ARGILE
cristaux les plus habituels sont des dodécaèdres ou ■des trapézoèdres du système cubique. VArquérite [AgHg*] est de l'argent amalgamé.
argent antimonié dit aussi Dtscrase [Ag3 Sb], minéral d'un blanc d'étain, fragile, et dont les cristaux dérivent d'un prisme rectangulaire droit, se trouve accidentellement dans les mines d'argent arsenical du pays de Bade, du Harz et de Guadalcanal (Espagne).
argent antimonié sulfubé. On distingue : 1° la Psaturose, A. fragile, A. aigre [6AgS -+- Sb2 S3], minéral en masses amorphes ou cristallisés en prismes hexagonaux presque tabulaires, qui se trouve au Hartz et en Saxe; 2° V Argyrythrose ou A. rouge ;'3Ag S -f- Sb- S3] qui cristallise en rhomboèdres ou en prismes hexagonaux réguliers : ce minéral ne se trouve qu'en petite quantité au Harz et en Saxe ; mais il forme des gisements considérables au Mexique et au Pérou; 3" la Myargyrite [AgS -f SbsS3] qui cristallise en prismes rhomboïdaux obliques : on ne l'a encore rencontrée qu'à Braunsdorf (Saxe).
argent arsenical, minerai d'argent contenant de l'arsenic, du fer et du soufre, dans des proportions variables.
ARGENT ARSÉNIÉ SULFURÉ, PrOUStïte [3Ag S-f-As-S3],
substance rouge, quelquefois translucide, qui cristallise en prismes hexagonaux : elle ne diffère de l'argent rouge qu'en ce que l'arsenic y remplace l'antimoine par isomorphisme.On le trouve du reste dans les mêmes gisements.
argent blanc, plomb sulfuré argentifère.
argent bromure, minéral vert, quelquefois cristallisé, composé de brome et d'argent, très-abondant dans les mines du Chili : on le désigne dans le pays sous le nom de plata verde (argent vert).
argent chloruré, corné ou mdbiaté, Kérargyre, combinaison de chlore et d'argent [AgCl2], qui forme un des minerais les plus riches du Chili ; le plus ord. il est en petits cristaux cubiques disséminés dans des couches ferrugineuses, désignées dans le pays sous le nom depacos etdecoloi^ados. Il est blanc ou brunâtre, demi-transparent, et se laisse couper au couteau comme de la cire ou de la corne. Voy. Chlorure.
argent fulminant, Azoture ou Àmmoniure d'argent, poudre noire et brillante, composée d'argent et d'azote, ayant la propriété de se décomposer par le plus léger choc. On l'obtient en versant de l'ammoniaque dans un sel d'argent, puis de la potasse. Ce composé dangereux a été découvert par Berthollet ; il ne faut pas le confondre avec le fulminate d'argent.
argent natif, minéral d'un blanc métallique plus ou moins terne, composé en grande partie d'argent .avec un peu de cuivre. Dans quelques localités, il est aurifère. Il accompagne les autres mineraisd'argent, particulièrement le sulfure et le chlorure ; il s'y présente en cristaux cubiques ou octaédriques, en filaments, quelquefois en plaques plus ou moins étendues, enfin en morceaux massifs. Il n'est pas rare de trouver de ces masses amorphes pesant 1 kilogr. ; on en cite deux de la mine da, Kongsberg (Norwége) qui pesaient plusieurs quintaux chacune. Au Lac Supérieur on le trouve en masses considérables associé au cuivre natif. Le plus ordinairement l'argent natif est disséminé dans des roches ferrugineuses, appelées terres rouges, véritable minerai d'argent, qui contient de 1 à k millièmes d'argent : tels sont en France, le minerai de Huelgoat (Finistère), et en Amérique, ceux du Chili et du Mexique.
ARGENT ROUGE. Voy. ARGENT ANTIMONIÉ SULFURÉ.
uigent sulfuré, Argyrose, Argent vitreux, minéral d'un gris d'acier ou de plomb, cristallise en cubes ■Du en octaèdres réguliers, mais se trouve aussi en dendrites,en filaments contournés, ou en petites masses mamelonnées [AgS]. Il se rencontre en filons ou amas plus ou moins riches dans les terrains de cristallisation, ou dans les terrains de sédiment qui les avoisinent. Les dépôts les plus célèbres en Europe sont ceux de Hongrie, de Transylvanie, de Kongsberg (Norwége), de Sala (Suède), des environs de Freyberg
(Saxe), etc. Mais c'est surtout au Mexique et au Pérou qu'il se trouve le plus abondamment.
ARGENTERIE. Voy. Argent et Vaisselle.
ARGENTIER, nom donné autrefois aux fabricants d'objets d'argent, ainsi qu'à tous ceux qui faisaient le commerce de l'argent, banquiers, changeurs, etc., a été ensuite appliqué aux trésoriers et aux officiers préposas à l'administration des finances. En France, ce fut d'abord le titre de l'officier qui réglait les dépenses de la maison du roi. Sous la 1'* branche des Valois, ce fut un grand officier chargé de percevoir et d'administrer les finances du royaume ; sous Charles VII, Jacques Coeur portait le titre d'Argentier du roi. En 1515, sous François Ier, l'argentier prit le titre de surintendant des finances; le premier surintendant fut Jacques de Beaune de Samblançay.
ARGENTINE, Argentina, genre de Poissons, malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre des Squamodermes, famille des Salmonidés : corps allongé, peu comprimé, semblable à la truite. VA. sphyrène, seule espèce de ce genre, habite la Méditerranée : elle possède une vessie natatoire épaisse et très-chargée d'une substance argentée qui sert à fabriquer les fausses perles, et se prépare commecelle de l'ablette : c'est l'objet d'un commerce assez important dans l'Adriatique.
argentine, nom vulg. de deux plantes, le Céraiste tomenteux et la Potentille amérine.
ARGENTURE, art d'appliquer de l'argent sur la superficie des objets. En fait de métaux, on n'argente guère que le cuivre, le laiton et le maillechort ; l'argenture sur bois se fait comme la dorure. Les procédés d'argenture sur métal se réduisent à trois : VA* en feuilles, Y A. au pouce, et Y A. galvanique. L'argenture en feuilles est le procédé le plus ancien ;elle consiste à appliquer sur le cuivre, préalablement bien décapé et préparé, des feuilles d'argent très-minces qu'on fait adhérer h l'aide de la chaleur et d'une pression longtemps exercée au moyen d'un brunissoir d'acier; on décape les pièces en les chauffant au rouge, et les plongeant ensuite dans de l'acide nitrique très-étendu (eau seconde). Ce mode d'argenter est dispendieux et ne peut guère être pratiqué sur les petites pièces de métal fouillées profondément ou relevées en bosse ; l'usure en est d'ailleurs assez prompte-, enfin, quand une pièce a été argentée par ce procédé, on est forcé, si elle est usée en quelques endroits, de laréargenter en entier (Voy. plaqué). — L'argenture au pouce, imaginée par Mellawitz, consiste à appliquer l'argent par frottement. La base des préparations employées pour cette argenture est presque toujours le chlorure d'argent. Si l'on frotte une lame de cuivre ou de laiton avec ce chlorure récemment précipité et humecté d'un peu d'eau salée, l'argent revient à l'état métallique et pénètre assez profondément dans le cuivre :, ce procédé ne s'emploie que pour les objets de peu de valeur. — L'argenture galvanique, qui se pratique auj. sur une très-grande échelle, a été introduite dans l'industrie en 1840 par MM. Elkington etRuolz. D'après ce procédé on dissout un sel d'argent (carbonate, chlorure, phosphate, borate) dans une solution aqueuse de cyanure de potassium ou d'hyposulfite de soude ; on place dans ce bain les pièces à argenter, et, par l'effet de l'électricité développée au moyen d'une pile, on précipite l'argent pur, qui vient se fixer sur ces pièces.
On est parvenu à argenter le verre en réduisant à sa surface un sel d'argent par un mélange réducteur, tel qu'une solution aqueuse d'aldéhyde, ou d'ammoniaque et d'alcool. On fait auj. par ces procédés d'excellents miroirs de télescope d'après la méthode donnée d'abord par Foucault.
ARGILE (du lat. argilla), terre grasse, molle et ductile, composée essentiellement de silice et d'alumine, souvent mélangée de matières étrangères, telles que carbonate de chaux ou de magnésie, silicate de chaux, oxyde de fer, etc. On la reconnaît au toucher gras et onctueux, au poli que le frottement de l'ongle