MÉMOIRE
gaines fibreuses des articulations et des tendons, la dure-mère, la sclérotique.
On appelle membranes accidentelles, fausses membranes, pseudomembranes, certaines productions morbides qui se développent sous l'influence de l'inflammation, soit à la surface des membranes séreuses et muqueuses, soit dans les cavités naturelles, ou accidentelles, soit enfin sur les plaies : ces membranes peuvent être quelquefois un moyen d'union et de conservation, p. ex. dans les cicatrices; mais elles peuvent aussi occasionner des accidents funestes, comme dans le croup et l'angine couenneuse.
On appelle encore M.deDemou?'s,\ine lame transparente, qui tapisse la face postérieure de la cornée ; — M. de Jacob, la membrane séreuse qui tapisse la face externe de la rétine et sépare celle-ci de la choroïde ; — M. de Schneider, la pituitaire ( Voy. Pituitaire) ; — M. de Wachendorf, la pupillaire {Voy. Pupille), etc.
MEMBRANEUSES, Membranaceœ, tribu d'Insectes, de l'ordre des Hémiptères liétéroptères, famille des Longilabres ou des Géocorises. Cette division, établie par Latreille, comprenait, dans sa classification, une partie des Punaises les plus nuisibles et les plus incommodes, les Tingis et la Punaise des lits, qui est aujourd'hui le type de la famille des Cimicides. Lagaîne du suçoir des Membraneuses n'offre que deux ou trois articles ; leur labre est court ; toutes les pattes sont attachées sur la ligne médiane du corps ; les crochets des tarses, au nombre de deux, sont insérés au milieu du dernier article. Ces insectes doivent leur nom à la forme de leur corps, généralement mince et aplati en manière de membrane.
MEMBRES (du lat. membra), nom donné, dans les animaux, aux appendices plus ou moins longs et apparents, toujours mobiles, qui sont disposés par paires sur les parties latérales du tronc, et qui servent à l'exercice des grands mouvements. Chez tous les Vertébrés, les membres sont au nombre de quatre, à l'exception toutefois des Cétacés et des Sirénides qui n'en ont que deux. On les a divisés en membres supérieurs ou thoraciques, chez l'homme [membres antérieurs chez les animaux), et en membres inférieurs, dits aussi pelviens ou abdominaux (membres postérieurs chez les animaux). Les membres supérieurs sont : l'épaule, le bras, l'avant-bras et la main ; les inférieurs sont : la cuisse, la jambe et le pied. Tous les Articulés offrent 3, ti ou 5 paires de membres, quelquefois un beaucoup plus grand nombre, comme dans les Myriapodes. Les Mollusques et les Rayonnes n'ont point de véritables membres.
En Architecture, on appelle membre chacune des parties, grandes ou petites, du système selon lequel l'édifice est construit. La frise est un membre de l'entablement. Le larmier est le principal membre de la corniche. On nomme membre couronné une moulure accompagnée d'un petit filet au-dessus ou au-dessous; membre creux, une moulure concave.
En Mathématiques, on appelle membre d'une équation, chacune des deux parties qui sont séparées par le signe d'égalité =.
En Rhétorique, on nomme membre d'une période chaque phrase d'une certaine étendue qui forme un sens partiel dans le corps de la période. Voy. Période.
MBMBRIWE ou Chèvre de Juida. Voy.CskVBX.
MEMBRURE (de membre). On nomme ainsi, dans
la Menuiserie, une pièce de bois épaisse, servant de principal point d'appui à une charpente, OU à d'autres objets dont la construction résulte du travail el de l'ajustement de plusieurs pièces entre elles, comme
portes COChèreS, panneaux à rainures, etc.
Dans la Marine, c'est L'SBSemblage des pièces de buis qui forment les cotés des bâtiments.
Dans le Co lerce des bois, la membrure est une
sorte de mesure en nsage pour mesurer le bois de
Chauffage ; elle se compose de deux montants entre
lesquels on place le bois qu'il B'agil de mesurer. Ses
dimensions et la distance laissée cuire les montants I
varient selon l'unité adoptée pour le mesurage.
MEMENTO, en Liturgie. Voy. Commémoraiso.n.
MÉMOIRE (du lat. memoriat, faculté de conserver et de reproduire la notion d'une chose absente ou d'un fait passé. Chacun de ses actes comprend, quand il est complet: 1° la reproduction spontanée (souvenir) ou la reproduction volontaire 'rappel) d'une notion précédemment acquise ; 2° la notion du temps où l'objet du souvenir a été perçu ; 3" la croyance à la continuité de notre existence depuis le moment où nous avons perçu cet objet ( Voy. Dirée, Temps, Identité personnelle). C'est par là que la mémoire se distingue de la perception externe et de Y imagination.
L'exercice de la mémoire suppose trois choses, apprendre, retenir et se rappeler, auxquelles répondent trois qualités, la facilité, la ténacité, la promptitude. Les conditions intellectuelles dont elles dépendent sont : 1° l'attention au moment où l'objet est connu et où sa notion est reproduite ; 2° la répétiiù n de l'acte par lequel l'objet est connu ; 3° l' association des idées ( Voy. ce mot) : p. ex., pour apprendre des vers par coeur, il faut les lire avec attention, répéter cet acte à plusieurs reprises, et associer les mots dans l'ordre où ils sont lus, de telle sorte que le premier rappelle celui qui vient après lui, et ainsi de suite. Ces trois choses dépendent de la volonté : il en résulte que la mémoire peut être augmentée par l'exercice et aidée par l'art ( Voy. Attention, Mnémonioi e). En outre, comme l'association des idées présente d'assez grandes différences selon les esprits, il y a plusieurs espèces de mémoires : mémoire des choses, des mots, des lieux, etc. ; elles sont assez distinctes pour que l'on perde l'une tout en conservant les autres. — La mémoire est aussi soumise à l'influence des causes physiques: les excès l'affaiblissent, une maladie l'altère, une attaque de paralysie peut la détruire. De là vient qu'elle varie selon les âges et les individus.
On a fait, pour expliquer la mémoire, des hypothèses analogues à celles auxquelles a donné lieu la perception externe. Démocrite et Epicure supposent que le souvenir est une image conservée par le cerveau. Platon, dans le Théétète, compare la mémoire à une tablette de cire où nous impri?7ions, comme avec un cachet, toutes leschoses que nous avons vues ou entendues ou pensées de nous-mêmes; par suite, nous nous souvenons de tout ce qui y a été empreint, tant que l'image en subsiste, et lorsqu'elle est effacée ou qu'il n'a pas été possible qu'elle s'y gravât, nous l'oublions et nousne le savons pas. Cette comparaison, employée aussi par Aristote, qui rattache la mémoire à l'imagination (Voy. Perception), est devenue la formule propre de l'Empirisme qui assimile l'âme à une table rase (Voy. Empirisme). Les Stoïciens s'en servirent en professant que la sensation est, dans le sens propre, une image imprimée dans /'lime et (pie le souvenir est la psrmantHce de cette empreinte. Plotin (Knn. III, 1. vi, 2-, F.nn. IV, 1. m, 26, et 1. vi, 3) a réfuté cette erreur en établissant que la perception n'est pas une simple modification passive de l'âme, encore moins une image corporelle, mais un acte intellectuel; par suite, que le souvenir est la conservation et la reproduction de cet acte, ce qui explique l'influence de l'exercice et celle de l'association des idées. Cette théorie a it<- développée par St Augustin (Con/fetfte*v, \,s ,par Bo& e ^'"/isolation </<■ ht philosophie, V, 8, 9), et, dans les temps
modernes, par Leibniti (Nouveaux essaistïl, 10), etc. On a aussi essaj é d'expliquer la mémoire par des hypothèses physiologiques ; les Cartésiens par celle des esprits animaux; Hartleyel Bonnet, par le renouvellement des vibrations qu'ils attribuent aux fibn s rébrales, etc. — Consulter, outre les auteurs déjà nommés, Aristote, De la mémoire et de la réminiscence; Reid, Œuvres IV,p.51 ; Royer-Collard, Fragments ; Garnier, Traité des facultés de rame. Voy.
Il) \ll\lsi | \, I , l\l M. IX VI ION.
Les anciens avaient divinisé la Mémoire SOUS le nom de Mnemos\ ne, mère di - M