‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1017 sur 1729 · MILITAIRE · texte numérisé non relu

MILITAIRE

Musique militaire. Voy. musique.

Service militaire. Voy. service, armée, recrutement, etc.

MILIUIVI, nom latin du Millet. Voy. ce mot.

IMILLE [du lat. tnille), unité du 4° ordre dans la numération décunalc, équivaut à 10 centaines. 11 désigne en même temps la t classe des unités des ordres ternaires.

MILLE, mesure itinéraire dont lia valeur varie selon les pays, et qui, primitivement, était de ?uille pas. Chez les anciens, le mille romain était de 1481 m. 75 {Voy. mil- LiAiiiEs). — Aujourd'hui le mille allemand [meile], de 15 au degré, vaut en moyenne 7 500 m.; le mille anglais [mile], de 1 760 yards, vaut 1 609 ra. 3; le mille commun marin, de 60 au degré, 1 852 ra. ; le rnille d'Italie {miglio) vaut également 1 852 m. ; le mille de Piémont vaut 2466 m.: celui de Pologne, de 20 au degré, vaut 3556 m. ; le mille russe est plus connu sous le nom de verste [Voy. ce mot). — En France, on donne quelquefois le nom de mille métrique au kilomètre. iNotre tnille marin est, comme en Angleterre et en Italie, de 60 au degré, cl vaut 1 852 m.

MILLE-FEUILLE. Plusieurs plantes portent vulgairement ce nom ; mais on l'applique surtout à une espèce du genre Achillée, VAchillea millefolium, plante aont les feuilles, d'un vert foncé, sont découpées dans tous les sens. Cette plante, fort commune, et qui croît sur le bord des chemins, est connue sous le nom {l'Herbe aux charpentiers, parce que son suc est bon contre les coupures. Voy. ACHILLÉE.

MiLLE-FEDiLLE, cu Pâtisscrie, Tondelles en pâte feuilletée cuites d'abord et ensuite réunies et fourrées de confiture, <ie crème, frangipane, etc.

MILLE-FLEURS, nom vulgaire du Thlaspi des prés.

Voy. THLASPI.

MILLÉNAIRES, sectaires chrétiens qui croyaient qu'avant le jugement universel les élus demeureraient mille ans ^Uir la terre pour jouir de toutes sortes ai plaisirs. Cette

opinion se répandit dans le l'"' siècle, et elle s est Irfîquemment reproduite depuis.

MILLEPERTUIS, Hypericum, genre tj-pe de la famille des llypéricinées, renferme des plantes herbacées, à feuilles simples et opposées ; à fleurs jaunes, disposées en ombelle, ou plutôt en corymbe, à l'extrémité des tiges. Les feuilles, examinées entre l'œil et la lumière, semblent percées d'une infinité de trous (d'où le nom do cette plante), tandis que ce ne sont que des points transparents dus à de petites glandes imprégnées d'une huile essentielle. — Les espèces sont nombreuses : la plus intéressante est le Millepertuis perforé ou M. commun [H. perforatum), qui croit dans les bois, les lieux incultes, le long des chemins, etc. : tige très rameuse, cylhidrique, haute de 0 m. 60 àO m. 80; feuilles ovales, étroites, obtuses ; fleurs nombreuses, jaunes, en corymbe étalé. Lorsqu'on presse cette plante entre les doigts, il s'en exhale une odeur résineuse assez forte; sa saveur est amère et stjptique. Aujourd'hui, le millepertuis n'entre plus que comme accessoire dans quelques préparations pharmaceutiques. On cite encore le M. quadrangulaire [H. quadranqulare], le M. des montagnes (H. montanum), le iV/. velu [H. hirsutum], le M. androsème (//.a«d?'osemM/w), qu'on appelait autrefois Tow/esaine, etc.

MILLE- PIEDS ou polypodes, noms vulgaires de tous les Articulés de la classe des Myriapodes et en particulier des Scolopendres. Voy. ces mots.

MILLÉPORES (c.-à-d. à mille trous], vulg. Dentelles de mer, genre de Polypes zoanthaires dont la surface est creusée d'une multitude de pores. On a longtemps confondu ces animaux, sous le nom de Madrépores, avec tous les Polypiers piojTeux. Aujourd'hui on réserve le nom de Millénores à ceux île ces polypiers dont la surface, non lamclleuse, est percée de pores très fins, disséminés sur une surface lisse. Parmi les principales espèces, on remarque le Millépore corne d'élan, ainsi nommé à cause de la forme de ses ramifications.

MILLERANDAGE, nom donné à une maladie de la vigne qui empêche la croissance normale, la régularité et la maturation de la grappe ; elle parait résulter soit d'un défaut de nutrition (cas des ceps gretfés sur pieds américains chlorotiques), soit des influences atmosphériques.

MILLÉRITE, syn. de harkise [Voy. ce mot).

MILLEROLLE, mesure en usage dans le midi de la France pour la vente de l'huile d'olive et du vin. Sa contenance varie selon les localités : elle vaut 50 litres à Aix, 64 à Marseille et 70 à la Ciotat.

MILLÉSIME (du lat. millesimus, millième), chiffre qui, sur les monnaies, médailles, etc., marque l'année de la fabrication. Il n'a commencé à y figurer que vers le xv" siècle : il paraît que cet usage fut d'abord adopté en Allemagne et dans les Pays-Bas. La première de nos monnaies qui porte un millésime est un écu frappé en 1498, par ordre d'Anne, duchesse de Bretagne.

MILLET ou MIL, Milium, nom commun à diverses Graminées, que l'on a souvent confondues l'une avec l'autre, est donne spécialement à une espèce de Panicum, le Panis millet (Panicum miliaceum), dit aussi Millet en grappes, M. des petits oiseaux, dont les graines servent à la nourriture des oiseaux de volière, ainsi que celles de VAlpiste des Canaries [Voy. alpiste), vulg. Millet long. La tige du Panis millet peut avoir jusqu'à 1 m. 50: elle se termine par des épis bien fournis, qui se courbent avec grâce. Elle peut servir à la nourriture des bestiaux quand on la coupe en vert. On l'associe souvent au mais dans la culture.

On nomme Millet d'Afrinue ou M. d'Inde le Sorgho; Gros Millet, la Houque sorglio ; M. fourrage, le Moha, etc.

MILLET (le), maladie. Voy. miliaire et muguet.

MILLI... (du lat. milli).Ce préfixe, placé devant le nom d'une des unHés du Système métrique, sert à désigner l'unité secondaire mille fois moindre. Ainsi les mots millimètre, milligramme, indiquent les unités mille fois moindres que le mètre et le gramme.

MILLIAIRES (pierres ou bornes.) On appelle ainsi les bornes placées sur les routes et qui, du-z les Romains, indiquaient en milles les distances à Rome, capitale de l'Empire. Elles contenaient le nom de l'empereur sous lequel elles étaient dressées et, lorsqu'il y avait lieu, la mention de son consulat ou de son tribunat. Il eu reste beaucoup en France, déixisées presque tiuiles dans les musées. La numérotation de ces bornes partait d'uno borne

Ou

MILLIASSE

MIMOSITE

{irincipale, appelée le milliaire doré, qu'Auguste avait ait placer à 1 angle N.-E. du Forum.

MILLIASSE, espèce de bouillie dont le maïs fait la base.

Voy. r.AUDE et POLENTA.

MILLIGRAMME, millième partie du gramme.

miLLIMÈTRE, millième partie du mètre.

Mi LORD. Voy. i.ord.

MILOUIN ou Mii.Loui:«, section du grand genre Canard [Voy. canard), renferme plusieurs espèces d'oiseaux Palmipèdes, caractôrisi's par un bec large, plat et uni, et par un renflement qui termine la trachée et forme à gauche une sorte de capsule. On distingue : 1° le Miloiiin commun [Anas ferma], vulg. Morelon, long de 0 m. 50, qui a la tète et le cou roux, les plumes des ailes et les membres inférieurs bleuâtres, et le reste blanchâtre, finement strié de noirâtre : son cri, qui ressemble à un sifflement grave, lui a fait donner le nom de canard si f fleur; on en trouve une variété huppée {A. rufina) sur les bords de la mer Caspienne; 2° le Morillon [A. fuligula), qui est noir avec le ventre blanc, et une tache blanche sur les ailes; 5° le Milouinan [A. marila), qui est cendré, strié de noir, à reflets verts avec le ventre blanc. Ces trois esp'ices habitent le nord de l'ancien continent.

MILS (d'un mot persan], espèces de massues en bois dont on se sert pour les exercices gymnastiques. On en doit l'in- IroJuction en Europe à M. llarriot.

MILVUS, nom latin scientifique du genre milan.

MIMAS, 1" satellite de Saturne; fait sa révolution autour di! Saturne en 22 h. 37 m. ; s'écarte du centre de Saturne au plus de 27" à l'opposition de la planète; apparaît comme une étoile de 17' grandeur. Voy. satellite.

MIMES (du lat. mitnus, du gr-pLifioç). On appelait amsi, chez les anciens, des espèces de comédies ou plutôt de farces, le plus souvent triviales et obscènes, dont les auteurs se contentaient d'indiquer le cadre, et dont les paroles étaient improvisées par les acteurs, qu'on appelait eux-mêmes mimes. Le jeu de ces derniers faisait tout l'intérêt de ces pièces. Cnez les Grecs, Sophron et Xénarque >()iit cités comme niimographes. A Rome, les mimes firent longtemps les délices de la populace ; mais, vers l'époque «le Jules César, D. Labérius, P. Syrus et Cn. Mattius doniiJrent à ce genre de pièces un caractère plus relevé. Il nous reste quelques fragments de leurs pièces. Les mimes latins étaient écrits en vers ïambiques très libres, auxquels on a donné le nom de mimiambes. — Consulter : L. Botzon, De Sophrone et Xenarcho mimographis (Lyck, 1856); Zieglcr, De mimis Ro/nflHorwm (Goettingue, l'issu; 0. Rib- Leck, D. Laberii et P. Syri fragmenta (Leipzig, 1855).

— A Rome, dans les funérailles, on voyait souvent des troupes de mimes dont le chef, dit archimimus, représentait par ses gestes les actions et les mœurs du défunt.

Voy. MIMIQUE et PANTOMIME.

MIMÉTÈSE (du gr. jxifATiTVii;, imitateur, à cause de sa ressoini)lance avec la Pyromorphite), arscniate de plomb naturel, du groupe des Apatiles [Voy. ce mot), dont la formule est [3[5PbO.As*OS] + PbCl^]. La mimétèse se trouve en cristaux hexagonaux jaunes ou orangés, à éclat résineux ; elle se mélange par isomorphisme avec la Pyromorphite. La Campylite est une espèce intermédiaire. Ij Ilédyphane est une mimétèse calcifère. La mimétèse se trouve en Cornouailles, au llarz, à Pontgoband (Puy de Dôme), à Schemnitz (Hongrie), etc.

MIMÉTISME. On appelle ainsi la propriété qu'offrent un grand nombre d'êtres vivants de se distinguer aussi peu (jue possible du milieu où s'écoule leur vie, de le jnitner cn quelque sorte. Le mimétisme présente des degrés nombreux. Il est parfois très approximatif. Ainsi la plupart (les espèces boréales sont blanches, les bêtes sauvages de nos contrées sont de couleur fauve, peu distincte ainsi des troncs d'arbres ou des tapis de feuilles précisément de cette couleur dans la saison oîi elles ne tienrtent plus aux branches et ne forment plus des massifs protecteurs. Mais bien souvent la ressemblance est parfaite. Ainsi des papillons de Ceylan et de Malaisie, les Kallima, qui se posent sur les feuilles sèches, ont le dessous des ailes tellement seniblable à une feuille morte, nue l'on s'y méprend : l'clitc pointe qui dépasse en pétiole, dessins simulant les nervures, les petites moisissures, les petits lichens, etc. Dans notre Midi, les Phasmes imitent une feuille déchirée sur les bords ; d'autres simulent un petit Iwut de bois. Un inotTensif papillon revêt la livrée d'une guêpe, cet autre porte les couleurs dune espèce qui sécrète un liquide fétide

dont les oiseaux ont horreur et qu'il ne sait pas produire lui-même. Des ascidies ont des couleurs diverses suivant leur habitat, etc. Les faits de cet ordre sont tellement nombreux qu'il est impossible d'y voir des caprices de la nature. Comment les interpréter? Wallacc, Darwin, M. Giard et les autres transformistes y voient le résultat forcé de la sélection par la lutte pour la vie. Depuis de longues générations, les êtres les plus faciles à apercevoir ont été (gibier) détruits par leurs ennemis, ou (chasseurs) si vite aperçus de leur proie, qu'ils sont morts de faim- Il n'est donc, d'après ces auteurs, resté dans une génératio» que les individus les mieux dissimulés. Après de longues années de ces éliminations successives, les êtres qui ont subsisté jusqu'à nous sont arrivés ainsi à se confondre de plus en plus étroitement avec leur habitat. — El quant à ceux qui ne sont pas mimétiques, il leur a fallu trouver une protection dans d'autres ressources : rapidité de leur course ou de leur vol, grande fécondité, etc.

MIMEUSE, plante. Voy. mimosa.

MIMIQUE (du lat. mimica), art de rendre les pensces^ et les affections de l'âme par les mouvements des mains et du corps, par le jeu de la physionomie et par l'habillement même. La mimique s'emploie tantôt seule, tantôt concurremment avec la parole. Seule, elle sert de moyen de communication entre personnes qui ne parlent pas la même langue ou même qui sont privées de l'organe de la parole ( Voy. langage et sourds-muets) ; elle constitue aussi un genre de pièces de théâtre où l'action est tout entière exprimée par le geste et la danse, sans le secours de la parole [Voy. pantomime et ballet). Associée à la parole, la mimique, que l'on appelle aussi Vaction, ajoute à l'expression des sentiments chez l'orateur, et sur la scène elle contribue puissamment à l'illusion théâtrale. Les anciens ont surtout excellé dans la mimique : chez eux elle était souvent séparée du débit, et pour exécuter un même rôle, il y avait deux acteurs, dont l'un parlait et dont l'autre gesticulait. J.-J. Engel a traité de la mimique dans le livre intitulé Idées sur le geste et l'action théâtrale (trad. de l'allem. par Jansen, 1788).

MIMODRAME (de mime et drame), œuvre scénique dans laquelle les acteurs, au lieu de parler, se bornent à mimer leur rôle. Voy. pantomime.

MIMOGRAPHE, auteur de mimes. Voy. mimes.

MIMOSA ou MIMEUSE, Acacia mimosa, genre type de la famille des Mimosées et de la tribu des Acaciées, a été ainsi nommé du latin mimus, mime, comédien, à cause de la propriété qu'ont la plupart des espèces d'exécuter des mouvements particuliers quand on en approche la main. Ce genre, formé par Tournefort, puis, modifié par Linné, Candolle, Bentham, et dont la circonscription a plusieurs fois changé, renferme des herbes ou des arbrisseaux à feuilles composées et bipennées ; à fleurs très variées, tantôt unisexuelles, tantôt hermaphrodites, blanches, violettes ou rouges; tantôt en grappes axillaires; tantôt réunies en globules, ayant des étamines en nombre égal à celui des pétales et des gousses à graines peu nombreuses. Presque toutes les espèces sont d'origine américaine et propres à la zone torride. Voy^ acacia et sensitive.

MIMOSÉES (du g.-type Mimosa), sous-famille des Légumineuses, répandues dans les régions intertropicales de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Australie. Elle renferme des arbres, des arbrisseaux, rarement des herbes, armés d'aiguillons ou d'épines; à feuilles alternes, très souvent bipennées, douées parfois d'irritabilité ; à fleurs régulières : calice libre quadri-quinquéfide ; pétales de la corolle égaux en nombre aux divisions du calice et alternes avec celles-ci ; étamines en nombre souvent double ou multiple de celui des pétales ; anthères biloculaires, s'ouvrant longitudinalement; ovaire unique, stipité, uniloculaire ; gousse tantôt bivalve, uniloculaire, ou à plusieurs loges cloisonnées, tantôt indéhiscente ou se séparant en articles monospermes ; graines nombreuses, sèches ou avec une arille. — Les Mimosées diffèrent des Papilionacées par leurs fleurs régulières, par le nombre et l'insertion des étamines: elles se distinguent des Stcartziées par leurs feuilles bipennées et leur embryon droit. Elles forment deux tribus, celle des Acaciées, qui a pour type le genre Mimosa, et dans laquelle se trouvent plusieurs espèces d'Acacias (qu'il ne faut pas confondre avec le Faux-Acacia de nos jardins, qui est un Robinia), et celle des Parkiées. Voy. ces mots.

MIMOSITE. Voy. doléritb.

MIMULE

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