière que l'instrument descende jusqu'au point d'affleurement. Cet aréomètre est à volume constant, puisque, à chaque expérience, il est immergé d'une égale quantité ; mais il est à poids variable, le nombre des poids à ajouter pour le faire affleurer variant avec chaque liquide. En ajoutant aux poids mis dans la capsule le poids de l'instrument on a une quantité égale au poids du liquide déplacé. On répète la môme opération sur l'eau et l'on obtient ainsi le poids du même volume d'eau. Enfin on divise le poids du liquide par celui de l'eau, et le quotient est la densité cherchée. — VA. de Nicholson est un instrument analogue; seulement il est en métal, et il porte vers le bas une capsule qui sert à peser les corps solides sous l'eau. Il a été perfectionné par Guy ton-AIorveau, qui lui a donné le nom de gravimètre.
IL Les aréomètres à volume variable et à poids constant, dits A. de Richter, sont d'un usage plus habituel que les aréomètres précédents : ils se composent d'une tige creuse en verre, soudée à un renflement de forme variable, qui contient un peu de mercure ou de plomb pour lester l'instrument ; une bande de papier est fixée dans l'intérieur de la tige, et porte les divisions qui marquent les différents points d'affleurement. Le poids de cet aréomètre étant constant, les densités des liquides dans lesquels il s'enfonce sont entre elles en raison inverse des volumes immergés. C'est d'après ce principe qu'on gradue l'instrument. Les volumètres ont une graduation qui fait fait connaître les volumes immergés; les densimètres donnent immédiatement, sans calcul, la densité d'un liquide ; il n'y a qu'à prendre le nombre qui correspond sur son échelle au point d'affleurement. Les autres aréomètres, très-usités dans l'industrie, ont des graduations arbitraires, et n'indiquent pas immédiatement la densité du liquide; mais ils fournissent des indications très-utiles pour reconnaître si un liquide est plus ou moins dense. On peut s'en servir pour amener un sirop à un état de concentration déterminé ou pour reconnaître certainesfalsifications qui altèrent la densité d'un liquide. Les g ad nations qui sont le plusen usage sont celles de Baume et de Cartier. Ga\-Lussaca construit un aréomètre destiné spécialement à l'essai des esprits : on le nomme alcoolomètre. Voy. Alcoolomèj rb.
AREPENN1S, l'arpent gaulois. Voy. Arpent.
ARÉQUIER. Voy. Arec.
ARÊTE fdu lat. arista, barbe d'épi), nom donné vulg. à différentes pièces osseuses des poissons : leur colonne vertébrale, armée de longues apophyses épineuses, est la grande arête ; leurs côtes nombreuses,
ARGENT
ARGENT
soudées avec les apophyses transverses, sont les arêtes prop. dites ; on donne aussi ce nom aux rayon*, petites pièces osseuses qui soutiennent les nageoires, ainsi qu'aux stylets allongés qui, chez certains poissons, partent des côtes et soutiennent les chairs.
En Botanique, Y arête ou barbe est le filet allongé, roide, coriace et quelquefois articulé, qui naît brusi|iiomentdudosou du sommet des valves de la glvme dans les Graminées. On ne doit pas la confondre avec la soie, qui n'est que le prolongement d'une des nervures de la fleur.
lin Géométrie et dans les sciences appliquées, Minéralogie, Architecture, etc., l'arête est la ligne formée par l'intersection de deux plans, de deux faces latérales quelconques.
AIlÉTIIlJSE(nom mythologique), Arethusa, genre de la famille des Orchidées, type de la tribu des Aréttiusées. VA. bulbeuse, petite plante sans feuilles dont la hampe se termine par une fleur purpurine assez grande et VA. plumeuse sont cultivées comme plantes d'ornement. — La tribu des Ardthusées renferme les genres : Aréthuse, Chlorœa, Limodorum, Vnnilln, Cyrtosia, etc.
ARÊTIER (d'arête), pièce de charpente, droite ou courbe dans sa longueur, qui se place à la partie saillante et rampante d'un comble formée par la rencontre de la face et de la croupe.
AUFVEDSOMTE, minéral. Voy. Pétalitk.
ARGALA, espèce de Cigogne. Voy. Mahabou.
Alt (j ALI (nom mongol), mouton sauvage qui habi te les montagnes de l'Asie centrale. Il est de la taille du daim ; les cornes du mâle sont grosses, longues, triangulaires et implantées sur le sommet de la tète, de manière à se toucher presque à leur racine, et a se diriger ensuke obliquement en haut et en dehors. Une fourrure extérieure rude recouvre une faible quantité de laine douce et blanche. L'A. de Sibérie paraît être la souche de tous les moutons de l'Asie. Voy. Moi-ton.
ÀRGAINE, plante exotique. Voy. Sidéiioxyle.
a iu; A s, genre d'Arachnides, de l'ordre des Acarides, famille des Ixodidés, dont les principales espèces sont VA. bordé, qui suce le sang des pigeons, et l'A. de Perse, ou Punaise venimeuse de Miana.
ABGÉMONE (du gr. «pveu.ov, ulcère de la cornée, contre lequel cette plante était employée), genre de la famille des Papavéracées, type de la tribu des Argi monées, renferme des plantes herbacées, annuelles, à tige paniculée et feuillée, renfermant un suc propre jaunâtre ; à feuilles glauques, glabres ; à fleurs grandes, jaunes ou blanches. Ces plantes appartiennent à l'Amérique et à l'Asie équatoriale. L'A. commune, VA. à fleurs blanches et VA. à grandes fleurs, sont cultivées dans nos jardins comme plantes d'agrément. Lapremièreest encore-connue souslesnoms de Pavot épineux et de Chardon bénit des Américains. — La tribu des Argémonées renferme les genres Argémone, Papaver, Chelidonium, Glaucium, Boccoiiui, Roemeria.
ARGENTfdulat. or^enfum, dérivé lui-même d'un radical qui signifie blanc), métal blanc, d'une pesanteurspécifique del0,60, an peu pins élastique etplus sonore que l'or; fusible à 1000 >. C'est, après l'or, le plus Inaltérable et le plus ductile des métaux : on peut le réduire en feuilles si minces que 8,000 de cea feuilles n'ont pas l'épaisseur de 0in,0025, et qu'un gramme peut être tiré en un fil do 2540 à •J550U1 de longueur. L'argent, dans l'état de pureté ab .élue, est plus dur que l'or, mais moins quo le cuivre; aussi, pour que les monnaies, les bijoux, les ustensiles, les vases qu'on fabrique avec ce métal, puissent conserver leur forme, et résister plus longtemps à l'usure, on est obligé d'y allier une certaine quantité de cuivre. La monnaie d'argent de I
de Suisse, «le Belgique, d'Italie, rie Grèce, renferme
835 millièmes d'argent et 163 millièmes de enivre; la
Ile d'argent contient de 150 à 200 millièmes de
cuivre ;lea btyoni d'argent an renferment 230 milliè-
mes. Le kilogr. d'argent pur, payé en argent monnayé, vaut de 215 a 2i0 fr.
L'argent existe dans la nature sous un assez grand nombre de formes : à l'état de pureté plus ou moins grande (./f. natif); combiné avec le soufre [A. sulfuré), avec le soufre et l'antimoine, (A. rouge), avec le chlore (A. corné on chlorure), avec le brome (A. bromure), avec l'or, dans l'or natif et Vauro-poudre ; avec l'arsenic et l'antimoine {A. arsenical et A. antimomal), avec le mercure, dans Varquérite. Parmi ces minerais, le sulfure est le plus abondant ; viennent ensuite l'argent natif, le chlorure et l'alliage d'antimoine. Les mines d'argent les plus riches sont situées au Mexique, au Pérou, au Chili, aux États- Unis, en Colombie. En Europe, il y a aussi des mines d'argent importantes : en Hongrie, en Transylvanie, enNorwége, en Saxe, en Westphalie, etc. Cependant l'Amérique lournit à elle seule près des 9/10 de tout l'argent qui entre dans lo commerce.
On extrait principalement l'argent de son sulfure ; mais on exploite aussi comme mines d'argent certains minerais qui renferment accidentellement ce composé : telles sont les galènes argentifères ; nous en possédons des mines en France, à Ste-Marie-aux- Mines et à Giromagny (Haut-Rhin), à Huelgoat (Finistère), à Allemont (Isère). Les procédés d'extraction varient selon la nature des mines, leur richesse et les lieux où elles se trouvent ; toutefois, ces procédés consistent presque tous à ramener l'argent à l'état métallique, lorsqu'il n'y est pas, età en former, avec un métal convenable, un alliage fusible qui puisse, en raison de sa densité, se séparer des gangues qui accompagnentl'argent. Voy. Affinage, Amai
GAMAT10N, CoiPELLATION.
L'argent est inaltérable à l'air et dans l'eau; lorsqu'il perd son éclat, il faut attribuer cet effet à la présence accidentelle de l'hydrogène sulfure : ce gaz produit alors un sulfure d'argent, lequel est de couleur noire; c'est ce qui arrive à l'argenterie exposée aux émanations des fosses d'aisances, au contact des œufs et autres aliments contenant du soufre. Pour rendre aux ustensiles leur beauté première, il suflit de les frotter avec un peu d'huile ou de craie, ou avec une toile fine imbibée d'ammoniaque ; si la teinte noire persiste, on les plonge un instant dans l'acide chlorhydrique bouillant. — Parmi les acides, il n'y a guère que l'acide sulfurique, l'acide nitrique et l'eau régale qui attaquent l'argent : ie premier n'a d'action, toutefois, qu'autant qu'il est concentré et bouillant; il produit un sulfate peu soluble; le second dissout l'argent à la température ordinaire, en le convertissant en nitrate; enfin l'eau régale agit aussi à froid, mais le métal se convertit, dans ce cas, en chlorure insoluble.
/Parmi les combinaisons chimiques de l'argent, il Faut citer comme importantes, ;\ part les minerais déjà nommés, le nitrate appelé en médecine pierre infernale, lo chlorure et le fulminate ( Voy. ces mots). Les sels d'argent sont, en général, incolores, lorsque l'acide qu'ils renferment n'est pas lui-même coloré ; leur saveur est astringente et métallique» On les reconnaît à ce que l'acide chlorhydrique y produit un précipité blanc et caillebotté, insoluble dans l'eau et les acides, mais solubledansrammoniaqne:plusiouri de ces solutions ammoniacales sont emploi lement pour marquer le linge, pour teindre les ch veux, etc. Le fer, le cuivre, i'étain et le plomb précipitent l'argent de ses dissolutions. La plupart .1 1 sels d'argent sont altérés par la lumière solaire. < sur cette propriété que sont fondés lo daguerréotype et la photographie.
L'argent esl connu dès la plus haute antiquité. 1 alchimistes le désignaient par le symbole de la lune ou de Diane, à cause delà ressemblance de sa couleur avec l'éclal de la lune; ils connaissaient également le chlorure et le nitrate d'argent.
kBQBNT AMALOAiri, minéral d'un beau blanc d'argent composé de mercure et d'argent [Ag HgsJ. bes
ARGENT